{"id":10239,"date":"2017-11-30T20:00:00","date_gmt":"2017-11-30T19:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10239"},"modified":"2017-11-30T20:00:00","modified_gmt":"2017-11-30T19:00:00","slug":"bleu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10239","title":{"rendered":"Bleu"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Maison des Pratiques Artistiques Amateurs | <a href=\"http:\/\/www.mpaa.fr\/Programme?year=2017&amp;month=12&amp;day=01&amp;event=BLEU.-\/-Yvann-Alexandre&amp;e_id=3720\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">La Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Germain accueillait ce vendredi 1er d\u00e9cembre 2017 la compagnie Yvann Alexandre pour la repr\u00e9sentation de \u00a0\u00ab\u00a0Bleu.\u201d, leur derni\u00e8re cr\u00e9ation en date.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Bleu. est cens\u00e9 repr\u00e9senter l&rsquo;\u00e9piderme et l&rsquo;ecchymose qui parfois vient s&rsquo;y nicher. Toutefois, le propos dans\u00e9 n&rsquo;est pas clair. Il est vrai que quelques mouvements d&rsquo;\u00e9cho entre les danseurs sont rep\u00e9rables tout au long du spectacle, comme annonc\u00e9 dans la brochure. Sinon, la po\u00e9sie de la danse contemporaine et abstraite n&rsquo;est ici pas utilis\u00e9e \u00e0 bon escient. La chor\u00e9graphie et les choix esth\u00e9tiques proposent des pistes qui ne sont cependant pas suivies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A titre d&rsquo;exemple, les danseurs entrent en sc\u00e8ne, portant chacun sur la t\u00eate une \u00e9norme perruque noire. Ils s&rsquo;en d\u00e9font rapidement, avant m\u00eame d&rsquo;avoir exploit\u00e9 r\u00e9ellement cet \u00e9l\u00e9ment, ou encore avant d&rsquo;avoir laiss\u00e9 le temps au spectateur de se faire sa propre consid\u00e9ration sur la chose. De m\u00eame, \u00e0 peu pr\u00e8s au milieu du spectacle, le chor\u00e9graphe choisit de d\u00e9barrasser ses danseurs et danseuses du haut de leur tenue de sc\u00e8ne pour laisser place \u00e0 leurs torses nus. Cette piste est int\u00e9ressante \u00e9tant donn\u00e9 que le spectacle est suppos\u00e9 \u00e9voquer la fragilit\u00e9 de la peau. Cependant, mal-\u00e0-l&rsquo;aises, les danseuses tentent alors, tant bien que mal, de se mouvoir de fa\u00e7on plus ou moins dans\u00e9e, un bras cachant leur poitrine. On aurait pu croire \u00e0 un choix chor\u00e9graphique si cela avait \u00e9t\u00e9 partag\u00e9 par les danseurs. Ce n&rsquo;est pas le cas. Les hommes d\u00e9ambulent le torse totalement d\u00e9nud\u00e9, alors que les femmes sont bloqu\u00e9es dans leurs mouvement par une pseudo-pudeur, qui casse le mouvement propos\u00e9. La nudit\u00e9 non-assum\u00e9e brise l&rsquo;horizon d&rsquo;attente et place le spectateur dans un r\u00f4le de voyeur mal venu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De m\u00eame, musicalement, la pi\u00e8ce est instable, balan\u00e7ant entre musique classique et chant lyrique au rythme lent, et musique \u00e9lectronique qui, en comparaison, semble tr\u00e8s agressive. On a du mal \u00e0 voir la progression. En d\u00e9finitive, le spectateur ne peut esp\u00e9rer se raccrocher \u00e0 l&rsquo;auditif, lorsque le visuel le perd.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Alice Clabaut<\/h6>\n<hr \/>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><b>Une exp\u00e9rience frustrante<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">La compagnie montpelli\u00e9raine d&rsquo;Yvan Alexandre se propose depuis sa cr\u00e9ation en 1993 de faciliter l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la chor\u00e9graphie contemporaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour autant, bien que repr\u00e9sentatif des tendances actuelles en jouant sur la chute (Pina Bausch) et la m\u00e9canique des corps (Preljocaj), la composition de \u00ab\u00a0Bleu.\u00a0\u00bb laisse sur sa faim.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s une introduction plut\u00f4t r\u00e9ussie plongeant tour \u00e0 tour les spectateurs et la sc\u00e8ne dans le noir, ne laissant qu&rsquo;une lueur bleue comme point de rep\u00e8re et utilisant une musique entrainante qui permet au spectateur de sentir toute la tension du programme qui va suivre; la suite n&rsquo;est pas du m\u00eame acabit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l&rsquo;on comprend tr\u00e8s vite que le jeu se situe entre la r\u00e9pulsion et l&rsquo;attraction, la chute et la tension des corps, la chor\u00e9graphie se fait rapidement r\u00e9p\u00e9titive et l&rsquo;on attend un d\u00e9nouement qui ne viendra jamais. De plus, les musiques tr\u00e8s vari\u00e9es ne correspondent jamais avec le rythme des membres qui reste stable tout le long de la repr\u00e9sentation. Cet assemblage donne presque l&rsquo;impression d&rsquo;assister \u00e0 une compilation d&rsquo;extraits d&rsquo;une repr\u00e9sentation plus longue, bref, il poss\u00e8de un aspect d\u00e9cousu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si quelques artistes sortent du lot, la plupart du temps ils semblent ne pas aller jusqu&rsquo;au bout de leur mouvement, se retenir alors que le but m\u00eame de l&rsquo;exercice semble \u00eatre de se laisser guider par une force sup\u00e9rieure. De plus, le jeu frappe par l&rsquo;absence de regards entre ses acteurs, dans les mouvements de douceur, comme de violence, les regards ne se croisent presque jamais. Les danseurs ne donnent pas vie \u00e0 leurs personnages, comme s&rsquo;ils \u00e9taient encore en train de r\u00e9p\u00e9ter. Autre point, la nudit\u00e9 est utilis\u00e9e de mani\u00e8re quelque peu d\u00e9cevante puisque les femmes se cachent la poitrine d&rsquo;une main ce qui d\u00e9s\u00e9quilibre les grands mouvements de bras qu&rsquo;elles effectuent en parall\u00e8le, alors que les hommes semblent enti\u00e8rement libres de leurs mouvements. Cette diff\u00e9rence entre les sexes parait d&rsquo;autant plus d\u00e9plac\u00e9e qu\u2019elle est le seul moment de la repr\u00e9sentation o\u00f9 les danseurs sont distingu\u00e9s selon leur genre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En clair, il y a de tr\u00e8s bons \u00e9l\u00e9ments sur le plan technique comme physique, mais l&rsquo;ensemble provoque une frustration qui ne dispara\u00eet jamais.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Cassandre Lyotie<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Bleu<\/i>, mont\u00e9 par Yvan Alexandre \u00e0 la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, s&rsquo;ouvre sur une musique hybride qui m\u00eale sifflements \u00e9lectriques et fourmillements de sous-bois, plantant d&#8217;embl\u00e9e le d\u00e9cor : nous nous trouvons \u00e0 l&rsquo;intersection entre animalit\u00e9 et technicit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans un espace du choc, de la confrontation entre deux p\u00f4les pens\u00e9s comme constitutifs de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais avant la musique, on entend : le bruit sourd des pieds nus qui s&rsquo;avancent. La danseuse joue de l&rsquo;harmonie et de la saccade de ses mouvements, se recroquevillant brusquement apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre \u00e9tir\u00e9e \u00e0 s&rsquo;en faire craquer les os, et puis elle recommence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tr\u00e8s vite elle est rejointe par ses compagnons de danse, qui jouent de la m\u00eame oscillation entre douceur et brutalit\u00e9. Elle \u00e9tait le premier coup, ils sont l&rsquo;expansion du bleu qui se diffuse dans la chair.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Les coiffes qu&rsquo;ils portent en forme de turbans hypertrophi\u00e9s les fait appartenir \u00e0 la m\u00eame esp\u00e8ce d&rsquo;insectes anthropomorphes. Les turbans les changent en mantes religieuses, et c&rsquo;est une jolie trouvaille. Agents de l&rsquo;expansion du bleu, ils ne sont ni tout \u00e0 fait humain ni tout \u00e0 fait animaux, mais seulement les vecteurs d&rsquo;une \u00e9nergie commune.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On regrettera que cette jolie id\u00e9e de d\u00e9part s&rsquo;\u00e9puise dans la dispersion. Sans \u00eatre obsessionnel de la sym\u00e9trie -m\u00eame si l&rsquo;on sait que l&rsquo;oeil aime l&rsquo;harmonie des formes- le spectateur peut l\u00e9gitimement \u00eatre d\u00e9boussol\u00e9 devant le d\u00e9sordre des corps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il n&rsquo;y a pas de transfert d&rsquo;\u00e9nergie entre les danseurs , qui semblent suivre leur propre rythme sans s&rsquo;accorder \u00e0 celui des autres corps, si bien que la danse se mue en d\u00e9pense d&rsquo;\u00e9nergie sans objet. Dans <i>Bleu<\/i>, l&rsquo;audace chor\u00e9graphique rend le geste illisible, ce qui n&rsquo;est pas dommage en soi, mais qui l&rsquo;est lorsque le titre de la pi\u00e8ce laisse pr\u00e9sager un impact visuel, qui ne vient jamais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le pari du titre, pourtant bien trouv\u00e9, ne tient pas jusqu&rsquo;au bout. On ne voit que la dispersion l\u00e0 o\u00f9 on aurait voulu voir l&rsquo;expansion du Bleu. Pas de choc donc, mais un joli moment tout de m\u00eame, pass\u00e9 en compagnie des danseurs de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Nathanaelle Fulleringer<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Bleu, le spectacle de danse du chor\u00e9graphe Yvann Alexandre, a eu lieu le 30 novembre et le 1 d\u00e9cembre, \u00e0 la <i>Maison des pratiques artistiques amateurs<\/i>. Le chor\u00e9graphe se d\u00e9finit lui-m\u00eame comme un romantique, qui ne ferait que mettre en sc\u00e8ne des \u00ab\u00a0chim\u00e8res\u00a0\u00bb. Et pourtant, l&rsquo;extr\u00eame pr\u00e9cision du mouvement des interpr\u00e8tes ferait plut\u00f4t penser \u00e0 un projet bien m\u00e9dit\u00e9, pr\u00e9cis, qui voudrait nous confier quelque chose. Mais ce n&rsquo;est rien. Le spectacle ne veut pas nous communiquer <i>quelque chose<\/i>, mais tout simplement communiquer <i>avec nous<\/i> et m\u00eame avec la partie la plus profonde de nous-m\u00eame\u00a0: notre \u00e2me. \u00a0C&rsquo;est \u00e0 notre intimit\u00e9 qu&rsquo;Yvann Alexandre s&rsquo;adresse en mettant en sc\u00e8ne ces corps nus, \u00e9l\u00e9gants, aux mouvements tr\u00e8s d\u00e9licats mais passionn\u00e9es \u00e0 la fois. Les corps se rapprochent, se touchent \u00e0 peine, mettent en sc\u00e8ne des combats, des dialogues dont on n&rsquo;arrive pas \u00e0 saisir les mots. On comprend que quelque chose se passe sur la sc\u00e8ne, mais on ne sait pas trop quoi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Finalement, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 saisir ni quelque chose \u00e0 comprendre. Le spectacle semble nous vouloir fournir l&rsquo;\u00e9bauche d&rsquo;une communication possible qui se fait \u00e0 travers de moments forts o\u00f9 il y a presque de la violence, quelque chose de viril qui apparait dans la danse (bien que la plupart des interpr\u00e8tes soient des femmes) et d&rsquo;autres, en revanche, o\u00f9 tout devient extr\u00eamement doux et sensuel. C&rsquo;est une communication qui s&rsquo;adresse au plus profond de nous-m\u00eame, \u00e0 notre instinct, \u00e0 une id\u00e9e d&rsquo;humanit\u00e9 originaire, sans filtre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a une force qui se d\u00e9gage de ce spectacle et se propage jusqu&rsquo;\u00e0 englober le spectateur. \u00a0Comme le bleu, l&rsquo;ecchymose justement, qui revient \u00e0 la surface de la profondeur et qui se montre d&rsquo;un coup pour prendre sa place, affirmer son existence. Que nous voulions ou pas.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Consuelo Ricci<\/h6>\n<hr \/>\n<h4 style=\"text-align: justify\">Bleu. : libre violence.<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Bleu. Avec un point final. Tel est le nom de la nouvelle cr\u00e9ation artistique de Yvann Alexandre, prestigieux chor\u00e9graphe fran\u00e7ais de danse contemporaine. \u00c0 la recherche perp\u00e9tuelle du mouvement parfait, du mouvement juste, du mouvement insaisissable, <i>Bleu.<\/i> s&rsquo;inscrit dans ces instants fig\u00e9s, dans ces sc\u00e8nes de luttes int\u00e9rieure et ext\u00e9rieur qui peuplent le quotidien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Car le spectacle est bleu, bleu comme la couleur froide, bleu comme l&rsquo;impact d&rsquo;un coup sur la peau fr\u00eale, bleu comme le <i>blues<\/i> qui envahit de lassitude un et chacun. En cela, <i>Bleu.<\/i> est puissant, <i>Bleu.<\/i><i> <\/i>est fort, il confronte ecchymoses et caresses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la salle de la MPAA (Maison des Pratiques Artistiques Amateurs), une lumi\u00e8re tamis\u00e9e entoure sept jeunes danseurs, qui se d\u00e9placent majoritairement en groupe, comme un troupeau de b\u00eates sauvages. Ces diff\u00e9rents protagonistes se d\u00e9nudent au fur et \u00e0 mesure que les tableaux s&rsquo;enchainent, offrant au spectateur ses propres suppositions quant \u00e0 la raison de cette d\u00e9cision artistique. Peut-\u00eatre se d\u00e9voilent-ils, pour montrer leurs plus profondes blessures. En effet, leurs gestes sont secs, comme des d\u00e9chirures dans l&rsquo;air, des pas laissent \u00e0 penser qu&rsquo;ils se battent, dans une mise en sc\u00e8ne musicale empreinte de violence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le septuor de danseurs est fluide, sans plasticit\u00e9, comme s&rsquo;il se mouvait de mani\u00e8re impr\u00e9visible, sans qu&rsquo;aucun pas ne leur soit dict\u00e9. En cela, cette \u0153uvre se distingue, car elle donne l&rsquo;impression de ne rien imposer. Les danseurs sont libres de leurs divagations, mais emprisonn\u00e9s dans leur douleur, et cela se voit. Quand, sur un chant d&rsquo;op\u00e9ra allemand qui emplit la salle, les danseurs se frappent, ont mal, sont perdus, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de s&rsquo;interroger sur la condition et la r\u00e9signation humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La tension cr\u00e9\u00e9e pendant une heure atteint son paroxysme lors des derniers instants, quand une danseuse quitte la sc\u00e8ne dans une lueur pratiquement mystique, et qu&rsquo;une autre la regarde, emplie de m\u00e9lancolie et de tristesse, alors que de l&rsquo;eau s&rsquo;\u00e9coule du plafond. Sans v\u00e9ritables explications, on assiste \u00e0 la d\u00e9ch\u00e9ance de deux interpr\u00e8tes, alors qu&rsquo;un troisi\u00e8me s&rsquo;\u00e9tait \u00e9croul\u00e9 quelques minutes auparavant, comme s&rsquo;il rendait son dernier souffle. On comprend alors que la po\u00e9sie de cette \u0153uvre ne r\u00e9side pas en sa philosophie, mais en sa force visuelle, comme si le public recevait chaque impact sur sa propre peau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Bleu.<\/i><i> <\/i>est violent, il ne peut \u00e9pargner son public. Il montre la tension \u00e9l\u00e9gante, la lutte gracieuse, et la temp\u00eate d\u00e9licate qui r\u00e8gnent dans toute soci\u00e9t\u00e9. Cet aspect philosophique ne r\u00e9side que dans l&rsquo;interpr\u00e9tation, car l&rsquo;\u0153uvre ne propose malheureusement aucune piste de compr\u00e9hension. Mais est-ce si probl\u00e9matique\u00a0? Ce choix de ne rien dire donne peut \u00eatre plus \u00e0 ressentir, comme si nos yeux \u00e9taient enfin aussi primordiaux que nos cerveaux.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Elisa Guidetti<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Apesanteur, harmonie, impact, douleur, noir, parfum, inspiration, \u00e9cho, tomber, int\u00e9rioriser, eau, gouttes, soleil, pas, robot, toucher, fluidit\u00e9, mouvement, aust\u00e9rit\u00e9, \u00e9l\u00e9gance, tension, fragilit\u00e9, humanit\u00e9, avancer, reculer, pas, expressivit\u00e9, esth\u00e9tisme, douceur, conceptuel, impulsion, r\u00e9f\u00e9rence, volont\u00e9, refus, d\u00e9ni, dessin, puret\u00e9, temporalit\u00e9, intimit\u00e9, ubiquit\u00e9, pairs, filiation, rupture, d\u00e9tournement, performance, fiction, Inception, indiff\u00e9rence, amour, haine, m\u00e9taphysique, myst\u00e8re, emballement, pause, deuil, violence, nuit, \u00e9couter, interruption, magie, \u00e9nergie, extatisme, transe, d\u00e9passement, accumulation, cr\u00e9ation, rejet, fascination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tels sont les mots que m&rsquo;ont inspir\u00e9 le spectacle \u00ab\u00a0Bleu\u201d. Cette danse endiabl\u00e9e, dont une repr\u00e9sentation d&rsquo;une heure a eu lieu le 1er d\u00e9cembre dernier, est le fruit du chor\u00e9graphe et g\u00e9ni Fran\u00e7ais Yvan Alexandre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;\u00e9tonnement a \u00e9t\u00e9 ma premi\u00e8re r\u00e9action, il me semble, devant une telle contemporan\u00e9it\u00e9. Tr\u00e8s attach\u00e9 au mouvement pour lui-m\u00eame, le cr\u00e9ateur s&rsquo;est en effet d\u00e9tach\u00e9 des performances des autres chor\u00e9graphes de sa g\u00e9n\u00e9ration. Le mouvement lib\u00e8re ainsi toute son \u00e9nergie, pour une extr\u00eame fluidit\u00e9 des pas et gestes. Bleu plonge ses spectateurs dans un dialogue de l&rsquo;intime, dans un corps \u00e0 corps sans merci, dont nul ne peut sortir, il me semble, \u00e0 fleur de peau.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">M\u00e9lanie Michou<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Une femme entre seule. Sans musique. Comblant l&rsquo;espace de part sa pr\u00e9sence. Puis tr\u00e8s vite, six autres danseur.euses la rejoignent. Ensemble, ils vont r\u00e9inventer l&rsquo;espace, le red\u00e9finir. M\u00ealant leur corps, sans jamais se heurter. Se s\u00e9parant pour mieux se rejoindre. Pendant un peu plus d&rsquo;une heure, chacun.e va se faire acteur.ice de la vie de l&rsquo;autre tout en la.e laissant ind\u00e9pendant.e. Lui retirer son tee-shirt, son voile mais la.e laisser le remettre. La.e pousser mais la.e laissant revenir. Impressionnant.e.s de fluidit\u00e9. Belleaux dans leur coh\u00e9sion. C&rsquo;est apr\u00e8s, le spectacle que j&rsquo;en ai lu la lettre d&rsquo;intention : on y parle de coups, d&rsquo;ecchymoses, de bleus qui grandissent sous la peau. Violence que je n&rsquo;ai visiblement pas vue. Par contre, l&rsquo;impression que quelque chose grandit, se propage, se diffuse, elle est rest\u00e9e. Je l&rsquo;associais \u00e0 l&rsquo;amour. Peut-\u00eatre fallait-il y voir de la haine\u2026mais de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Faustine Roemer<\/h6>\n<pre style=\"text-align: left\">\u00a0Photo : Ragueneau<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Maison des Pratiques Artistiques Amateurs | En savoir plus La Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Germain accueillait ce vendredi 1er d\u00e9cembre 2017 la compagnie Yvann Alexandre pour la repr\u00e9sentation de \u00a0\u00ab\u00a0Bleu.\u201d, leur derni\u00e8re cr\u00e9ation en date. 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