{"id":10126,"date":"2013-11-05T20:00:48","date_gmt":"2013-11-05T19:00:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10126"},"modified":"2013-11-05T20:00:48","modified_gmt":"2013-11-05T19:00:48","slug":"damnes-de-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10126","title":{"rendered":"Les damn\u00e9s de la terre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Th\u00e9\u00e2tre | Le Tarmac | <a href=\"http:\/\/www.letarmac.fr\/la-saison\/archives\/p_s-les-damnes-de-la-terre\/spectacle-47\/Les\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">A la sortie de la salle, j\u2019ai le ventre nou\u00e9, la gorge s\u00e8che, la m\u00e2choire crisp\u00e9e. Les mots de Franz Fanon sont forts et nous blessent. Ils nous ram\u00e8nent notre culpabilit\u00e9, notre culpabilit\u00e9 de blanc et plus encore notre culpabilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre humain. Tout est pourtant connu : l&rsquo;abomination de l&rsquo;esclavage, l&rsquo;insupportable torture, l&rsquo;horreur de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie. Mais la mise en sc\u00e8ne audacieuse et hautement symbolique renouvelle ce th\u00e8me. Le ton souvent impassible des acteurs ne rend que plus tranchantes leurs paroles et les faits plus cruels. Ce n&rsquo;est pourtant pas un \u00e9v\u00e9nement historique qui nous est pr\u00e9sent\u00e9. La guerre d\u2019Alg\u00e9rie devient le recueil de nos angoisses, de notre incompr\u00e9hension. La mise en sc\u00e8ne utilise abondamment le jeu des couleurs : corps blancs peints en noir puis nettoy\u00e9s, visages noirs peints de blanc. Le metteur en sc\u00e8ne, Jacques Allaire, souligne et d\u00e9nonce la perte d&rsquo;identit\u00e9 induite par la colonisation europ\u00e9enne. Les \u00ab Noirs \u00bb, les \u00ab Arabes \u00bb, d\u00e9racin\u00e9s, \u00e9vang\u00e9lis\u00e9s et \u00ab civilis\u00e9s \u00bb ne sont plus ni noirs ni blancs. Plus largement, il interroge le regard que l\u2019on porte sur l\u2019autre et par l\u00e0, celui que l\u2019on porte sur soi. Le rouge vient s\u2019ajouter \u00e0 la palette : c\u2019est \u00e9videmment le rouge de la haine et du sang. Mais, la grande force de ce spectacle r\u00e9side dans le choix et l&rsquo;association des passages tir\u00e9s de quatre romans de Frantz Fanon et de leur transposition dans l&rsquo;univers th\u00e9\u00e2tral. Le texte de Frantz Fanon prend une valeur suppl\u00e9mentaire et un int\u00e9r\u00eat particulier \u00e0 \u00eatre prononc\u00e9 \u00e0 voix haute voire m\u00eame cri\u00e9. Malgr\u00e9 quelques longueurs, l&rsquo;\u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e par les acteurs est v\u00e9ritablement impressionnante et s\u2019impose au spectateur, l\u2019emp\u00eachant de rester indiff\u00e9rent. Les interactions des acteurs avec le d\u00e9cor, qu&rsquo;ils installent et modifient tout au long de la pi\u00e8ce, t\u00e9moignent aussi d&rsquo;une r\u00e9flexion sur le th\u00e9\u00e2tre contemporain. Toutefois, la sc\u00e9nographie et sa symbolique, trop complexes et surement trop riches, g\u00eanent parfois la pleine compr\u00e9hension. La fin de la pi\u00e8ce est assez d\u00e9cevante. Pourtant un final poignant, presque pictural s\u2019\u00e9tait annonc\u00e9 par un personnage ensanglant\u00e9 allong\u00e9 sur une table, comme un martyr moderne, plac\u00e9 au sein d\u2019une composition pyramidale form\u00e9e par les autres acteurs qui l\u2019entourent. Le texte prononc\u00e9 est alors des plus saisissants et aurait fait une conclusion id\u00e9ale. Mais la pi\u00e8ce continue pour finir dans un silence \u00e9nigmatique et frustrant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Parois Betty<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Le Tarmac | En savoir plus A la sortie de la salle, j\u2019ai le ventre nou\u00e9, la gorge s\u00e8che, la m\u00e2choire crisp\u00e9e. Les mots de Franz Fanon sont forts et nous blessent. 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