{"id":10133,"date":"2013-12-01T20:00:05","date_gmt":"2013-12-01T19:00:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10133"},"modified":"2013-12-01T20:00:05","modified_gmt":"2013-12-01T19:00:05","slug":"indian-palace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10133","title":{"rendered":"Indian Palace"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet | <a href=\"http:\/\/www.orchestre-ile.com\/saison.php%3Fid%3D356%26lang%3Dfr\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Quand l\u2019Orient et l\u2019Occident se rencontrent\u2026<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le premier jour d\u2019hiver a commenc\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re tout \u00e0 fait exotique. Dimanche le 1 d\u00e9cembre nous avons eu la chance d\u2019assister \u00e0 la rencontre inou\u00efe et extraordinaire d\u2019un orchestre symphonique avec la musique indienne. C\u2019est au th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet qu\u2019on a \u00e9cout\u00e9 l\u2019Orchestre National d\u2019Ile-de-France qui nous a fait plonger dans un univers miraculeux et toujours impr\u00e9vu de la musique classique. Pendant ce concert, intitul\u00e9 <i>Indian Palace<\/i>, les musiciens ont jou\u00e9 les \u0153uvres de Mozart, Haydn pour se livrer ensuite, en pr\u00e9sence du ma\u00eetre indien Amjad Ali Khan \u00e0 la synth\u00e8se et \u00e0 la fantaisie orientale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au fait, la soir\u00e9e a proc\u00e9d\u00e9 d\u2019une th\u00e9matique strictement d\u00e9finie \u00e0 la limite entre la culture orientale et occidentale. Les musiciens ont commenc\u00e9 la premi\u00e8re partie du concert par l\u2019ouverture sur l\u2019orientalisme \u00e0 l\u2019\u00e9poque classique avec des interpr\u00e9tations de <i>L\u2019Enl\u00e8vement au serial<\/i> de Mozart, une oeuvre courte (elle dure 5 mn) d\u2019une \u00e9nergie inou\u00efe, en continuant par la <i>Symphonie n\u00b0 100 en sol majeur<\/i> de Haydn. D\u2019ailleurs, il est bien possible que les oeuvres de grands classiques aient servi de transition, pour cette soir\u00e9e, pour entrer dans une atmosph\u00e8re exotique de la musique orientale. C\u2019est ainsi que Mozart, en r\u00e9fl\u00e9chissant sur l\u2019\u00e9poque de la seconde si\u00e8ge de Vienne par les Turcs (en 1683), s\u2019est mis \u00e0 pasticher la musique par des fanfares des janissaires pour stimuler les soldats. Alors, on sent bien toute la s\u00e9rie des appels \u00e9nergiques musicaux aux composantes de la \u201cmusique turque\u201d (grand tambour, cymbales et triangle) o\u00f9 la stylisation de la Turquie s\u2019\u00e9voque encore plus \u00e0 l\u2019aide du piccolo. La <i>Symphonie<\/i> dite \u201c<i>Militaire<\/i>\u201d de Haydn donne l\u2019impression de la bataille en cours avec des mouvements triomphants, et un rythme toujours tr\u00e8s dynamique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette ouverture \u00e0 l\u2019Orient par l\u2019Occident fut suivie, dans la deuxi\u00e8me partie du concert, par la performance tout \u00e0 fait authentique de <i>Samaagan<\/i>, un concerto pour le sarod (un instrument musical \u00e0 corde, \u00e0 la mod\u00e8le du luth) compos\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 par Amjad Ali Khan. Ce compositeur, issu d\u2019une famille de musiciens, est un ma\u00eetre de la musique hindoustanie. En langue sanscrite, le mot \u201csamaagan\u201d signifie, litt\u00e9ralement, \u201ccouler ensemble\u201d. C\u2019est bien ce qui se sentait tout au long de cette oeuvre: si on ferme les yeux et que l\u2019on oublie pendant trois quarts d\u2019heure le bruit de la vie urbaine insomniaque et son rythme insatiable, on s\u2019imaginera tout de suite les \u00e9tendues steppiques et immobiles de l\u2019Inde. On percevra l\u2019harmonie int\u00e9rieure \u00e0 travers les sons tranquilles et peu press\u00e9s des rythmes orientaux. Du coup, les mouvements indiens se succ\u00e8dent en se m\u00e9langeant avec les interventions de l\u2019orchestre et \u00e0 chaque instant de l\u2019apparition du sarod, cette limite imaginaire entre l\u2019Orient et l\u2019Occident devient de plus en plus invisible jusqu\u2019au moment de sa disparition d\u00e9finitive. Il semble que tout le public de cette soir\u00e9e se soit r\u00e9uni juste pour couler<i> ensemble<\/i>. Ce qui compte finalement est que les mouvements de cette oeuvre nous nous plongent dans un \u00e9tat tout pur de la m\u00e9ditation prolong\u00e9e, qui est toujours aussi difficile \u00e0 atteindre dans une ville urbaine.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Sofya Efimova<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet | En savoir plus Quand l\u2019Orient et l\u2019Occident se rencontrent\u2026 Le premier jour d\u2019hiver a commenc\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re tout \u00e0 fait exotique. 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