{"id":10368,"date":"2017-12-07T20:00:37","date_gmt":"2017-12-07T19:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10368"},"modified":"2017-12-07T20:00:37","modified_gmt":"2017-12-07T19:00:37","slug":"sulki-sulku-ont-conversations-intelligentes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10368","title":{"rendered":"Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | <a href=\"https:\/\/www.theatredurondpoint.fr\/spectacle\/sulki-et-sulku\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, Jean Michel Ribes met en sc\u00e8ne sa pi\u00e8ce <i>Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes<\/i>.\u00a0 On retrouve avec un grand plaisir ces deux personnages, \u00e9chapp\u00e9s de la pi\u00e8ce <i>Mus\u00e9e haut, Mus\u00e9e bas<\/i> (2004). Sur le m\u00eame mod\u00e8le, cette pi\u00e8ce est une s\u00e9rie de sayn\u00e8tes, qui abordent avec humour toutes sortes de th\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9, du terrorisme au football.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Deux \u0153uvres d&rsquo;art, comme \u00e9chapp\u00e9es d&rsquo;un r\u00eave, \u00e9tudient, analysent, d\u00e9cortiquent notre \u00e9poque, portent sur elle un regard tant\u00f4t amus\u00e9, \u00e9mu, tant\u00f4t scandalis\u00e9 et choqu\u00e9. Jean Michel Ribes propose ici un texte plein d&rsquo;humour, politiquement incorrect, v\u00e9ritablement d\u00e9cal\u00e9. Pendant 1h20, il nous est permis de rire, de rire de tout. On met le s\u00e9rieux \u00e0 distance. <i>Sulki et Sulku<\/i> est une pi\u00e8ce qui n&rsquo;a pas peur de dire l&rsquo;absurde de notre soci\u00e9t\u00e9. Le spectacle en devient donc tout \u00e0 fait lib\u00e9rateur. On rit de bon c\u0153ur de la na\u00efvet\u00e9 et du franc-parler des personnages. On rit d&rsquo;eux et avec eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9e laisse toute sa place au texte. La sc\u00e8ne se situe dans un mus\u00e9e (les trois premi\u00e8res sayn\u00e8tes reprenant les apparitions des deux personnages dans <i>Mus\u00e9e Haut Mus\u00e9e Bas)<\/i>. On a pour tout d\u00e9cor un pi\u00e9destal, qui rappelle au spectateur que Sulki et Sulku sont avant tout de l&rsquo;art, et qui devient une table autour de laquelle les deux personnages s&rsquo;assoient pour discuter. Les murs comme le d\u00e9cor sont gris, illumin\u00e9s d&rsquo;ampoules de couleur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les deux acteurs (Romain Cottard et Damien Zanoly) envahissent cet espace de leurs couleurs. Ils donnent vie \u00e0 un environnement plut\u00f4t maussade, et sous-titrent brillamment le texte par le corps. Parfois \u00e9mus, parfois perplexes, ou en col\u00e8re, ils rivalisent d&rsquo;\u00e9motions et un v\u00e9ritable partage s&rsquo;instaure avec le public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette sensation d&rsquo;intimit\u00e9 est renforc\u00e9e par la petite taille de la salle Jean Tardieu. Le public fait corps, nous sommes proches les uns des autres et proches des acteurs. Nous sommes les t\u00e9moins, silencieux certes mais actifs tout de m\u00eame, de leurs d\u00e9rivations intellectuelles. Le public fait partie int\u00e9grante du spectacle. Nous sommes invit\u00e9s \u00e0 nous poser ces questions, \u00e0 chercher une interpr\u00e9tation propre. Sous couvert d&rsquo;humour, chaque sc\u00e8ne pr\u00e9sente une chute ouverte, et le mot de la fin n&rsquo;est pas vraiment une fin en soi. Chaque r\u00e9plique est une id\u00e9e \u00e0 d\u00e9velopper, il s&rsquo;agit de porter un regard diff\u00e9rent sur des choses de la vie quotidienne que nous consid\u00e9rons banales, que nous avons int\u00e9gr\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je recommande donc vivement ce spectacle qui avec beaucoup d&rsquo;humour et de tendresse aborde des th\u00e9matiques qui parlent \u00e0 tous\u00a0! On se retrouve forcement dans l&rsquo;une de ces sc\u00e8nes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Gabrielle Soufflet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Je suis famili\u00e8re de l&rsquo;humour de Jean-Michel Ribes dont je connaissais notamment <i>Mus\u00e9e haut, mus\u00e9e bas<\/i>, pi\u00e8ce (et film) dont sont issus les personnages de Sulki et Sulku. C&rsquo;est donc volontiers, et sachant \u00e0 quoi m&rsquo;attendre, que je suis all\u00e9e voir sa derni\u00e8re cr\u00e9ation, <i>Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes<\/i>, au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point dont Ribes est le directeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le titre annonce la couleur : la pi\u00e8ce est une succession de petites sayn\u00e8tes, de br\u00e8ves discussions. Et puisque Sulki et Sulku sont des \u0153uvres d&rsquo;art (comme le rappelle indiscutablement leur costume, orange et mauve pour l&rsquo;un, mauve et jaune pour l&rsquo;autre), toutes les transitions (tr\u00e8s r\u00e9ussies) entre ces sayn\u00e8tes sont l&rsquo;occasion de prendre un instant la pose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De quoi parlent-ils ? Eh bien d&rsquo;un peu tout, de leur quotidien, des repas de famille, des noms de rue, du m\u00e9rite qu&rsquo;il y a \u00e0 dire non \u00e0 un ami&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Est-ce intelligent ? On se doute bien que non. Il est certes question de philosophie, du Pape et de la dette fran\u00e7aise, des dangers de l&rsquo;opinion et du terrorisme, mais les raisonnements de Sulki et Sulku ressemblent \u00e0 ceux de vos amis, quand l&rsquo;heure se fait tardive et qu&rsquo;on a peut-\u00eatre bu un verre ou deux&#8230; Un petit c\u00f4t\u00e9 Br\u00e8ves de comptoir, en fait, de la b\u00eatise pertinente, du bon sens \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Est-ce que c&rsquo;est dr\u00f4le ? Il est question de constipation et d&rsquo;un homme qui pisse de l&rsquo;essence (pas de sexe cependant, car Sulku n&rsquo;arrive pas, quelque soit la position qu&rsquo;il prend, \u00e0&#8230; m\u00e9diter), il faut donc en conclure que oui. Mais c&rsquo;est surtout l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment absurde, d\u00e9cal\u00e9, qui fait le charme de l&rsquo;humour de Jean-Michel Ribes, qui semble toujours, malgr\u00e9 tout, vouloir \u00e9viter le grossier ou le vulgaire, avec un brin d&rsquo;impertinence, voire un peu d&rsquo;humour noir. On est heureux d&rsquo;\u00e9chapper un instant au s\u00e9rieux, d&rsquo;apprendre que Sulki (ou Sulku ?) a crois\u00e9 a Joconde, que la tante de Sulki est une Russe n\u00e9e en France de parents fran\u00e7ais, que Sulku croise le Pape quand ce dernier va acheter les croquettes de son chat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est donc une bonne pi\u00e8ce ? Oui. Rien d&rsquo;extraordinaire, rien de bouleversant ou de r\u00e9volutionnaire, mais assur\u00e9ment 1h15 d&rsquo;un bon moment pass\u00e9 dans la petite salle Jean Tardieu \u00e0 l&rsquo;ambiance intimiste, en compagnie de deux com\u00e9diens qui ma\u00eetrisent parfaitement leur gestuelle comme leur diction et savent mettre en valeur, sans qu&rsquo;on s&rsquo;ennuie jamais, les petites perles du texte de Jean-Michel Ribes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Mathilde Bernardot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Sulki et Sulku<\/i> est une pi\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e et mise en sc\u00e8ne par Jean-Michel Ribes, directeur du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point o\u00f9 cette pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e avec Romain Cottard et Damien Zanoly. Les deux personnages \u00e9ponymes sont tir\u00e9s de <i>Mus\u00e9e haut, mus\u00e9e bas<\/i> \u00e9galement \u00e9crite par Ribes en 2001. Durant un dialogue particuli\u00e8rement loufoque, les deux protagonistes encha\u00eenent et multiplient les rencontres afin de voyager, de parcourir les possibilit\u00e9s du langage. Dans un d\u00e9cor de mus\u00e9e signifi\u00e9 par des panneaux clairs recouverts de leds, ces deux Bouvard et P\u00e9cuchet d\u00e9ballent leurs avis et leurs connaissances au gr\u00e9 de sujets aussi divers que vari\u00e9s. Ces \u00ab conversations intelligentes \u00bb, comme ils les appellent, offrent une certaine r\u00e9flexion \u00e0 la fois m\u00e9tadiscurssive mais \u00e9galement sur l&rsquo;art \u00e0 travers des sayn\u00e8tes o\u00f9 les personnages se retrouvent pour aborder des sujets extr\u00eamement vari\u00e9s allant du statut de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;art, au pape, \u00e0 l&rsquo;inventeur oubli\u00e9 des espadrilles, aux repas dominicaux en famille. Ces deux personnages gonfl\u00e9s de s\u00e9rieux et d&rsquo;aplomb tombent d\u00e8s le d\u00e9but dans le ridicule par leur costume deux pi\u00e8ces jaune pour l&rsquo;un et orange pour l&rsquo;autre o\u00f9 des points violets se d\u00e9tachent. La parole est omnipr\u00e9sente, par exemple, la toile qui cache la sc\u00e8ne avant la repr\u00e9sentation repr\u00e9sente deux visages d&rsquo;hommes. Celle-ci est alors aspir\u00e9e par un tuyau d&rsquo;air situ\u00e9 au plafond comme si elle avait \u00e9t\u00e9 aval\u00e9e ce qui produit un effet sc\u00e9nique assez important. Cette pi\u00e8ce propose une certaine r\u00e9flexion sur le th\u00e9\u00e2tre. Dans cette enfilade de dialogues d\u00e9cousus et d\u00e9pourvus d&rsquo;intrigue, les personnages ont l&rsquo;air conscients de leur propre vanit\u00e9. Ainsi leurs rencontres sont ponctu\u00e9es par des interm\u00e8des musicaux jou\u00e9s au piano, o\u00f9 les personnages prennent des pauses comme des statues. Ceux-ci cl\u00f4turent la pi\u00e8ce en se disant au revoir et en se disant qu&rsquo;il se retrouveront le lendemain comme s&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient conscients qu&rsquo;ils n&rsquo;existaient que le temps de la repr\u00e9sentation. Ainsi la derni\u00e8re sc\u00e8ne reprend la premi\u00e8re, pastichant <i>La Cantatrice chauve<\/i>, mais durant laquelle les personnages reprennent tous les th\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s durant la repr\u00e9sentation comme pour \u00e9tablir un compte-rendu de ce qui vient de ce d\u00e9rouler. Cette pi\u00e8ce reste l\u00e9g\u00e8re dans sont humour et se rapproche davantage des th\u00e9\u00e2tres de boulevard dans son style. Elle joue parfois sur un comique facile qui par exemple s&rsquo;appuie \u00e0 quelques reprises sur la scatophilie. Elle part peut-\u00eatre trop loin dans son d\u00e9lire burlesque laissant de c\u00f4t\u00e9 son spectateur.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Laura Violette<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0<i>Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes<\/i>\u00a0\u00bb est une pi\u00e8ce du c\u00e9l\u00e8bre dramaturge Jean-Michel Ribes que l\u2019on retrouve au th\u00e9\u00e2tre du Rond-point. Les deux acteurs sont Romain Cottard dans le r\u00f4le de Sulki et Damien Zanoly dans le r\u00f4le de Sulku. Sulki et Sulku sont deux personnages tir\u00e9s d\u2019une pi\u00e8ce plus ancienne de Ribes\u00a0: <i>Mus\u00e9e haut, mus\u00e9e bas<\/i>. Dans cette pi\u00e8ce, ils repr\u00e9sentaient deux \u0153uvres d\u2019art, critique des intellectuels snobinards\u00a0 qui ne vont au mus\u00e9e que pour dire qu\u2019ils y sont all\u00e9s. La pi\u00e8ce, qui est donc une reprise de ces personnages, reste dans des tons absurdes et loufoques. Sulki et Sulku habill\u00e9s respectivement en jaune et mauve pour l\u2019un et en orange et mauve pour l\u2019autre, vont au cours des 1h20 de spectacle d\u00e9battre de questions de haute importance telles que\u00a0: \u00ab\u00a0id\u00e9es et opinions sont-elles diff\u00e9rentes\u00a0?\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Comment ma tante peut-elle \u00eatre russe si elle vient du Limousin\u00a0?\u00a0\u00bb. Ils parlent de tout et de rien. Mais surtout de rien\u00a0! Car un rien les int\u00e9resse\u00a0! Cela va des courses du pape \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la m\u00e9ditation. Ils se disputent mais restent toujours courtois et poli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On regrettera dans la pi\u00e8ce un certain manque de dynamisme. Les sayn\u00e8tes s\u2019enchainent par le passage de l\u2019un ou l\u2019autre au travers d\u2019un panneau accompagn\u00e9 d\u2019une l\u00e9g\u00e8re pose des personnages et de musique simple. Ce passage est tr\u00e8s court et on finit par m\u00e9langer les conversations. De plus, les conversations restent assez monotones du fait du ton de voix des acteurs. On aurait aim\u00e9 qu\u2019ils se disputent vraiment une fois pour changer le rythme de l\u2019action. Les d\u00e9cors sont aussi tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9s et il n\u2019y a aucun jeu de lumi\u00e8res. La sc\u00e9nographie m\u00e9riterait donc un travail plus pouss\u00e9 pour faire entrer le spectateur dans l\u2019univers de Sulki et Sulku qui bien qu\u2019absurde reste po\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, les r\u00e9pliques restent tr\u00e8s amusantes. On retiendra celle de Sulki expliquant que ce qui l\u2019\u00e9nerve dans le football c\u2019est le ballon parce que sans lui il y aurait beaucoup moins d\u2019\u00e9nervement\u00a0! On se laisse bercer par leurs paroles et emmener dans les diff\u00e9rents lieux qu\u2019ils d\u00e9crivent\u00a0: dans une montgolfi\u00e8re pour s\u2019\u00e9lever au-dessus des opinions, dans un parc a observ\u00e9 la Joconde qui s\u2019est \u00e9chapp\u00e9 du Louvre &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Finalement de cette pi\u00e8ce, on en ressort mitig\u00e9. C\u2019est un bon moment o\u00f9 l\u2019on s\u2019\u00e9vade avec Sulki et Sulku mais qui traine en longueur car manquant de mordant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Eva Josselin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Il est temps de retrouver une \u0153uvre d&rsquo;art d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente dans <i>Mus\u00e9e Haut Mus\u00e9e Bas<\/i> : Sulki et Sulku, deux personnages absurdes \u00e0 souhait qui dissertent sur tout et n&rsquo;importe quoi. Ils sont l\u00e9gers, frais, color\u00e9s. Le langage se d\u00e9ploie dans son absurde vivacit\u00e9 mais il laisse toujours transpara\u00eetre, de mani\u00e8re plus ou moins subtile, un lien \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9. L&rsquo;ombre des opinions politiques de Jean-Michel Ribes plane sur un grand nombre de r\u00e9pliques. On regrette les <i>private jokes<\/i> de l&rsquo;auteur qui \u00f4tent de la port\u00e9e au spectacle et op\u00e8rent un tri dans le public. Toutefois, les r\u00e9flexions d\u00e9jant\u00e9es ne sont pas vaines : d\u00e9cal\u00e9es mais philosophiques, dr\u00f4les mais existentielles. Les acteurs surjouent, leur intonation n&rsquo;a rien de naturelle : certes, ce sont des \u0153uvres d&rsquo;un mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain mais le surjeu n&rsquo;est pas tr\u00e8s agr\u00e9able et fait pl\u00e9onasme avec l&rsquo;absurdit\u00e9 des propos tenus. A travers une s\u00e9rie de sketchs r\u00e9alis\u00e9s dans un d\u00e9cor gris et m\u00e9tallique- froid et plastique, comme sorti d&rsquo;un vieux film de SF &#8211; structur\u00e9 par un \u00e9clairage color\u00e9 et muable, cette figure g\u00e9mellaire semble incarn\u00e9e la pens\u00e9e elle-m\u00eame qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un dialogue qu&rsquo;on tient avec soi-m\u00eame. Deux personnages compl\u00e9mentaires finissent par n&rsquo;en former plus qu&rsquo;un. L&rsquo;humour du langage se retrouve dans les deux costumes farfelus, l&rsquo;un orange vif, l&rsquo;autre jaune soleil, tous les deux recouverts partiellement de cercles violets p\u00e2les, sans compter leur coiffure fix\u00e9e au gel. Le texte est travaill\u00e9 sans \u00eatre virtuose et laisse parfois sur sa faim : il donne lieu \u00e0 une repr\u00e9sentation simple sans \u00eatre \u00e9pur\u00e9e. Certes, la valorisation des textes contemporains est une des sp\u00e9cialit\u00e9s du Th\u00e9\u00e2tre du Rond Point mais il y a une diff\u00e9rence entre lire un livre et assister \u00e0 un spectacle. Le texte n&rsquo;\u00e9puise pas tous les proc\u00e9d\u00e9s th\u00e9\u00e2traux. En un mot, on nous \u00e0 fait manger un petit bonbon rafra\u00eechissant \u00e0 la menthe mais on aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 une explosion de saveurs th\u00e9\u00e2trales.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Anne Fenoy<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes<\/i> est une pi\u00e8ce \u00e9crite et mise en sc\u00e8ne par Jean-Michel Ribes donn\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point du 8 novembre au 10 d\u00e9cembre 2017. Seul les deux personnages sont pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne, jou\u00e9s par Romain Cottard (Sulki) et Damien Zanoly (Sulku). Les deux compagnons sortent \u00e0 peine de la pi\u00e8ce <i>Mus\u00e9e haut, mus\u00e9e bas<\/i> du m\u00eame auteur, dans laquelle ils incarnent des \u0153uvres d&rsquo;art. La pi\u00e8ce est compos\u00e9e de divers petits dialogues entre les deux personnages, tous s\u00e9par\u00e9s par un bref intervalle musical. Pendant ces petites transitions les acteurs se replacent et font des poses grotesques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Jean-Michel Ribes place ses deux com\u00e9diens dans un d\u00e9cor particulier mais relativement simple, le fond de la sc\u00e8ne est compos\u00e9 d&rsquo;une paroi grise agr\u00e9ment\u00e9e de petits points lumineux, elle peut rappeler au spectateur la vision futuriste propos\u00e9e par \u00ab\u00a0les s\u00e9ries B\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1970. Un bloc est plac\u00e9 c\u00f4t\u00e9 cour de la sc\u00e8ne il permet aux acteurs de l&rsquo;utiliser comme pi\u00e9destal, table, banc, etc. Sulki et Sulku sont en complet de couleurs vives dot\u00e9s de gros cercles violets. Tout en adoptant une posture \u00e9l\u00e9gante cet accoutrement rend les deux personnages tout de suite ridicules. Ces dispositifs permettent de mettre en avant le texte et le jeu, \u00e9patant, des acteurs. Ils utilisent tout l&rsquo;espace disponible et font r\u00e9sonner leurs r\u00e9flexions qui de la stupidit\u00e9 arrivent parfois \u00e0 effleurer la pertinence. Ces dialogues sont l&rsquo;exemple id\u00e9al d&rsquo;une pens\u00e9e h\u00e9rit\u00e9e des surr\u00e9alistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Durant la repr\u00e9sentation, on peut entendre le public s&rsquo;esclaffer \u00e0 certains moments ou encore on peut juste remarquer quelques rires \u00e9touff\u00e9s par des spectateurs. Parfois le spectateur peut se sentir presque comme un voyeur en \u00e9coutant la conversation de ces deux amis. Ils se partagent des histoires sur leurs familles, ou sur leurs vies qui, tout en \u00e9tant comiques, restent relativement personnelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes <\/i>de Jean-Michel Ribes est une pi\u00e8ce \u00e9crite tr\u00e8s adroitement. Le spectateur qui suit les p\u00e9r\u00e9grinations intellectuelles de ces Bouvard et P\u00e9cuchet modernes arrive \u00e0 se dire \u00e0 la fin que l&rsquo;idiotie peut avoir un c\u00f4t\u00e9 tout \u00e0 fait g\u00e9nial.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Arianna Bocca<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes<\/i> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit et mis en sc\u00e8ne par Jean-Michel Ribes au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, avec Romain Cottard (Sulki) et Damien Zanoly (Sulku). Jean-Michel Ribes a voulu prolonger la discussion entre Sulki et Sulku qui sont des personnages-statues issus d&rsquo;un pr\u00e9c\u00e9dent spectacle, <i>Mus\u00e9e haut, mus\u00e9e bas.<\/i> N\u00e9anmoins <i>Sulki et Sulku<\/i> reste une pi\u00e8ce ind\u00e9pendante qui donne \u00e0 voir une vari\u00e9t\u00e9 de tableaux discursifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avant le commencement de la repr\u00e9sentation, le public se retrouve face \u00e0 face avec un rideau repr\u00e9sentant les t\u00eates des deux com\u00e9diens \u00e0 l&rsquo;envers et en gros plan. On peut alors supposer que la pi\u00e8ce tend \u00e0 renverser les codes des \u00ab\u202fconversations \u00bb dites \u00ab\u202fintelligentes \u00bb. Ce rideau est comme une premi\u00e8re oeuvre qui nous est donn\u00e9e \u00e0 voir dans le mus\u00e9e \u00e0 venir o\u00f9 se d\u00e9roulera <i>Sulki et Sulku<\/i>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9cor est simple, deux tabourets encastr\u00e9s dans une table qui fait \u00e9galement office de socle pour les statues que sont les com\u00e9diens, ainsi qu&rsquo;un fond gris\u00e2tre perc\u00e9 de couleurs changeantes qui se raccordent avec les costumes extravagants des com\u00e9diens. Sulki, le plus grand, a un costume violet qui comporte des cercles jaunes ainsi que des chaussures jaunes et, Sulku a lui aussi un costume violet mais qui comporte des cercles oranges et des chaussures oranges. Ces couleurs refl\u00e8tent les discussions loufoques voir fantasques des deux personnages hauts en couleur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sulki et Sulku vivent dans une originale r\u00e9alit\u00e9 : l&rsquo;un d&rsquo;entre eux a un cousin qui urine de l&rsquo;essence et une tante constip\u00e9e n\u00e9e \u00e0 Limoges mais qui est Russe ; et l&rsquo;autre qui n&rsquo;arrive pas \u00e0 m\u00e9diter sans avoir l&rsquo;air idiot et qui croise tous les matins le pape qui vient acheter des croquettes pour ses chats. Ils craignent des discussions plates, sans int\u00e9r\u00eat, mais ils nous proposent tout autre chose. Sur fond hilare, Sulki et Sulku ont des id\u00e9es, trouvent des solutions aux probl\u00e8mes de la vie. Les tableaux changent assez rapidement, les \u00e9changes sont centr\u00e9s sur un th\u00e8me, aucune digression n&rsquo;est admise puisque chaque discussion doit conduire \u00e0 une remarque sur l&rsquo;organisation (parfois ridicule) de notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 l&rsquo;apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, les com\u00e9diens-statues sont des oeuvres d&rsquo;art au milieu d&rsquo;oeuvres d&rsquo;art, les r\u00e9f\u00e9rences en litt\u00e9rature, en po\u00e9sie et en peinture ne manquent pas. C&rsquo;est un v\u00e9ritable voyage culturel sur fond de po\u00e9sie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>Sulki et Suku ont des conversations intelligentes<\/i> est une \u00e9pop\u00e9e post-dramatique : Jean-Michel Ribes a su \u00e9lever des personnages a priori ordinaire au rang d&rsquo;oeuvre d&rsquo;art qui alternent entre po\u00e9sie, fantaisie et hilarit\u00e9 afin de proposer voir de refaire un monde qui soit davantage plaisant et color\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Cindel Cattin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Sulki et Sulku sont deux amis qui aiment \u00e0 parler de tout et surtout de n&rsquo;importe quoi. De la constipation de la tante F\u00e9oda \u00e0 l&rsquo;oncle George qui urine de l&rsquo;essence en passant par la pr\u00e9sence de chats au Vatican, leurs conversations \u00e0 l&rsquo;humour un peu potache prennent parfois un tour plus s\u00e9rieux interrogeant entre autres la place faite \u00e0 l&rsquo;art.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La sc\u00e8ne est \u00e9pur\u00e9e. Un cube, servant tour \u00e0 tour de marche-pied, de table ou de chaise, une porte et un mur, le tout gris. Il me semble que ce n&rsquo;est pas le changement de d\u00e9cor mais plut\u00f4t la variation des couleurs qui rythme les dizaines de conversations qu&rsquo;entretiennent les deux amis. Comme si finalement toutes ces conversations \u00e9taient un peu les m\u00eames (deux amis discutant pour faire passer le temps) et que seul changeait le regard port\u00e9 sur elles, tant\u00f4t d&rsquo;un jaune \u00e9clatant et brillant, tant\u00f4t d&rsquo;un violet un peu sombre qui rappelle l&rsquo;intimit\u00e9 ou le secret. La multitude des couleurs dit la multitude des regards et des \u00e9motions.\u00a0 Ces dizaines de conversations attrap\u00e9es en plein vol s&rsquo;enchainent avec un rythme rapide, ponctu\u00e9es par quelques notes au piano et une chute toujours absurde, qui surprend par son d\u00e9calage parfois inappropri\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais Sulki et Sulku, eux, n&rsquo;en ont cure, et n&rsquo;en d\u00e9plaise au \u00ab\u00a0troupeau de yaourt\u201d qu&rsquo;est le public, ils ont des conversations \u00ab\u00a0intelligentes\u201d, oui Monsieur. L&rsquo;ironie de ce titre n&rsquo;en est que plus visible d&rsquo;autant plus que les deux reconnaissent \u00e0 un certain moment, leur b\u00eatise. Dignes successeurs d&rsquo;un Bouvard ou d&rsquo;un P\u00e9cuchet, il reste \u00e0 pr\u00e9ciser que Sulki et Sulku ont aussi des \u00e9clairs de g\u00e9nie et une parole prononc\u00e9e au tout d\u00e9but de la repr\u00e9sentation semble r\u00e9sumer et la pi\u00e8ce, et les questions sur le r\u00f4le et la place de l&rsquo;art aujourd&rsquo;hui : \u00ab\u00a0Mais si on a un sens, sera-t-on encore de l&rsquo;art ? Je ne pense pas.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Somme toute, cette pi\u00e8ce semble avoir une double lecture. D&rsquo;une part, on peut se contenter de sourire ou rire face aux simagr\u00e9es des deux amis, cela est si facile. De l&rsquo;autre, on peut tenter de discerner le s\u00e9rieux et parfois l&rsquo;inqui\u00e9tude qui se cache derri\u00e8re un humour constant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Erica Ngoala<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsqu&rsquo;on entre au th\u00e9\u00e2tre on se sent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Le Th\u00e9\u00e2tre du Rond Point a l&rsquo;air chic mais pas trop, on peut y passer du temps avant et apr\u00e8s le spectacle, prendre un verre et parler des artistes et acteurs.<br \/>\nLa salle est pleine et tout le monde a justement arr\u00eat\u00e9 de parler lorsque la pi\u00e8ce commence : avec la chute d&rsquo;un rideau l\u00e0-derri\u00e8re on peut voir deux hommes qui portent des v\u00eatements bizarrement color\u00e9s. Ce sont Sulki et Sulku, deux personnage fictifs imagin\u00e9es par Jean-Michel Ribes, qui est aussi le metteur en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce.<br \/>\nLe spectacle est constitu\u00e9 d\u2019environ vingt petites parties qui sont les dialogues des personnages Sulki et Sulku. Selon Ribes ce sont deux oeuvres d&rsquo;art vivantes, dont personne sais d&rsquo;o\u00f9 ils viennent. Ils discutent, comme de vieux amis, de th\u00e8mes assez diff\u00e9rents, ils se donnent des conseils, ils se disputent, ils r\u00eavent ensemble.<br \/>\nEt les th\u00e8mes ? Ils sont divers et bizarres comme les costumes des deux personnages qui parlent.<br \/>\nIl y a le th\u00e8me de la fascination du football, celui de la difficult\u00e9 de m\u00e9diter ou celui d&rsquo;une tante qui se d\u00e9clare russe, m\u00eame si toute sa famille est fran\u00e7aise. Parmi les dialogues, on peut aussi trouver une critique timide de la soci\u00e9t\u00e9 et parfois aussi de la France, elle-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La pi\u00e8ce vit de sa simplicit\u00e9 en ce qui concerne la d\u00e9coration, les costumes et en g\u00e9n\u00e9ral les choses mat\u00e9rielles. Les seuls instruments utilis\u00e9s sont un petit podium pour les acteurs, une porte (qui est utilis\u00e9e pour la distinction des diff\u00e9rentes petites parties de l&rsquo;histoire), les couleurs et les lumi\u00e8res, qui soulignent les atmosph\u00e8res des sections. Et la simplicit\u00e9 trouve son expression dans sa majeure forme dans les deux acteurs qui concourent) ensemble toute la soir\u00e9e \u2013 chapeau pour cette performance ! Elle dirige ensuite l&rsquo;attention du spectateur sans d\u00e9tour sur l&rsquo;utilisation de la langue. Romain Cottard et Damien Zanoly montrent leur incroyable capacit\u00e9 de jouer avec l&rsquo;intonation et l\u2019articulation. Ca fait plaisir d&rsquo;\u00e9couter leur entretien, en particulier lorsqu&rsquo;ils arrivent \u00e0 une section qui traite de la langue fran\u00e7aise avec ses absurdit\u00e9s et ses alternatives parfois intelligentes, parfois ridicules.<br \/>\nMais en d\u00e9pit de tout, la pi\u00e8ce \u00e9choue de la manque du fond.<br \/>\nOn pourrait dire que ce n&rsquo;est pas assez dr\u00f4le pour \u00eatre une com\u00e9die (m\u00eame si c&rsquo;\u00e9tait la pr\u00e9tention) et pas assez profond pour changer la vue du spectateur sur le monde qui l&rsquo;environne.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Agn\u00e8s Sperber<\/h6>\n<pre>Photo : Giovanni Cittadini Cesi<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | En savoir plus Au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, Jean Michel Ribes met en sc\u00e8ne sa pi\u00e8ce Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes.\u00a0 On retrouve avec un grand plaisir ces deux personnages, \u00e9chapp\u00e9s de la pi\u00e8ce Mus\u00e9e haut, Mus\u00e9e bas [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10160,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,4,36],"tags":[],"class_list":["post-10368","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-theatre","category-theatre-du-rond-point"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10368","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10368"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10368\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10368"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10368"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10368"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}