{"id":10728,"date":"2018-02-01T20:00:35","date_gmt":"2018-02-01T19:00:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10728"},"modified":"2018-02-01T20:00:35","modified_gmt":"2018-02-01T19:00:35","slug":"we-love-arabs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10728","title":{"rendered":"We love Arabs"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Danse | Espace 1789 | <a href=\"https:\/\/www.espace-1789.com\/spectacle\/we-love-arabs\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">We love Arabs : une satire de l&rsquo;intol\u00e9rance<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;espace 1789, par son nom, se veut r\u00e9volutionnaire et os\u00e9. Ce nom est \u00e9galement une promesse pour le public, qui souhaite y d\u00e9couvrir des oeuvres engag\u00e9es et modernes, sans filtre. Ces qualificatifs d\u00e9finissent bien l&rsquo;unique repr\u00e9sentation du spectacle <i>We love Arabs. <\/i>La proposition du chor\u00e9graphe isra\u00e9lien Hillel Kogan est audacieuse, mais risqu\u00e9e aussi. En d\u00e9cidant de traiter des pr\u00e9jug\u00e9s issus du conflit isra\u00e9lo-palestinien par la danse, Kogan exprime le besoin de d\u00e9crire l&rsquo;absurdit\u00e9 qui r\u00e9side dans les st\u00e9r\u00e9otypes divisant les deux peuples s\u00e9mitiques. Pour cela, il choisit d&rsquo;interpr\u00e9ter (presque autobiographiquement) un chor\u00e9graphe n\u00e9vros\u00e9, qui se surprend lui-m\u00eame en choisissant un danseur arabe, pour lui permettre d&rsquo;atteindre \u00ab\u00a0un espace qui lui est ferm\u00e9\u00a0\u00bb. \u00c0 travers l&rsquo;humour et le sarcasme, le processus abstrait de cr\u00e9ation est gentiment moqu\u00e9, alors que les mouvements de danse trahissent des id\u00e9es de coexistence pacifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Kogan invite Ali Boutrous, silencieux tout le temps du spectacle, \u00e0 exprimer son identit\u00e9 sur sc\u00e8ne. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;\u00eatre un arabe chr\u00e9tien \u00e0 Tel Aviv ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;\u00eatre un chor\u00e9graphe juif questionnant la cr\u00e9ation artistique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les mouvements sont fluides, pr\u00e9cis, pens\u00e9s. Tout s&rsquo;exprime par la gestuelle, les regards, les non-dits. Pourtant tout est dit au spectateur, Kogan s&rsquo;exprime sur tout ce qu&rsquo;il effectue, comme pour justifier son intol\u00e9rance vis-\u00e0-vis d&rsquo;Ali. Ali, cette pr\u00e9sence silencieuse tout du long, qui r\u00e9pond par monosyllabes ou par hochements de t\u00eate, ensorc\u00e8le et permet au spectateur de comprendre toutes ses \u00e9motions par la mani\u00e8re dont il se d\u00e9place. Lorsque Kogan lui demande d&rsquo;exprimer son identit\u00e9 par la danse, une chanson arabe d\u00e9marre, Ali se d\u00e9gage de la musique et laisse entrevoir son esprit tortur\u00e9 et divis\u00e9. Divis\u00e9 comme le mur invisible qu&rsquo;Hillel souhaite dresser entre eux, qui n&rsquo;a aucune consistance et sens d&rsquo;exister. Divis\u00e9 \u00e9galement comme ce houmous brandi \u00e0 la fin de l&rsquo;oeuvre, en signe de conciliation entre les deux hommes, preuve ultime qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de conflit plus ridicule que celui qui divise les deux artistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne d\u00e9nud\u00e9e, o\u00f9 tout est sugg\u00e9r\u00e9 plut\u00f4t que montr\u00e9, apporte un aspect minimaliste incroyable, o\u00f9 le moindre mouvement prend tout son sens. Derri\u00e8re l&rsquo;humour potache se cache un jeu de sc\u00e8ne orchestr\u00e9 o\u00f9 se d\u00e9voilent des critiques crues du snobisme du monde artistique, de l&rsquo;impossible choix de la guerre. Le constat est gla\u00e7ant, percutant, impressionnant. Il laisse au public l&rsquo;impression d&rsquo;avoir pass\u00e9 un agr\u00e9able moment \u00e0 rire, mais avant tout, de s&rsquo;\u00eatre rendu compte de l&rsquo;ignorance de chacun. La le\u00e7on est intransigeante, et en cela, Hillel Kogan et Ali Boutros ont trouv\u00e9 leur identit\u00e9 commune, qu&rsquo;ils cherchaient tant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Elisa Guidetti<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Je vous recommande totalement d&rsquo;aller voir <i>We love arabs :<\/i> vous n&rsquo;arr\u00eaterez pas de sourire. L&rsquo;auteur prend une r\u00e9alit\u00e9 comme la coexistence entre les arabes et les juifs dans la ville de Tel Aviv. C&rsquo;est une satire simple et parfois irrationnelle o\u00f9 le chor\u00e9graphe isra\u00e9lien Hillel Kogan se met en sc\u00e8ne avec le danseur Adi Boutrous. Ce duo commence \u00e0 travailler sur une chor\u00e9graphie assez abstraite et compliqu\u00e9e \u00e0 comprendre \u00e0 cause des exigences du chor\u00e9graphe isra\u00e9lien qui joue avec la notion d&rsquo;identit\u00e9 entre les deux artistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je ne voulais pas quitter la salle quand la pi\u00e8ce fut finie, et cela faisait longtemps que je n&rsquo;avais pas eu cette sensation. Franchement je trouve cette pi\u00e8ce assez ironique et vraie vu que dans le monde de la danse, parfois on se trouve avec des chor\u00e9graphes baroques et incompr\u00e9hensibles.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Saioa Azpirotz Lakidain<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>We love Arabs<\/em>, c&rsquo;est un spectacle qui est n\u00e9 \u00e0 Tel Aviv, gr\u00e2ce au chor\u00e9graphe et metteur en sc\u00e8ne isra\u00e9lien <a href=\"https:\/\/www.theatreonline.com\/Artiste\/Hillel-Kogan\/73403\">Hillel\u00a0Kogan<\/a>. On a la possibilit\u00e9 extraordinaire de voir ce show unique \u00e0 l&rsquo;espace 1789, centre culturel ouvert \u00e0 toutes et \u00e0 toius, situ\u00e9 dans le nord de Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette introduction vous semble exag\u00e9r\u00e9e\u00a0? Un peu trop\u00a0? Un peu os\u00e9\u00a0? Bizarre\u00a0? Voil\u00e0 la pi\u00e8ce\u00a0! La mise en sc\u00e8ne d\u2019Hillel Kogan s&rsquo;appuie notamment sur l&rsquo;exag\u00e9ration, jusqu\u2019\u00e0 nous amener dans l&rsquo;absurdit\u00e9 totale. Comment aborder le sujet des (in)\u00e9galit\u00e9s des hommes de fa\u00e7on plus appropri\u00e9e\u00a0? \u00a0Refl\u00e9tant le discours social autour de cette th\u00e9matique, le chor\u00e9graphe r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9monter comment cette image de \u00ab\u00a0l&rsquo;autre\u00a0\u00bb est construite, et il r\u00e9ussit encore \u00e0 inciter ses spectateurs \u00e0 la r\u00e9flexion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout d&rsquo;abord en suivant la strat\u00e9gie brechtienne, en mettant le spectacle en sc\u00e8ne comme m\u00e9ta-spectacle, pr\u00e9sentant la cr\u00e9ation du spectacle m\u00eame. Cette fa\u00e7on incite doublement \u00e0 penser\u00a0: comment construit-il cette histoire d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s, et comment est-elle repr\u00e9sent\u00e9e dans les m\u00e9dias\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">R\u00e9ponse simplifi\u00e9e\u00a0: Par des pr\u00e9jug\u00e9s et st\u00e9r\u00e9otypes que l&rsquo;on r\u00e9p\u00e8te sans cesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s avoir surmont\u00e9 la difficult\u00e9 des s&rsquo;exprimer sur le sujet (danse bizarre), Hallil Kogan\u00a0raconte son id\u00e9e d&rsquo;un spectacle qu&rsquo;il aimerait faire et qui ait pour sujet l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des hommes. \u00ab\u00a0Je veux montrer que nous sommes tous pareils. Diff\u00e9rents, mais pareils. Tu comprends \u00e7a, Hadi, oui\u00a0? Tu comprends\u00a0?\u00a0\u00bb Hadi, c&rsquo;est qui\u00a0? Hadi, c&rsquo;est le danseur qu&rsquo;il a engag\u00e9 pour faire cela. (Magnifique\u00a0: Mourad\u00a0Bouyad). Un danseur qui est, comme il le d\u00e9couvre, \u00ab\u00a0arabe\u00a0\u00bb. Et voil\u00e0 que le vrai jeu commence\u00a0: tol\u00e9rant, ouvert, int\u00e9ress\u00e9 comme nous le sommes tous, il ne veut que du bien, et tout d&rsquo;abord rien que montrer que nous sommes tous pareils &#8211; mais diff\u00e9rents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En expliquant cela \u00e0 Hadi, la construction de l&rsquo;autre commence\u00a0: chacun re\u00e7oit son symbole, son espace, sa fa\u00e7on de s&rsquo;exprimer. Et en expliquant, Hillel Kogan se r\u00e9p\u00e8te. Sans cesse, reprenant toujours les m\u00eames et m\u00eames clich\u00e9s, les m\u00eames et m\u00eames questions, clich\u00e9s et questions que nous connaissons tous. Une simple allusion suffit et tout le monde sait ce qu&rsquo;il veut dire. Et il les r\u00e9p\u00e8te jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on en ait marre, vraiment marre &#8211; tellement, qu&rsquo;on ne le trouve m\u00eame plus marrant. Et on commence \u00e0 s&rsquo;imaginer comment cela serait si on \u00e9tait confront\u00e9 \u00e0 ces m\u00eames et m\u00eames clich\u00e9s, \u00e0 ces m\u00eames et m\u00eames questions pour de vrai &#8211; chaque jour &#8211; dans le monde r\u00e9el, et pas pour rigoler, pas pour le th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais heureusement on est l\u00e0, au spectacle, et on retrouve la paix dans le Hummus. Oui, le Hummus, symbole de lien entre hommes \u00e9gaux, et la soir\u00e9e atteint son apog\u00e9e dans la distribution sacr\u00e9e du Hummus, voil\u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9, voil\u00e0 le r\u00e9sultat de nos classifications quotidiennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une heure de danse qui incite \u00e0 remettre son comportement en question. Une heure qui incite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur notre tol\u00e9rance. Une heure dans laquelle nos simplifications sont d\u00e9voil\u00e9es\u00a0avec un clin d&rsquo;\u0153il, et en rigolant, on voit que c&rsquo;est bien s\u00e9rieux.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Saria Maria Rammer<\/h6>\n<pre>Photographie :\u00a0Gabi Dagon<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Espace 1789 | En savoir plus We love Arabs : une satire de l&rsquo;intol\u00e9rance L&rsquo;espace 1789, par son nom, se veut r\u00e9volutionnaire et os\u00e9. Ce nom est \u00e9galement une promesse pour le public, qui souhaite y d\u00e9couvrir des oeuvres engag\u00e9es et modernes, sans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10656,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,75],"tags":[],"class_list":["post-10728","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-espace-1789"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10728","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10728"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10728\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10728"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}