{"id":10230,"date":"2017-11-25T20:00:50","date_gmt":"2017-11-25T19:00:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10230"},"modified":"2017-11-25T20:00:50","modified_gmt":"2017-11-25T19:00:50","slug":"arba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10230","title":{"rendered":"Arba, hommage \u00e0 Barbara"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Philharmonie de Paris | <a href=\"https:\/\/philharmoniedeparis.fr\/fr\/activite\/concert\/17843-jeanne-cherhal-bachar-mar-khalife\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Vingt ans jour pour jour apr\u00e8s la disparition de Barbara, Jeanne Cherhal et le musicien franco-libanais Bachar Mar-Khalif\u00e9 lui ont rendu hommage \u00e0 la Philharmonie de Paris dans un concert \u00e0 deux pianos, <i>Arba<\/i>. Dos \u00e0 dos, en corps \u00e0 corps avec leur instrument, ils ont interpr\u00e9t\u00e9 un programme de dix chansons de la dame brune \u00e0 qui la Philharmonie de Paris consacre \u00e9galement une exposition jusqu&rsquo;\u00e0 fin janvier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La qualit\u00e9 de ce spectacle tient d&rsquo;abord aux chansons de Barbara elles-m\u00eames qui r\u00e9sistent \u00e0 ce que leur infligent les deux pianistes. Tour \u00e0 tour chercheurs fous dans leur laboratoire de notes et de touches et enfants dans leur terrain de jeux, ils semblent peu soucieux de l&rsquo;in\u00e9vitable question de la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;original, et on ne peut que saluer leur libert\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e8tes. Les m\u00e9lodies sont tordues, r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini, d\u00e9construites, pouss\u00e9es \u00e0 bout, et elles tiennent toujours debout. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 reconstituer ces chansons qu&rsquo;il conna\u00eet, ainsi que leurs titres qui apparaissent eux aussi partiellement au fond de la sc\u00e8ne. Barbara est toujours l\u00e0, m\u00eame avec quelques lettres en moins ou quelques notes en plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Bachar Mar-Khalif\u00e9 et Jeanne Cherhal, que l&rsquo;on conna\u00eet bien comme chanteuse, sont d&rsquo;excellents pianistes et veulent nous le faire savoir : si l&rsquo;on se r\u00e9jouit de leurs jeux et de leurs r\u00e9\u00e9critures ludiques (<i>Du bout des l\u00e8vres<\/i>), on peut regretter que d&rsquo;autres chansons (<i>Perlimpimpin<\/i>, <i>Les insomnies<\/i>) soient r\u00e9duites \u00e0 des exercices pianistiques virtuoses et r\u00e9p\u00e9titifs. Le spectateur, exclu, se contente alors de rester patiemment derri\u00e8re la porte du cours de piano.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est quand la virtuosit\u00e9 laisse place \u00e0 l&rsquo;\u00e9motion et aux mots qu&rsquo;on entre pleinement dans le spectacle et qu&rsquo;il s&rsquo;adresse \u00e0 nous. Ce sont les textes qui donnent toute sa musicalit\u00e9 au spectacle. La Nantaise Jeanne Cherhal, avec retenue, interpr\u00e8te magnifiquement <i>Nantes <\/i>et le Libanais Bachar Mar-Khalif\u00e9 chante le tr\u00e8s actuel<i> G\u00f6ttingen (\u00ab\u00a0O faites que jamais ne revienne \/ Le temps du sang et de la haine \u00bb)<\/i>. Gr\u00e2ce \u00e0 des tempi souvent plus lents que les interpr\u00e9tations de Barbara, on entend les textes comme si c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois. Les mots, si personnels et par l\u00e0-m\u00eame universels, prennent une autre ampleur, comme d\u00e9livr\u00e9s de l&rsquo;urgence avec laquelle les chantait Barbara.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Mathilde Gie<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>La\u00a0petite musique de Barbara cristallis\u00e9e dans <i>Arba<\/i>&#8230;\u00a0<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le samedi 25 novembre, la Philharmonie de Paris proposait un hommage \u00e0 Barbara dans le spectacle\u00a0<i>Arba<\/i>, r\u00e9alis\u00e9 par Jeanne Cherhal et Bachar Mar-Khalif\u00e9. Le concert \u00e9tait en grande partie instrumental : dialogue de deux pianos, auquel s&rsquo;enla\u00e7aient ponctuellement les voix des deux interpr\u00e8tes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur les partitions de l&rsquo;\u0153uvre de Barbara, les deux musiciens ont tiss\u00e9 leur propre sensibilit\u00e9. La toile musicale, l&rsquo;air initial, se d\u00e9veloppent et s&rsquo;\u00e9tendent sur des chemins nouveaux, in\u00e9dits o\u00f9 ils r\u00e9sonnent diff\u00e9remment. Dans cet hommage, c&rsquo;est sans doute l&rsquo;immensit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre de la chanteuse qui se dit, l&rsquo;\u0153uvre apparaissant comme un arbre d&rsquo;o\u00f9 ne cessent de surgir par-del\u00e0 les airs les plus connus, des ramifications nouvelles. C&rsquo;est ainsi que la chanson: \u00ab\u00a0<i>Du bout des l\u00e8vres<\/i>\u00a0\u00bb fit rire, entendue dans cette r\u00e9interpr\u00e9tation \u00e0 quatre mains, o\u00f9 chacune chasse l&rsquo;autre, o\u00f9 des mains sur un piano s&rsquo;agitent, s&rsquo;animent. Cette version instrumentale, fait r\u00e9sonner int\u00e9rieurement les paroles, anim\u00e9es par le rythme, par\u00a0cette voix du piano dans laquelle semble rena\u00eetre Barbara. Les notes s&rsquo;\u00e9chappent du bout des doigts, dans la danse des mains des musiciens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans ces r\u00e9\u00e9critures des chansons de Barbara, Jeanne Cherhal a tent\u00e9 de faire \u00e9clater ce qui selon elle en constitue l&rsquo;essence. En ce spectacle, qui serait comme une \u00e9pure de l&rsquo;\u0153uvre barbaresque comme en t\u00e9moigne le titre\u00a0: Arba, demeure ce qui serait l&rsquo;esprit de la compositrice, celui du moins qu&rsquo;ont retenu les deux artistes pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne. C&rsquo;est ainsi que surgissent diff\u00e9rentes \u00e9motions, les frissons \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation de G\u00f6ttingen \u00e0 laquelle Mar-Khalif\u00e9 pr\u00eate sa voix, le rire, un sourire lorsque les artistes \u00e9tablissent avec un public amateur des connivences relatives \u00e0 ce qui nous a r\u00e9uni\u00a0: l&rsquo;amour d&rsquo;une m\u00eame femme, d&rsquo;une m\u00eame po\u00e9tesse, d&rsquo;une m\u00eame voix. Ce court concert nous ram\u00e8ne \u00e0 une \u0153uvre merveilleuse, dont on n&rsquo;a pas fini de se faire l&rsquo;interpr\u00e8te.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Juliette Beillot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">A l&rsquo;occasion des 20 ans de la disparition de la chanteuse Barbara, et en lien avec l&rsquo;exposition \u00ab\u00a0<i>Barbara<\/i>\u00a0\u00bb qui se d\u00e9roule actuellement \u00e0 la Philharmonie de Paris, la chanteuse Jeanne Cherhal invite le pianiste Bachar Al-Khalif\u00e9 pour un concert hommage \u00e0 la Cit\u00e9 de la musique. Quel d\u00e9fi\u00a0! Depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, de nombreux hommages sont sortis. On peut citer les albums de reprises \u00ab Elles et Barbara\u00a0\u00bb (auxquels Jeanne Cherhal participe), \u00ab\u00a0Barbara\u00a0\u00bb par le pianiste classique Alexandre Tharaud, sans oublier l&rsquo;album surprenant du com\u00e9dien G\u00e9rard Depardieu, \u00ab\u00a0Depardieu chante Barbara\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il s&rsquo;agissait donc de trouver sa voie dans ce floril\u00e8ge d&rsquo;hommages et apporter sa touche personnelle pour convaincre le public. L&rsquo;alchimie entre Cherhal et Al-Khalif\u00e9 a ici plut\u00f4t bien fonctionn\u00e9\u00a0! En effet, dans une ambiance assez intimiste, deux pianos sont plac\u00e9s de fa\u00e7on \u00e0 ce que les artistes jouent dos \u00e0 dos. Jeanne Cherhal et Bachar Al-Khalif\u00e9 ne sont que deux sur sc\u00e8ne, et ont d\u00e9cid\u00e9 de mener leur concert comme une v\u00e9ritable promenade. Les m\u00e9lodies et arrangements des c\u00e9l\u00e8bres chansons de Barbara (<i>Une petite cantate, Les insomnies, Au bois de Saint-Amand)\u00a0<\/i>sont vari\u00e9s, model\u00e9s et modifi\u00e9s dans l&rsquo;univers de Bachar Al-Khalif\u00e9, o\u00f9 l&rsquo;on retrouve des influences de musique minimaliste\/r\u00e9p\u00e9titive, mais aussi de musique orientale ou de jazz. C&rsquo;est une musique tr\u00e8s imag\u00e9e, avec, malgr\u00e9 une nette diff\u00e9rence de jeu pianistique entre les deux artistes, une grande coh\u00e9rence musicale. On notera le tr\u00e8s pudique et intime mais remarquable accompagnement dans la reprise de \u00ab\u00a0<i>Nantes<\/i>\u00a0\u00bb o\u00f9 Bachar Al-Khalif\u00e9 n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 exploiter l&rsquo;ensemble des timbres du piano (en \u00e9touffant ou en pin\u00e7ant des cordes par exemple). Cependant, il appara\u00eet que l&rsquo;abondance de d\u00e9veloppement minimaliste\/r\u00e9p\u00e9titif peut parfois donner le sentiment d&rsquo;une trop grande langueur, quelque chose d&rsquo;excessif dans l&rsquo;expression des \u00e9motions. Cela peut rendre l&rsquo;\u00e9coute du concert frustrante (en particulier vers la fin du concert). \u00c0 trop vouloir en faire, les artistes risquent de perdre les auditeurs sur le long terme, m\u00eame si cela r\u00e9sulte des go\u00fbts et des couleurs de chaque auditeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 l&rsquo;omnipr\u00e9sence des pianos, le chant se fait une place (peut-\u00eatre une trop petite place par rapport \u00e0 la volont\u00e9 de faire un hommage \u00e0 une voix si impressionnante que celle de Barbara). Tout au long du concert, Jeanne Cherhal interpr\u00e8te avec une tr\u00e8s grande \u00e9l\u00e9gance les chansons de Barbara. \u00c0 la fois sans tomber dans une interpr\u00e9tation charg\u00e9e de trop d&rsquo;\u00e9motions, ni sans \u00eatre froide et s\u00e8che, Jeanne Cherbal trouve un juste \u00e9quilibre tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute. Jeanne Cherhal a v\u00e9ritablement compris l&rsquo;\u0153uvre de Barbara, et l&rsquo;effet est assur\u00e9 sur le public\u00a0! Bachar Al-Khalif\u00e9 chante aussi, en duo mais aussi en solo dans une tr\u00e8s \u00e9mouvante version de\u00a0<i>G\u00f6ttingen<\/i>, o\u00f9 la musique et le texte ne font qu&rsquo;un pour une chanson d\u00e9chirante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, un concert tr\u00e8s bien r\u00e9alis\u00e9, un hommage\u00a0beau, juste, et original. Un duo qui nous a promen\u00e9 pendant 1h10 tr\u00e8s agr\u00e9ablement dans un flot musical continu, o\u00f9 tout un monde en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Barbara nous entretient et fait du bien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Louis Sardina<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Il est de ces spectacles apr\u00e8s lesquels le retour \u00e0 la vie quotidienne est difficile. Le monde para\u00eet froid et hostile apr\u00e8s tant de chaleur et d\u2019\u00e9motion. C\u2019est le cas d\u2019<i>Arba<\/i>, un spectacle-concert de Jeanne Cherhal et Bachar Mar-Khalif\u00e9 en hommage \u00e0 Barbara, jou\u00e9 \u00e0 la Philharmonie de Paris le 24 et le 25 novembre 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Arba<\/i>, c\u2019est le c\u0153ur de Barbara, une musique vivante et \u00e9mouvante, m\u00eame vingt ans apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de l\u2019artiste. Jeanne Cherhal et Bachar Mar-Khalif\u00e9 lui ont d\u2019ailleurs redonn\u00e9 vie ce soir, ils l\u2019ont r\u00e9invent\u00e9 aussi. Car ce n\u2019\u00e9tait pas seulement un concert auquel on a assist\u00e9, c\u2019est tous les arts qui ont \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 pour rendre hommage \u00e0 la Dame en Noir\u00a0: musique, chant, lumi\u00e8re, couleurs\u2026 Deux pianos \u00e0 queue sont sur sc\u00e8ne, les deux chanteurs-compositeurs vont jouer dos \u00e0 dos, \u00e0 quatre mains, au c\u0153ur d\u2019un ballet de lumi\u00e8re orchestr\u00e9 par les projecteurs qui les cachent, les d\u00e9couvrent, les entourent. Le spectacle visuel vient aussi du jeu auquel se livrent les deux artistes, un jeu qui devient lorsqu\u2019ils jouent l\u2019une des chansons c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, avec leurs deux mains droites seulement qui se croisent et s\u2019entrecroisent comme si elles n\u2019appartenaient qu\u2019\u00e0 un seul corps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019un ton l\u00e9ger et d\u2019une voix enjou\u00e9e, Jeanne Cherhal ouvre le concert avec \u00ab\u00a0<i>Les Insomnies<\/i>\u00a0\u00bb, chanson joyeuse qui annonce une soir\u00e9e sans sommeil, mais en bonne compagnie. Les chansons s\u2019enchainent, tant\u00f4t chant\u00e9es, tant\u00f4t seulement jou\u00e9es, et les pianos se r\u00e9pondent, les voix \u2013 celle claire et pure de Jeanne Cherhal et celle grave et profonde de Bachar Mar-Khalif\u00e9 \u2013 se m\u00ealent et se compl\u00e8tent, jusqu\u2019\u00e0 nous emporter dans une grande \u00e9motion lorsque Bachar Mar-Khalif\u00e9 se l\u00e8ve pour chanter \u00ab\u00a0<i>\u00d4 faites que jamais ne revienne \/ Le temps du sang et de la haine \/ Car il y a des gens que j\u2019aime \/ \u00c0 G\u00f6ttingen, \u00e0 G\u00f6ttingen<\/i>\u00a0\u00bb. Les deux artistes emportent, par leur voix, par leur univers, ces chansons bien connues vers d\u2019autres horizons, en particulier \u00ab\u00a0<i>Le Soleil noir<\/i>\u00a0\u00bb qui en est l\u2019exemple le plus remarquable. Le jeu des projecteurs, par les lumi\u00e8res rouges dansant autour des pianos, cr\u00e9e une atmosph\u00e8re semblable \u00e0 une bo\u00eete de nuit, soulign\u00e9e par les r\u00e9ponses que fait le piano de Jeanne Cherhal \u00e0 celui de Bachar Mar-Khalif\u00e9 et qui souligne le rythme puissant de la chanson. Les artistes emm\u00e8nent avec eux le public dans une vague d\u2019\u00e9nergie et d\u2019\u00e9motion qui ne nous laisse pas tout \u00e0 fait indemnes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Oc\u00e9ane Le Bourhis<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 25 novembre \u00e0 la Philharmonie de Paris, Jeanne Cherhal et Bachar Mar-Khalif\u00e9 ont propos\u00e9 \u00e0 la Philharmonie de Paris une cr\u00e9ation \u00e0 deux pianos et voix un hommage \u00e0 la musique, compositrice et pianiste Barbara. A l\u2019image de Barbara, pour qui elle \u00e9prouve une grande admiration, Jeanne Cherhal est une auteure-compositrice-interpr\u00e8te qui place au c\u0153ur de son univers musical le couple piano-voix. Bachar Mar-Khalif\u00e9 est un compositeur-interpr\u00e8te dont le r\u00e9pertoire va de la musique contemporaine \u00e0 l\u2019\u00e9lectro en passant par le jazz, la musique libanaise ou la chanson fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans <i>Arba<\/i>, les deux artistes ne donnent pas \u00e0 entendre des reprises des classiques de chansons de Barbara mais comme le titre de ce concert-spectacle le sugg\u00e8re, ils cherchent \u00e0 atteindre le c\u0153ur de Barbara et s\u2019attachent \u00e0 extraire l\u2019essence de sa musique en tendant vers l\u2019\u00e9pure. De fait ils ne donnent pas \u00e0 entendre des reprises classiques des chansons de Barbara mais les d\u00e9construisent via des arrangements sophistiqu\u00e9s qui prennent des grandes libert\u00e9s vis-\u00e0-vis des chansons originales. C\u2019est notamment le cas des versions strictement instrumentales. Seules quelques chansons \u00e9tant chant\u00e9es, en partie ou en int\u00e9gralit\u00e9. Les deux artistes transposent donc les musiques dans des r\u00e9pertoires vari\u00e9s tels que la musique contemporaine, en jouant non seulement avec les touches du piano mais \u00e9galement avec les \u00e9touffoirs, la tige de lyre ou en tapant sur le couvercle comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une percussion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En outre, la performance des deux artistes a comme m\u00e9rite de rendre un concert de musique classique accessible \u00e0 tous via une mise en sc\u00e8ne ludique. En effet, les deux interpr\u00e8tes sont tr\u00e8s th\u00e9\u00e2traux et donnent un registre particulier \u00e0 chaque chanson. Pour certaines, plac\u00e9es sous le signe du comique, ils ne cessent de passer d\u2019un clavier \u00e0 l\u2019autre et feignent d\u2019\u00eatre en comp\u00e9tition pour jouer le plus possible ; et pour d\u2019autre plus endiabl\u00e9es, ils dansent tout en jouant. De fait, le pari semble r\u00e9ussi puisque durant toute l\u2019heure et demie que dure la performance, le public applaudit \u00e0 de nombreuses reprises et r\u00e9agit par le rire, l\u2019\u00e9motion\u2026. Le concert se cl\u00f4t d\u2019ailleurs sur une quasi ovation des spectateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette dimension ludique est renforc\u00e9e par la sc\u00e9nographie\u00a0: les deux pianos sont plac\u00e9s face \u00e0 face ce qui fait que les deux artistes sont \u00e0 dos. De fait, cela permet de cr\u00e9er un jeu comique puisque l\u2019un ne voit pas les mimiques que l\u2019autre fait et ils sont tour \u00e0 tour dans une connivence avec le public. Ainsi, on voit que les deux artistes cherchent r\u00e9ellement \u00e0 \u00eatre constamment en relation avec le public, ce qui, encore une fois, rend ce spectacle de musique classique accessible sans pour autant perdre en qualit\u00e9. Enfin,\u00a0le jeu de lumi\u00e8re est tr\u00e8s travaill\u00e9 et contribue \u00e0 faire de chaque chanson une \u0153uvre compl\u00e8te, une sayn\u00e8te en cr\u00e9ant une ambiance particuli\u00e8re via un jeu sur les couleurs et leur rythme.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Albane Hartmann<\/h6>\n<h6 style=\"text-align: right\"><\/h6>\n<pre>Photo : Ast\u00e9rios<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Philharmonie de Paris | En savoir plus Vingt ans jour pour jour apr\u00e8s la disparition de Barbara, Jeanne Cherhal et le musicien franco-libanais Bachar Mar-Khalif\u00e9 lui ont rendu hommage \u00e0 la Philharmonie de Paris dans un concert \u00e0 deux pianos, Arba. 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