{"id":10116,"date":"2017-11-17T20:00:44","date_gmt":"2017-11-17T19:00:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10116"},"modified":"2017-11-17T20:00:44","modified_gmt":"2017-11-17T19:00:44","slug":"price","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10116","title":{"rendered":"Price"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers | <a href=\"http:\/\/www.theatre2gennevilliers.com\/price-2\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><i>Price<\/i>\u00a0: le d\u00e9sapprentissage d&rsquo;un jeune h\u00e9ros<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Au th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers, Rodolphe Dana met en sc\u00e8ne <i>Price<\/i>, une pi\u00e8ce th\u00e9\u00e2trale adapt\u00e9e du roman homonyme de l&rsquo;\u00e9crivain serbe Steve Tesich. Le programme &#8211; pour ceux qui prennent la peine d&rsquo;y jeter un coup d&rsquo;\u0153il avant de se plonger dans le spectacle &#8211; nous informe qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une pi\u00e8ce psychologique, d&rsquo;un roman d&rsquo;apprentissage th\u00e9\u00e2tral. En effet, <i>Price<\/i>, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune homme de 17 ans qui est confront\u00e9 aux probl\u00e8mes pos\u00e9s par le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte et qui fait exp\u00e9rience, pour la premi\u00e8re fois, de l&rsquo;amour, vecteur de connaissance de soi-m\u00eame et de son propre rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0Daniel, c&rsquo;est le pr\u00e9nom du personnage, doit faire face \u00e0 des parents qui vieillissent et qui apparaissaient de moins en moins comme ces figures id\u00e9ales, protectrices et invuln\u00e9rables telles qu&rsquo;on les voyait dans notre enfance. Son p\u00e8re est malade, de plus en plus faible et irascible\u00a0; il va bient\u00f4t mourir et Daniel n&rsquo;est capable ni de se cl\u00f4turer dans une tristesse qui le soulagerait et l&rsquo;aiderait \u00e0 supporter sa perte ni de lui faire comprendre qu&rsquo;il l&rsquo;aime. Les amis, comme lui, sont aux prises avec la fin de l&rsquo;enfance et ressentent la n\u00e9cessit\u00e9 de faire quelque chose de leurs vies, de devenir quelqu&rsquo;un, d&rsquo;avoir une identit\u00e9. L&rsquo;un r\u00eave d&rsquo;un futur ambitieux qui soit \u00e0 la hauteur d&rsquo;un p\u00e8re qu&rsquo;il a perdu, l&rsquo;autre ne veut surtout pas faire la fiert\u00e9 de sa famille qu&rsquo;il consid\u00e8re comme bourgeoise, plate, contente dans sa propre borgnitude. N&rsquo;ayant point de rep\u00e8re, Daniel croit tout r\u00e9soudre dans sa vie gr\u00e2ce \u00e0 Rachel, une jeune fille qu&rsquo;il a rencontr\u00e9 par hasard apr\u00e8s une faillite sportive et dont il tombe \u00e9perdument amoureux. L&rsquo;amour, \u00e0 ses yeux, devrait tout r\u00e9gler\u00a0: ses probl\u00e8mes familiaux, la confusion qui r\u00e8gne dans son esprit, les bagarres avec les amis et les voisins, le sens de vide qu&rsquo;il ressent au fond de son c\u0153ur. Mais cette exp\u00e9rience s&rsquo;av\u00e8rera \u00eatre aussi une faillite\u00a0puisque le probl\u00e8me est que Daniel ne conna\u00eet rien \u00e0 la vie, \u00e0 ses enjeux, aux n\u0153uds compliqu\u00e9s de sa propre psych\u00e9 (noeuds que le spectateur, en revanche, conna\u00eet tr\u00e8s bien parce que les \u00e9motions du h\u00e9ros sont repr\u00e9sent\u00e9s dans des sc\u00e8nes de grande expressivit\u00e9). Ce que Daniel croyait \u00eatre le destin, le r\u00eave de bonheur qui allait le sauver pour toujours et donner du sens \u00e0 son existence se tourne dans le d\u00e9nouement en une image sordide de luxure. Apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re il court chez Rachel, mais celle-ci ne veut m\u00eame pas le voir et il assiste, derni\u00e8re coup apport\u00e9 \u00e0 sa foi enfantine et toute puissante dans l&rsquo;amour, \u00e0 la relation sexuelle de celle-ci avec celui qu&rsquo;il croyait \u00eatre son p\u00e8re. Plus que roman d&rsquo;apprentissage, on dirait que la pi\u00e8ce met en sc\u00e8ne un d\u00e9sapprentissage, \u00e0 partir du moment o\u00f9 elle montre la destruction de toutes les croyances simplistes dont l&rsquo;esprit de Daniel se nourrissait et qui lui emp\u00eachaient de devenir un homme et le condamnaient \u00e0 la passivit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;impuissance.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Consuelo Ricci<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le roman <i>Price<\/i> de Steve Tesich est adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers par Rodolphe Dana. Les acteurs nous pr\u00e9sentent en deux heures l&rsquo;histoire de Daniel <i>Price<\/i>, dont la derni\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e est ternie par le spectre de l&rsquo;avenir que Daniel redoute plus que tout. Le futur ne semble rien offrir de r\u00e9jouissant : sa banlieue est frapp\u00e9e par le ch\u00f4mage, les adultes sont ternes et hargneux du fait de leur triste petite vie. Forc\u00e9ment, Daniel appr\u00e9hende son propre passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, qui le pr\u00e9cipitera violemment dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avec cette pi\u00e8ce, on veut plonger le spectateur dans la t\u00eate de ce jeune homme, qui retarde le moment du d\u00e9senchantement. Et effectivement, la mise en sc\u00e8ne propose un aper\u00e7u r\u00e9ussi d&rsquo;une vision enfantine (plus qu&rsquo;adolescente). Les sc\u00e8nes courtes s&rsquo;encha\u00eenent sans transition, interrompues l&rsquo;une par l&rsquo;autre ; elles se t\u00e9lescopent. Les r\u00e9pliques de Rachel s&rsquo;encha\u00eenent \u00e9galement, rapides et volubiles, comme la pens\u00e9e d&rsquo;un enfant qui passe d&rsquo;une chose \u00e0 l&rsquo;autre sans lien ou construction logique. Mais si cet effet transmet avec justesse la perception d&rsquo;un enfant, elle nuit cependant \u00e0 la pi\u00e8ce. La n\u00e9gation de la continuit\u00e9 garde le spectateur \u00e0 distance. Les ruptures abruptes d&rsquo;une sc\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;autre emp\u00eachent le spectateur de suivre la repr\u00e9sentation l\u00e0 o\u00f9 celle-ci voudrait l&#8217;emmener.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Seule la sc\u00e8ne du combat fictif fonctionne vraiment. Le spectateur est plong\u00e9 dans l&rsquo;imagination de Daniel qui transforme son trajet en une s\u00e9rie d&rsquo;obstacles \u00e0 d\u00e9passer. La musique rock n&rsquo;roll ainsi que les lumi\u00e8res bleues et vertes aident \u00e0 faire passer le spectateur dans le jeu des trois adolescents. Le marquage au sol rappelle celui des terrains de basket des gymnases, les \u00abmains-pistolets\u00bb, le banc transform\u00e9 en bazooka, les figures au ralenti&#8230; Tous ces \u00e9l\u00e9ments font s&rsquo;estomper la salle et la r\u00e9alit\u00e9 et laissent place \u00e0 une partie de laser game mentale. Le spectateur adh\u00e8re vraiment \u00e0 cette sc\u00e8ne qui assume les grossiers effets sp\u00e9ciaux, qui ne cherchent pas \u00e0 convaincre de leur v\u00e9racit\u00e9. L&rsquo;aspect factice est totalement int\u00e9gr\u00e9. Et c&rsquo;est finalement quand les acteurs jouent avec le faux qu&rsquo;ils sont les plus vrais. En dehors de cette sc\u00e8ne, les acteurs ont tendance \u00e0 surjouer. Et le spectateur, qui reste volontairement conscient qu&rsquo;il est au th\u00e9\u00e2tre (gr\u00e2ce aux intrusions des acteurs dans le public, aux monologues adress\u00e9s \u00e0 la salle etc) n&rsquo;arrive finalement pas \u00e0 se laisser porter par l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Daniel est finalement pr\u00e9cipit\u00e9 dans le monde adulte. Mais l&rsquo;issue de la pi\u00e8ce reste confuse. Rodolphe Dana semble s&rsquo;accrocher au roman, sans oser couper quoi que ce soit. Le spectateur a l&rsquo;impression d&rsquo;une compression excessive du roman. Daniel connait trois trag\u00e9dies d&rsquo;affil\u00e9e, la mort de son p\u00e8re, la rupture avec Rachel et l&rsquo;explosion de l&rsquo;usine provoqu\u00e9 par son ami Larry. Cette redondance du choc att\u00e9nue l&rsquo;effet et la symbolique de chacun. Il y a trop de fins \u00e0 cette histoire. Daniel en ressort sombre (m\u00eame dans ses v\u00eatements) et blas\u00e9. Alors, sa derni\u00e8re phrase surprend, il annonce qu&rsquo;il \u00abn&rsquo;y a que la vie\u00bb et qu&rsquo;il est \u00abheureux de la vivre\u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Philippine Lacaille<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">La pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre <i>Price<\/i>, repr\u00e9sent\u00e9e le samedi 18 novembre 2017 au th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers, est une adaptation par Rodolphe Dana du roman de l&rsquo;\u00e9crivain et sc\u00e9nariste serbo-am\u00e9ricain Steve Tesich (1942-1996).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la ville de Chicago, Daniel Price et ses deux amis viennent de terminer leur derni\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e et aucun des trois ne savent ce qu&rsquo;ils veulent entreprendre par la suite. Au fil des ann\u00e9es, les trois amis se s\u00e9parent en se laissant emporter par les circonstances propres \u00e0 leur vie. Daniel tombe \u00e9perdument amoureux de Rachel qui vient d&#8217;emm\u00e9nager dans le quartier. Il vit un moment de bonheur \u00e0 la sensation de ce sentiment nouveau, mais la relation se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre beaucoup plus compliqu\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet. En parall\u00e8le, la sant\u00e9 de son p\u00e8re se d\u00e9grade et sa relation avec ses amis s&rsquo;estompe, chacun faisant sa vie de son c\u00f4t\u00e9. Son p\u00e8re meurt finalement d&rsquo;un cancer et Daniel d\u00e9couvre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le seul que Rachel aime. Il arrive finalement \u00e0 sortir de l&rsquo;impasse psychologique et la pi\u00e8ce se termine sur une note positive remplie d&rsquo;espoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Etant donn\u00e9 que la pi\u00e8ce est l&rsquo;adaptation d&rsquo;un roman, l&rsquo;on pourrait d\u00e9celer certains traits romanesques dans les moments o\u00f9 Daniel se tourne vers le public pour lui adresser le fond de ses pens\u00e9es, ou lorsque sa m\u00e8re lui raconte sa jeunesse sur le mode du r\u00e9cit ench\u00e2ss\u00e9 &#8211; mais la pi\u00e8ce n&rsquo;oublie pas d&rsquo;\u00eatre dramatique, je pense notamment \u00e0 la sc\u00e8ne de pseudo-guerre, \u00e9clatante autant au niveau des couleurs et des sons, que du jeu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;encha\u00eenement de ces sc\u00e8nes est naturelle et dynamique et contribue \u00e0 la fluidit\u00e9 de la progression des actions. Mais plus encore, les moments forts de la vie de Daniel sont jou\u00e9es de mani\u00e8re particuli\u00e8rement bouleversantes, renversant totalement la notion de biens\u00e9ance. En effet il est des sc\u00e8nes qui poussent la vraisemblance \u00e0 un degr\u00e9 extr\u00eame : lors des sc\u00e8nes d&rsquo;amour,\u00a0 les amoureux se d\u00e9shabillent, s&#8217;embrassent, se plaquent au sol (torses nus pour Daniel comme pour Rachel plus tard avec son concubin) ; lors d&rsquo;une sc\u00e8ne d&rsquo;une rare violence reproduisant l&rsquo;altercation entre Larry, jeune homme impulsif, et un voisin qu&rsquo;il finit par mettre \u00e0 terre mi-nu et qu&rsquo;il tente de sodomiser. D&rsquo;autres sc\u00e8nes moins provocantes mais non moins \u00e9motives ont recours \u00e0 la symbolique pour susciter les \u00e9motions les plus authentiques des spectateurs : le p\u00e8re de Daniel, debout face au public et nu, se pr\u00e9pare \u00e0 la mort entour\u00e9 de sa femme et son fils ; la sc\u00e8ne, qui n&rsquo;est plus qu&rsquo;\u00e9clair\u00e9e par deux bougies, se remplit d&rsquo;une atmosph\u00e8re pesante et solennelle bient\u00f4t suivie par un silence de mort apr\u00e8s que l&rsquo;\u00e2me du mourant ait quitt\u00e9 son enveloppe corporelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0pi\u00e8ce de formation\u00a0\u00bb dans la mesure o\u00f9 Daniel apprend comment devenir adulte. D\u00e9boussol\u00e9 \u00e0 la fin du lyc\u00e9e, dans un fond de joie instable et de tensions, il d\u00e9couvre la complexit\u00e9 de l&rsquo;amour, accepte la s\u00e9paration avec ses amis les plus chers, et finit par s&rsquo;affranchir de l&rsquo;autorit\u00e9 paternelle.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Eveline Su<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Du 16 novembre au 22 d\u00e9cembre, le Th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers produit la pi\u00e8ce <i>Price<\/i> mise en sc\u00e8ne par Rodolphe Dana, une trag\u00e9die \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir du roman serbe de Steven Tesich.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;\u00e9clairage, d&rsquo;abord \u00e9clatant au cours des premiers \u00e9changes, dispara\u00eet de mani\u00e8re quasi imperceptible et, petit \u00e0 petit, le spectateur se fait happer par l&rsquo;atmosph\u00e8re de la pi\u00e8ce, il se fait captif d&rsquo;une trag\u00e9die qui va le bouleverser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Daniel Price et ses deux amis, Larry et Billy sont des \u00e9tudiants de dix-sept ans qui vivent dans la banlieue de Chicago East. Leurs \u00e9tudes leur apparaissent comme le seul moyen d&rsquo;\u00e9chapper au travail \u00e0 la raffinerie locale o\u00f9 leurs p\u00e8res se tuent \u00e0 la t\u00e2che. C&rsquo;est contre cette fatalit\u00e9 que les trois amis s&rsquo;unissent au d\u00e9but de la pi\u00e8ce\u00a0: celle d&rsquo;exceller &#8211; notamment dans les comp\u00e9titions sportives, de trouver un travail, une petite amie, bref, devenir adulte. Un v\u00e9ritable d\u00e9fi les attend, celui de renoncer aux r\u00eaves de grandeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le sol, un terrain de jeu sportif comme pour signifier les al\u00e9as de la vie, ses temps morts, ses moments de gloire, ses passages \u00e0 l&rsquo;action : \u00ab\u00a0<i>Pourquoi vivre un malentendu quand on peut vivre une trag\u00e9die\u00a0?<\/i>\u00a0\u00bb, s&rsquo;exclame Rachel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Choisir entre la sph\u00e8re cellulaire, mortif\u00e8re de la famille et l&rsquo;illusion de libert\u00e9 qu&rsquo;est l&rsquo;amour est pour Daniel le choix le plus crucial : son p\u00e8re &#8211; qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais aim\u00e9 \u00e0 sa mesure &#8211; est atteint d&rsquo;un cancer, son esp\u00e9rance de vie diminue. Daniel est un c\u0153ur pur et ne sait pas mentir, il ne sait pas imiter l&rsquo;amour. En choisissant de se lancer \u00e0 corps perdu dans la qu\u00eate du c\u0153ur de Rachel, il abandonne sa famille pour une jeune femme qu&rsquo;il fantasme, qu&rsquo;il id\u00e9alise, qui le rejette sans cesse et qui ach\u00e8ve de tromper Daniel avec un homme plus \u00e2g\u00e9 que lui &#8211; David &#8211; sur un air de <i>crooner<\/i>\u00a0; le spectateur est enivr\u00e9 par la musique\u00a0: un sentiment de d\u00e9j\u00e0 trop tard se r\u00e9pand.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Graduellement, la sc\u00e8ne se charge d&rsquo;un d\u00e9sordre comparable \u00e0 celui qui r\u00e8gne dans l&rsquo;esprit de Daniel\u00a0: les confettis de la passion amoureuse, les meubles renvers\u00e9s lors d&rsquo;une baston durant laquelle le trio d&rsquo;amis a failli tuer un homme, les v\u00eatements \u00e9parpill\u00e9s au sol\u00a0; tout converge vers le chaos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En choisissant d&rsquo;adapter cette pi\u00e8ce, Rodolphe Dana r\u00e9pond aux questions que se posent les \u00e9tudiants en fin de lyc\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Et maintenant\u00a0?\u00a0\u00bb par une incertitude qui rassure. Chacun des trois amis suit sa trajectoire dans une Am\u00e9rique des ann\u00e9es 1960 o\u00f9 les \u00ab\u00a0<i>winners<\/i>\u00a0\u00bb s&rsquo;opposent aux \u00ab\u00a0<i>loosers<\/i>\u00a0\u00bb. Aucun des trois personnages n&rsquo;appartient au groupe des \u00ab\u00a0<i>winners<\/i>\u00a0\u00bb et il leur reste le pouvoir de l&rsquo;imagination, brim\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, repr\u00e9sent\u00e9e par la raffinerie. Ce d\u00e9sir de revanche est incarn\u00e9 avec brio par le personnage de Larry qui ose mettre le feu aux poudres en faisant sauter la raffinerie, en tuant le p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En faisant part de l&rsquo;oppression parentale, des difficult\u00e9s d&rsquo;insertion sociale et des souffrances de l&rsquo;amour, Rodolphe Dana parvient \u00e0 sublimer l&rsquo;horreur tout en la surmontant et ainsi, \u00e0 s&rsquo;adresser \u00e0 tous les publics.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Diane Lopez<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pi\u00e8ce relate les 2 mois difficiles d&rsquo;une jeunesse mal pr\u00e9par\u00e9e au sortir du lyc\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quand les responsabilit\u00e9s de l&rsquo;avenir se m\u00ealent aux confusions sentimentales d&rsquo;un adolescent et \u00e0 la complexit\u00e9 de ses relations, dans la ville de Chicago-Indiana-\u00c9tats-Unis. Le lourd \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 en \u00e9motions du jeune Daniel Price. Accompagn\u00e9 de sa famille, de ses amis, et de son amoureuse pour qui il voue un amour passionnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;\u0153uvre a recours \u00e0 \u00e9norm\u00e9ment de ressources, techniques et artistiques. Une coh\u00e9sion entre le son-musique de fonds ou bruitages d&rsquo;ambiance, la luminosit\u00e9-jeu avec les couleurs et les nuances; du tamis\u00e9 au froid, et le jeu des acteurs, en fait une exp\u00e9rience pleine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le jeu avec le public nous rendait tant\u00f4t acteurs de la pi\u00e8ce-public d&rsquo;un discours, tant\u00f4t spectateur direct-dans les tirades narr\u00e9es par les personnages brisant le quatri\u00e8me mur en nous regardant dans les yeux, exploitant notre imagination comme un outil, contant leurs \u00e9motions et v\u00e9cus. Le spectateur est toujours avide d&rsquo;en voir plus, d&rsquo;en entendre plus, d&rsquo;en imaginer plus; ainsi, comme en lisant un livre prenant, nous nous trouvons h\u00e2tifs de d\u00e9couvrir le d\u00e9nouement de ces nombreuses intrigues. L&rsquo;histoire \u00e9volue par ellipses bien ma\u00eetris\u00e9es, le fil est facile \u00e0 suivre hormis quelques sc\u00e8nes qu&rsquo;on ne comprend qu&rsquo;en ayant lu le livre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Daniel, adolescent na\u00eff, peu s\u00fbr de lui, peu consciencieux, simplet, passionn\u00e9 et attendrissant, se voit confront\u00e9 \u00e0 de multiples p\u00e9rip\u00e9ties de la vie, nous assistons \u00e0 son \u00e9volution tout en comparant sa vision du monde avec celles des autres personnages, nous rendant t\u00e9moins de relations qui se compliquent de par les divergences de ressentis et malentendus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les jeux d&rsquo;acteurs sont remarquables: les confusions-questionnements-moments de joie, tout est parfaitement transmis, les acteurs donnent et prennent des coups \u00e0 travers des sc\u00e8nes violentes, des sc\u00e8nes charnelles, des sc\u00e8nes quelque peu d\u00e9routantes. Sept acteurs, pour pas moins de douze personnages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Price<\/i> est bouleversante, c&rsquo;est une exp\u00e9rience intime, proche de la sc\u00e8ne, dans ce petit plateau 2 du T2G, le jeu se d\u00e9roulant sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;espace sc\u00e9nique, permettant une immersion enveloppante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi nous, spectateurs, avons quitt\u00e9 la pi\u00e8ce le c\u0153ur plein: elle fut dr\u00f4le-\u00e9mouvante-attachante-g\u00eanante-prenante-divertissante-ne manquant pas de nous faire cogiter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme ce fut une exp\u00e9rience positive : utilisation ma\u00eetris\u00e9e de tous les outils; l&rsquo;imagination des spectateurs, l&rsquo;espace sc\u00e9nique, le son, la lumi\u00e8re, sa fa\u00e7on de traiter les personnages, le jeu des acteurs et le fil des intrigues, mais les points n\u00e9gatifs: elle a pu donner l&rsquo;impression de prolonger le d\u00e9nouement et la fin de la pi\u00e8ce, et de mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart les spectateurs n&rsquo;ayant pas lu le livre, lorsque des sc\u00e8nes \u00e9taient mal mises en contexte.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Emanuela Botros<\/h6>\n<pre>Photo : T2G<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers | En savoir plus Price\u00a0: le d\u00e9sapprentissage d&rsquo;un jeune h\u00e9ros Au th\u00e9\u00e2tre de Gennevilliers, Rodolphe Dana met en sc\u00e8ne Price, une pi\u00e8ce th\u00e9\u00e2trale adapt\u00e9e du roman homonyme de l&rsquo;\u00e9crivain serbe Steve Tesich. 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