{"id":10730,"date":"2018-02-02T20:00:01","date_gmt":"2018-02-02T19:00:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10730"},"modified":"2018-02-02T20:00:01","modified_gmt":"2018-02-02T19:00:01","slug":"the-lodger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10730","title":{"rendered":"The Lodger"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Cin\u00e9-Concert | Philharmonie de Paris | <a href=\"https:\/\/philharmoniedeparis.fr\/fr\/activite\/cine-concert\/17850-lodger-hitchcock\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">La Philharmonie de Paris a d\u00e9cid\u00e9 de rendre hommage au g\u00e9nie hitchcockien le temps d&rsquo;un week-end, du 2 au 4 f\u00e9vrier dernier. Pour ouvrir le bal, <i>The Lodger<\/i>, un thriller muet r\u00e9alis\u00e9 en 1927. Alfred Hitchcock le consid\u00e9rait comme son premier vrai film, celui qui allait donner le ton \u00e0 son \u0153uvre cin\u00e9matographique l\u00e9gendaire. L&rsquo;intrigue m\u00eale jalousie, suspicion et enqu\u00eate criminelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On retrouve dans ce film la veine d&rsquo;un Jack l&rsquo;Eventreur\u00a0: un tueur en s\u00e9rie fait une nouvelle victime tous les mardis &#8211; des femmes blondes &#8211; blondes comme la fille de ce couple de logeurs qui tombe sous le charme du pr\u00e9sum\u00e9 assassin. Le d\u00e9fi de l&rsquo;orchestre philharmonique de Paris \u00e9tait donc de rendre plus vivante et moderne cette fresque inqui\u00e9tante et typique du cin\u00e9ma hitchcockien. Le compositeur Olivier P\u00e9nard a donc repens\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture musicale de ce classique pour marier des sonorit\u00e9s propres au jazz, \u00e0 la valse mais aussi \u00e0 des rythmes sourds. Son but\u00a0: \u00ab\u00a0faire ressentir ce thriller comme une aventure du XXIe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;orchestre tapi dans l&rsquo;ombre est dirig\u00e9 par Zahia Ziouani. Les violons grin\u00e7ants nous plongent d\u00e8s le d\u00e9but du cin\u00e9-concert dans l&rsquo;ambiance inqui\u00e9tante du thriller. Le personnage \u00e9nigmatique et \u00e9ponyme de ce film semble \u00eatre fait pour d\u00e9ambuler dans les rues brumeuses de Londres. Est-il \u00e0 la recherche d&rsquo;une nouvelle victime\u00a0? C&rsquo;est ce que les moments intenses de silence ponctu\u00e9s du retour saisissant des cordes semblent sugg\u00e9rer. A l&rsquo;inverse, la touchante et na\u00efve fille des logeurs est envelopp\u00e9e d&rsquo;une m\u00e9lodie joyeuse au rythme enlev\u00e9 et simple. Elle est confiante et pourtant elle va rencontrer l&rsquo;amour et ses dangers. Quand il s&rsquo;agit d&rsquo;assister \u00e0 une sc\u00e8ne familiale et pour le moins anodine, l&rsquo;orchestre, par un artifice insolite, parvient \u00e0 nous faire entendre l&rsquo;eau bouillante et le feu cr\u00e9pitant du foyer. L&rsquo;harmonie entre le son et l&rsquo;image devient pr\u00e9gnante de sorte que le son vit par l&rsquo;image et l&rsquo;image par le son. Le mariage est r\u00e9ussi. Parce que l&rsquo;\u00e9criture musicale semble \u00eatre th\u00e9matique, chaque sc\u00e8ne, chaque personnage est associ\u00e9 \u00e0 un rythme, \u00e0 une m\u00e9lodie particuli\u00e8re qui permet au spectateur une compl\u00e8te identification. On tremble devant l&rsquo;\u00e9trange locataire, on aime avec la jeune premi\u00e8re, on s&#8217;emporte avec l&rsquo;enqu\u00eateur jaloux, on \u00e9pie avec les logeurs. Le film muet devient alors vivant et vibrant, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;orchestre est l\u00e0, devant la toile, imposant et pourtant effac\u00e9, d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre cin\u00e9matographique qu&rsquo;il accompagne et pourtant indispensable cr\u00e9ateur. Deux arts &#8211; l&rsquo;un musical, l&rsquo;autre cin\u00e9matographique &#8211; s&rsquo;\u00e9pousent et se portent l&rsquo;un l&rsquo;autre. Aussi, lorsque le g\u00e9n\u00e9rique de fin d\u00e9file, il est difficile de savoir qui remercier. Hitchcock pour son g\u00e9nie du septi\u00e8me art ou l&rsquo;orchestre pour son jeu admirable\u00a0? Peut-\u00eatre, est-ce parce que l&rsquo;orchestre lui-m\u00eame, ainsi qu&rsquo;Olivier P\u00e9nard, ont compris le g\u00e9nie d&rsquo;Hitchcock et l&rsquo;ont remerci\u00e9, que nous devons, nous spectateurs, remercier ceux qui ont su traduire la veine de ce cin\u00e9aste\u00a0? Le film muet n&rsquo;aura alors jamais \u00e9t\u00e9 plus parlant\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Charlotte Chomard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><i>The Lodger<\/i><b> en cin\u00e9-concert\u00a0: dans l&rsquo;antre du ma\u00eetre<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Retour aux origines. La Philharmonie de Paris pr\u00e9sente le premier film notoire d&rsquo;Alfred Hitchcock avec une partition originale d&rsquo;Olivier Penard. <i>The Lodger <\/i>(1926), ou <i>Boucles d&rsquo;Or<\/i> pour les franco-fran\u00e7ais, est l&rsquo;oeuvre muette oubli\u00e9e du ma\u00eetre du suspens qui pose pourtant les fondations de son style. Voici le compte-rendu d&rsquo;une exp\u00e9rience in\u00e9dite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>Un cin\u00e9-concert.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Bon, entre nous, je ne savais pas trop \u00e0 quoi m&rsquo;attendre. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 all\u00e9e au cin\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 all\u00e9e voir des concerts (et des tr\u00e8s bons). Mais les deux \u00e0 la fois? Jamais. Voil\u00e0 ce qui m&rsquo;a travers\u00e9 l&rsquo;esprit en arrivant devant l&rsquo;\u00e9minente Philharmonie de Paris. Assez vite, je me suis rendue compte qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait s\u00fbrement pas de pop-corn ni de m&amp;m&rsquo;s aux cacahu\u00e8tes. Jusque l\u00e0, tout se passait m\u00eame plut\u00f4t comme au th\u00e9\u00e2tre\u00a0: dans une salle grandiose, un ouvreur m&rsquo;a souri puis install\u00e9e en me tendant un livret avec le programme de la saison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Autour de moi, des chuchotements, des rires et tout ce qui compose l&rsquo;effervescence de l&rsquo;attente. Et enfin, apr\u00e8s quelques minutes, le silence des applaudissements. Le cort\u00e8ge de l&rsquo;orchestre, tout de noir drap\u00e9, \u00e9tait mont\u00e9 sur sc\u00e8ne, directement suivi du premier violon et de la chef d&rsquo;orchestre Zahia Ziouani. Impossible de rester insensible \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance de leur entr\u00e9e, au souffle de raffinement qui a soudainement empli la salle lorsque chacun des musiciens a pris son instrument \u00e0 bras le corps. J&rsquo;ai su d\u00e8s lors que quelque chose de beau, quelque chose de singulier allait se produire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>Coup d&rsquo;envoi.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les lumi\u00e8res tombent pour ne laisser que des liseuses, flottant dans l&rsquo;air, comme des libellules sur le parterre. Au-dessus, sur le rideau projecteur, apparaissent les premi\u00e8res images des cr\u00e9dits d&rsquo;ouverture de <i>The Lodger<\/i>. Imm\u00e9diatement, l&rsquo;orchestre retentit. Le cri des violons donne le ton et pr\u00e9figure le premier plan du film\u00a0: zoom sur le visage horrifi\u00e9 d&rsquo;une femme aux cheveux blonds, boucl\u00e9s, qui hurle de toute son \u00e2me. Autant dire que Hitchcock est un bon chauffeur de salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>L&rsquo;experience.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour \u00eatre honn\u00eate, j&rsquo;ai pass\u00e9 15 minutes \u00e0 me d\u00e9battre pour essayer d&rsquo;admirer l&rsquo;orchestre tout en suivant le film. Mais, en r\u00e9alit\u00e9, la magie de cette exp\u00e9rience r\u00e9sidait dans l&rsquo;harmonie entre l&rsquo;univers expressionniste captivant du drame \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran et la justesse de la partition d&rsquo;Olivier Penard. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en m&rsquo;abandonnant \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0Avenger\u00a0\u00bb, tueur en s\u00e9rie qui terrorise toute une ville en tuant ses jeunes boucles d&rsquo;or, que j&rsquo;ai pu appr\u00e9cier toutes les \u00e9motions que procure une telle puissance musicale en direct. Tiraill\u00e9s entre sexe et meurtre, entre mort et extase, les personnages acqui\u00e8rent une troisi\u00e8me dimension sous notre chair de poule et sous notre ou\u00efe combl\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si vous pensez que les baffles du cin\u00e9 ou de vos enceintes Beats envoient, essayez le cin\u00e9-concert, on fait difficilement mieux.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Lauren Stephan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le vendredi 2 f\u00e9vrier, l&rsquo;univers hitchcockien s&rsquo;est empar\u00e9 de la Philharmonie de Paris avec le cin\u00e9-concert \u00ab\u00a0The Lodger\u00a0\u00bb, premier film du cycle consacr\u00e9 au r\u00e9alisateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce film est une adaptation du roman \u00e9ponyme de Marie Belloc Lowndes (Un \u00e9trange locataire en fran\u00e7ais).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Alors que l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0Avenger\u00a0\u00bb, un tueur en s\u00e9rie s\u00e9vit dans les rues de Londres s&rsquo;attaquant aux jeunes filles blondes, dans le style de Jack l&rsquo;Eventreur, les Bunting h\u00e9bergent un myst\u00e9rieux locataire. Leur fille, la blonde Daisy, s&rsquo;\u00e9prend de ce myst\u00e9rieux homme. Joe, son compagnon, est jaloux et suspecte cet \u00e9tranger d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;Avenger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The Lodger est un film muet peut-\u00eatre un peu plus m\u00e9connu dans la carri\u00e8re d&rsquo;Hitchcock mais il n&rsquo;en reste pas moins important. Il marque en effet un tournant dans la carri\u00e8re du r\u00e9alisateur qui le consid\u00e9rait lui-m\u00eame comme son premier vrai film, pr\u00e9mices de ses futurs classiques (<i>Psychose<\/i>, <i>Vertigo<\/i>&#8230;). On retrouve notamment des sc\u00e8nes film\u00e9es dans une cage d&rsquo;escalier bien avant la sc\u00e8ne culte de <i>Vertigo<\/i>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Hitchcock pose donc ici les bases de son style si particulier avec un suspens interminable, le tout sur fond d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance et de raffinement. Tout le long du film, ce myst\u00e9rieux locataire devient \u00e0 nos yeux tant\u00f4t tueur en s\u00e9rie sanguinaire tant\u00f4t victime impuissante d&rsquo;une erreur judiciaire. Il est int\u00e9ressant de relever que la psychologie des personnages est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&rsquo;action. En effet, le film se passe la plupart du temps en huis-clos et Hitchcock se penche surtout sur les relations entre les hommes et la m\u00e9fiance qui r\u00e8gne entre eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans ce film muet, la musique est plus que jamais pr\u00e9sente. Elle est une composante \u00e0 part enti\u00e8re du film. La musique est ici adapt\u00e9e avec une nouvelle partition cr\u00e9\u00e9e par le compositeur Olivier Penard. Elle s&rsquo;ajuste parfaitement au film et \u00e0 l&rsquo;intrigue. Un vent de modernit\u00e9 souffle sur ce film et permet de le faire d\u00e9couvrir \u00e0 un autre public que celui amateur de films muets. La musique est d&rsquo;autant plus d\u00e9tonante qu\u2019elle est interpr\u00e9t\u00e9e en <i>live<\/i> par un orchestre talentueux. L&rsquo;\u00e9motion est l\u00e0, elle r\u00e9sonne en nous au rythme des instruments.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mention sp\u00e9ciale pour la sc\u00e8ne finale qui monte crescendo, renfor\u00e7ant le suspens jusqu&rsquo;au bout. Olivier Penard voulait \u00ab <i>faire ressentir ce thriller comme une aventure du XXIe si\u00e8cle<\/i>\u00a0\u00bb, pari r\u00e9ussi\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Sofia Papon<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">R\u00e9alis\u00e9 en 1926, sorti en 1927, <i>The Lodger<\/i> est consid\u00e9r\u00e9 par Alfred Hitchcock comme son v\u00e9ritable premier film. La Philharmonie nous a propos\u00e9 le vendredi 2 f\u00e9vrier de faire revivre durant un peu plus d&rsquo;une heure ce film muet lors d&rsquo;un cin\u00e9-concert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Attardons-nous d&rsquo;abord sur l&rsquo;intrigue du film. Dans le Londres brumeux des ann\u00e9es 1920, un tueur en s\u00e9rie paralyse la vie, en laissant sur chaque crime une signature. Les victimes sont des jeunes femmes aux cheveux blonds. Un homme myst\u00e9rieux, pr\u00eat\u00e9 par les traits du saisissant Ivor Novello, se pr\u00e9sente pour louer une chambre chez M. et Mrs Bunting. Leur fille Daisy s&rsquo;\u00e9prend de l&rsquo;\u00e9trange locataire. Joe, le petit ami de Daisy, est le d\u00e9tective charg\u00e9 de l&rsquo;affaire. Peu \u00e0 peu, tous, except\u00e9 Daisy, le soup\u00e7onnent d&rsquo;\u00eatre le meurtrier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ivor Novello, acteur star du moment, surprend et impressionne par son charisme. Le film n&rsquo;a certes pas encore toutes les qualit\u00e9s que l&rsquo;on trouve post\u00e9rieurement dans <i>Vertigo<\/i> ou dans <i>Psychose<\/i>, mais il pose les bases du polar hitchcockien : faux coupable, gros plans, tension et angoisse emprisonnant le spectateur au fur et \u00e0 mesure du film, etc&#8230; Ce n&rsquo;est pas tant la d\u00e9couverte du coupable qui est le sujet principal de l&rsquo;intrigue, mais la mani\u00e8re dont un homme \u00e9tranger et \u00e9nigmatique bouleverse la vie d&rsquo;une famille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chose surprenante, la musique jou\u00e9e par l&rsquo;orchestre symphonique et dirig\u00e9e par la fabuleuse Zahia Ziouani n&rsquo;est pas la musique originale. Elle a en effet \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e il y a peu par le compositeur fran\u00e7ais Olivier Penard. Les angles de vue adopt\u00e9s sont diff\u00e9rents en fonction des sc\u00e8nes. Les solistes sont privil\u00e9gi\u00e9s dans les sc\u00e8nes d&rsquo;int\u00e9rieur, le gramophone imaginaire (imit\u00e9 par les cuivres) installe une atmosph\u00e8re inqui\u00e9tante. Les bruitages, comme la chute du p\u00e8re de Daisy sont r\u00e9alis\u00e9s par des instruments. Au contraire, les sc\u00e8nes d&rsquo;ext\u00e9rieur o\u00f9 la musique s&rsquo;intensifie d\u00e9cuplent la tension chez le spectateur. Les \u00e9motions sont intensifi\u00e9es par un m\u00e9canisme inconscient et le spectateur sait d&rsquo;instinct que les sc\u00e8nes \u00e0 venir seront difficiles. Tel est le cas pour la sc\u00e8ne finale o\u00f9 la foule lynche et \u00e9crase le locataire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, la force de l&rsquo;orchestre prend parfois le pas sur les actions du film. Certaines sc\u00e8nes ont une force d\u00e9cupl\u00e9e par les instruments alors qu&rsquo;il ne devrait pas y avoir \u00e0 mon sens une telle tension. Par ailleurs, Olivier Penard prend \u00e9galement le parti pris de l&rsquo;anachronisme. Celui-ci fonctionne bien dans certains cas, telles les sc\u00e8nes rythm\u00e9es par du jazz. Mais il contraste parfois trop avec l&rsquo;ambiance du film. Les d\u00e9fil\u00e9s de mode sous les rythmes sourds des bo\u00eetes de nuit actuelles d\u00e9rangent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En conclusion, le cin\u00e9-concert donne une chance aux films anciens de renaitre lors d&rsquo;une s\u00e9ance. L&rsquo;espace visuel d\u00e9cupl\u00e9 par le son intensifie les sc\u00e8nes tragiques, installe une atmosph\u00e8re inqui\u00e9tante et rend po\u00e9tique l&rsquo;amour naissant entre Daisy et le locataire. Le croisement entre image et son, entre musique moderne et ancienne, font de <i>The Lodger<\/i> un film intemporel que l&rsquo;on d\u00e9couvre ou red\u00e9couvre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Fanny Roilette<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le cin\u00e9-concert <i>The Lodger<\/i>, film d&rsquo;Hitchcock de 1927, reprend avec une particuli\u00e8re pertinence les ressors du cin\u00e9ma de cet immense r\u00e9alisateur. De fait, l&rsquo;orchestration propos\u00e9e par Olivier Penard \u00e0 l&rsquo;orchestre symphonique Divertimento dirig\u00e9 avec brio par Zahia Ziouani \u00e0 la Philharmonie de Paris, nous replonge avec succ\u00e8s dans l&rsquo;ambiance du film originel, recr\u00e9ant l&rsquo;atmosph\u00e8re d&rsquo;un vieux Londres brumeux s&rsquo;agitant avec v\u00e9h\u00e9mence autour de l&rsquo;annonce d&rsquo;une cascade de meurtres perp\u00e9tr\u00e9s sur de jeunes filles blondes et ce, alors m\u00eame qu&rsquo;un \u00e9trange locataire se propose de louer une chambre et que la fille des propri\u00e9taires, jeune femme blonde, s&rsquo;\u00e9prend doucement de ce myst\u00e9rieux inconnu. Ainsi, le film, rythm\u00e9 par un m\u00e9lange subtil des styles musicaux, entraine le spectateur \u00e0 sa suite dans ce thriller haletant m\u00ealant jalousie et enqu\u00eate polici\u00e8re, annon\u00e7ant d\u00e8s 1927 nombre de th\u00e8mes du cin\u00e9ma Hitchcockien \u00e0 venir. Le spectateur est happ\u00e9 par ce superbe m\u00e9lange des styles, se balan\u00e7ant de courts instants \u00e0 un jazz entrainant, reprenant sa respiration au gr\u00e9 de valses subtiles et la retenant dans les moments \u00ab\u00a0d&rsquo;acidit\u00e9 atonale\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0rythmes sourds\u00a0\u00bb d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, Olivier Penard tentant de \u00ab\u00a0faire ressentir ce thriller comme une aventure du XXI \u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb. En cela, l&rsquo;orchestration est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante\u00a0: la repr\u00e9sentation m\u00eale avec une tr\u00e8s grande pr\u00e9cision les diff\u00e9rents rythmes du film et de l&rsquo;orchestre, ce dernier appuyant chaque moment fort, chaque tension, chaque bouleversement avec une justesse naturelle. Cette repr\u00e9sentation visant avant tout \u00e0 divertir les spectateurs en les happant dans une aventure pleine de suspens atteint son but avec pertinence au vu des r\u00e9actions de certaines personnes, si happ\u00e9es par l&rsquo;aventure orchestrale que le sursaut, pr\u00e9visible, se fait tout de m\u00eame sentir ou que les traits d&rsquo;humour, soulign\u00e9s avec justesse et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 par les flutes par exemple, provoquent sourires et m\u00eame petits rires dans l&rsquo;assembl\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, cette repr\u00e9sentation orchestrale d&rsquo;un chef d&rsquo;\u0153uvre du septi\u00e8me art donne \u00e0 voir avec brio une atmosph\u00e8re unique que l&rsquo;orchestre rend et interpr\u00e8te avec originalit\u00e9, \u00e0 la perfection.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Adrian Ricouart<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Arriv\u00e9e dans la pr\u00e9cipitation&#8230; Le temps de se faufiler dans le noir jusqu&rsquo;\u00e0 une place et de s&rsquo;assoir un peu au hasard, les premiers \u00e9clats de musique et d&rsquo;images fendent d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;espace de la Philharmonie. Je ne sais o\u00f9 donner de la t\u00eate, le spectacle se d\u00e9roule \u00e0 la fois sur l&rsquo;\u00e9cran et dans la fosse d&rsquo;orchestre. Il faut dire que la formation n&rsquo;est pas des moindres\u00a0: l&rsquo;Orchestre Symphonique Divertimento, dirig\u00e9 par l&rsquo;\u00e9nergique Zahia Ziouani, rassemble ce soir plus de cinquante musiciens. Le cin\u00e9-concert a cela de singulier\u00a0; si l&rsquo;on ne veut rien rater, il faut garder ses sens en alerte. Je regrette presque de ne pas avoir d\u00e9j\u00e0 vu <i>The Lodger<\/i> pour pouvoir \u00eatre plus attentive au travail de composition d&rsquo;Olivier Penard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, la musique n&rsquo;est pas un accompagnement de fond, comblant le silence, ou un simple syst\u00e8me de bruitage illustratif. On pourrait imaginer que les instruments se taisent&#8230; Alors, la tension retombe, la puissance \u00e9motionnelle qui nous tient en haleine s&rsquo;affaiblit. La musique est comme un acteur suppl\u00e9mentaire, un \u00e9l\u00e9ment de sens battant le rythme du thriller savamment ficel\u00e9 d&rsquo;Hitchcock. Alors que le \u00ab\u00a0Vengeur\u00a0\u00bb, rappelant Jack l&rsquo;Eventreur, s\u00e8me la terreur dans Londres en assassinant des jeunes filles \u00ab\u00a0aux cheveux d&rsquo;or\u00a0\u00bb, un h\u00f4te myst\u00e9rieux s&rsquo;installe chez les Buting. Daisy, leur fille, est attir\u00e9e par cet \u00e9trange locataire qui \u00e9veille la suspicion du reste de la maison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par moment, la musique accompagne l&rsquo;image de mani\u00e8re presque naturelle, elle para\u00eet une \u00e9vidence. Chaque fois qu&rsquo;un personnage d\u00e9vale l&rsquo;escalier, son mouvement est accompagn\u00e9 de glissandi au violon, qui donnent une impression de descente pr\u00e9cipit\u00e9e, de chute et laissent pr\u00e9sager le danger qui l&rsquo;attend en bas, au dehors. La musique participe, de plus, \u00e0 la construction de l\u2019ethos des personnages\u00a0: l&rsquo;innocence et l&rsquo;insouciance de Daisy sont soulign\u00e9es par des musiques entra\u00eenantes et l\u00e9g\u00e8res, quand ce sont des violons inqui\u00e9tants qui entourent les apparitions du locataire. Les m\u00e9lodies animent les regards, font trembler les acteurs et le public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sans modifier le sens du film, l&rsquo;orchestration ouvre de nouvelles perspectives. Olivier Penard cherche \u00e0 nous le faire \u00ab\u00a0ressentir comme un thriller du XXI\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb. En effet, il se permet des m\u00e9langes de styles tout \u00e0 fait inattendus&#8230; Encore une raison de perdre d\u00e9licieusement ses rep\u00e8res\u00a0! Les musiques se superposent\u00a0; rebondissent \u00e0 nos oreilles un jazz tr\u00e8s moderne, accompagn\u00e9 de basses puissantes, puis des valses fan\u00e9es et troubles, \u00e9chos des faubourgs du Londres des ann\u00e9es vingt. Quand on s&rsquo;y attend le moins, les violons inquiets laissent place \u00e0 des cuivres agressifs, lors des mouvements de foules. Le trouble de la nuit londonienne est aussi celui d&rsquo;une musique sourde et du doute sur l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nigmatique h\u00f4te, qui vacille dans notre esprit entre innocence et culpabilit\u00e9 tout au long du spectacle.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">L\u00e9na Le Vagueresse<\/h6>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<pre style=\"text-align: justify\">Photographie :\u00a0Christophe Fillieule<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Cin\u00e9-Concert | Philharmonie de Paris | En savoir plus La Philharmonie de Paris a d\u00e9cid\u00e9 de rendre hommage au g\u00e9nie hitchcockien le temps d&rsquo;un week-end, du 2 au 4 f\u00e9vrier dernier. Pour ouvrir le bal, The Lodger, un thriller muet r\u00e9alis\u00e9 en 1927. 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