{"id":10307,"date":"2017-11-30T20:00:29","date_gmt":"2017-11-30T19:00:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10307"},"modified":"2017-11-30T20:00:29","modified_gmt":"2017-11-30T19:00:29","slug":"barbara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10307","title":{"rendered":"Barbara"},"content":{"rendered":"<p>Exposition | Philharmonie de Paris | <a href=\"https:\/\/philharmoniedeparis.fr\/fr\/exposition-barbara\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;exposition sobrement intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Barbara\u201d, qui a lieu \u00e0 l&rsquo;espace d&rsquo;exposition de la Philharmonie de Paris du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018, a \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9e pour rendre hommage \u00e0 la chanteuse d\u00e9c\u00e9d\u00e9e il y a tout juste vingt ans, le 24 novembre 1997. A travers des images, des extraits vid\u00e9os, des chansons mais aussi des documents manuscrits, l&rsquo;exposition plonge le spectateur dans l&rsquo;univers et l&rsquo;intimit\u00e9 de celle qui s&rsquo;est d&rsquo;abord appel\u00e9e Monique Serf avant de devenir le mythe Barbara.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;exposition d\u00e9bute avec un portrait en noir et blanc de la chanteuse, dispos\u00e9 devant un lourd rideau de velours. La chanson \u00ab\u00a0Ma plus belle histoire d&rsquo;amour\u201d est diffus\u00e9e dans ce premier espace. C&rsquo;est l&rsquo;image m\u00eame que l&rsquo;on garde le plus souvent de Barbara : un personnage myst\u00e9rieux et plein d&rsquo;\u00e9motions. Le second espace cr\u00e9e une v\u00e9ritable rupture avec ce clich\u00e9. En effet, on d\u00e9couvre l&rsquo;enfance de la chanteuse, bringuebal\u00e9e entre les quatre coins de la France pour \u00e9chapper \u00e0 la guerre. Sur fond de \u00ab\u00a0Mon enfance\u201d, chanson qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;une des maisons d&rsquo;enfance de Barbara, les photos expos\u00e9es laissent apparaitre une nouvelle facette de l&rsquo;artiste, qui a grandi dans la peur de la d\u00e9portation et de son p\u00e8re. Les salles se succ\u00e8dent, pr\u00e9sentant de mani\u00e8re chronologique l&rsquo;\u00e9volution de la jeune et timide Monique Serf en Barbara, ic\u00f4ne de la chanson fran\u00e7aise. Si dans chaque espace sont diffus\u00e9es des chansons de l&rsquo;artiste, le spectateur a \u00e9galement l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9couter via des casques audio d&rsquo;autres enregistrements, de la chanteuse mais aussi des artistes qui l&rsquo;ont inspir\u00e9e. L&rsquo;ambiance tout au long de l&rsquo;exposition est tamis\u00e9e : lumi\u00e8re douce, moquette, les espaces \u00e9tant s\u00e9par\u00e9s par des rideaux de velours mauves, faisant r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 ceux des sc\u00e8nes sur lesquelles se produisait Barbara. Le spectateur se laisse facilement aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9motion, face \u00e0 cette artiste \u00e0 la fois poignante et sinc\u00e8re. Gr\u00e2ce \u00e0 quelques archives vid\u00e9os, on d\u00e9couvre une Barbara nouvelle, loin de la femme discr\u00e8te qu&rsquo;on connaissait : un personnage plein d&rsquo;humour, tr\u00e8s exigeante mais heureuse d&rsquo;\u00eatre en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Seul b\u00e9mol de l&rsquo;exposition, la derni\u00e8re pi\u00e8ce qui s&rsquo;\u00e9loigne du caract\u00e8re chronologique et calfeutr\u00e9 de l&rsquo;exposition. En effet, c&rsquo;est une tr\u00e8s grande salle, beaucoup d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments y sont\u00a0 expos\u00e9s et on est proche de tomber dans la suraccumulation. Plusieurs p\u00e9riodes marquantes de la vie de la chanteuse sont pr\u00e9sent\u00e9es dans chaque coin de la pi\u00e8ce, de sa maison au Pr\u00e9cy-sur-Marne \u00e0 son dernier concert, en passant par des manuscrits de son titre embl\u00e9matique \u00ab\u00a0L&rsquo;Aigle noir\u201d. Si le descriptif de l&rsquo;exposition promet de nous r\u00e9v\u00e9ler \u00ab\u00a0une facette m\u00e9connue de Barbara\u201d, celle de son engagement aupr\u00e8s des malades du Sida et des prisonniers, elle n&rsquo;y consacre en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;une infime partie de l&rsquo;exposition : une vid\u00e9o cach\u00e9e derri\u00e8re un rideau. Sans doute parce que l&rsquo;artiste \u00e9tait tr\u00e8s discr\u00e8te sur cet engagement. Heureusement, les extraits des diff\u00e9rentes apparitions de Barbara dans des films, avec Jacques Brel notamment, ainsi que des extraits de son autobiographie o\u00f9 elle parle de Gerard Depardieu rattrapent ce dernier cafouillage et finissent de nous mettre les larmes aux yeux.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Angela Bossard<\/h6>\n<hr \/>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Dis, quand reviendras-tu?<br \/>\nDis, au moins le sais-tu?<br \/>\nQue tout le temps qui passe ne se rattrape gu\u00e8re<br \/>\nQue tout le temps perdu<br \/>\nNe se rattrape plus<i><br \/>\n<\/i><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les vingt ans de la disparition de la l\u00e9gendaire dame en noir, la Philharmonie de Paris consacre une exposition magnifique \u00e0 Barbara\u00a0qui nous quittait le 24 novembre 1997, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 67 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La commissaire Cl\u00e9mentine Deroudille y livre un hommage brillant \u00e0 cette immense artiste sous la forme d\u2019un portrait qui retrace chronologiquement la vie de Monique Serf, son vrai nom. Loin de lui vouer un culte, le parcours de l\u2019exposition, parfaitement pens\u00e9e et tr\u00e8s balis\u00e9e, met en lumi\u00e8re la personnalit\u00e9 et la vie complexe de Barbara, remplie de trag\u00e9dies et de r\u00e9ussites\u00a0: une enfance troubl\u00e9e par un p\u00e8re incestueux et par la fuite de l\u2019occupation nazie, la rencontre d\u00e9cisive avec sa professeur de chant, Madame Thomas-Duss\u00e9qu\u00e9, le r\u00eave de devenir chanteuse, des d\u00e9buts m\u00e9connus sur des sc\u00e8nes bruxelloises, le retour en France, les cabarets de la Rive gauche, le triomphe d\u2019une des premi\u00e8res femmes auteures-compositrices-interpr\u00e8tes et l\u2019une des derniers chanteuses issus du cabaret, la naissance d\u2019une ic\u00f4ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le velours rouge de la sc\u00e9nographie d\u2019exposition refl\u00e8te l\u2019\u00e9l\u00e9gance de cette artiste hors norme, synonyme de libert\u00e9.\u00a0 D\u2019une grande richesse photographique, l\u2019exposition nous laisse baigner dans l\u2019univers de ses archives \u00e9crites et audiovisuelles\u00a0: manuscrits, correspondances, costume de sc\u00e8ne, meubles, affiches, interviews et ses chansons. L\u2019exposition r\u00e9ussit \u00e0 incarner l\u2019\u00e9motion, la passion, l\u2019intimit\u00e9, le lyrisme et l\u2019exigence. Barbara par excellence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tous ceux qui souhaitent passer derri\u00e8re le rideau en velours rouge de la sc\u00e8ne constateront que Barbara ne nous a jamais quitt\u00e9s.\u00a0 Barbara est morte en novembre 1997. Mais elle n\u2019a pas disparu. Derri\u00e8re son piano noir, debout ou dansante, elle ne cesse d\u2019inspirer. Pour s\u2019en assurer, il suffit de visiter l\u2019exposition jusqu\u2019au 28 janvier \u00e0 la Philharmonie de Paris.<\/p>\n<blockquote><p>A vous regarder sourire,<br \/>\nA vous aimer, sans rien dire,<br \/>\nC&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai compris, tout \u00e0 coup,<br \/>\nJ&rsquo;avais fini mon voyage,<br \/>\nEt j&rsquo;ai pos\u00e9 mes bagages,<br \/>\nVous \u00e9tiez venus au rendez-vous,<br \/>\nQu&rsquo;importe ce qu\u00b4on peut en dire,<br \/>\nJe tenais \u00e0 vous le dire,<br \/>\nCe soir je vous remercie de vous,<br \/>\nQu&rsquo;importe ce qu&rsquo;on peut en dire,<br \/>\nJe suis venue pour vous dire,<br \/>\nMa plus belle histoire d&rsquo;amour, c&rsquo;est vous&#8230;\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<h6 style=\"text-align: right\">Maike Brakhan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">A l&rsquo;occasion des 20 ans de la disparition de la chanteuse Barbara, la Philharmonie a consacr\u00e9 une exposition-hommage \u00e0 \u00ab\u00a0la Dame en noir\u00a0\u00bb. De son enfance jusqu&rsquo;\u00e0 ses plus grands succ\u00e8s en passant par son intimit\u00e9 amoureuse et amicale, la r\u00e9trospective est compl\u00e8te. L&rsquo;exposition propose un parcours chronologique de la vie de Monique Serf, scand\u00e9 par les diff\u00e9rentes chansons qui en illustrent le cours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D&#8217;embl\u00e9e, un des probl\u00e8mes majeurs de l&rsquo;exposition est que les chansons de Barbara ne peuvent se r\u00e9soudre \u00e0 \u00eatre de simples illustrations. Il est donc tr\u00e8s difficile de lire les affichages pendant que les chansons d\u00e9filent en fond sonore. D\u00e8s la premi\u00e8re salle, la chanson \u00ab\u00a0Mon Enfance\u00a0\u00bb si bouleversante, r\u00e9sonne en boucle et il a fallu nous y reprendre \u00e0 plusieurs fois pour comprendre l&rsquo;histoire familiale de la chanteuse. Cela a bien ralenti notre progression \u00e0 travers l&rsquo;exposition, pourtant, il faut bien reconna\u00eetre que les affichages sont clairs et tr\u00e8s bien pr\u00e9sent\u00e9s. A noter, cependant, que de nombreuses citations ne sont pas r\u00e9f\u00e9renc\u00e9es, en particulier en dessous des photographies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;exposition est loin d&rsquo;\u00eatre fig\u00e9e\u00a0: les supports utilis\u00e9s sont multiples. En dehors de l&rsquo;audio, on peut voir de nombreux manuscrits de partitions, de lettres ainsi que des archives photographiques (dont les sublimes clich\u00e9s de Robert Doisneau) et des archives filmiques qui redonnent vie \u00e0 Barbara de fa\u00e7on saisissante. De nombreux objets lui ayant appartenus pars\u00e8ment l&rsquo;exposition, de ses pianos jusqu&rsquo;\u00e0 ses superbes robes de concert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l&rsquo;exposition nous plonge dans le pass\u00e9, elle prend soin de cr\u00e9er des liens avec le pr\u00e9sent et d&rsquo;envisager la port\u00e9e de la chanteuse sur la vie musicale actuelle. L&rsquo;exposition s&rsquo;ach\u00e8ve dans un jardin intimiste, qui tous les vendredis soirs se transforme en cabaret. Des artistes de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise actuelle viennent y proposer des hommages musicaux, des r\u00e9interpr\u00e9tations, offrant ainsi une connivence musicale qui t\u00e9moigne de la p\u00e9rennit\u00e9 et du caract\u00e8re intemporel des chansons de Barbara.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsque nous nous sommes rendus \u00e0 l&rsquo;exposition, le vendredi 24 novembre, c&rsquo;\u00e9tait le jeune artiste Tim Dup qui proposait une interpr\u00e9tation vibrante et d\u00e9licate. Sa voix juv\u00e9nile, l\u00e9g\u00e8re, d\u00e9timbr\u00e9e \u00e9tait bien \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de la voix incisive et profonde de Barbara, pourtant l&rsquo;\u00e9motion \u00e9tait au rendez-vous. Il a prouv\u00e9 que les textes, charg\u00e9s \u00e9motionnellement, pouvait \u00eatre percutants du moment qu&rsquo;ils \u00e9taient incarn\u00e9s avec simplicit\u00e9, sans fard, pour laisser retentir le poids des mots. Le public entonnait avec lui les chansons, ce qui est finalement le plus belle hommage que l&rsquo;on peut rendre \u00e0 la chanteuse\u00a0: sa musique fait l&rsquo;objet d&rsquo;un continuel partage, elle\u00a0 reste ainsi bien vivante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Nous avons donc quitt\u00e9 l&rsquo;exposition les oreilles et le c\u0153ur remplis de cette po\u00e9sie singuli\u00e8re, avec le seul regret de ne pas avoir pu voir l&rsquo;exposition dans sa totalit\u00e9. En effet, l&rsquo;immersion \u00e9tait si importante que nous n&rsquo;avions pas vu le temps passer, mais c&rsquo;est avec un plaisir renouvel\u00e9 que nous reviendrons d\u00e9couvrir de nouvelles facettes de la personnalit\u00e9 complexe de Barbara.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">L\u00e9o Guillou-Keredan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>\u00ab\u00a0La dame en noir et blanc\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;exposition nous plonge d&#8217;embl\u00e9e dans l&rsquo;univers sobre et glamour de Barbara. Le visiteur est plong\u00e9 dans l&rsquo;ombre, seule une faible lumi\u00e8re \u00e9claire les portraits en noir et blanc de la chanteuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>Totale immersion <\/b>: on entend en bruit de fond une m\u00e9lodie romantique et tr\u00e8s parisienne de Barbara, accompagn\u00e9e par son fid\u00e8le piano. Voil\u00e0 tout le succ\u00e8s de Barbara : \u00e9l\u00e9gance et simplicit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A travers l&rsquo;exposition, on d\u00e9couvre la vie de cette myst\u00e9rieuse femme : de sa dure enfance jusqu&rsquo;au remplissage des plus grandes salles, avant qu&rsquo;elle ne se retire du monde de la musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;exposition met l&rsquo;accent sur une femme \u00e0 la <b>voix grave<\/b>, au <b>phras\u00e9<\/b> l\u00e9gendaire et privil\u00e9giant surtout l<b>&lsquo;interpr\u00e9tation<\/b> de chaque mot. Cependant, celle-ci est \u00e9galement symbole de l<b>&lsquo;\u00e9mancipation<\/b> de la femme : grande et imposante, v\u00eatue de noir, cheveux courts, propos nuanc\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">V\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne fran\u00e7ais, on la voit chanter avec les plus grands, et faire le tour du monde. Victime de son succ\u00e8s, elle se voit m\u00eame propos\u00e9e des r\u00f4les dans des films.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 tout, l&rsquo;exposition de la Philarmonie ne se contente pas de montrer la chanteuse sous ses meilleurs jours, puisqu&rsquo;on assiste tout de m\u00eame \u00e0 une \u00ab\u00a0d\u00e9gradation\u00a0\u00bb de sa voix, elle semble \u00e0 la fin de sa carri\u00e8re avoir perdu son fameux<b> timbre<\/b>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s l&rsquo;exposition, on retient surtout de Barbara qu&rsquo;elle fut une femme libre, dot\u00e9e d&rsquo;une pr\u00e9sence sc\u00e9nique exceptionnelle; bref un must de la <b>vari\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise<\/b>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai l&rsquo;impression que si on me plantait un couteau dans le dos pendant que je suis en sc\u00e8ne, je ne le sentirais pas.\u00a0\u00bb &#8211; Barbara<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">C\u00e9line Fiszbin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette tr\u00e8s belle exposition \u00e0 la Cit\u00e9 de la Musique et Philharmonie de Paris comm\u00e9more le 20\u00e8me anniversaire de la mort de la chanteuse-auteure-compositrice Barbara, disparue en Novembre 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le portrait qui en est fait va de l&rsquo;enfance de Monique Serf, petite fille juive, ballott\u00e9e dans toute la France avec sa famille entre 1937 et 1946, \u00e0 la chanteuse Barbara, vedette de minuit du cabaret parisien L&rsquo;Ecluse en 1958, et dont la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 puis la popularit\u00e9 ne cessera de grandir pour devenir dans les ann\u00e9es 70 puis 80 une Dame de la chanson qui verra ses spectacles transform\u00e9s, dira-t-on, en v\u00e9ritable \u00ab messe \u00bb tant la ferveur et la passion de son public sont immenses. L&rsquo;exposition s\u2019appuie donc sur toutes sortes de t\u00e9moignages (photos, vid\u00e9os, affiches, pochettes de disques, lettres, partitions annot\u00e9es) mais cela pourrait \u00eatre banal&#8230; Or, Barbara, c&rsquo;est une voix, une allure, une \u00e9l\u00e9gance, un myst\u00e8re, de la po\u00e9sie et&#8230; de la musique ! Et voil\u00e0 la r\u00e9ussite de l&rsquo;exposition, c&rsquo;est une vraie rencontre avec elle (pour qui ne la connaissait pas) et des retrouvailles (pour qui en \u00e9tait fan).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La sc\u00e9nographie est faite pour provoquer la rencontre dans l&rsquo;intime mais avec de la pudeur et pour d\u00e9couvrir une artiste dr\u00f4le, surprenante, \u00e9mouvante, \u00e0 facettes multiples. Sa voix perch\u00e9e et douce nous accueille et nous invite \u00e0 entrer avec \u00ab Ma plus belle histoire d&rsquo;amour c&rsquo;est vous (le public) \u00bb puis on est conduit dans une sorte de labyrinthe confortable entre des rideaux rouges qui deviendront bleu et gris dans la derni\u00e8re partie, dans une douce p\u00e9nombre qui ne nous quittera pas et nous fait p\u00e9n\u00e9trer dans les coulisses de l&rsquo;artiste. Chaque \u00ab salle \u00bb prend une forme, une taille et une tonalit\u00e9 particuli\u00e8re selon la chanson que l&rsquo;on entend (G\u00f6ttingen, Nantes, L&rsquo;aigle noir, Dis quand reviendras-tu), l\u2019ambiance du cabaret L&rsquo;Ecluse est reconstitu\u00e9e \u00e9galement. Il faut prendre le temps d&rsquo;\u00e9couter, de s&rsquo;asseoir, de regarder une vid\u00e9o ou de l&rsquo;\u00e9couter dans une de ses chansons avec des \u00e9couteurs individuels pr\u00e9sent\u00e9s aux murs \u00e7\u00e0 et l\u00e0. On s&rsquo;attarde et on d\u00e9bouche sur une belle salle toute en rondeur qui \u00e9voque le jardin fleuri de sa maison de Pr\u00e9cy sur Marne o\u00f9 tr\u00f4nent 2 pianos \u00e0 queue, dont celui qui la suivait en tourn\u00e9es. Sont \u00e9voqu\u00e9es, ses collaborations avec d&rsquo;autres artistes, ses diff\u00e9rentes exp\u00e9riences (films, th\u00e9\u00e2tre) et ses costumes de sc\u00e8ne sur une estrade avec des spots de th\u00e9\u00e2tre la font revivre. On sort de\u00a0ce parcours comme on sortirait de sc\u00e8ne, par une \u00e9vocation de sa loge et tous les t\u00e9l\u00e9grammes \u00e9pingl\u00e9s autour du miroir. Mais surtout on reste avec sa voix, ses musiques qui vous enveloppent, vous enchantent&#8230; Bel hommage et belle d\u00e9couverte de Barbara !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">El\u00e9onore Rada Gairin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;exposition Barbara qui se d\u00e9roule du 13 octobre au 28 janvier 2017 \u00e0 la Philarmonie de Paris permet de voyager \u00e0 travers la vie d&rsquo;une artiste disparue il y a vingt ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le spectateur est invit\u00e9 ici \u00e0 d\u00e9ambuler dans un univers feutr\u00e9 et intime au rythme des chansons de Barbara. Il s&rsquo;engage dans une enfilade de pi\u00e8ces tapiss\u00e9es de rideaux. Toute une s\u00e9rie de photos en noir et blanc de la chanteuse permet de l&rsquo;accompagner. Il \u00e9volue dans des pi\u00e8ces th\u00e9matiques, accompagn\u00e9es de textes explicatifs, comme dans la vie de cette femme ; de l&rsquo;enfance, \u00e0 l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;une artiste dans les cabarets de la rive gauche, \u00e0 ses plus grands succ\u00e8s. Ce parcours permet d&rsquo;aboutir \u00e0 un grand espace ouvert r\u00e9cr\u00e9ant un univers de concert avec une sc\u00e8ne sur laquelle sont pos\u00e9s un piano et un rocking-chair avec une projection des derni\u00e8res repr\u00e9sentations de Barbara. Symbole des derni\u00e8res ann\u00e9es de la chanteuse, l&rsquo;univers est ici ouvert et chaleureux, et transporte le spectateur dans la maison de Percy, derni\u00e8re demeure de l&rsquo;artiste. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;asseoir sur les diff\u00e9rents \u00eelots v\u00e9g\u00e9taux, \u00e0 \u00e9couter et \u00e0 prendre son temps sous les lampions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De nombreux objets personnels sont pr\u00e9sent\u00e9s (des manuscrits originaux, un piano de travail, des enregistrements sur r\u00e9pondeur). Plus qu&rsquo;une red\u00e9couverte, ou une d\u00e9couverte, il s&rsquo;agit d&rsquo;une rencontre avec la chanteuse. Seul b\u00e9mol, l&rsquo;exposition permet quelques fois d&rsquo;avoir acc\u00e8s \u00e0 des enregistrements sur des casques audio, \u00e9l\u00e9ments trop peu nombreux qui cr\u00e9ent des agglutinements de personnes attendant leur tour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais c&rsquo;est \u00e9galement une autre facette de l&rsquo;ic\u00f4ne qui est offerte, loin de la sc\u00e8ne, nous d\u00e9couvrons une femme fragile et dr\u00f4le en tourn\u00e9e, marqu\u00e9e par son exp\u00e9rience de la guerre. Une femme qui a perdu sa voix \u00e0 la fin de sa vie mais pas sa volont\u00e9 de d\u00e9noncer les in\u00e9galit\u00e9s criantes de la soci\u00e9t\u00e9. Son engagement pour Act-Up, pour les sans-abri et pour les femmes en prison permet d&rsquo;approfondir les nuances de le chanteuse.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Laura Violette<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify\">\u00a0Photo : Jean-Fran\u00e7ois Carric<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Exposition | Philharmonie de Paris | En savoir plus L&rsquo;exposition sobrement intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Barbara\u201d, qui a lieu \u00e0 l&rsquo;espace d&rsquo;exposition de la Philharmonie de Paris du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018, a \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9e pour rendre hommage \u00e0 la chanteuse d\u00e9c\u00e9d\u00e9e il y a [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10083,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,40,50],"tags":[],"class_list":["post-10307","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-exposition","category-philharmonie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10307"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10307\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}