{"id":10530,"date":"2018-01-09T20:00:54","date_gmt":"2018-01-09T19:00:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10530"},"modified":"2018-01-09T20:00:54","modified_gmt":"2018-01-09T19:00:54","slug":"acta-est-fabula","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10530","title":{"rendered":"Acta est fabula"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/yuval-pick-amplifie\">En savoir plus<\/a>.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">La pi\u00e8ce est jou\u00e9e, comme si tout \u00e9tait fini d\u00e8s le d\u00e9but, comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de surprise, encore moins d&rsquo;\u00e9blouissement. C&rsquo;est ce que semble nous dire le nom de ce ballet, <i>Acta est fabula<\/i>, dans\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot du 9 au 12 janvier 2018, chor\u00e9graphi\u00e9 par Yuval Pick. Mais ce nom, pris dans son sens litt\u00e9ral, est bien trompeur, on le comprend mieux si l&rsquo;on en fait une lecture phon\u00e9tique\u00a0: \u00ab\u00a0l&rsquo;acte est fabuleux\u00a0\u00bb, et on saisit peu \u00e0 peu \u00e0 quel point ce titre est riche de sens parce que le fabuleux, c&rsquo;est le grandiose, mais c&rsquo;est aussi ce qui tient de la fable. Voil\u00e0 tout ce qui se joue, ou plut\u00f4t tout ce qui se danse, dans ce ballet \u00e0 nul autre pareil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout commence sur une sc\u00e8ne blanche, les bordures ext\u00e9rieures sont masqu\u00e9es par des tentures noires, des lignes sont visibles sur le sol. Du blanc, du noir, le silence. Et soudain un premier danseur, Adrien Martins, entre sur sc\u00e8ne avec un cri suraigu et le lieu prend vie, anim\u00e9 par ses mouvements et ses cris. Il est peu \u00e0 peu rejoint par les autres danseurs, Thibault Desaules d&rsquo;abord, puis Madoka Kobayashi, et enfin Julie Charbonnier et Guillaume Zimmermann. Toujours aucune musique, mais le silence ne r\u00e8gne plus, au contraire l&rsquo;absence de musique donne de la mat\u00e9rialit\u00e9 aux souffles des danseurs, au bruit de leurs pas sur le sol. Il y a quelque chose de primitif dans ce ballet, comme un retour \u00e0 l&rsquo;essence de ce que nous sommes\u00a0: les mouvements sont souvent r\u00e9p\u00e9titifs, tr\u00e8s rythm\u00e9s, presque saccad\u00e9s, les respirations sont sonores, voil\u00e0 ce qui fait notre vie. Il ne s&rsquo;agit pourtant pas de sauvagerie, on ressent plut\u00f4t, \u00e0 les regarder, une \u00e9nergie joyeuse et un profond sentiment de communaut\u00e9, d&rsquo;unisson qui donne envie de les rejoindre sur sc\u00e8ne, dans cette c\u00e9l\u00e9bration. Yuval Pick le dit, c&rsquo;est sur cette id\u00e9e de l&rsquo;unisson qu&rsquo;il a voulu travaill\u00e9 avec ce ballet\u00a0: d&rsquo;o\u00f9 vient-elle, comment la trouver, comment la montrer\u00a0? L&rsquo;unisson n&rsquo;est pas l&rsquo;uniformit\u00e9, les danseurs ne bougent pas d&rsquo;un seul geste, mais chacun, tour \u00e0 tour, initie des mouvements, des d\u00e9placements qui sont autant de proposition faites aux autres et gr\u00e2ce auxquelles ils se r\u00e9unissent\u00a0: c&rsquo;est la communaut\u00e9, la communion qui permet une plus grande libert\u00e9, une plus grande harmonie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Oc\u00e9ane Le Bourhis<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 9 janvier, l&rsquo;imposant th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot ouvrait ses portes \u00e0 la repr\u00e9sentation <i>d&rsquo;Acta est Fabula, <\/i>spectacle de danse cr\u00e9\u00e9e par Yuval Pick, et proposait donc, pendant une heure, de remplir les yeux des spectateurs d&rsquo;une multitude de couleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un homme seul, des gestes brusques mais calcul\u00e9s, des bruits bestiaux. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;est ouvert la repr\u00e9sentation. Dans ce temps court, sans musique, le regard du spectateur aurait pu \u00eatre dubitatif. C&rsquo;\u00e9tait sans compter le groupe de scolaires qui assistait \u00e0 la repr\u00e9sentation. Leurs rires ont d&rsquo;un coup all\u00e9g\u00e9 l&rsquo;ambiance de la salle et se sont r\u00e9pandus dans le reste du public. C&rsquo;est donc sur cette tonalit\u00e9 joyeuse que s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 le reste du spectacle, et les morceaux rocks choisis par la suite par le metteur en sc\u00e8ne, ont, semble-t-il, confirm\u00e9 qu&rsquo;elle \u00e9tait voulue. Par la suite, les autres danseurs sont tour \u00e0 tour intervenus. Par deux, par trois, par cinq parfois. A chaque fois, on sentait une sorte de dialogue, dialogue avec la musique, dialogue entre les corps, une volont\u00e9 d&rsquo;unit\u00e9 dans l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9. Les danseurs se s\u00e9paraient, se rejoignaient, se stoppaient pour laisser l&rsquo;autre s&rsquo;exprimer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette ambiance festive et color\u00e9e, se percevait l&rsquo;envie de montrer une culture jeune, pop, revendiqu\u00e9e par le tee-shirt \u00ab\u00a0Superman\u00a0\u00bb arbor\u00e9 par l&rsquo;une des danseuses. Et c&rsquo;est l&rsquo;union de cette jeunesse, l&rsquo;appartenance au groupe qui permettait que ce \u00ab\u00a0bordel organis\u00e9\u00a0\u00bb prenne sens. Le dispositif des micros, enregistrant par moments les sons des danseurs pour les r\u00e9utiliser plus tard dans la musique participait pleinement \u00e0 cette id\u00e9e que c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;union qui permettait de construire, d&rsquo;avancer. Les gestes des danseurs, sans \u00eatre dans un exercice de synchronisation, \u00e9taient r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, par l&rsquo;un, par l&rsquo;autre&#8230; sans jamais nier les sp\u00e9cificit\u00e9s de chaque individu, pour d\u00e9voiler le final, vision globale de cet enchev\u00eatrement de mouvements, qui permettait une vision d&rsquo;ensemble. D\u00e8s lors, \u00ab\u00a0Acta est fabula\u00a0\u00bb prenait tout son sens\u00a0: la pi\u00e8ce est jou\u00e9e, et chaque danseur aura \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des fondations de ce joli moment d\u2019unit\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Roxane Gelineau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0A l&rsquo;unisson\u00a0\u00bb, tel est le titre du texte de Yuval Pick, le chor\u00e9graphe, dans le programme qui pr\u00e9sente le spectacle. \u00ab\u00a0Cet unisson, j&rsquo;ai voulu le traiter comme un ph\u00e9nom\u00e8ne organique, pas comme un proc\u00e9d\u00e9 donn\u00e9 d&#8217;embl\u00e9e, mais au contraire comme le point de convergence des \u00e9nergies et des parcours singuliers.\u00a0\u00bb Ayant consult\u00e9 ce petit manifeste a posteriori, j&rsquo;avoue ne pas avoir fait imm\u00e9diatement le lien avec ce que je venais de voir. Une telle ambition m&rsquo;a laiss\u00e9e un peu perplexe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pour ma part d&rsquo;abord frapp\u00e9e par les dissonances, parfois abruptes, \u00e0 la fois entre les danseurs, entre les danseurs et le son, et entre les diff\u00e9rents gestes d&rsquo;une seule chor\u00e9graphie. Si la gestuelle rigide et caricaturale du danseur qui ouvre le spectacle en solo, accompagn\u00e9e de cris bestiaux, ont suscit\u00e9 les rires joyeux des enfants pr\u00e9sents dans le public, il n&rsquo;est pas tout de suite \u00e9vident de se laisser emporter par des mouvements un peu secs, que le choix de ne pas mettre de musique n&rsquo;aide pas \u00e0 adoucir. Au d\u00e9but, on se demande o\u00f9 cela veut en venir, et si le mime ne va pas prendre le pas sur la danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Puis les autres danseurs rejoignent le premier, chacun avec sa chor\u00e9graphie propre mais chacune int\u00e9gr\u00e9e parfaitement \u00e0 la coh\u00e9sion rythmique de l&rsquo;ensemble. Ils battent alors le tempo avec les pieds et le spectacle prend une dimension \u00e9videmment \u00ab\u00a0collective\u00a0\u00bb ainsi que le souhaite le chor\u00e9graphe, mais surtout beaucoup plus dense et entra\u00eenante. Des extraits de rock viennent brusquement interrompre ou relancer les gestes des danseurs, frustrant volontairement le spectateur. La redondance d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de certains motifs, le caract\u00e8re impr\u00e9visible des \u00ab\u00a0bugs\u00a0\u00bb et des r\u00e9p\u00e9titions du son \u00e9voquent davantage un univers m\u00e9canique qu&rsquo;un \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e8ne organique\u00a0\u00bb. Ce jeu comique, les tenues tr\u00e8s loufoques de tous et le principe de l&rsquo;exag\u00e9ration qui semble r\u00e9gir leurs gestes contribuent \u00e0 dresser un tableau parodique un peu kitsch. Ils ressemblent \u00e0 un groupe d&rsquo;amis qui voudraient en vain s&rsquo;amuser ensemble en soir\u00e9e. La coh\u00e9sion ne prend pas ou seulement par sym\u00e9trie, presque comme par accident, par opposition. L&rsquo;esth\u00e9tique est enti\u00e8rement fond\u00e9e sur une confrontation avec l&rsquo;\u00e9chec et le ridicule. Certaines postures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s semblent avoir pour finalit\u00e9 d&rsquo;offrir une image \u00e0 ces gags dont l&rsquo;internet a fait un genre, les m\u00e8mes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je ne sais pas s&rsquo;il y a de l&rsquo;ironie dans l&rsquo;usage que Yuval Pick fait de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0unisson\u00a0\u00bb. Pour s\u00fbr il y a beaucoup d&rsquo;humour dans le spectacle. Ce n&rsquo;est pas un unisson gagn\u00e9e d&rsquo;avance. Il lui faut int\u00e9grer des facettes individuelles tr\u00e8s diff\u00e9rentes dont certaines confinent au d\u00e9lire. L&rsquo;adh\u00e9sion du spectateur n&rsquo;est pas gagn\u00e9e d&rsquo;avance non plus. Celui-ci a lui-m\u00eame un effort \u00e0 fournir s&rsquo;il veut saisir l&rsquo;unit\u00e9 du spectacle. Yuval Pick ne cherche pas \u00e0 plaire facilement. Mais il donne \u00e0 penser en questionnant cette notion d&rsquo;unisson qui est enti\u00e8rement \u00e0 reconstruire. Le spectateur sort convaincu, amus\u00e9, voire contamin\u00e9 par le rythme, preuve d&rsquo;un certain succ\u00e8s.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Justine Leret<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Un mot r\u00e9sume pour moi le spectacle de dance Acta Est Fabula, mis en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphi\u00e9 par Yuval Pick\u00a0et repr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre National de Danse Chaillot\u00a0: Surprenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au d\u00e9but, un seul danseur est sur sc\u00e8ne. Il n\u2019y a pas de musique, mais il danse quand m\u00eame. Ses pas sont rythm\u00e9s par ses cris. Quoique que le public h\u00e9site entre rire amus\u00e9 et g\u00ean\u00e9, le ton est donn\u00e9\u00a0: dans ce spectacle, ce n\u2019est pas la musique qui entra\u00eene les pas de danse. Le rythme est apport\u00e9 par des bruitages, tous cr\u00e9\u00e9s par les danseurs. Que ce soit \u00e0 travers leurs respirations, leurs hal\u00e8tements, leurs cris, leurs battements de mains, leurs mots, leurs cavalcades ou tout simplement leurs silences, ils forment le noyau de la bande sonore. Les quelques brefs extraits de musique semblent \u00eatre, en comparaison, d\u2019une importance minime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le chor\u00e9graphe explique dans la pr\u00e9sentation de son spectacle qu\u2019il veut \u00abcr\u00e9er un unisson de diff\u00e9rences\u00a0\u00bb. Pari qui semble plut\u00f4t r\u00e9ussi. Pour ce qui est de la diff\u00e9rence, elle se voit d\u2019abord \u00e0 travers les cinq danseurs, tous singuliers. Leurs costumes aux couleurs flashy et bariol\u00e9es forment un ensemble bigarr\u00e9, d\u2019autant plus mis en avant que la sc\u00e8ne est \u00e9pur\u00e9e. L\u2019art de la disparate ne s\u2019arr\u00eate cependant pas l\u00e0. Les danseurs ne sont pas toujours tous en m\u00eame temps sur sc\u00e8ne, leur nombre varie. En outre, chacun \u00e0 sa particularit\u00e9,\u00a0 son \u00ab\u00a0solo\u00a0\u00bb. Pour un tel c\u2019est la r\u00e9p\u00e9tition\u00a0 f\u00e9brile de mots (\u00ab\u00a0Eux. Possible.\u00a0Possible.\u00bb). Pour une autre, c\u2019est une chor\u00e9graphie reprise en boucle. L\u2019un des danseurs se voit m\u00eame affubl\u00e9 d\u2019un costume d\u2019oiseau sans raison apparente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 tout, l\u2019unisson est bel et bien pr\u00e9sent. Il s\u2019exprime lui aussi de multiples mani\u00e8res, mais toujours \u00e0 des moments tr\u00e8s ponctuels qui semblent former les temps forts du spectacle\u00a0: quand les cinq danseurs se retrouvent sur sc\u00e8ne et ex\u00e9cutent la m\u00eame chor\u00e9graphie\u00a0; quand leur voix, leurs pas et leurs mouvements sont synchronis\u00e9s, bien qu\u2019ils n\u2019avancent jamais dans la m\u00eame direction. A ces moments presque trop rares, une harmonie ind\u00e9niable impr\u00e8gne le spectacle.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Erica N\u2019goala<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 9 janvier \u00e9tait donn\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot la premi\u00e8re repr\u00e9sentation de <i>Acta est fabula<\/i>, spectacle de danse du chor\u00e9graphe Yuval Pick. A en croire le livret, la repr\u00e9sentation \u00e9tait construite autour de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;hymne, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une \u0153uvre repr\u00e9sent\u00e9e collectivement et ayant vocation \u00e0 symboliser l&rsquo;union profonde des membres d&rsquo;un groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette indication permettait en effet de d\u00e9celer dans les mouvements des cinq danseurs et danseuses des dynamiques de convergence. Apparaissant au d\u00e9but les uns apr\u00e8s les autres, les protagonistes font des mouvements et des sons qui semblent propres \u00e0 chacun, de sorte qu&rsquo;on peut tenter de leur attribuer un &#8211; tr\u00e8s flou &#8211; \u00ab\u00a0caract\u00e8re\u00a0\u00bb. Quand ils dansent en m\u00eame temps, ils se mettent parfois \u00e0 danser de la m\u00eame mani\u00e8re, mais la plupart du temps se coordonnent tout en conservant leur \u00ab\u00a0style\u00a0\u00bb particulier. On peut ainsi comprendre que l&rsquo;hymne qu&rsquo;il est ici question de rechercher ne consiste pas en un unisson mais plut\u00f4t en une musique \u00e0 plusieurs port\u00e9es. Toutefois, l&rsquo;heure que dure la repr\u00e9sentation n&rsquo;est pas un unique et progressif mouvement de convergence de la dissonance \u00e0 l&rsquo;harmonie. Il semble qu&rsquo;il y ait plusieurs \u00ab\u00a0tentatives\u00a0\u00bb, des rapprochements suivis d&rsquo;\u00e9loignements, que ce soit au niveau de la similarit\u00e9 des mouvements ou des positions dans l&rsquo;espaces des danseurs et danseuses. L&rsquo;accompagnement musical qui \u00e9tait parfois diffus\u00e9 consistait la plupart du temps en des reprises assez modifi\u00e9es de toutes sortes de musiques populaires des trente ou quarante derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0; l&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait peut-\u00eatre que les \u00ab\u00a0tubes\u00a0\u00bb agissent comme des hymnes en r\u00e9unissant de larges publics\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le spectacle tente donc de mettre en sc\u00e8ne une id\u00e9e forte, celle de la cr\u00e9ation en commun\u00a0; on peut regretter \u00e0 ce propos une certaine froideur de la performance, les personnages semblent se c\u00f4toyer mais finalement ne pas se reconna\u00eetre. Ils ne se regardent que rarement, et sans expression de joie aucune. Certains \u00e9l\u00e9ments, des costumes en particulier, sont difficilement compr\u00e9hensibles au regard du propos annonc\u00e9. Si un public suffisamment familier de la danse contemporaine et de ses codes pourrait sans doute se satisfaire de ces incongruit\u00e9s, le n\u00e9ophyte ressentira certainement par moments une perplexit\u00e9 &#8211; qui n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement probl\u00e9matique\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Florian Bru<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">On ne sait pas du tout \u00e0 quoi s&rsquo;attendre en se rendant au th\u00e9\u00e2tre Chaillot pour y assister au spectacle de Yuval Pick <i>Acta est fabula<\/i>. Cette phrase latine tout d&rsquo;abord, \u00ab\u00a0la pi\u00e8ce est jou\u00e9e\u00a0\u00bb, dont on apprend qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 choisie pour titre en derni\u00e8re minute, intrigue. Une br\u00e8ve lecture du programme avant le spectacle ne nous informe pas plus sur son contenu\u00a0: le chor\u00e9graphe y affirme avoir voulu travailler autour de l&rsquo;hymne afin de cr\u00e9er le commun \u00e0 partir des personnalit\u00e9s individuelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Intrigu\u00e9s, on l&rsquo;est d\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;\u0153uvre, lorsqu&rsquo;un danseur grima\u00e7ant et criant des onomatop\u00e9es semble chercher \u00e0 nous d\u00e9stabiliser. Les tableaux s&rsquo;enchainent alors, les cinq danseurs se partagent la sc\u00e8ne, tant\u00f4t dans des solos plus ou moins longs et virtuoses, tant\u00f4t unissant leurs mouvements en une chor\u00e9graphie identique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On peut s&rsquo;interroger\u00a0: quelles sont ces hymnes dont parle Yuval Pick\u00a0? Sont-ce les musiques qui accompagnent parfois les mouvements\u00a0? \u00ab\u00a0White Riot\u00a0\u00bb du groupe The Clash, version disque ray\u00e9, \u00ab\u00a0Laissez-moi danser de Dalida\u00a0\u00bb en boucle&#8230; Des chansons bien connues, mais modifi\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 en devenir presque \u00e9trang\u00e8res aux oreilles du public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces hymnes sont-ils plut\u00f4t les moments de communion entre les danseurs\u00a0? On comprend ce que veut dire le chor\u00e9graphe lorsqu&rsquo;il parle de diff\u00e9rences dans l&rsquo;unisson\u00a0: chaque danseur et danseuse semble avoir son propre univers, cependant l&rsquo;unisson m&rsquo;est apparu parfois compliqu\u00e9, les mouvements pas forc\u00e9ment r\u00e9gl\u00e9s ensembles, comme si des intentions diff\u00e9rentes \u00e9taient port\u00e9es par les m\u00eames gestes. Cela part probablement d&rsquo;une volont\u00e9 de ne pas uniformiser les diff\u00e9rents styles, mais cette id\u00e9e aurait gagn\u00e9 dans ce cas \u00e0 \u00eatre exag\u00e9r\u00e9e ou plus assum\u00e9e selon moi; une compagnie allie certes des diff\u00e9rences de personnalit\u00e9s que Yuval Pick a r\u00e9ussi \u00e0 mettre en exergue (on est d&rsquo;ailleurs impressionn\u00e9s par la virtuosit\u00e9 et l&rsquo;endurance des danseurs) mais un spectacle est plus agr\u00e9able \u00e0 regarder lorsqu&rsquo;on en d\u00e9gage une certaine coh\u00e9rence.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Sarah Muller<\/h6>\n<pre>Photo : S\u00e9bastien Er\u00f4me<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus. La pi\u00e8ce est jou\u00e9e, comme si tout \u00e9tait fini d\u00e8s le d\u00e9but, comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de surprise, encore moins d&rsquo;\u00e9blouissement. C&rsquo;est ce que semble nous dire le nom de ce ballet, Acta est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10528,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,7],"tags":[],"class_list":["post-10530","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10530","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10530"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10530\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10530"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10530"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10530"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}