{"id":10219,"date":"2017-11-24T20:00:27","date_gmt":"2017-11-24T19:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10219"},"modified":"2017-11-24T20:00:27","modified_gmt":"2017-11-24T19:00:27","slug":"tapage-nocturne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10219","title":{"rendered":"TaPage nocturne"},"content":{"rendered":"<p>Lecture \u00e0 haute voix | Maison des Pratiques Artistiques Amateurs | <a href=\"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/agendaculturel\/evenements\/livres-tete-tapage-nocturne\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Un TaPage nocturne d\u00e9licat et po\u00e9tique<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lecture est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme une activit\u00e9 solitaire, qui requiert calme et silence. Mais contre toute attente, la beaut\u00e9 d&rsquo;une \u0153uvre se r\u00e9v\u00e8le parfois par son amplitude vocale partag\u00e9e. C&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience auditive propos\u00e9e par le festival de lecture \u00e0 haute voix Livres en T\u00eate, qui offre \u00e0 un spectateur attentif une nouvelle fa\u00e7on de vivre la litt\u00e9rature, \u00e0 la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Germain. Lors du spectacle <i>TaPage Nocturne <\/i>(jeu de mots malicieux), des extraits de livres s\u00e9lectionn\u00e9s sont lus au public, port\u00e9s par de vrais acteurs aux performances vocales d\u00e9capantes, avec en t\u00eate la pr\u00e9sidente d&rsquo;honneur de cette neuvi\u00e8me \u00e9dition\u00a0: Anne Consigny.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Michel le Bris, Gr\u00e9goire Bouillier, Herv\u00e9 le Tellier, Olivier Haralambon ou encore Alice Ferney, tous voient leurs \u00e9crits sacralis\u00e9s sur sc\u00e8ne o\u00f9 un simple lecteur (appel\u00e9 ici livreur) fait vivre des mots fig\u00e9s dans le temps, accompagn\u00e9 par un grandiose Benjamin Moussay, d&rsquo;une d\u00e9licatesse exquise au piano. Une simple raie de lumi\u00e8re sert d&rsquo;ornement sur sc\u00e8ne et les voix vari\u00e9es des livreurs enchantent, virevoltent et emm\u00e8nent dans des contr\u00e9es lointaines, du New York d\u2019apr\u00e8s-guerre aux courses effr\u00e9n\u00e9es de cyclisme dans le centre montagneux fran\u00e7ais. Toutes les histoires s&rsquo;entrechoquent avec une facilit\u00e9 surprenante, comme si chaque interlude jou\u00e9 par Mussay laissait la place \u00e0 un autre r\u00e9cit, sans souci apparent de lien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque interpr\u00e9tation, d&rsquo;une justesse \u00e0 couper le souffle, apporte son lot d&rsquo;\u00e9motions. On passe d&rsquo;un rire franc &#8211; lorsque les frasques des ann\u00e9es 50 sont d\u00e9crites &#8211; \u00e0 un rire jaune, empreint de tristesse &#8211; quand sc\u00e8nes d&rsquo;agression sexuelle et enterrement sont cyniquement et ironiquement d\u00e9crites. La magie s&rsquo;op\u00e8re n\u00e9anmoins r\u00e9ellement d\u00e8s que le livreur finit sa phrase, ferme son livre, reprend son souffle et que l&rsquo;obscurit\u00e9 se fait autour de lui\u00a0: l&rsquo;extrait termin\u00e9 laisse un vide, comme un silence dans une salle remplie quelques secondes plus t\u00f4t par voix forte et puissante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;entracte d&rsquo;une trentaine de minutes offre la possibilit\u00e9 de se procurer les exemplaires lus et d&rsquo;engager une conversation avec les auteurs pr\u00e9sents. La seconde partie d\u00e9bute par un num\u00e9ro d&rsquo;une beaut\u00e9 et gr\u00e2ce inattendue\u00a0: C\u00e9line Tran (ex-actrice pornographique Katsuni) s&rsquo;envole dans les airs pour un magnifique ballet acrobatique, accroch\u00e9e \u00e0 un rideau. Le charme est ind\u00e9niable, le jeu de lumi\u00e8re fantastique. L&rsquo;artiste d\u00e9voile dans son dos une ombre rappelant celle d&rsquo;un ange, qui suspend le temps et la respiration. Malgr\u00e9 un reproche \u00e9vident (c&rsquo;est-\u00e0-dire le rapport entre cette performance et les lectures \u00e0 haute voix), le num\u00e9ro parvient \u00e0 s&rsquo;inscrire dans le spectacle par sa gr\u00e2ce po\u00e9tique, sans se rendre imp\u00e9tueux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plus de deux heures, qu&rsquo;on ne voit pas passer, le public est donc transport\u00e9 dans des milieux radicalement diff\u00e9rents, o\u00f9 rien n&rsquo;est en rapport, sauf peut-\u00eatre cette volont\u00e9 de changer le monde, d&rsquo;\u00e9veiller les consciences, d&rsquo;apposer son empreinte \u00e9ternelle sur une page lue. C&rsquo;est dans ces moments qu&rsquo;il prend r\u00e9ellement conscience de l&rsquo;immense partage inscrit au sein m\u00eame de la litt\u00e9rature, comme si d&rsquo;une voix sourde, plusieurs vies rentraient en collision. Le temps po\u00e9tique d&rsquo;un instant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Elisa Guidetti<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00ab\u00a0Danse, musique et lecture\u00a0?\u00a0\u00bb, l&rsquo;accroche du Parisien m&rsquo;attire\u00a0le vendredi 24 novembre 2017 dans le confortable Auditorium Saint-Germain. Ces trois mots suffisent \u00e0 alimenter mes attentes. Derri\u00e8re l\u2019\u00e9v\u00e9nement, l&rsquo;\u00e9quipe de Livreurs, amoureux de la litt\u00e9rature qui, dans le cadre du Festival Livres en T\u00eate, habillent les textes litt\u00e9raires de leur voix. C&rsquo;est donc les oreilles grandes ouvertes que je me rends une heure en avance \u00e0 Saint-Germain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;il est 23h pass\u00e9, j&rsquo;attends avec h\u00e2te de pouvoir sortir. Pourtant, l&rsquo;exp\u00e9rience est int\u00e9ressante\u00a0: \u00e0 la fois une exp\u00e9rience commune qui permet de (re)d\u00e9couvrir un texte litt\u00e9raire, sous les yeux m\u00eames de leurs auteurs (ce soir-l\u00e0 :\u00a0Gr\u00e9goire Bouillier, Alice Ferney, Olivier Haralambon, Pierre Jourde, Michel Le Bris et Herv\u00e9 Le Tellier)\u00a0mais aussi, et surtout, l&rsquo;entendre sous la voix d&rsquo;un interpr\u00e8te. Les mots ne peuvent qu&rsquo;en r\u00e9sonner diff\u00e9remment. Certaines \u0153uvres sont reprises, et c&rsquo;est avec un certain amusement que je r\u00e9\u00e9coute un extrait de Dossier M de Guillaume, mon rire percutant le timbre fr\u00eale d&rsquo;Anne Consigny . Car il est surtout question de voix. Certains interpr\u00e8tes, davantage que d&rsquo;autres, animent les mots par leur corps, leurs gestes, leurs expressions\u00a0; mais \u00ab\u00a0dire\u00a0\u00bb l&#8217;emporte toujours sur \u00ab\u00a0faire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas du th\u00e9\u00e2tre, je le savais en venant, c&rsquo;est autre chose, de la lecture, un \u00ab\u00a0partage\u00a0\u00bb nous dit Anne &#8211; et pourtant j&rsquo;ai la d\u00e9sagr\u00e9able sensation de me sentir pi\u00e9g\u00e9e par un spectacle qui n&rsquo;a pas vraiment d&rsquo;ensemble. Un pianiste r\u00e9veille nos oreilles en d\u00e9marrant la soir\u00e9e, mais le temps est compt\u00e9, et nous ne l&rsquo;entendons plus que par brides, entre les passages des Livreurs. Apr\u00e8s l&rsquo;entracte, \u00ab\u00a0la surprise\u00a0\u00bb annonc\u00e9e par F\u00e9lix Libris nous vient des airs\u00a0: une danseuse grimpe sensuellement, entrem\u00eal\u00e9e dans des tissus, dans lesquels elle se fond. Sa souplesse impressionne, ses mouvements captivent, mais la chute est brusque\u00a0: sa prestation de tissus a\u00e9riens faite, les passages continuent sans en \u00eatre charm\u00e9s, sans aucune r\u00e9sonance\u00a0; et je reste alors \u00e0 me demander pourquoi. Apr\u00e8s v\u00e9rification, j&rsquo;apprends qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9galement programm\u00e9 de la \u00ab\u00a0magie\u00a0\u00bb. Comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de num\u00e9ros pour cacher la lecture, pour divertir l&rsquo;entreprise trop s\u00e9rieuse de lire des livres. L&rsquo;herm\u00e9tisme du \u00ab\u00a0cabaret litt\u00e9raire\u00a0\u00bb me glace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps passe plus difficilement. Bien que les interpr\u00e9tations soient dans l&rsquo;ensemble tr\u00e8s bien ex\u00e9cut\u00e9es, j&rsquo;accepte am\u00e8rement d&rsquo;\u00e9couter les \u0153uvres recouvertes d&rsquo;une certaine froideur. J&rsquo;ai envie d&rsquo;entendre le piano se d\u00e9verser sur les mots et lors d&rsquo;un passage, l&rsquo;envie me prend de m&rsquo;extraire de l&rsquo;auditorium, d&rsquo;en ressortir seule avec le texte, brut, sans voix, ou celle d&rsquo;une lecture interne. Je tente de m&rsquo;attacher au texte, \u00e0 l&rsquo;\u00e9mouvante voix d&rsquo;Herv\u00e9 Le Tellier dans <i>Toutes les familles heureuses<\/i>, au souffle d&rsquo;Olivier Haralambon dans <i>Le Coureur et son ombre<\/i>\u00a0; quand, trop souvent selon moi, seuls le livre tactile (sur tablette) et un point fixe au-dessus de nos t\u00eates sont regard\u00e9s par l&rsquo;interpr\u00e8te. Je sors de l&rsquo;auditorium frustr\u00e9e, apr\u00e8s les blagues trop longues des pr\u00e9sentateurs, r\u00e9v\u00e9latrices d&rsquo;une g\u00eane, d&rsquo;une distance prise avec un public que l&rsquo;on ne regarde pas. Il est tard,\u00a0ma d\u00e9ception est cristallis\u00e9e dans ces derni\u00e8res minutes de cirque.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Eva Sauvage<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nich\u00e9e dans le sixi\u00e8me arrondissement, la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Germain accueillait ce vendredi 24 novembre 2017 un \u00ab\u00a0TaPage nocturne\u201d, organis\u00e9 par la neuvi\u00e8me \u00e9dition du festival Livres en t\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le titre et la description de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement nous promettaient une rencontre retentissante entre l&rsquo;esprit cabaret et la litt\u00e9rature. Cependant, le choix d&rsquo;un piano jazz qui ponctue des lectures \u00e0 voix haute dans une obscurit\u00e9 quasi compl\u00e8te donne une ambiance plut\u00f4t feutr\u00e9e \u00e0 la soir\u00e9e. Un moment de danse a\u00e9rienne vient rompre quelque peu ce rythme pour laisser place \u00e0 un moment de sensualit\u00e9, sur une musique aux attraits m\u00e9lancoliques cependant. En somme, l&rsquo;ambiance globale ne correspondait pas tout \u00e0 fait \u00e0 l&rsquo;imaginaire commun des cabarets, ni \u00e0 ce \u00e0 quoi l&rsquo;on aurait pu s&rsquo;attendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, le spectacle n&rsquo;est pas d\u00e9cevant pour autant. Les lecteurs de l&rsquo;association Les Livreurs savent jouer de leur voix. A travers de courts extraits choisis, ils vous transportent dans les univers tr\u00e8s vari\u00e9s des diff\u00e9rents romans pr\u00e9sent\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en lumi\u00e8re de la lecture \u00e0 voix haute renoue avec l&rsquo;aspect sonore de la litt\u00e9rature. Si les mots s&rsquo;\u00e9crivent, ils se prononcent \u00e9galement. Le langage du livre est transport\u00e9 sur sc\u00e8ne. Mais il faut garder en t\u00eate que les livres mis \u00e0 l&rsquo;honneur sont des romans, et non des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. Ce ne sont pas des textes faits pour \u00eatre jou\u00e9s, ou interpr\u00e9t\u00e9s, mais bien pour \u00eatre lus. Les spectateurs sont invit\u00e9s non pas \u00e0 \u00eatre un public de spectacle, mais bien des lecteurs r\u00e9unis et unifi\u00e9s par la voix des \u00ab\u00a0lecteurs sonores\u201d. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;absence de d\u00e9cor, et la luminosit\u00e9 juste suffisante \u00e0 la vision du texte, permettent un caract\u00e8re intimiste \u00e0 la lecture de tous et de chacun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque lecture est entrecoup\u00e9e d&rsquo;improvisation par le pianiste Benjamin Moussay. Ces interludes musicaux permettent de sortir de la temporalit\u00e9 de la lecture qui vient d&rsquo;avoir lieu, pour mieux se pr\u00e9parer \u00e0 la suivante. Ils sont \u00e9galement un bon moyen de mettre, sinon en lumi\u00e8re, au moins en musique, le caract\u00e8re musical du texte litt\u00e9raire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, outre les qualit\u00e9s esth\u00e9tiques sobres et justes du spectacle, cet \u00e9v\u00e9nement litt\u00e9raire est un tremplin consid\u00e9rable pour la litt\u00e9rature contemporaine. Les lumi\u00e8res rallum\u00e9es, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement se poursuit \u00e0 la sortie. Les auteurs attendent les spectateurs pour une s\u00e9ance de d\u00e9dicace et de discussion dans une ambiance amicale.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Alice Clabaut<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>\u00ab\u00a0Sans D\u00e9chets\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vendredi soir \u00e0 la MPAA (Maison des Pratiques Artistiques Amateurs) les Livreurs pr\u00e9sentent, dans le cadre du Festival Livres en T\u00eates, une lecture de textes contemporains toute en sobri\u00e9t\u00e9 et en \u00e9motions. Avec un seul objectif : le partage et la d\u00e9couverte pour tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ma\u00eetre-mot semble \u00eatre la sobri\u00e9t\u00e9. La pr\u00e9sentation est calme et sereine, fluide, sans accroc. L&rsquo;un apr\u00e8s l\u2019autre, les lecteurs lisent des extraits d&rsquo;ouvrages contemporains &#8211;\u00a0 inconnus pour la plupart du grand public &#8211; devant leurs auteurs. Le mot d&rsquo;ordre se retrouve dans l\u2019\u00e9clairage. L&rsquo;\u00e9motion submerge \u00e0 la fois les livreurs et le public d\u00e8s que les voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent pour conter. Les tons changent et s&rsquo;animent, les rires agitent les spectateurs et les applaudissements sont sinc\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00eame libre sobri\u00e9t\u00e9 se retrouve dans l&rsquo;interview sur le vif d&rsquo;Anne Consigny (pr\u00e9sidente du festival) qui vient se glisser avant l&rsquo;entracte. Peinant \u00e0 se remettre de sa performance de lectrice; elle nous raconte d&rsquo;une petite voix ses premiers pas au cin\u00e9ma. Une petite anecdote vient confirmer son \u00e9motion des premiers temps : pour elle, le Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay restera \u00e0 jamais la Gare d&rsquo;Orsay o\u00f9 elle a tourn\u00e9e son premier film.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet avant-go\u00fbt de mouvement libre se perp\u00e9tue en deuxi\u00e8me partie avec la prestation de C\u00e9line Tran sur tissu a\u00e9rien, dont la f\u00e9\u00e9rie est renforc\u00e9e par un superbe jeu de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En bref, c&rsquo;est \u00e0 nouveau un pari r\u00e9ussi pour les Livreurs et le festival Livres en T\u00eate, qui ne donnent qu&rsquo;une envie \u00e0 la sortie de la MPAA : se ruer sur la librairie la plus proche pour acheter les livres dont on vient de faire la d\u00e9couverte. Dommage que les librairies soient ferm\u00e9es \u00e0 cette heure-l\u00e0.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Cassandre Lyotier<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Vendredi 24 Novembre 2017, je me suis rendue \u00e0 la 9<sup>\u00e8me <\/sup>\u00e9dition du Festival de lecture \u00e0 haute voix\u00a0: \u00ab\u00a0Livres en t\u00eate\u00a0\u00bb pr\u00e9sid\u00e9 par Anne Consigny \u00e0 la MPAA (Maison des pratiques artistiques amateurs) de St-Germain, accompagn\u00e9e d&rsquo;une amie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette soir\u00e9e intitul\u00e9e le Tapage Nocturne mettait en sc\u00e8ne diff\u00e9rents lecteurs (de la troupe \u00ab\u00a0Les livreurs\u00a0\u00bb et Anne Consigny) qui nous ont interpr\u00e9t\u00e9 des extraits de six \u0153uvres d&rsquo;auteurs pr\u00e9sents \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Ces lectures \u00e9taient entrecoup\u00e9es par des interm\u00e8des musicaux et un num\u00e9ro de tissu a\u00e9rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma premi\u00e8re impression apr\u00e8s la d\u00e9couverte de cette salle en \u00e9peron, fut de constater l&rsquo;\u00e9purement des d\u00e9cors et de la mise en sc\u00e8ne. L&rsquo;espace \u00e9tait occup\u00e9 d&rsquo;un piano \u00e0 queue sur le c\u00f4t\u00e9 droit de la sc\u00e8ne et au centre de la sc\u00e8ne tr\u00f4nait un simple micro sur pied. Chaque lecteur sortait du c\u00f4t\u00e9 gauche des coulisses pour prendre place devant le micro. Les intervenants \u00e9taient v\u00eatus de leurs propres v\u00eatements. L&rsquo;\u00e9clairage sombre et tamis\u00e9 se changea en lumi\u00e8res color\u00e9es et vives lors du num\u00e9ro de tissu a\u00e9rien effectu\u00e9 par C\u00e9line Tran (ex \u00ab\u00a0Katsuni\u00a0\u00bb). Cette simplicit\u00e9 et ambiance visuelle m&rsquo;a permis de porter toute mon attention sur l&rsquo;essence m\u00eame des interpr\u00e9tations et surtout des mots, des phrases et des tonalit\u00e9s. Les lecteurs se sont succ\u00e9d\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres, chacun porteur d&rsquo;une interpr\u00e9tation personnelle, d&rsquo;une voix et d&rsquo;une tonalit\u00e9 propre&#8230; Des hommes, des femmes, de diff\u00e9rents \u00e2ges donnant aux extraits toute leur splendeur et leur diversit\u00e9. Les extraits se croisaient dans un ordre mixte. Ce m\u00e9lange de personnalit\u00e9 des auteurs dans leur cr\u00e9ation et de personnalit\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9tation des lecteurs m\u2019a conf\u00e9r\u00e9 une diversit\u00e9 d&rsquo;\u00e9motions. Il n&rsquo;est pas habituel de se faire lire des \u0153uvres, et encore moins d&rsquo;\u00eatre plong\u00e9 par ce fait dans une atmosph\u00e8re, c&rsquo;est pourquoi je fus surprise de me trouver touch\u00e9e de diff\u00e9rentes \u00e9motions face \u00e0 ces interpr\u00e9tations d&rsquo;une tr\u00e8s grande vari\u00e9t\u00e9. Je fus n\u00e9anmoins d\u00e9\u00e7ue du support utilis\u00e9 par les lecteurs, en effet, la tablette m&rsquo;a fait perdre la magie du livre et de ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente en sensation pour moi. Je suis donc pass\u00e9e par toutes les \u00e9motions\u00a0: de la joie li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;humour des histoires, \u00e0 la tristesse de certains r\u00e9cits, du suspens \u00e0 l&rsquo;interrogation\u00a0! Malgr\u00e9 tout, la surprise restait toujours vive lors des interm\u00e8des musicaux qui ponctuaient la soir\u00e9e et lors du num\u00e9ro de tissu a\u00e9rien, instant suspendu. J&rsquo;ai pu \u00eatre admirative du talent et de la rigueur du pianiste, Benjamin Moussay, qui nous invitait dans son univers unique empreint de jazz, de sensibilit\u00e9 et de justesse. Il introduisait et associait avec finesse les textes et leur atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;intervention originale de l&rsquo;artiste C\u00e9line Tran a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d&rsquo;un grand \u00e9tonnement dans cette soir\u00e9e sous le ton de la litt\u00e9rature. Ces interm\u00e8des ont apport\u00e9 une modernit\u00e9 et un dynamisme particulier au sein de cette repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Lea Memain<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce vendredi du 24 novembre 2017, la part belle est laiss\u00e9e aux arts et aux lettres entre les murs de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Paris\u00a0: au programme de ce soir, un v\u00e9ritable cabaret litt\u00e9raire dans le cadre de la neuvi\u00e8me \u00e9dition du Festival de lecture \u00e0 haute voix \u00ab\u00a0Livres en t\u00eate\u00a0\u00bb, qui se tient du 20 au 26 novembre cette ann\u00e9e, sous la pr\u00e9sidence d\u2019honneur d\u2019Anne Consigny.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce cabaret consiste en la lecture d\u2019extraits d\u2019\u0153uvres de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise tr\u00e8s contemporaine. C\u2019est ainsi que r\u00e9sonnent les premiers mots d\u00e9clam\u00e9s sur la sc\u00e8ne, vibrants et t\u00e9n\u00e9breux, comme le passage de <i>Kong<\/i> \u00e9crit par Michel Le Bris et lu \u00e0 la salle, mais qui semblent toutefois laisser l\u2019auditoire quelque peu circonspect et perplexe. Les textes suivants se r\u00e9v\u00e8lent plus univoquement, po\u00e9tiques et fluides dans leur d\u00e9ploiement, plus limpides et lyriques dans leur d\u00e9voilement. Les th\u00e9matiques des passages se succ\u00e8dent, aussi h\u00e9t\u00e9roclites que leurs lecteurs et leurs choix d\u2019interpr\u00e9tation\u00a0; toutes actuelles et pertinentes au demeurant, elles se fraient un chemin jusqu\u2019\u00e0 l\u2019esprit du spectateur par le biais des intonations chantantes de leur mise en son.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au beau milieu de ces incarnations, presque incantatoires tant le rythme sacr\u00e9 et la musicalit\u00e9 du verbe se voient r\u00e9tablies, s\u2019\u00e9l\u00e8vent, justement, les notes jou\u00e9es au piano par le virtuose Benjamin Moussay, ponctuant chaque fin de lecture et ouvrant infailliblement la suivante. La confrontation symbiotique entre les deux mondes finalement si proches, voire poreux, confine \u00e0 la combinaison harmonieuse et compl\u00e9mentaire entre deux invitations corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 la p\u00e2moison des sens, litt\u00e9raire et auditif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Scind\u00e9e en deux parties, la repr\u00e9sentation d\u00e9bouche sur un morceau de bravoure r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019\u00e9poustouflante C\u00e9line Tran au tissu a\u00e9rien\u00a0: la volupt\u00e9 de l\u2019\u00e9toffe diaphane, s\u2019enroulant en tours et d\u00e9tours, tournoyant \u00e0 l\u2019unisson avec le corps souple et sinueux de l\u2019acrobate, ach\u00e8ve de combler tous les sens perceptifs, en l\u2019occurrence ici la vue. La tension dramatique suscit\u00e9e par la r\u00e9citation des textes d\u2019auteurs se r\u00e9tablit ici par les ondoiements extraordinaires et impr\u00e9visibles de la soie fluide qui enveloppe et d\u00e9couvre sa danseuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, la r\u00e9ussite de ce cabaret litt\u00e9raire tient \u00e0 l\u2019ad\u00e9quation polyphonique de ces diff\u00e9rents membres organiques, interagissant les uns avec les autres dans un dialogue verbal et gestuel riche en sensations corporelles tout autant qu\u2019intellectuelles.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marianne Bouyssarie<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Lecture \u00e0 haute voix | Maison des Pratiques Artistiques Amateurs | En savoir plus Un TaPage nocturne d\u00e9licat et po\u00e9tique La lecture est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme une activit\u00e9 solitaire, qui requiert calme et silence. 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