{"id":10426,"date":"2017-12-19T20:00:59","date_gmt":"2017-12-19T19:00:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10426"},"modified":"2017-12-19T20:00:59","modified_gmt":"2017-12-19T19:00:59","slug":"en-manque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10426","title":{"rendered":"En manque"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | La Villette | <a href=\"https:\/\/www.festival-automne.com\/edition-2017\/vincent-macaigne-en-manque\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>En manque <\/i>se pr\u00e9sente comme le r\u00e9cit d&rsquo;une exub\u00e9rante et prodigieuse \u00e9nergie, qui s&rsquo;appelle la vie, confront\u00e9e aux \u00ab\u00a0cadres\u00a0\u00bb que le monde oppose \u00e0 qui refuse une vie trop industrielle, trop grise\u00a0: le cadre de la famille, de la convenance, de l&rsquo;\u00e9thique, de la soumission politique &#8211; propos redoubl\u00e9, sur la forme, par le d\u00e9bordement perp\u00e9tuel organis\u00e9 par Macaigne, sur la sc\u00e8ne, de toute convention th\u00e9\u00e2trale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Madame Burini a rachet\u00e9 la totalit\u00e9 de l&rsquo;art occidental, dans le seul but de le d\u00e9fiscaliser, et de cr\u00e9er un espace r\u00eav\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;art serait \u00e0 la disposition de tous, et par tous. Sa fille d\u00e9sire l&rsquo;assassiner pour la punir de ne l&rsquo;avoir assez aim\u00e9e dans son enfance. La fondation surgie de nulle part s&rsquo;effondre, emportant tout avec elle. Avec ces quelques lignes de force pour simple structure, <i>En manque <\/i>est fonci\u00e8rement l&rsquo;histoire d&rsquo;un vide \u00e0 combler, \u00e0 cr\u00e9er, et \u00e0 laisser derri\u00e8re soi\u00a0: l&rsquo;\u00e9pilogue de la pi\u00e8ce est un long d\u00e9veloppement un peu pompeux o\u00f9 c\u00f4toient p\u00eale-m\u00eale les id\u00e9es banales que de la destruction est une forme de cr\u00e9ation, que de la destruction peut na\u00eetre la cr\u00e9ation, que la destruction appelle la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Brisant d\u00e8s le d\u00e9but de la \u00ab\u00a0performance\u00a0\u00bb le quatri\u00e8me mur, la Villette et sa salle de spectacle deviennent donc le lieu fantasm\u00e9 de cette femme ruin\u00e9e et condamn\u00e9e, appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre habit\u00e9 par son public, ce qui justifie les d\u00e9ambulations des spectateurs sur la sc\u00e8ne, ainsi que cette longue s\u00e9quence o\u00f9 ils sont appel\u00e9s \u00e0 venir boire des bi\u00e8res et danser sur sc\u00e8ne sur un son un rien \u00e9clectique, cependant que des b\u00e9n\u00e9voles du spectacle aguichent debout sur les si\u00e8ges, les malheureux rest\u00e9s assis. C&rsquo;est l&rsquo;un des nombreux morceaux de bravoure pens\u00e9s par Vincent Macaigne pour \u00ab\u00a0d\u00e9border\u00a0\u00bb le th\u00e9\u00e2tre\u00a0; ce qu&rsquo;il pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne est un encha\u00eenement d\u00e9structur\u00e9 (pas sans fondements, donc, mais sans clart\u00e9) de mouvements, de dialogues et de \u00ab\u00a0moments\u00a0\u00bb, la sc\u00e9nographie jouant tant de sa monumentalit\u00e9 (effets de fum\u00e9e, d\u00e9cibels, d\u00e9cor d\u00e9truit) qu&rsquo;elle ne souffre de son c\u00f4t\u00e9 bon march\u00e9, g\u00e9n\u00e9rant ses effets \u00e0 moindre frais (effets de fum\u00e9e, d\u00e9cibels, d\u00e9cor d\u00e9truit).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est peut-\u00eatre l\u00e0 le principal d\u00e9faut d&rsquo;<i>En manque\u00a0<\/i>: son manque de teneur, de liant, ou de mati\u00e8re. Son discours, bancal, au jeu parfois mal assur\u00e9, voit noy\u00e9es dans une masse confuse de mots et de cris quelques belles phrases, mais mal pens\u00e9es \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre mal dites\u00a0; sa sc\u00e9nographie, \u00e0 trop jouer la carte de la mise fastueuse et de l&rsquo;immersion totale du spectateur dans la performance, manque de tomber dans l&rsquo;insinc\u00e9rit\u00e9. Les violences d&rsquo;<i>En manque<\/i> (verbale, mat\u00e9rielle, symbolique, politique) en viennent ainsi \u00e0 souvent manquer leurs coups, ce qui est d&rsquo;autant plus rageant que l&rsquo;\u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e et les id\u00e9es avanc\u00e9es donnent envie d&rsquo;en recevoir\u00a0: la cr\u00e9ation de Vincent Macaigne d\u00e9\u00e7oit, mais surtout frustre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Louis Tisserand<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">La prestation se d\u00e9roule dans la Grande Halle de la Villette mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographi\u00e9e par Vincent Macaigne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a quelque chose de tr\u00e8s personnel dans ce spectacle qui n&rsquo;est pas partageable avec le spectateur. Il pr\u00e9tend exprimer un \u00ab\u00a0\u00e9cho po\u00e9tique\u00a0\u00bb de ce qu&rsquo;il ressent mais cela n&rsquo;est pas compr\u00e9hensible. Par exemple, \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, une femme proph\u00e8te (Sarah) fait un long discours sur son r\u00f4le sur terre et son sacrifice n\u00e9cessaire pour le bien de l&rsquo;humanit\u00e9. Le personnage est peu approfondi, et son sacrifice n&rsquo;en a que peu de valeur. Le proph\u00e8te est un personnage r\u00e9current dans ses pi\u00e8ces mais ici il ne se pr\u00eate pas au contexte. Macaigne parle de lui-m\u00eame, de son angoisse et sa solitude, sans les partager.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le fond de l&rsquo;histoire est peu compr\u00e9hensible car assez d\u00e9structur\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme qui a dilapid\u00e9 la fortune de l&rsquo;Europe \u00e0 travers sa fondation d&rsquo;art sp\u00e9cialis\u00e9e dans <i>Caravage<\/i> (symbole de l&rsquo;art occidental par excellence). Ses enfants sont d\u00e9contenanc\u00e9s et ne savent comment vivre avec cet h\u00e9ritage. Dans une interview, Macaigne qualifie lui-m\u00eame son travail comme \u00ab\u00a0une esp\u00e8ce d&rsquo;affolement, de grotesque ou m\u00eame d&rsquo;hyst\u00e9rie, des choses presque adolescentes\u00a0\u00bb.Il cherche l\u00e0 \u00e0 justifier un r\u00e9cit souvent tr\u00e8s enfantin et peu construit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le spectacle est agressif autant pour la vue avec des flashs, que pour l&rsquo;ou\u00efe avec des sons de basses tr\u00e8s puissants qui font vibrer l&rsquo;eau et des textes hurl\u00e9s au microphone, que pour les bronches avec des fumig\u00e8nes tr\u00e8s envahissants. On entend tr\u00e8s peu les textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon lui, l&rsquo;art a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9 de son sens aujourd&rsquo;hui. Le syst\u00e8me fran\u00e7ais finance des projets artistiques sans r\u00e9ellement se soucier de la qualit\u00e9 des prestations\u00a0; il parle de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e8re du directeur artistique\u00a0\u00bb au lieu de celui de l&rsquo;artiste. Il choisit donc de d\u00e9noncer cette pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb artistique en d\u00e9construisant toutes les normes du th\u00e9\u00e2tre. Les com\u00e9diens ne jouent pas r\u00e9ellement &#8211; ils apparaissent davantage comme des figurants -, le public meuble le spectacle en dansant sur sc\u00e8ne tout en buvant des bi\u00e8res, les transitions musicales assourdissent les spectateurs&#8230; Son but serait de ne pas renoncer \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de recherche en art.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Macaigne a l&rsquo;habitude dans ses spectacles de les r\u00e9\u00e9crire en permanence. Il n&rsquo;y a pas de mise en sc\u00e8ne fig\u00e9e. On se demande m\u00eame si les textes ne sont pas improvis\u00e9s chaque soir par les com\u00e9diens. A mon sens, on n&rsquo;est plus dans le th\u00e9\u00e2tre. Il n&rsquo;y a plus de prestation artistique \u00e0 partir du moment o\u00f9 il n&rsquo;y a plus de travail et de structure dans la pi\u00e8ce. Tout n&rsquo;est pas art et il est n\u00e9cessaire de respecter certaines normes pour y correspondre (jeu des acteurs, textes). Il met en sc\u00e8ne pour son propre plaisir en d\u00e9pensant des fortunes dans le mat\u00e9riel sans que son usage n&rsquo;ait forc\u00e9ment de sens (les peintures, le faux plafond, l&rsquo;eau qui d\u00e9gouline sur la sc\u00e8ne). S&rsquo;il y a une r\u00e9flexion, on ne la comprend pas et on se sent pris en otage.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Clothilde Mongas<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Poussez vous les uns les autres\u00a0! \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A la fois messie et incarnation d\u2019une folie agonisante, Mme Burini, cr\u00e9atrice d\u2019une fondation d\u2019art nous invite, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la Grande Halle de la Villette, \u00e0 assister \u00e0 son ex\u00e9cution. Dans cette reprise de son spectacle <i>En Manque<\/i>, Vincent Macaigne nous offre une le\u00e7on sur notre temps. Ce temps de passation d\u2019une vieille g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 une jeune, ce temps o\u00f9 l\u2019art est menac\u00e9 pour toujours de maltraitance absolutiste, ce temps du fanatisme et des id\u00e9alismes si dangereux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur cette sc\u00e8ne napp\u00e9e de brouillard dans lequel les com\u00e9diens semblent se d\u00e9ployer \u00e0 t\u00e2tons, le trouble de ce temps prend une forme physique\u00a0: on ne sait plus o\u00f9 l\u2019on va, tout n\u2019est que chaos. Cependant qu\u2019est ce que le chaos\u00a0? H\u00e9siode nous apprend qu\u2019il est l\u2019essence du monde r\u00e9uni en un\u00a0 ensemble coh\u00e9rent par la puissance primordiale de l\u2019Eros. C\u2019est ce que Macaigne, deux mille ans plus tard nous pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne. Si tout est d\u00e9truit, mouvant, en perp\u00e9tuelle rupture, ce tout ne cherche qu\u2019\u00e0 s\u2019unir sous le signe d\u2019un amour fid\u00e8le et certain. Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019amour de la fille Lisa pour sa m\u00e8re Mme Burini, qu\u2019il s\u2019agisse de ce m\u00eame amour de Lisa pour Clara, sa copine r\u00e9volutionnaire, qu\u2019il s\u2019agisse de cet amour exprim\u00e9 physiquement sur sc\u00e8ne par ces couples de jeunes adolescents figurants qui s\u2019embrassent \u00e0 n\u2019en plus finir, tout le chaos de Macaigne et du monde sont unis par cette forme puissance primordiale et ne peuvent aboutir qu\u2019\u00e0 une forme de r\u00e9ussite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutefois, la pi\u00e8ce ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 un manifeste de l\u2019amour. S\u2019il s\u2019agit de son sujet fondamental, l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre ensemble, d\u2019\u00eatre une communaut\u00e9, d\u2019\u00eatre les uns contre les autres, de se \u00ab\u00a0pousser les uns les autres\u00a0\u00bb, la pi\u00e8ce ne dessine qu\u2019un \u00e9chec d\u2019une grande violence. L\u2019entreprise de Mme Burini comme son sacrifice sont vains\u00a0: au milieu de toutes les peintures, de l\u2019expression m\u00eame de l\u2019art, ne subsiste qu\u2019un dernier message peint en lettres de sang \u00ab\u00a0Il est d\u00e9sesp\u00e9rant d\u2019\u00eatre nous\u00a0\u00bb. Il n\u2019est pas de le\u00e7ons desquelles nous parvenons \u00e0 apprendre\u00a0: Macaigne nous souligne que nous n\u2019avons pour nous, avec tout notre amour, que la seule m\u00e9lancolie de nos r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi au milieu de cette r\u00e9volution perp\u00e9tuelle du bas contre le haut, Clara la r\u00e9volutionnaire incarne l\u2019absolutisme et la fin de tous les id\u00e9aux\u00a0; de leur mutation en fanatisme des plus sordides, lequel n\u2019est l\u00e9gitime que par l\u2019amour qu\u2019il \u00e9voque et le sacrifice qu\u2019il implique. Clara n\u2019est pas qu\u2019une terreur tyrannique\u00a0: elle est un proph\u00e8te sacrifi\u00e9, un porteur de nouvelle qui s\u2019est perdu pour les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Macaigne, dans une terrible le\u00e7on de po\u00e9sie, trace alors comme une carte de notre futur\u00a0: \u00e0 travers ce pont g\u00e9n\u00e9rationnel comment ne pas voir le monde d\u2019aujourd\u2019hui, peint trait pour trait dans ces absolutisme, cette jeunesse consomm\u00e9e par les id\u00e9aux perdus et cette d\u00e9faite infinie d\u2019une communaut\u00e9\u00a0? Comment, au moment o\u00f9 le spectacle et ses r\u00e8gles s\u2019effritent et s\u2019effondrent \u2013 ce moment frappant o\u00f9 tout le public est convi\u00e9 sur sc\u00e8ne \u2013 ne pas voir la fin d\u2019un ordre imminent, une R\u00e9volution fran\u00e7aise miniature sur le sol du th\u00e9\u00e2tre, pour la fin d\u2019un art \u00e9litiste et toujours plus ferm\u00e9, dont la venue messianique pourrait sauver le peuple issu de la vall\u00e9e\u00a0? Comment finalement un tel message d\u2019amour et de v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019esp\u00e8ce humaine semble sonner beaucoup trop vrai pour esp\u00e9rer \u00e9chapper \u00e0 la roue fatidique de la r\u00e9p\u00e9tition de nos erreurs pass\u00e9es\u2026<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Tristan Gauberti<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Le spectacle En manque de Vincent Macaigne, pr\u00e9sent\u00e9 dans la grande Halle de la Villette,\u00a0 repose sur un paradoxe : \u00e0 la fois, cette pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre d\u00e9borde de violence et d\u2019effets de mise en sc\u00e8ne spectaculaires, nonobstant un texte volontairement provocateur, et, en m\u00eame temps, nous observons les presque deux heures de spectacle avec une indiff\u00e9rence qui augmente au fur et \u00e0 mesure. Car le travail de Macaigne a surtout consist\u00e9 ici \u00e0 accumuler des effets, certes en eux-m\u00eames bien r\u00e9alis\u00e9s et int\u00e9ressants \u00e0 voir (une voix grave pouss\u00e9e au volume maximum fait trembler l\u2019eau qu\u2019il y a sur le plateau ; la toile faisant office de plafond se remplit d\u2019eau, puis est crev\u00e9e, d\u00e9versant des litres et des litres d\u2019eau sur la sc\u00e8ne\u2026) Malheureusement, tout cela se fait dans un tel capharna\u00fcm que nous peinons \u00e0 saisir le moindre fil nous permettant de donner du sens \u00e0 ces effets. Le texte, s\u2019il se veut percutant, est constamment jou\u00e9 en force par les acteurs, et prend parfois des tournures incompr\u00e9hensibles (dans une tirade de Thibaut Evrard l\u2019acteur, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement tendre avec sa femme, se met subitement \u00e0 l\u2019insulter, sans que rien ne nous y pr\u00e9pare).<\/p>\n<p>On remarque aussi dans ce spectacle une constante impression de \u00ab chiqu\u00e9 \u00bb, d\u2019abord \u00e0 cause du jeu des acteurs, mais aussi \u00e0 cause de la place \u00e9trange qu\u2019occupent les figurants : s\u2019ils nous font croire lors des cinq premi\u00e8res minutes, qu\u2019une r\u00e9elle communaut\u00e9 de fans est venue assister au travail de Macaigne, nous r\u00e9alisons bien vite qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s (ou pas\u2026) pour exprimer un tel entrain. Par la suite, leur r\u00f4le consiste \u00e0 se lever de leurs places du premier rang pour aller danser, crier, ou s\u2019embrasser sur le plateau. En fait, un nouveau paradoxe surgit avec eux : \u00e0 la fois ils sont pr\u00e9sent\u00e9s comme faisant parti du public, donnant l\u2019impression que nous pourrions nous-m\u00eames, spectateurs lambdas, les rejoindre ; et en m\u00eame temps, ces figurants vous pr\u00e9sentent des actions trop pr\u00e9vues pour pouvoir \u00eatre spontan\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019un des probl\u00e8mes principaux de ce spectacle consisterait en ceci : Macaigne a trop envie de rompre avec les codes \u00e9tablis. Les acteurs et les r\u00e9gisseurs se disputent devant le public ; on permet aux spectateurs de venir boire des bi\u00e8res sur sc\u00e8ne dans une ambiance boite de nuit pendant une quinzaine de minutes \u2026 D\u00e8s lors, nous n\u2019avons observ\u00e9 que de la d\u00e9mesure, des\u00a0outrances qui n\u2019ont gu\u00e8re d\u2019int\u00e9r\u00eat lorsqu\u2019elles sont montr\u00e9es pour elles-m\u00eames : encore une fois, tous ces exc\u00e8s n\u2019ont fait que nous plonger dans l\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Rapha\u00ebl Rouzet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0 \u00a0Des bouchons d&rsquo;oreille dans les mains (donn\u00e9s gracieusement \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e), j&rsquo;entre amus\u00e9e dans l&rsquo;univers de <i>En Manque<\/i>, pi\u00e8ce de Vincent Macaigne en me pr\u00e9parant aux d\u00e9cibels \u00e0 venir. Ou plut\u00f4t, je me laisse tirer dans cet univers, car c&rsquo;est avant m\u00eame de p\u00e9n\u00e9trer dans la salle que le spectacle commence, men\u00e9e superbement par une sulfureuse artiste qui nous invite \u00e0 son vernissage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0 Le plateau est d&rsquo;un blanc aveuglant, jonch\u00e9 par des tableaux et performances artistiques. Les com\u00e9diens nous proposent de visiter cette galerie : en pi\u00e9tinant l&rsquo;espace th\u00e9\u00e2tral, nous savons d\u00e8s le d\u00e9part que nous n&rsquo;en ressortiront pas indemnes. En effet, le spectateur est tout au long de la pi\u00e8ce malmen\u00e9 dans les cris et les coups, une surcharge permanente qui questionne notre place de spectateur passif et demande n\u00e9cessairement une prise de position.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0 Le spectacle est volontairement d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 voir et \u00e0 vivre : l&rsquo;espace d&rsquo;abord, n&rsquo;est pas travaill\u00e9 avec un but esth\u00e9tique, les personnages de la pi\u00e8ces, tous plus color\u00e9s les uns des autres sont \u00e0 la fois tr\u00e8s vrais et insaisissables, le rire (tr\u00e8s pr\u00e9sent) sent le souffre dans une histoire de famille macabre, enfin le spectateur est utilis\u00e9 et malmen\u00e9 avec un malaise constant. Quand je suis convi\u00e9e sur sc\u00e8ne pour faire la f\u00eate \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une m\u00e8re recroquevill\u00e9e sur elle-m\u00eame, l&rsquo;exp\u00e9rience est troublante. A cot\u00e9 d&rsquo;une foule de lyc\u00e9ens qui prennent une joie d\u00e9bordante \u00e0 faire la f\u00eate et \u00e0 \u00eatre vus, le spectacle tourne vers l&rsquo;ind\u00e9cision : une fois la f\u00eate dite finie, les com\u00e9diens reprennent le jeu, seulement la majorit\u00e9 des nouveaux figurants ne veulent pas s&rsquo;arr\u00eater.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0Agac\u00e9e par un public r\u00e9fractaire, puis amus\u00e9e par cette composante m\u00eame, j&rsquo;observe \u00e0 quel point la pi\u00e8ce de Vincent Macaigne prend forme chaque soir gr\u00e2ce \u00e0 un public sp\u00e9cifique. La pi\u00e8ce na\u00eet de cette constante confrontation due \u00e0 un quatri\u00e8me mur constamment franchi.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Eva Sauvage<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour me rendre \u00e0 la Villette mardi 19 d\u00e9cembre, je passe \u00e0 Ch\u00e2telet aux heures de pointes, et en entrant dans la salle de spectacle, je retrouve cette m\u00eame sensation : Vincent Macaigne nous fait rentrer dans son th\u00e9\u00e2tre comme des b\u00eates qui se poussent et se bousculent pour trouver une place. Tous les codes traditionnels sont rompus chez lui, nous suivons les acteurs, jusqu&rsquo;\u00e0 une grande salle o\u00f9 l&rsquo;on nous explique un peu la situation et l&rsquo;intrigue. Sofia Burini, la propri\u00e9taire d&rsquo;une fondation artistique qui rassemble les plus beaux tr\u00e9sors de l&rsquo;art occidental, nous annonce que sa mort est imminente, car sa fille Liza et l&rsquo;amoureuse de celle-ci cherchent \u00e0 la tuer. Les spectateurs sont debout, charg\u00e9s de leurs affaires, probablement impatients de s&rsquo;asseoir, en attendant le lever du rideau. Macaigne ne cesse de nous d\u00e9stabiliser. Lorsque, enfin nous sommes en quelque sorte \u00a0\u00bb autoris\u00e9s\u201d \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer l&rsquo;espace de repr\u00e9sentation, on nous pousse \u00e0 monter et traverser la sc\u00e8ne o\u00f9 se dressent des reproductions du Caravage dont l&rsquo;actrice ne cesse de nous rappeler la facticit\u00e9, brisant ainsi, ce qui pouvait rester de l&rsquo;illusion th\u00e9\u00e2trale: \u00a0\u00bb ce sont des faux, juste des impressions ! c&rsquo;est de la merde\u201d tandis que dans des hauts parleurs passe en boucle un discours de Francois Hollande. Avant de monter sur sc\u00e8ne, l&rsquo;actrice jouant Sofia Burini m&rsquo;agrippe et me hurle \u00e0 la figure \u00a0\u00bb Tu es rousse, je t&rsquo;aime\u201d : l&rsquo;amie qui m&rsquo;accompagne et qui connait bien le th\u00e9\u00e2tre du metteur en sc\u00e8ne me murmure \u00e0 l&rsquo;oreille \u00a0\u00bb Bienvenue chez Macaigne\u201d. C&rsquo;est la bonne formule en effet, on rentre dans cet univers dramatique surprenant. Enfin assise, je me dis que mon calvaire touche \u00e0 sa fin et que je vais pouvoir subir, passivement comme d&rsquo;habitude au th\u00e9\u00e2tre, la pi\u00e8ce. Seulement voil\u00e0, la volont\u00e9 du metteur en sc\u00e8ne est bien de ne pas nous laisser en paix. S&rsquo;ensuit un monologue, long et assez p\u00e9nible. De nombreux spectateurs quittent les lieux, j&rsquo;h\u00e9site presque \u00e0 les suivre mais je d\u00e9cide de rester. J&rsquo;ai bien fait. En s&rsquo;appuyant sur le texte de Sarah Kane peu avant son suicide, En manque chante la d\u00e9tresse d&rsquo;une jeunesse qui souffre du malheur d&rsquo;\u00eatre \u00a0\u00bb n\u00e9e trop tard\u201d : \u00a0\u00bb Il est d\u00e9sesp\u00e9rant d&rsquo;\u00eatre nous\u201d \u00e9crit en lettres de sang sur le mur du fond. On nous invite \u00e0 retourner sur sc\u00e8ne, mais cette fois avec un argument plus vendeur: \u00a0\u00bb La bi\u00e8re est gratuite !\u201d. La sc\u00e8ne se transforme alors en bo\u00eete de nuit : musique commerciale en fond sonore, nous dansons dans la boue. Ce qui semble \u00e0 mes yeux, caract\u00e9riser le th\u00e9\u00e2tre de Macaigne c&rsquo;est la libert\u00e9 du spectateur. Nous avons sans cesse le choix : partir, ne pas partir, danser sur la sc\u00e8ne ou rester sur son banc. Nous avons finalement la libert\u00e9 de voir ou d&rsquo;agir, d&rsquo;\u00eatre spectateur ou acteur.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Gabrielle De Lestoile<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e9\u00e7ue par une note de partiel, je suis all\u00e9e voir la pi\u00e8ce \u00ab\u00a0En manque\u00a0\u00bb de Vincent Macaigne avec le c\u0153ur lourd et justement un manque de motivation pour y aller et elle a \u00e9t\u00e9 loin de me l&rsquo;all\u00e9ger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pi\u00e8ce \u00e9branlante a pour th\u00e8me la confrontation de deux mondes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Celui d&rsquo;un couple d\u00e9sinvolte rest\u00e9 dans le souvenir d&rsquo;une jeunesse pass\u00e9e sans vouloir affronter l&rsquo;avenir et face \u00e0 lui une jeunesse d\u00e9sabus\u00e9e voulant \u00eatre prise plus au s\u00e9rieux et en col\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais ce r\u00e9sum\u00e9 tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral met du temps \u00e0 se mettre en place car plus qu&rsquo;une narration on est plong\u00e9 dans une atmosph\u00e8re qui se veut \u00e9touffante pour peut-\u00eatre mieux participer \u00e0 la confrontation qui semble montrer deux enfermements\u00a0: celui d&rsquo;un monde facile s&rsquo;enracinant dans le souvenir d&rsquo;une \u00e9poque hippie et celui r\u00e9gi par la col\u00e8re et la radicalisation avec comme effigie Che Gevara.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on a des structures vocales r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, un filet hiss\u00e9 au-dessus de la sc\u00e8ne qui rappelle la toile d&rsquo;araign\u00e9e, des mots cl\u00e9s martel\u00e9s, une sc\u00e8ne accident\u00e9e et inond\u00e9e d&rsquo;eau, des tableaux de travers, des canettes \u00e9cras\u00e9es, et de fa\u00e7on plus percutante un enfumage \u00e0 deux reprises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On songe \u00e0 la classification qu&rsquo;avait faite Michel Vinaver entre\u00a0\u00ab\u00a0la pi\u00e8ce machine\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la pi\u00e8ce paysage\u00a0\u00bb. Cette mise en sc\u00e8ne rel\u00e8verait davantage de la seconde proposition avec l&rsquo;action plurielle et acentr\u00e9e et la focalisation de la pi\u00e8ce sur ces th\u00e9matiques de la confrontation et de la violence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de ces aspects, le cri de d\u00e9sespoir de ces personnages en manque d&rsquo;amour r\u00e9sonne et surplombe la pi\u00e8ce et cela explique peut-\u00eatre d&rsquo;ailleurs le fait que le son soit exacerb\u00e9 tout le long nous obligeant \u00e0 mettre parfois les bouchons d&rsquo;oreille qui nous ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s avant la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsque je suis sortie de la Grande Halle de la Villette qui f\u00fbt un abattoir comme n&rsquo;a pas manqu\u00e9 de le pr\u00e9ciser une des com\u00e9diennes mettant cela en perspective avec la propre pi\u00e8ce qui devient un noyau de violences, j&rsquo;\u00e9tais encore envahie de cette atmosph\u00e8re oppressante et perturbante et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 fortement \u00e9branl\u00e9e.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Louis-Hermine Septier<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><i>En Manque<\/i>&#8230;de vie, de r\u00e9volte, d&rsquo;indignation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>En Manque<\/i> est la nouvelle pi\u00e8ce du jeune, mais pas novice, metteur en sc\u00e8ne Vincent Macaigne, et \u00e9tait jou\u00e9e \u00e0 la Grande Halle de la Villette. Le metteur en sc\u00e8ne a \u00e9galement fait la sc\u00e9nographie. Les principaux com\u00e9diens \u00e9taient Thibaud Evrard, Clara Lama-Schmit, Liza Lapert et Sofia Teillet. Il y avait \u00e9galement de nombreux figurants et des enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sono assourdissante, fum\u00e9e, jeunesse, paillettes, art, mort, tubes pop, bi\u00e8res, cris et fracas &#8211; tous les ingr\u00e9dients sont pr\u00e9sents dans cette pi\u00e8ce pour nous sortir de la d\u00e9pression. Comme \u00e0 son habitude, le metteur en sc\u00e8ne casse la barri\u00e8re entre le public et les acteurs, et ins\u00e8re les spectateurs dans la performance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s le d\u00e9but, les com\u00e9diens viennent chercher les spectateurs dans le hall et les guident dans une d\u00e9ambulation qui m\u00e8nera jusqu&rsquo;aux gradins. L&rsquo;histoire commence \u00e0 l&rsquo;inauguration d&rsquo;une fondation d&rsquo;art cr\u00e9\u00e9e par une richissime collectionneuse. Le public devient donc acteur de cette histoire. Quand on rentre dans la salle de spectacle, on est oblig\u00e9 de passer par la sc\u00e8ne, lieu de l&rsquo;exposition de la fondation, pour rejoindre les si\u00e8ges. Puis on peut avoir l&rsquo;impression que le th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0traditionnel\u00a0\u00bb va commencer. Pourtant, la com\u00e9dienne qui commence \u00e0 faire un monologue n&rsquo;arr\u00eate pas d&rsquo;alterner entre les gradins et la sc\u00e8ne. On comprend donc qu&rsquo;\u00e0 aucun moment Macaigne ne nous laissera passifs. Les com\u00e9diens interpellent le public, les figurants font partie de ce public ce qui am\u00e8ne donc de la confusion dans le visage de certains spectateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Macaigne alterne entre des moments de \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb o\u00f9 les com\u00e9diens parlent entre eux, font d\u00e9rouler une histoire sous nos yeux, et entre cette insertion du public dans l&rsquo;histoire. Mais cela n&rsquo;est pas de tous les go\u00fbts et on sent bien que cette pi\u00e8ce parle plus \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration qu&rsquo;\u00e0 celle un peu plus \u00e2g\u00e9e. En effet, elle parle de cette g\u00e9n\u00e9ration n\u00e9e dans les ann\u00e9es 70 de parents qui n&rsquo;ont rien fait, et qui se retrouve maintenant avec un monde o\u00f9 il faut tout r\u00e9parer. Mais la g\u00e9n\u00e9ration Flower Power a, elle,\u00a0 l&rsquo;impression qu&rsquo;il faudrait que le monde arr\u00eate d&rsquo;exister parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus rien \u00e0 cr\u00e9er, que tous les grands artistes sont morts en 2016 et que le monde devrait s&rsquo;arr\u00eater. Ces deux g\u00e9n\u00e9rations sont repr\u00e9sent\u00e9es dans la pi\u00e8ce, et chacune peut s&rsquo;identifier \u00e0 certains ressentis. Mais \u00e0 force d&rsquo;avoir des cris sur sc\u00e8ne, de la sono qui fait mal \u00e0 la t\u00eate, certaines personnes d\u00e9cident de quitter la salle, tandis que les jeunes montent sur sc\u00e8ne boire une bi\u00e8re et danser sur justement les musiques des Rolling Stones, Prince, ou encore Rihanna.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce spectacle est une grosse claque de bruit et de fureur qui fait du bien. Entre rage et r\u00eave, on sort avec comme souvenir un th\u00e9\u00e2tre puissant et vibrant. On se souvient de cette phrase \u00e9crite sur le mur au fond de la sc\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Il est d\u00e9sesp\u00e9rant d&rsquo;\u00eatre nous\u00a0\u00bb. Une pi\u00e8ce \u00e0 voir absolument pour une exp\u00e9rience hors du commun.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Valentine Smith-Vaniz<\/h6>\n<pre>Photo : Mathilda Olmi<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | La Villette | En savoir plus En manque se pr\u00e9sente comme le r\u00e9cit d&rsquo;une exub\u00e9rante et prodigieuse \u00e9nergie, qui s&rsquo;appelle la vie, confront\u00e9e aux \u00ab\u00a0cadres\u00a0\u00bb que le monde oppose \u00e0 qui refuse une vie trop industrielle, trop grise\u00a0: le cadre de la famille, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10157,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,44,4],"tags":[],"class_list":["post-10426","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-la-villette","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10426","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10426"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10426\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10426"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10426"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10426"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}