{"id":10562,"date":"2018-01-16T20:00:09","date_gmt":"2018-01-16T19:00:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10562"},"modified":"2018-01-16T20:00:09","modified_gmt":"2018-01-16T19:00:09","slug":"le-sens-du-rythme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10562","title":{"rendered":"Le sens du rythme"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu | <a href=\"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/agendaculturel\/evenements\/studiophilo\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;auteur-compositeur et pianiste Andr\u00e9 Manoukian \u00e9tait l&rsquo;invit\u00e9 de Studio Philo ce mardi 16 janvier. La rencontre a pris place dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de la Sorbonne et visait \u00e0 \u00e9claircir un fait musical, &#8211; inn\u00e9 ou acquis selon les convictions de chacun &#8211; \u00e0 savoir \u00ab\u00a0le sens du rythme\u00a0\u00bb. Pour mener \u00e0 bien cette r\u00e9flexion, Ollivier Pourriol, le cr\u00e9ateur des conf\u00e9rences Studio Philo, a propos\u00e9 une alternance entre discussions th\u00e9oriques de Manoukian, projections audiovisuelles (films, clips,&#8230;), et mises en pratique avec le public. Cette d\u00e9marche didactique a contribu\u00e9 \u00e0 soutenir le rythme de la soir\u00e9e et \u00e0 pr\u00e9venir tout \u00e9garement ou perte de dynamisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette organisation bien ficel\u00e9e s&rsquo;accordait assez mal avec le caract\u00e8re d&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian qui, dans la vie, comme dans la musique, t\u00e9moigne d&rsquo;un go\u00fbt prononc\u00e9 pour l&rsquo;improvisation. Cela le poussa parfois dans des digressions divertissantes mais difficiles \u00e0 recadrer pour l&rsquo;organisateur. Dans sa structure globale cependant, la conf\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ussite\u00a0: le public, de tous horizons (des scolaires jusqu&rsquo;aux m\u00e9lomanes avertis), fut tr\u00e8s r\u00e9ceptif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En remontant aux origines du jazz, Manoukian nous a montr\u00e9 comment l&rsquo;<i>afterbeat<\/i>, le contre-temps qui donne \u00e0 la mesure \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb \u00e0 quatre temps ce balancement si particulier que l&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0le <i>swing<\/i>\u00a0\u00bb, est charg\u00e9 d&rsquo;un message provocateur, identitaire et presque irr\u00e9v\u00e9rencieux. Ce <i>swing<\/i> a pris la forme d&rsquo;une revendication qui a boulevers\u00e9 le cadre de pens\u00e9e classique. Il a cr\u00e9e une br\u00e8che dans la conception musicale, introduisant un nouveau rapport au corps et \u00e0 la nature m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A partir de ce syst\u00e8me rythmique, Manoukian a envisag\u00e9 les nombreuses cons\u00e9quences philosophiques, sociales, politiques et culturelles en d\u00e9coulant. Toutefois, si ces r\u00e9flexions \u00e9taient s\u00e9duisantes, pour un public f\u00e9ru d&rsquo;anecdotes, certaines semblaient sch\u00e9matiques, simplificatrices voire dogmatiques et souvent d\u00e9pr\u00e9ciatives \u00e0 l&rsquo;encontre de la musique dites \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb. Il m&rsquo;est apparu que Manoukian creusait un peu plus le foss\u00e9 entre une musique jazz \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb et une musique classique cloisonn\u00e9e et r\u00e9trograde. Associer la musique classique au binaire, \u00e0 une \u00ab\u00a0marche militaire\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ali\u00e9nante\u00a0\u00bb, d\u00e9pourvue de vie, pour envisager un ternaire &#8211; associ\u00e9 ici au <i>swing<\/i> et donc au jazz &#8211; \u00ab\u00a0lib\u00e9rateur\u00a0\u00bb est tr\u00e8s contestable. Un ternaire peut \u00eatre plus morne qu&rsquo;un binaire\u00a0: tout repose sur l&rsquo;interpr\u00e9tation, l&rsquo;accentuation, le phras\u00e9 et finalement sur ce qui se passe entre les temps&#8230; Les rapprochements \u00e9taient donc un peu faciles, mais le format de la conf\u00e9rence ne permettait pas d&rsquo;\u00eatre plus pr\u00e9cis. Souvent Manoukian utilisait le vocabulaire axiologique de l&rsquo;affect en parlant d&rsquo;histoire musicale, ce qui n&rsquo;est pas d\u00e9rangeant si l&rsquo;on sait garder une certaine distance critique, mais qui le devient si l&rsquo;on pense \u00e0 la repr\u00e9sentation qu&rsquo;en auront les publics scolaires tout particuli\u00e8rement&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette conf\u00e9rence \u00e9tait donc \u00e0 la fois divertissante et instructive si l&rsquo;on veille bien \u00e0 restituer ces r\u00e9flexions \u00e0 la subjectivit\u00e9 et la sensibilit\u00e9 particuli\u00e8re de son locuteur. L&rsquo;aspect provocateur de certaines de ses pens\u00e9es sont \u00e0 rendre au personnage Manoukian, somme toute tr\u00e8s sympathique et d\u00e9sopilant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">L\u00e9o Guillou-Keredan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le grand amphith\u00e9\u00e2tre de la Sorbonne \u00e9tait rempli, bruyant et joyeux ce mardi 16 janvier 2018, \u00e0 18h30.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ollivier Pourriol monte sur sc\u00e8ne, prend le micro pour saluer le public et lui pr\u00e9senter le th\u00e8me de la piano-conf\u00e9rence du jour\u00a0: \u00ab\u00a0le sens du rythme\u00a0\u00bb. Andr\u00e9 Manoukian ne tarde pas \u00e0 rejoindre le philosophe avant de s&rsquo;installer derri\u00e8re le clavier, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la petite cam\u00e9ra qui surplombe ce dernier, et nous embarquons pour un voyage musical d&rsquo;une heure et demie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dr\u00f4le de voyage\u00a0: amusant, amus\u00e9, musical et musicien\u00a0! Il d\u00e9bute par la distinction entre la bourr\u00e9e, qu&rsquo;on marque par l&rsquo;appui sur les premier et troisi\u00e8me temps d&rsquo;une mesure, et l&rsquo;<i>afterbeat<\/i>, dont les temps forts sont au contraire le deuxi\u00e8me et le quatri\u00e8me. Du blues des champs de coton au chanteur Rag&rsquo;n&rsquo;Bone Man en passant par le rock lib\u00e9rateur d&rsquo;Elvis et le quadrille du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle qui conduira au <i>cakewalk<\/i>, le tempo nous est cont\u00e9 \u00ab\u00a0comme le battement d&rsquo;un c\u0153ur\u00a0\u00bb selon les mots du pianiste. Le cin\u00e9ma y a par ailleurs toute sa place, en t\u00e9moignent les extraits de <i>Whiplash<\/i>, de <i>La Ligne Verte<\/i> ou de <i>Full Metal Jacket <\/i>qui illustrent les d\u00e9veloppements intelligents et r\u00eaveurs d&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian. Ollivier Pourriol le coupe \u00e9l\u00e9gamment, rebondit sur ses anecdotes ou lui sugg\u00e8re de nouvelles perspectives qui nous emm\u00e8nent plus loin que nous ne le pensions. Deleuze surgit au d\u00e9tour des Beatles pour nous \u00e9clairer par son <i>Ab\u00e9c\u00e9daire<\/i>, avant de revenir \u00e0 un voyage en Afrique du Sud avec T\u00e9t\u00e9 et aux communaut\u00e9s animistes rencontr\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion de tenter de parler de la musique, plut\u00f4t que de la jouer, de comprendre que sa lin\u00e9arit\u00e9 n&rsquo;existe plus \u00e0 l&rsquo;\u00e8re d&rsquo;Internet. Le musicien ou l&rsquo;artiste devient capteur de son \u00e9poque, pr\u00e9figure la suivante et sans en \u00eatre conscient, il participe \u00e0 cette abolition du temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je voudrais mentionner le court-m\u00e9trage <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=9h9HP-VOJv4\"><i>Les Indes Galantes <\/i><\/a>de Cl\u00e9ment Cogitore que l&rsquo;on peut facilement retrouver sur YouTube, et qui nous a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9.\u00a0Cet \u00e9trange alliage du <i>krump<\/i> et d&rsquo;un extrait de l&rsquo;\u0153uvre de Rameau donne \u00e0 penser sur l&rsquo;universalit\u00e9 de la musique, \u00e9videmment, mais aussi sur les rythmes communs et les d\u00e9calages apparents qui laissent place \u00e0 une nouvelle symbiose des genres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette piano-conf\u00e9rence s&rsquo;est termin\u00e9e par de chaleureux applaudissements, apr\u00e8s qu&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian nous a montr\u00e9 une derni\u00e8re fois que nous \u00e9tions devenus les rois de l&rsquo;<i>afterbeat<\/i>, et nous a jou\u00e9 un morceau compos\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire de ses anc\u00eatres arm\u00e9niens. Merci encore pour cette vir\u00e9e joviale, simple, bienveillante et musicale.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Bertille Rouillon<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Studio Philo<\/i>, groupe \u00e9v\u00e9nementiel ayant pour but d&rsquo;expliquer le cin\u00e9ma \u00e0 travers des concepts philosophiques, a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;inviter Andr\u00e9 Manoukian pour une conf\u00e9rence dont le titre est \u00ab\u00a0<i>Le sens du rythme<\/i>\u00a0\u00bb \u00e0 la Sorbonne. Pourquoi Andr\u00e9 Manoukian\u00a0? Tout simplement parce que ce dernier est un pianiste, auteur et compositeur mais surtout un grand ami d&rsquo;Ollivier Pourriol, organisateur et pr\u00e9sentateur de l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement ainsi qu&rsquo;agr\u00e9g\u00e9 de philosophie et \u00e9crivain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, on apprend que cette id\u00e9e vient d&rsquo;une conversation entre les deux hommes sur l&rsquo;origine des notes et sur le rythme de mani\u00e8re large. Qu&rsquo;est-ce que le rythme concr\u00e8tement\u00a0? Comment peut-on \u00ab\u00a0avoir le sens du rythme\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est sur ces questions que commence la conf\u00e9rence<i>.<\/i> Andr\u00e9 Manoukian va alors tout au long de cette heure et demie nous raconter l&rsquo;origine du rythme, la diff\u00e9rence entre \u00ab\u00a0<i>l&rsquo;afterbeat<\/i>\u00a0\u00bb qui consiste \u00e0 marquer le second temps et le quatri\u00e8me temps et la \u00ab\u00a0bourr\u00e9e\u00a0\u00bb qui consiste \u00e0 marquer les temps forts, c&rsquo;est-\u00e0-dire le premier et le troisi\u00e8me. Du premier, on obtient le \u00ab\u00a0<i>swing<\/i>\u00a0\u00bb qui puise son origine des camps de prisonniers afro-am\u00e9ricains. Du second, on obtient les marches militaires que l&rsquo;on retrouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque napol\u00e9onienne. Nous revenons alors \u00e0 l&rsquo;origine du blues, son influence sur le rock &#8230; Chaque propos est entrecoup\u00e9 de visionnages de vid\u00e9os, extraits de film ou exp\u00e9riences. C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;on voit physiquement ce qu&rsquo;est le rythme dans une exp\u00e9rience, soit une vibration tout simplement. Le rythme est aussi li\u00e9 \u00e0 la danse et on admirera le court-m\u00e9trage de Cl\u00e9ment Cogitorre sur le<i> krump<\/i>, style de danse consistant \u00e0 lib\u00e9rer toutes ses \u00e9motions par des gestes saccad\u00e9s et exag\u00e9r\u00e9s r\u00e9pondant au rythme de la musique. Des Beatles \u00e0 Mozart, tout le r\u00e9pertoire musical est pass\u00e9 au peigne fin pour montrer ce qui fait l&rsquo;essence du rythme. Andr\u00e9 Manoukian joue aussi du piano pour appuyer ses propos et montrer par exemple la diff\u00e9rence dans la pulsation entre \u00ab\u00a0ternaire\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0binaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour conclure, <i>Le sens du rythme<\/i> fut une conf\u00e9rence tr\u00e8s enrichissante sur l&rsquo;histoire de la musique et permet au n\u00e9ophyte de s&rsquo;accaparer le rythme en ayant une vision moins vague de sa d\u00e9finition. Cependant, on aurait pu attendre plus de liens entre le rythme et la philosophie, l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement \u00e9tant port\u00e9 par le <i>Studio Philo. <\/i>Des allusions l\u00e9g\u00e8res ont pu \u00eatre dites \u00e0 propos de la th\u00e8se d&rsquo;Attali, d\u00e9velopp\u00e9 dans son ouvrage <i>Bruits, <\/i>sur le rapport entre la musique et la soci\u00e9t\u00e9. La musique permettrait d&rsquo;anticiper le devenir des soci\u00e9t\u00e9s. Malheureusement, ces apart\u00e9s n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 que trop rares \u00e0 mon go\u00fbt. Cela n&rsquo;a cependant pas emp\u00each\u00e9 le public d&rsquo;en ressortir enchant\u00e9, notamment la classe de 4<sup>\u00e8me<\/sup> pr\u00e9sente et tous les autres enfants pr\u00e9sents\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Eva Josselin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;est autour d&rsquo;un piano qu&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian et Ollivier Pourriol nous livrent une conf\u00e9rence sur le rythme et son histoire. Quelque peu d\u00e9sordonn\u00e9, le propos est difficile \u00e0 r\u00e9sumer. Toutefois, cela n&#8217;emp\u00eache en rien le contenu d&rsquo;\u00eatre approfondi mais accessible, vari\u00e9 et p\u00e9dagogique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Andr\u00e9 Manoukian enchaine les anecdotes comme l&rsquo;on raconte une histoire, les illustrant de vid\u00e9os actuelles ou plus anciennes. Il discute avec son public qu&rsquo;il fait parler par la mise en pratique des th\u00e9ories rythmiques. Alors que les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 frapper d&rsquo;une certaine mani\u00e8re dans leurs mains, le pianiste improvise sur cette pulsation. Un v\u00e9ritable lien musical se cr\u00e9e entre les intervenants et le public, entre la th\u00e9orie et la pratique, entre le rythme et la musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Que l&rsquo;on soit initi\u00e9 ou d\u00e9butant, cet \u00e9v\u00e9nement ne peut qu&rsquo;\u00eatre enrichissant. Le tout se termine sur un morceau aux rythmes arm\u00e9niens, nous transportant dans un ultime voyage musical. En sortant du bel et mythique amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de La Sorbonne, on ne peut que se demander quand est-ce qu&rsquo;une nouvelle piano-conf\u00e9rence nous emportera vers un autre refrain.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Alice Clabaut<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Sous le sage et effrayant regard du Stagirite, au sein de l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu, la p\u00e9dagogie se transforme. Conf\u00e9rence atypique, balade digressive, l&rsquo;universit\u00e9 s&rsquo;attaque \u00e0 la question du rythme sans nous assommer au tempo ennuyeux des cours magistraux. Moins de rigueur mais plus d&rsquo;attrait\u00a0: on se perd dans les d\u00e9lices de la musique et dans les paroles vagabondes d&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian. Au gr\u00e9 de ses souvenirs, de ses voyages, de ses apprentissages, de ses lectures, nous voyageons au sein d&rsquo;un v\u00e9ritable roman sur le rythme et la musique o\u00f9 apparaissent et d\u00e9filent des images perdues\u00a0: un loup qui marque son territoire par son cri, l&rsquo;invention du quadrille aux jardins des Tuileries, le A de Gilles Deleuze, les esclaves et les bagnards afro-am\u00e9ricains, les crocodiles du bayou, la musique m\u00e9di\u00e9vale de Liverpool&#8230; La musique passe et repasse, dans tous les lieux et tous les temps. On comprend son histoire, sa physique, sa nature, sa puissance. On partage l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;un musicien sinc\u00e8re, authentique et vrai, qui ne s&rsquo;attache pas au strict discours corset\u00e9 et acad\u00e9mique de l&rsquo;universitaire. Aid\u00e9 de son piano, d&rsquo;extraits choisis de films et de clips vid\u00e9o, guid\u00e9 dans son sinueux vagabondage par la parole d&rsquo;Ollivier Pourriol, Andr\u00e9 Manoukian nous montre ce qu&rsquo;est le rythme et nous apprend \u00e0 le saisir, parfois m\u00eame \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;exercices pratiques. Un seul regret peut-\u00eatre\u00a0: malgr\u00e9 le jeu virtuose d&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian, le piano reste trop peu souvent entendu. Il \u00e9tait tant silencieux que je crus le voir pleurer. Toutefois, \u00e0 la fin, lorsque les propos doivent s&rsquo;achever, le musicien joue, pour notre plus grand plaisir\u00a0: le rythme s&rsquo;expose par sa pr\u00e9sence m\u00eame. Et alors, le piano rit et la musique exulte.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Anne Fenoy<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Mardi 16 janvier avait lieu dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu une conf\u00e9rence musicale ayant pour titre \u00ab Le sens du rythme \u00bb, anim\u00e9e par Andr\u00e9 Manoukian, c\u00e9l\u00e8bre pianiste jazz et chroniqueur musical sur France Inter, avec l\u2019aide d\u2019Ollivier Pourriol, \u00e9crivain et philosophe. Cette conf\u00e9rence s\u2019inscrivait dans le cadre des 10 ans du \u00ab Studio Philo \u00bb association de r\u00e9flexion philosophique anim\u00e9e par Ollivier Pourriol. Qu\u2019est-ce que le rythme ? quelle est sa signification ? Que nous apporte-t-il ? C\u2019est avec ces questionnements qu\u2019Andr\u00e9 Manoukian nous emm\u00e8ne dans sa perception propre, et riche de r\u00e9f\u00e9rences, de la musique. Avec un certain talent de p\u00e9dagogue, le pianiste, par l\u2019approche de diff\u00e9rentes cultures musicales (surtout am\u00e9ricaine comme celle du <i>blues<\/i>, <i>jazz<\/i>, etc\u2026), nous initie \u00e0 sa philosophie musicale tout d\u2019abord avec une notion tr\u00e8s simple de rythme : \u00ab <i>l\u2019Afterbeat<\/i> \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, les appuis sur le 2e et le 4e temps dans une mesure \u00e0 4 temps. Un rythme tr\u00e8s typique du <i>blues<\/i> et du <i>jazz<\/i>, et peu inscrit dans notre culture musicale puisque dans la musique fran\u00e7aise nous nous sommes habitu\u00e9s culturellement \u00e0 appuyer sur le 1er et le 3e temps (un rythme de bourr\u00e9e comme dirait Manoukian). Un-DEUX-trois-QUATRE, un-DEUX-trois-QUATRE \u2026 Ollivier Pourriol fait battre par le public les temps pairs et Andr\u00e9 Manoukian improvise une joyeuse m\u00e9lodie et nous montre ainsi l\u2019importance du rythme. C\u2019est dans cette ambiance chaleureuse et ludique que la conf\u00e9rence se d\u00e9roulera. Tout au long des explications, des extraits de films pr\u00e9sent\u00e9s par O. Pourriol viennent illustrer les explications d\u2019Andr\u00e9 Manoukian, ainsi que l\u2019histoire de l\u2019utilisation des rythmes, comme par exemple l\u2019utilisation de <i>l\u2019afterbeat <\/i>par les esclaves aux \u00c9tats-Unis dans le film <i>Du Mali au Mississippi<\/i> de Martin Scorcese. Andr\u00e9 Manoukian nous a emmen\u00e9, dans un flot de paroles et de r\u00e9f\u00e9rences, dans des philosophies de la musique. Il nous a fait r\u00e9fl\u00e9chir sur le sens de la musique, sur l\u2019inspiration des artistes\u2026 et, l\u00e0 o\u00f9 Manoukian nous a fait encore plus voyager et r\u00e9fl\u00e9chir, c\u2019est lorsqu\u2019il nous parla du rapport entre la musique et la soci\u00e9t\u00e9, de son r\u00f4le social jusqu\u2019\u00e0 son r\u00f4le politique. Bien que, parfois, nous nous sommes un peu d\u00e9sax\u00e9s de la probl\u00e9matique de la conf\u00e9rence (\u00ab <i>Le sens du rythme<\/i> \u00bb) Andr\u00e9 Manoukian a fait transporter dans le monde musical un public qui ne connaissait pas forc\u00e9ment cette douce contr\u00e9e.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Louis Sardina<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour un nouvel \u00e9pisode des dialogues entre philosophie et cin\u00e9ma men\u00e9s par Ollivier Pourriol, ce dernier a convi\u00e9 le musicien, chroniqueur et homme de t\u00e9l\u00e9vision Andr\u00e9 Manoukian, bien connu de la g\u00e9n\u00e9ration qui a grandi avec la Nouvelle Star (si tant est que cette \u00e9mission fasse grandir). La conf\u00e9rence, intitul\u00e9e <i>Le sens du rythme<\/i>, a eu lieu dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu en pr\u00e9sence d&rsquo;un public vari\u00e9, constitu\u00e9 notamment d&rsquo;une classe de coll\u00e9giens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La conf\u00e9rence \u00e9tait ponctu\u00e9e d&rsquo;extraits de films tr\u00e8s vari\u00e9s et majoritairement am\u00e9ricains, et a commenc\u00e9 par un extrait de l&rsquo;excellent film de Damien Chazelle, <i>Whiplash<\/i>. Nous avons pu ensuite \u00e9couter les joyeuses d\u00e9monstrations d&rsquo;Andr\u00e9 Manoukian. Son discours \u00e9tait int\u00e9ressant et clair sans que j&rsquo;aie jug\u00e9 n\u00e9cessaire de prendre des notes : Manoukian n&rsquo;a pas l&rsquo;ambition de donner \u00e0 son auditoire des v\u00e9rit\u00e9s d\u00e9finitives et des raisonnements implacables. C&rsquo;est un homme de digressions, toutes justifi\u00e9s et passionnantes, sur ce qu&rsquo;il conna\u00eet le mieux, des origines du <i>blues<\/i> aux chants traditionnels arm\u00e9niens. Install\u00e9 au piano, une cam\u00e9ra point\u00e9e sur ses mains projet\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9cran, il a un discours imag\u00e9 et se sert de la pratique pour illustrer son propos et inclure l&rsquo;auditoire. En effet, le public de coll\u00e9giens s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 particuli\u00e8rement r\u00e9ceptif et heureux de frapper dans ses mains en rythme pour sentir physiquement les diff\u00e9rences de mesure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La pr\u00e9sence d&rsquo;adolescents a toutefois modifi\u00e9 ce qu&rsquo;aurait pu \u00eatre la conf\u00e9rence : A. Manoukian a largement adapt\u00e9 son propos \u00e0 cette petite partie du public qui lui faisait face. Son propos \u00e9tait donc tr\u00e8s simplifi\u00e9 et n&rsquo;a peut-\u00eatre pas tout \u00e0 fait convaincu ceux du public qui avaient un minimum de culture musicale. J&rsquo;attendais plus de \u00ab contenu \u00bb m\u00eame si, pour \u00eatre tout \u00e0 fait honn\u00eate, j&rsquo;\u00e9tais avant tout l\u00e0 pour entendre \u00ab en vrai \u00bb les fameuses <i>punchlines<\/i> d&rsquo;Andr\u00e9 (\u00ab Je transpire de la moustache \u00bb en t\u00eate). J&rsquo;aurais aim\u00e9 avoir plus de clefs sur le rythme et ses implications philosophiques, sortir de l&rsquo;amphi avec des textes \u00e0 lire et des philosophes \u00e0 d\u00e9couvrir. Ollivier Pourriol aurait ainsi tenu son r\u00f4le de professeur de philosophie et meneur de la discussion : face au charisme d&rsquo;un Manoukian tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise, rompu aux concerts et aux apparitions m\u00e9diatiques, il a eu du mal \u00e0 trouver sa place et \u00e0 s&rsquo;y retrouver dans les digressions de son interlocuteur. Il s&rsquo;est content\u00e9 de \u00ab caser \u00bb les extraits de films qu&rsquo;il avait pr\u00e9par\u00e9s (faute de textes, c&rsquo;est ma liste de films \u00e0 voir qui s&rsquo;allonge). Nous avons eu la chance de voir un court-m\u00e9trage de Cl\u00e9ment Cogitore en int\u00e9gralit\u00e9, <i>Les Indes galantes<\/i>, et il vaut vraiment le d\u00e9tour.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Mathilde Gie<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Le sens du rythme\u00a0\u00bb, ou le <i>studio philo<\/i> d\u2019Andr\u00e9 Manoukian, pr\u00e9sent\u00e9 par Ollivier Pourriol, a eu lieu mardi 16 janvier dernier, \u00e0 18 heures trente, \u00e0 la Sorbonne. Dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu bond\u00e9, \u00e9taient visibles sur sc\u00e8ne le c\u00e9l\u00e8bre musicien et son ami philosophe (<i>inter alia<\/i>), ainsi qu\u2019un jeune technicien. Je ne savais pas du tout \u00e0 quoi m\u2019attendre en me dirigeant vers le 15, rue de la Sorbonne ce soir-l\u00e0. Loin de la pluie qui ruisselait au dehors, les personnes sur sc\u00e8ne nous ont d\u00e9livr\u00e9 un savoir unique, particulier, sur le rythme et son histoire, qui a \u00e9volu\u00e9 entre les camps militaires, les <i>chain<\/i> <i>gangs <\/i>et les esclaves afro-am\u00e9ricains. Des extraits de films historiques et\/ou musicaux \u00e9taient projet\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cran, pour apporter des exemples aux r\u00e9flexions initi\u00e9es par O. Pourriel et A. Manoukian. Les doigts de ce dernier, pianotant, faisaient r\u00e9sonner de la musique jazz dans toute la salle, sous les applaudissements rythm\u00e9s du public, qui quitta l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu en (quasi) ma\u00eetre de l\u2019<i>afterbeat<\/i>.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Rita El Hajjouji<\/h6>\n<pre>Photo : D.R.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu | En savoir plus L&rsquo;auteur-compositeur et pianiste Andr\u00e9 Manoukian \u00e9tait l&rsquo;invit\u00e9 de Studio Philo ce mardi 16 janvier. La rencontre a pris place dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de la Sorbonne et visait \u00e0 \u00e9claircir un fait musical, &#8211; inn\u00e9 ou acquis selon [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10389,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,25,60],"tags":[],"class_list":["post-10562","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-concert","category-sorbonne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10562","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10562"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10562\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10562"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10562"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10562"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}