{"id":10012,"date":"2017-10-18T20:00:32","date_gmt":"2017-10-18T18:00:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10012"},"modified":"2017-10-18T20:00:32","modified_gmt":"2017-10-18T18:00:32","slug":"kata","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10012","title":{"rendered":"Kata"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/anne-nguyen-kata\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Salle Firmin G\u00e9mier du Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot. Mercredi 18 octobre 2017. Il est 19h45. Les lumi\u00e8res s\u2019\u00e9teignent. La musique envahit la salle. Un homme entre sur sc\u00e8ne. C\u2019est le d\u00e9but de <i>Kata<\/i>, cr\u00e9ation d\u2019Anne Nguyen produite par la Compagnie par Terre. Qu\u2019est-ce que le kata ? Kata veut dire forme en japonais. Ce mot est utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les encha\u00eenements de mouvements qui permettent au ma\u00eetre de transmettre son savoir \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves. \u00c0 la crois\u00e9e de danses martiales telles que la capoeira, le jiu-jitsu br\u00e9silien, le viet vo dao et le wing chun, la danse de Kata est pr\u00e9sent\u00e9e comme un \u00ab art martial contemporain \u00bb, fusion de danse break et d\u2019arts martiaux. Selon Anne Nguyen, le break est lui-m\u00eame une forme martiale. Danse de combat ou combat dans\u00e9 ? Kata conjugue des mouvements chor\u00e9graphi\u00e9s avec des \u00e9l\u00e9ments de violence et d\u2019agressivit\u00e9. Le spectateur, pendant une heure, retient son souffle, tant il n\u2019y a pas d\u2019automatismes chez les breakeurs. On remarque rapidement que les danseurs sont guid\u00e9s par le naturel et le plaisir : parfois le spectacle semble improvis\u00e9. Anne Nguyen nous emm\u00e8ne hors de nos habitudes et nous surprend. Les danseurs sont huit : sept hommes et une femme. Chaque danseur a sa singularit\u00e9, sa propre mani\u00e8re de danser et de bouger, ses caract\u00e9ristiques propres. Les danseurs sont tous tr\u00e8s diff\u00e9rents \u2013 physiquement et dans leurs mouvements \u2013 apportant au spectacle un surplus d\u2019humanit\u00e9. On identifie bien chaque danseur, et non pas \u00ab les danseurs \u00bb comme un groupe d\u2019individus. On ne peut que ressortir \u00e9bloui devant la souplesse et l\u2019agilit\u00e9 des breakeurs tout au long du spectacle. La mise en sc\u00e8ne sobre permet de mettre en valeur le rapport au sol, si important dans la chor\u00e9graphie des danseurs. <i>Kata<\/i> nous offre une heure d\u2019acrobaties et de style. La salle est conquise, les applaudissements sont intenses. Ni catastrophe ni cataclysme. Juste Kata.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Margaux Alexandre<\/h6>\n<hr \/>\n<h3>C&rsquo;\u00e9tait tout sauf une (Kata)strophe<\/h3>\n<p>Propos\u00e9 dans la salle G\u00e9mier (r\u00e9ouverte au public apr\u00e8s quatre ans de travaux) du Th\u00e9\u00e2tre national de la danse &#8211; Chaillot, le spectacle de la danseuse et chor\u00e9graphe Anne Nguyen (Compagnie par Terre) tient toutes ses promesses.\u00a0Hip-hop, break dance, arts martiaux (d&rsquo;o\u00f9 le titre \u00ab\u00a0Kata\u00a0\u00bb) et m\u00eame danse contemporaine se combinent -on pourrait m\u00eame dire se subliment- \u00e0 la perfection. On peut saluer la performance inspir\u00e9e des huit danseurs (Santiago Codon Gras, Fabrice Mahicka, Jean-Baptiste Matondo, Antonio Mvuani Gaston, Valentine Nagata-Ramos, Hugo de Vathaire, Lorenzo Vayssi\u00e8re, Konh-Ming Xiang) m\u00eame si la pr\u00e9sence a\u00e9rienne et l&rsquo;extr\u00eame pr\u00e9cision dans le mouvement de Valentine Nagata-Ramos \u00e9clipse quelque peu ses camarades.<\/p>\n<p>On n&rsquo;a pas affaire ici \u00e0 des battles (terme souvent associ\u00e9 aux danses urbaines) ou \u00e0 des combats (en lien avec les arts martiaux) typiques: le spectacle fait la part belle au groupe. Point d\u2019\u00e9go : on ne cherche pas \u00e0 \u00eatre le meilleur, on danse jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9solution du conflit. Cela se ressent imm\u00e9diatement par le fait que les danseurs ne sont pas toujours exactement synchrones: chacun garde son identit\u00e9 propre, mais dans une certaine entente de groupe. Mais l&rsquo;unit\u00e9 salvatrice du groupe fait face \u00e0 l&rsquo;oppression de la foule: on retiendra des sc\u00e8nes o\u00f9 les danseurs vont et s&rsquo;en vont d&rsquo;un pas assur\u00e9, tels des badauds dans la rue. Les danseurs se rencontrent, se croisent, se d\u00e9fient, se jugent, dialoguent, se s\u00e9parent&#8230;et leurs chemins se croisent de nouveau. La tension entre le mouvement et l&rsquo;absence de mouvement fait \u00e9cho aux corps des danseurs, tant\u00f4t statiques (dans l&rsquo;attente) et o\u00f9 l&rsquo;action passe par le regard et la r\u00e9flexion, tant\u00f4t actifs et o\u00f9 l&rsquo;action est physique (le corps est en mouvement).<\/p>\n<p>La musique de S\u00e9bastien L\u00e9t\u00e9 fait la part belle au souffle (surtout vers la fin du spectacle): en effet la coh\u00e9sion entre sc\u00e9nographie et chor\u00e9graphie est \u00e9vidente tout du long. Par exemple, les ombres des danseurs sont parfois rendues visibles. De ces silhouettes on retient une individualit\u00e9 ind\u00e9niable mais aussi un sentiment d&rsquo;appartenance au groupe. Les costumes aussi sont en accord avec cette id\u00e9e: identiques sur la forme mais diff\u00e9rents sur le fond.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite de ce spectacle r\u00e9side donc dans la diversit\u00e9 des ses influences. Il en ressort un savant m\u00e9lange de performances \u00e0 la fois contr\u00f4l\u00e9es, organiques, sensuelles, guerri\u00e8res, absurdes, dr\u00f4les&#8230; On en redemande!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">H\u00e9l\u00e8ne Chaland<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Un plateau nu, le sol reste brut, la musique est percussive et cardiaque\u2026 Ici nul besoin d\u2019artifice, la virtuosit\u00e9 des danseurs, dont chaque geste est cisel\u00e9, nous embarque pour un voyage qui joue avec les codes de la danse urbaine et des arts martiaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La chor\u00e9graphe et danseuse de break Anne Nguyen, sp\u00e9cialiste de la danse Hip Hop break ax\u00e9e sur les mouvements au sol, et artiste associ\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot, pour sa huiti\u00e8me cr\u00e9ation <i>Kata <\/i>avec<i> la Compagnie par Terre<\/i>, travaille et questionne la finalit\u00e9 du geste dans la danse urbaine et dans les arts martiaux. Elle questionne la place de l&rsquo; \u00eatre humain dans le monde actuel, d\u00e9structure les diff\u00e9rentes gestuelles de la breakdance et leur ouvre de nouveaux espaces d&rsquo; \u00e9criture en leur imposant des contraintes g\u00e9om\u00e9triques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi<i> Kata<\/i> nous invite \u00e0 un combat imaginaire qui m\u00eale aussi bien les figures de la\u00a0 breakdance que des \u00ab\u00a0kata\u00a0\u00bb, mot aux racines japonaises qui d\u00e9signe une succession de mouvements codifi\u00e9s mimant un combat et r\u00e9alisant une d\u00e9monstration technique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les danseurs, au nombre de huit dont une femme, excellent ici dans leurs enchainements aux allures martiales et leurs figures acrobatiques au sol\u2026 Le caoutchouc des baskets crisse sur le sol, au rythme de la musique percussive de S\u00e9bastien L\u00e9t\u00e9 qui enveloppe le spectateur afin de mieux le convier aux d\u00e9fis successifs que se livrent les B-boys. Leurs\u00a0 gestes sont incroyablement pr\u00e9cis et ma\u00eetris\u00e9s, leurs mouvements s&rsquo;encha\u00eenent avec une fluidit\u00e9 et une dext\u00e9rit\u00e9 d\u00e9fiant les lois de la pesanteur. Les corps se livrent ici des combats imaginaires o\u00f9 rien ne permet de pr\u00e9voir le prochain geste. Les danseurs tiennent le spectateur en haleine et montrent \u00e0 quel point leurs gestes travaill\u00e9s et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s lib\u00e8rent le corps de ses contraintes. V\u00e9ritable d\u00e9fi spatio-temporel, <i>Kata<\/i> abolit les fronti\u00e8res du corps et de l&rsquo; espace .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Anne Nguyen, qui a \u00e9tudi\u00e9 les math\u00e9matiques, questionne l&rsquo;espace sc\u00e9nique, convie les figures g\u00e9om\u00e9triques \u00e0 un ballet incessant o\u00f9 cercles, lignes droites, et parall\u00e8les forment un kal\u00e9idoscope envo\u00fbtant. Ici les corps dansent sur le bitume, l&rsquo;endroit devient l&rsquo;envers, le haut devient le bas. Le geste fluide se brise et se casse, d\u00e9sarticul\u00e9, puis reprend son \u00e9l\u00e9gante trajectoire\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le plateau est nu, \u00e9voquant un terrain vague, et le fond de sc\u00e8ne, marron puis noir &#8211; gr\u00e2ce aux lumi\u00e8res changeantes sign\u00e9es Ydir Acef &#8211; dessine les corps des danseurs en ombres chinoises agrandies qui \u00e9voquent un monde parall\u00e8le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La musique percussive qui rythme les combats mim\u00e9s joue avec les r\u00e9p\u00e9titions et les variations. Parfois ce sont les danseurs eux-m\u00eames qui font la musique, leurs souffles, et leurs sons repris en \u00e9chos dans les haut-parleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Anne Nguyen est pourvue de beaucoup d&rsquo;humour. Les gestes inutiles de la danse se m\u00ealant aux gestes utiles du combat, les danseurs alternent moments solistes et battles, s&rsquo;invitent\u00a0 puis se rejettent, quittent l&rsquo; espace sc\u00e9nique c\u00f4t\u00e9 jardin, puis reviennent c\u00f4t\u00e9 cour, solos en lignes droites parall\u00e8les, \u00e9voquant les tapis roulant des gares ou encore les d\u00e9placements lat\u00e9ralis\u00e9s et m\u00e9caniques des personnages dans les jeux vid\u00e9o.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Kata<\/i> invite \u00e0 se soustraire aux lois qui r\u00e9gissent la surface. Le corps moderne , urbain n\u2019 est pas fait pour vivre dans des espaces carr\u00e9s, et toute l\u2019intelligence, l\u2019humour et le travail de d\u00e9construction de la chor\u00e9graphe nous en convainc. A la sortie du spectacle, \u00e0 bout de souffle, je retrouve le bitume et me fonds dans le d\u00e9cor moderne, pr\u00eate \u00e0 relever tous les d\u00e9fis\u2026Comme Anne Nguyen dans son <i>Manuel du Guerrier<\/i>, \u00ab\u00a0Je vis en hauteur<i>\u00a0\u00bb<\/i>.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">C\u00e9cile Dessillons<b>\u00a0<\/b><\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l&rsquo;on p\u00e9n\u00e8tre dans le grand Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot, c&rsquo;est pour s&rsquo;\u00e9garer dans le monde de la danse. Anne Nguyen, chor\u00e9graphe et fondatrice de la Compagnie par Terre, nous propose en ces lieux, sur une musique de S\u00e9bastien L\u00e9t\u00e9 et \u00e9blouie par les lumi\u00e8res de Ydir Acef, une repr\u00e9sentation d&rsquo;une heure m\u00ealant les arts martiaux et la break, dans une approche \u00e9pur\u00e9e et graphique, o\u00f9 s&rsquo;exposent toutes les influences qui ont parcouru la vie de la chor\u00e9graphe. L&rsquo;\u00e9puration reste en effet le mot d&rsquo;ordre\u00a0: sur la sc\u00e8ne, il n&rsquo;y a rien. Seuls, les corps, leurs ombres et la lumi\u00e8re structurent l&rsquo;espace et lui donnent vie. Le travail de la lumi\u00e8re qui s&rsquo;exalte sur le sol blanc de la sc\u00e8ne a trouv\u00e9 la juste mesure\u00a0: ces jeux pertinents ne viennent pas obnubiler notre regard qui reste avant tout attir\u00e9 par le mouvement des corps. Les ombres, sur le sol et sur le fond de la sc\u00e8ne, accompagnent et redoublent ces corps et ouvrent des dimensions oniriques. La musique, elle-aussi, structure l&rsquo;espace\u00a0: point de m\u00e9lodie, mais des battements incessants, semblables aux coups et aux \u00e0-coups du combat, \u00e0 sa rugosit\u00e9 et au rythme du sang qui r\u00e9sonne dans les tempes lors des corps-\u00e0-corps et des affrontements. Les costumes, certes vari\u00e9s, restent terriblement sobres et ne viennent en rien alt\u00e9rer la pr\u00e9cision et l&rsquo;\u00e9puration de l&rsquo;espace. Si la fusion peut para\u00eetre \u00e9vidente entre les arts martiaux et la danse, elle est ici mise en lumi\u00e8re dans toute sa majest\u00e9. Les danseurs tanguent, passant de la break au combat, du combat \u00e0 la break. Cette derni\u00e8re ainsi que les arts martiaux passent ici leur temps \u00e0 se fusionner et \u00e0 se d\u00e9sunir, au rythme d&rsquo;une vague, d&rsquo;un va-et-vient incessant, exacerbant leurs ressemblances puis leurs diff\u00e9rences. La vague est elle-m\u00eame merveilleusement repr\u00e9sent\u00e9e sur la sc\u00e8ne par les corps des danseurs qui se d\u00e9placent de mani\u00e8re horizontale dans un mouvement qui semble infini. Anne Nguyen nous invite aussi \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le rapport \u00e0 l&rsquo;autre\u00a0: elle exploite toutes les possibilit\u00e9s. Parfois seul, parfois en groupe, parfois en face \u00e0 face, les corps des danseurs sont confront\u00e9s les uns aux autres, les regards se d\u00e9fient\u00a0: on ne sait plus s&rsquo;ils dansent ensemble ou s&rsquo;ils combattent les uns contre les autres, passant de la douceur du mouvement conjoint au choc violent du coup qui fait tomber \u00e0 terre et sombrer dans l&rsquo;agonie. La troupe, sympathique, jeune, vive, h\u00e9t\u00e9roclite, nous salue, on les applaudit. Et, pour nous remercier, ils dansent. Ils ne peuvent plus s&rsquo;arr\u00eater. M\u00eame apr\u00e8s le noir final et la fin d\u00e9clar\u00e9e du temps suspendu de la repr\u00e9sentation, la danse pour eux ne s&rsquo;arr\u00eate jamais. Alors, devant tant de ferveur et de foi, que l&rsquo;on aime ou pas la danse, on esquisse un sourire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Anne Fenoy<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Anne Nguyen nous met au d\u00e9fi par l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme conceptuel de sa dixi\u00e8me cr\u00e9ation, <i>Kata<\/i>,\u00a0 au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot du 11 au 20 octobre. Dans un univers atemporel et une sc\u00e9nographie minimaliste, les huit danseurs de la Compagnie par Terre incarnent avec brio une chor\u00e9graphie hybride m\u00ealant break dance, arts martiaux et capoeira. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;\u00e0 travers un \u00ab\u00a0art martial contemporain\u00a0\u00bb, elle met en sc\u00e8ne les \u00ab\u00a0derniers repr\u00e9sentants d&rsquo;une voie guerri\u00e8re\u00a0\u00bb. Qu\u00eate de sens, lutte contre l&rsquo;oppression d&rsquo;un environnement ali\u00e9n\u00e9&#8230; ce ne sont que quelques-unes des pistes de r\u00e9flexion que Anne Nguyen tente de mettre en mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l&rsquo;accessibilit\u00e9 des principes qui sous-tendent <i>Kata <\/i>peut \u00eatre remise en question, elle n&rsquo;en demeure pas moins esth\u00e9tiquement brillante et techniquement prodigieuse. Le spectateur est guid\u00e9 par la musique percussive de S\u00e9bastien L\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers les diff\u00e9rentes s\u00e9quences de <i>battles<\/i>. Pas d&rsquo;\u00e9garement possible avec un rythme en constante mutation qui entretient la curiosit\u00e9 et nous accompagne, battement par battement, pendant une heure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 l&rsquo;absence de trame narrative, le jeu de lumi\u00e8re de Ydir Acef \u00e9tabli un cycle jour-nuit sur lequel s&rsquo;organise la repr\u00e9sentation. A l&rsquo;aube de chaque nouvelle s\u00e9quence, l&rsquo;homme se fige en statue, puis s&rsquo;anime progressivement jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la p\u00e9nombre l&#8217;emporte \u00e0 nouveau. Entre les deux, vivent les ombres des danseurs qui d\u00e9doublent leur chor\u00e9graphie sur l&rsquo;\u00e9cran blanc au fond de la sc\u00e8ne. On y voit les combats dans\u00e9s dans toute leur pr\u00e9cision et leur \u00e9l\u00e9gance pour former un deuxi\u00e8me t\u00e9tris humain simultan\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le tour de force de Anne Nguyen r\u00e9side cependant dans sa capacit\u00e9 \u00e0 faire d&rsquo;un tel spectacle une exp\u00e9rience ouverte \u00e0 tous, et interg\u00e9n\u00e9rationnelle. Malgr\u00e9 un fond th\u00e9orique abstrait, une s\u00e9quence particuli\u00e8rement humoristique expose nos mouvements <i>Just Dance <\/i>f\u00e9tiches. On y retrouve le d\u00e9hanch\u00e9 de Queen B pendant que des rires candides fourmillent dans la salle. Mieux encore, toute une gestuelle replonge l&rsquo;initi\u00e9 dans l&rsquo;\u00e8re glorieuse du <i>gaming <\/i>en 2D : petits pas fr\u00e9n\u00e9tiques unilat\u00e9raux ou coups de poings \u00e9clairs lanc\u00e9s \u00e0 micro distance de l&rsquo;adversaire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Lauren Stephan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Avec sa \u00ab\u00a0Compagnie par Terre\u00a0\u00bb, Anne Nguyen nous offre, avec ses huit danseurs et danseuses, un spectacle \u00e9poustouflant de rythme et de beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Voulant m\u00ealer danse et combat, elle travaille sur la gestuelle et les d\u00e9placements des arts martiaux (notamment la capoeira) et du break dance. Il n&rsquo;y a pas vraiment d&rsquo;histoire dans <i>Kata<\/i>, juste des corps qui \u00e9voluent dans l&rsquo;espace au rythme des percussions incessantes qui vous prennent aux tripes. Ces corps ne se touchent pas au d\u00e9but, ils traversent un espace qui semble disloqu\u00e9, qui mod\u00e8le leur corps, et puis ils se rencontrent, se touchent, se battent, et tombent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 <i>Kata<\/i>, notamment pour sa musique ent\u00eatante, simple mais efficace pour faire danser les corps. J&rsquo;\u00e9tais moi-m\u00eame tendue physiquement par cette musique durant toute la dur\u00e9e du spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La proposition de mettre les corps des danseurs dans un espace complexe, celui de la ville, de l&rsquo;urbain, m&rsquo;a beaucoup touch\u00e9e \u00e9galement\u00a0: on y retrouve des gestes et des postures qui nous sont familiers et qui sont pourtant esth\u00e9tis\u00e9s, assouplis, parfois \u00e9nergis\u00e9s par la performance des danseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est un spectacle court, qui dure 1h mais qui file comme les danseurs \u00e0 travers la sc\u00e8ne. La sc\u00e9nographie et les costumes sont simples, le spectacle en lui-m\u00eame l&rsquo;est mais cela lui donne une v\u00e9rit\u00e9 et un naturel tr\u00e8s appr\u00e9ciable car cela laisse une pleine vision sur la performance des danseurs.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Phane Montet<\/h6>\n<pre>Illustration : Little Shao<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot | En savoir plus Salle Firmin G\u00e9mier du Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot. Mercredi 18 octobre 2017. Il est 19h45. Les lumi\u00e8res s\u2019\u00e9teignent. La musique envahit la salle. Un homme entre sur sc\u00e8ne. 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