{"id":10380,"date":"2017-12-09T20:30:08","date_gmt":"2017-12-09T19:30:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10380"},"modified":"2017-12-09T20:30:08","modified_gmt":"2017-12-09T19:30:08","slug":"la-fresque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10380","title":{"rendered":"La fresque"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de la danse Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/angelin-preljocaj-la-fresque\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce ballet contemporain mis en sc\u00e8ne par Angelin Preljocaj, directeur du CCN d&rsquo;Aix-en-Provence, est tir\u00e9 d&rsquo;un conte traditionnel chinois du XIIIe si\u00e8cle, <i>La Peinture sur le Mur<\/i>. Voulant \u00ab\u00a0\u00e9chapper au r\u00e9pertoire Grimm et Perrault, souvent mis en sc\u00e8ne en France\u201d Angelin nous d\u00e9voile, \u00e0 travers ce ballet contemporain, l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme qui tombe amoureux d&rsquo;une femme peinte sur une fresque. Il parvient alors \u00e0 traverser la toile et \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer ce monde onirique o\u00f9 il va connaitre avec la jeune femme les \u00e9mois d&rsquo;un amour impossible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rideau se l\u00e8ve sur un d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9, deux hommes en redingote se trainent au sol tels des araign\u00e9es, leurs membres semblent d\u00e9sarticul\u00e9s tandis qu&rsquo;ils rampent au centre de la sc\u00e8ne. Premi\u00e8re entr\u00e9e saisissante, d&rsquo;autant plus que la musique, ici, joue un r\u00f4le tr\u00e8s important. Inqui\u00e9tante, elle est ponctu\u00e9e de violons et de modulations sonores \u00e9lectroniques. La dissonance devient alors harmonieuse. Cette qualit\u00e9 musicale s&rsquo;installe tout au long du ballet. Pourtant ce sont bien les mouvements et la technique des danseurs qui transcendent le th\u00e8me musical. Un jeu de lumi\u00e8re est particuli\u00e8rement recherch\u00e9e dans la mise en sc\u00e8ne. C&rsquo;est un r\u00e9el clair-obscur digne d&rsquo;un Caravage qu&rsquo;Angelin Preljocaj nous offre. Et pour cause notre h\u00e9ros en redingote tombe amoureux d&rsquo;une des figures du tableau, qui nous est d\u00e9voil\u00e9e \u00e0 travers une sorte de rideau transparent agissant comme un filtre grossissant. L&rsquo;effet recherch\u00e9 tout au long du ballet via cet artifice sc\u00e9nique : montrer deux mondes, l&rsquo;un r\u00e9el, celui des deux protagonistes du d\u00e9but, l&rsquo;autre, onirique, celui du tableau. Cinq jeunes femmes en nuisette sont ainsi amass\u00e9es sur un bloc rectangulaire. Leur danse est entrecoup\u00e9e de pauses qui donnent l&rsquo;illusion d&rsquo;un tableau prenant vie d\u00e8s que la musique se fait plus rapide et plus intense. Leurs attitudes sont presque dignes d&rsquo;un Delacroix tant on per\u00e7oit une tension dans les jambes et les bras des danseuses. Nos nymphes (car elles ressemblent bien \u00e0 des cr\u00e9atures mystiques et envoutantes) jouent avec leur chevelure particuli\u00e8rement longue. Il semble que ce soit encore un des partis pris de la mise en sc\u00e8ne. De cette derni\u00e8re \u00e9mane, en effet, une forte charge symbolique. Elle \u00e9voque la f\u00e9minit\u00e9, les liens du mariage mais aussi les chaines, les entraves qui enferment chaque \u00eatre humain dans des mondes et des conceptions diff\u00e9rentes. Ainsi lorsque leurs cheveux sont entrem\u00eal\u00e9s \u00e0 des fils tombant du plafond et cr\u00e9ant ainsi comme une sorte de ruban permettant maintes acrobaties, nos nymphes semblent prisonni\u00e8res de leur condition, prisonni\u00e8res d&rsquo;un monde onirique auquel le h\u00e9ros en redingote n&rsquo;appartient pas, monde qu&rsquo;il a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par m\u00e9garde mais qu&rsquo;il devra quitter, rejet\u00e9 par trois hommes corn\u00e9s, directement sortis de la mythologie grecque. \u00a0Tout cela sur fond d&rsquo;ombres chinoises, de clair obscur et de d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9, o\u00f9 seules, lumi\u00e8re et obscurit\u00e9, danse et musique s&rsquo;allient pour transporter le spectateur dans une dimension lyrique et imaginaire o\u00f9 r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9 se confondent.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Charlotte Chomard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>\u00ab\u00a0Existe-t-il un passage secret qui permette d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;essence d&rsquo;une image qui nous fascine\u00a0?\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Angelin Prejlocaj, dans son spectacle de danse contemporaine <i>La Fresque<\/i>, tente de r\u00e9pondre \u00e0 cette question que tout amateur d&rsquo;art est susceptible de se poser un jour. Peut-on \u00eatre transport\u00e9 par l&rsquo;oeuvre au point de s&rsquo;imaginer y p\u00e9n\u00e9trer, rencontrer les personnages dansants de ce tableau de Matisse, errer dans les champs de Monet ? Danseur et chor\u00e9graphe n\u00e9 en France de parents albanais, cet artiste accompli est aujourd&rsquo;hui directeur artistique du Ballet Prejlocaj qui a \u00e9lu domicile au Pavillon Noir d&rsquo;Aix-en-Provence. A partir d&rsquo;un conte chinois, nomm\u00e9 \u00ab\u00a0La peinture sur le mur\u00a0\u00bb, Prejlocaj nous raconte, par une chor\u00e9graphie onirique \u00e0 la fois brutale et flottante, l&rsquo;histoire de deux voyageurs \u00e9chou\u00e9s dans un temple. Abrit\u00e9s de la temp\u00eate qui fait rage, ils d\u00e9couvrent alors une fresque chamarr\u00e9e et m\u00e9lancolique, repr\u00e9sentant un groupe de jeunes femmes, telles des muses inaccessibles. Un des voyageurs se laisse charmer par l&rsquo;une d&rsquo;elles et d\u00e9cide de traverser le tableau pour la rejoindre et l\u2019\u00e9pouser. Ce spectacle d\u00e9voile le c\u00f4t\u00e9 toujours surnaturel de l&rsquo;art qui fascine le commun des mortels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s le d\u00e9but, Prejlocaj nous plonge dans son monde, les deux voyageurs nous entra\u00eenent dans leur danse envo\u00fbtante, les percussions hypnotisent, le rythme est saccad\u00e9, brut. La musique semble sauvage, un m\u00e9lange h\u00e9t\u00e9roclite de tous les genres, d\u00e9nu\u00e9 de paroles et qui porte les danseurs comme un souffle int\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne, faite simplement mais efficacement, joue sur le contraste obscurit\u00e9\/lumi\u00e8re, qui rappelle la technique du clair-obscur en peinture, et les effets de nu\u00e9es et de vapeurs sur grand \u00e9cran installent l&rsquo;ambiance imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le spectateur est manipul\u00e9 tel un pantin ; les tableaux de violence, gestes saccad\u00e9s, masques tribaux, r\u00e9p\u00e9titions fr\u00e9n\u00e9tiques des mouvements comme une transe infinie, et entre eux des moments de po\u00e9sie visuelle, des port\u00e9s au ralenti, des robes l\u00e9g\u00e8res, des duos intimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le chor\u00e9graphe va m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 int\u00e9grer une s\u00e9quence avec des drap\u00e9s d&rsquo;acrobate, les danseurs s&rsquo;enroulent et se balancent dans ces tissus suspendus, entre r\u00eave du ciel et r\u00e9alit\u00e9 du sol. En effet cette chor\u00e9graphie interroge constamment la fronti\u00e8re entre l&rsquo;imagination et le r\u00e9el, prouvant que l&rsquo;esprit ne peut se limiter uniquement \u00e0 ce qu&rsquo;il voit mais est capable de transcender les contraintes mat\u00e9rielles pour d\u00e9couvrir un univers magique. Les danseurs sont \u00e0 la fois en symbiose, avec de magnifiques tableaux de groupes o\u00f9 les mouvements sont repris en cascade successive, et pourtant s&rsquo;affrontant corps \u00e0 corps entre les panneaux divisant l&rsquo;espace de la sc\u00e8ne et de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pi\u00e8ce est une superbe ode \u00e0 l&rsquo;art, \u00e0 l&rsquo;imagination, \u00e0 la r\u00eaverie, tous ces domaines assez d\u00e9laiss\u00e9s par le mat\u00e9rialisme actuel. Prejlocaj se sert des contes traditionnels, source intemporelle de r\u00e9cits merveilleux, pour cr\u00e9er une danse hors de la r\u00e9alit\u00e9. A la fin de l&rsquo;hypnose du spectacle, le public ne peut que porter un regard nouveau et cr\u00e9atif sur les oeuvres qu&rsquo;il conna\u00eet par coeur.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Elodie Leroux<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Angelin Prejolcaj, chor\u00e9graphe que l&rsquo;on ne pr\u00e9sente plus, a r\u00e9cemment propos\u00e9 sa nouvelle cr\u00e9ation <i>La Fresque<\/i>. Artiste \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;oeuvres d\u00e9sormais classiques dans le r\u00e9pertoire contemporain\u00a0 comme \u00ab\u00a0Le Parc\u00a0\u00bb, cette passionn\u00e9e a cette fois-ci d\u00e9cid\u00e9 se s&rsquo;\u00e9loigner de nos classiques mythes europ\u00e9ens, qui ont inspir\u00e9 la plupart des grandes oeuvres de ballets classiques, pour se diriger vers le continent asiatique et ses nombreux contes myst\u00e9rieux. Cela a donn\u00e9 naissance \u00e0 \u00ab\u00a0La Fresque\u00a0\u00bb , conte chor\u00e9graphique relatant l&rsquo;histoire de deux voyageurs en Chine qui, perdus lors d&rsquo;une temp\u00eate, se r\u00e9fugient dans un temple et se retrouvent face \u00e0 une splendide fresque repr\u00e9sentant un groupe de jeunes filles. L&rsquo;un d&rsquo;eux tombe amoureux, et d\u00e9cide de casser la porte entre les deux mondes en traversant le tableau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous sommes imm\u00e9diatement plong\u00e9s dans cette ambiance fantastique au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, avec tout d&rsquo;abord un sublime jeu de lumi\u00e8re,\u00a0 projet\u00e9 sur des panneaux coulissants qui seront utilis\u00e9s tout au long du spectacle, nous sugg\u00e9rant l&rsquo;entr\u00e9e vers un un monde surnaturel. Cette fronti\u00e8re se retrouve dans la chor\u00e9graphie, avec au d\u00e9part des interpr\u00e8tes masculins \u00e0 la danse tr\u00e8s ancr\u00e9e dans le sol, symbolisant en quelque sorte leur pr\u00e9sence dans le mond\u00e9e des humains. Puis tout bascule quand les jeunes femmes de la Fresque entrent en sc\u00e8ne, cr\u00e9ature aux cheveux longs d\u00e9tach\u00e9s et au mouvements fluide. Elles apportent une danse plus l\u00e9g\u00e8re, presque fantomatique, semblant symboliser les limbes qui les s\u00e9parent de ces voyageurs perdus, venus admirer le tableau qui les repr\u00e9sente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La pi\u00e8ce se concentre sur Chu, un des voyageurs, et son amour envers une des jeunes femmes du tableau. Leur histoire d&rsquo;amour est repr\u00e9sent\u00e9 dans divers tableaux, comme avec \u00e0 un moment un tr\u00e8s beau duo o\u00f9 les deux amoureux c\u00e9l\u00e8brent leur union. Toutefois la chor\u00e9graphie p\u00eache parfois par sa simplicit\u00e9 ou ses choix musicaux. La musique, sign\u00e9e Nicolas Godin, alterne entre lents morceaux lancinants qui donnent \u00e0 la pi\u00e8ce une tension particuli\u00e8re, ou une \u00e9lectro-pop d\u00e9routante, qui, elle, vient parfois malheureusement nuire \u00e0 la chor\u00e9graphie. Les sc\u00e8nes de groupes sont une des faiblesses de cette pi\u00e8ce \u00e9galement. Elles nous donnent la sensation de voir des tableaux chor\u00e9graphiques s&rsquo;encha\u00eener, en n&rsquo;ayant aucun lien entre eux. Prejolcaj nous donne l&rsquo;impression d&rsquo;avoir pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l&rsquo;esth\u00e9tique plut\u00f4t qu&rsquo;une narration correcte de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais il faut aussi relever les points forts de cet ensemble, avec une sc\u00e8ne impressionnante o\u00f9 les danseuses se livrent \u00e0 un v\u00e9ritable jeu d&rsquo;acrobaties, se suspendant au dessus du sol \u00e0 l&rsquo;aide longues cordes de tissus. Le jeu de lumi\u00e8res et la musique qui accompagnent cette sc\u00e8ne nous permette d&rsquo;\u00eatre \u00e9merveill\u00e9s et stup\u00e9faits \u00e0 la fois par la vision de ces femmes qui apparaissent comme de simples poup\u00e9es suspendues au dessus du sol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>La Fresque<\/i> est donc une pi\u00e8ce avec ses points forts et ses points faibles. Sa sc\u00e9nographie, sign\u00e9e Constance Guisset impressionne particuli\u00e8rement, et les interpr\u00e8tes ont \u00e0 coeur de retransmettre la sensibilit\u00e9 de l&rsquo;histoire jou\u00e9e. Mais des choix musicaux ou de mise en sc\u00e8ne viennent desservir cette bonne volont\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Alice Guenole<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Au Th\u00e9\u00e2tre National de la danse, salle Jean Villar, Angelin Preliocai chor\u00e9graphie <i>La Fresque<\/i>, d&rsquo;apr\u00e8s la peinture sur le mur, qui est un conte chinois datant du XII si\u00e8cle. Le programme nous explique que le chor\u00e9graphe Angelin Preliocai veut changer du r\u00e9pertoire plus classique des contes, souvent mis en sc\u00e8ne (tel que les contes de Grimm ou de Perrault).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les danseurs nous pr\u00e9sentent en une heure vingt, une histoire dans laquelle un jeune homme tombe amoureux d&rsquo;une femme, repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une fresque compos\u00e9e d&rsquo;un groupe de jeunes femmes. Cet homme va traverser la fresque, dans le but de rejoindre la jeune femme, dont il est tomb\u00e9 amoureux. On assiste au voyage dans un autre univers de cet homme. L&rsquo;utilisation de jeux de lumi\u00e8res par Eric Soyer, musiques par Nicolas Godin et de jeux avec des drap\u00e9s, plongent les spectateurs dans une autre dimension entre r\u00e9alit\u00e9 et repr\u00e9sentation. Ce qui peut sensibiliser, interroger, sur la place de la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle dans notre monde. Enfin ce fut un vrai plaisir d&rsquo;avoir pu assister \u00e0 cette repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Axelle Birot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab La Fresque \u00bb est un ballet du chor\u00e9graphe Preljocaj, inspir\u00e9 d&rsquo;un conte chinois, qui raconte la rencontre de deux voyageurs \u00e9gar\u00e9s avec les personnages d&rsquo;une fresque. Un de ces voyageurs tombe d&rsquo;admiration et d&rsquo;amour pour une jeune fille de la fresque. Il la rejoint dans son monde pictural.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;ambition du chor\u00e9graphe, celle de rendre \u00e0 la danse, la forme, le mouvement et le myst\u00e8re enivrant de la peinture, se r\u00e9alise parfaitement sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre Chaillot, si bien que le spectateur, comme devant un tableau de ma\u00eetre, est transport\u00e9 par le jeu du clair-obscur, le flottement lent et gracieux d&rsquo;une fum\u00e9e, le corps phosphorescent des danseurs, dans un univers tant\u00f4t endormi tant\u00f4t en \u00e9veil. C&rsquo;est un r\u00eave. Est-ce deux heures d&rsquo;un spectacle ou mille ans du d\u00e9sir humain transfigur\u00e9 en un geste, \u00e0 quoi nous avons assist\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces danseurs, habill\u00e9s parfois comme un printemps (des robes vertes, rouges, jaunes), parfois comme un orage (armure de samoura\u00ef), sont moins des hommes que des \u00e2mes. Comme si le contour de leurs corps brillait non des projecteurs, mais d&rsquo;une lumi\u00e8re qui \u00e9mane de leurs os, une lumi\u00e8re floue et diffuse, ils sont la pure expression, la substance arrach\u00e9e \u00e0 la pierre. Ils sont objets, et objets en mouvement, tel que celui-ci qui reproduit avec ses bras les aiguilles d&rsquo;une horloge. Ils sont symboles, et font symboles, tels que ceux-l\u00e0 qui dessinent avec leurs jambes la virilit\u00e9 ou la f\u00e9minit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quelques moyens techniques sont utilis\u00e9s, autant de techniques sans moyen : un voile, une corde, une ombre. Les tableaux se construisent avec une rigueur g\u00e9om\u00e9trique : un rectangle, et voil\u00e0 un cadre, une porte, une chambre ; deux lignes droites, et voici un couloir, une f\u00ealure, une destin\u00e9e. C&rsquo;est par cette g\u00e9om\u00e9trie et ces musiques entra\u00eenantes que se resserrent, avec une indicible intimit\u00e9, le d\u00e9sir, l&rsquo;amour, l&rsquo;angoisse. Si l&rsquo;intrigue s&rsquo;oublie parfois, la sc\u00e8ne ne dispara\u00eet pas dans l&rsquo;ennui du spectateur, car elle se r\u00e9v\u00e8le doucement, par petits coins, par petits espaces, ces coins o\u00f9 les amants se retrouvent, dansent, et en dansant, se cherchent et s&rsquo;interrogent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour toutes ces beaut\u00e9s, et d&rsquo;autres encore, il serait dommage de manquer le ballet de Preljocaj, dont la cr\u00e9ation surprend, \u00e9meut, transporte. Ici, au plus pr\u00e8s de l&rsquo;essentiel, la danse inspire un m\u00eame souffle aux spectateurs ; un souffle comme un silence, c&rsquo;est le souffle des douleurs et des app\u00e9tits, c&rsquo;est le souffle premier.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Marvin Adoul<\/h6>\n<pre>Photo : Jean-Claude Carbonne<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de la danse Chaillot | En savoir plus Ce ballet contemporain mis en sc\u00e8ne par Angelin Preljocaj, directeur du CCN d&rsquo;Aix-en-Provence, est tir\u00e9 d&rsquo;un conte traditionnel chinois du XIIIe si\u00e8cle, La Peinture sur le Mur. 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