{"id":10767,"date":"2018-02-07T19:30:25","date_gmt":"2018-02-07T18:30:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10767"},"modified":"2018-02-07T19:30:25","modified_gmt":"2018-02-07T18:30:25","slug":"barbier-de-seville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10767","title":{"rendered":"Le barbier de S\u00e9ville"},"content":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra | Op\u00e9ra national de Paris | <a href=\"https:\/\/www.operadeparis.fr\/saison-17-18\/opera\/le-barbier-de-seville\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">A l&rsquo;op\u00e9ra Bastille, le mercredi 7 f\u00e9vrier, alors qu&rsquo;une apocalypse hivernale ravageait les arrondissements parisiens, l&rsquo;orchestre et le ch\u0153ur de l&rsquo;op\u00e9ra national de Paris jouaient le <i>Barbier de S\u00e9ville.<\/i> Cette pi\u00e8ce de Gioacchino Rossini, fameuse illustration de l&rsquo;op\u00e9ra bouffe italien, est inspir\u00e9e de l&rsquo;intrigue du <i>Barbier de S\u00e9ville ou la Pr\u00e9caution inutile<\/i>, com\u00e9die tout aussi c\u00e9l\u00e8bre de Beaumarchais. Souvenez-vous\u00a0: le comte Almaviva aime Rosina. Rosina aime le comte. H\u00e9las le tuteur de la jeune fille veut l&rsquo;\u00e9pouser\u00a0! Intervient alors Figaro, et gr\u00e2ce \u00e0 ses fins conseils, apr\u00e8s bien des p\u00e9rip\u00e9ties, les jeunes gens finissent par se marier. Voil\u00e0 en quelques mots la substance narrative pr\u00e9sent\u00e9e. Mais qu&rsquo;en est-il de la musique ? Cet op\u00e9ra contient un certains nombres d&rsquo;airs parmi les plus populaires de la musique classique, et pour ne citer qu&rsquo;un exemple, rappelez-vous de cette cavatine de Figaro, <i>Largo al factotum<\/i>, grande partition du r\u00e9pertoire de baryton, o\u00f9 les s\u00e9ries de \u00ab\u00a0Figaro figaro figaro\u00a0\u00bb en croches exigent virtuosit\u00e9 et ma\u00eetrise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e9j\u00e0 repr\u00e9sent\u00e9e de nombreuses fois, l&rsquo;\u0153uvre \u00e9tait pour cette saison mise en sc\u00e8ne par Damiano Michieletto, l&rsquo;un des plus prometteurs metteurs en sc\u00e8ne de la jeune g\u00e9n\u00e9ration italienne. Et en effet, en quelques ann\u00e9es, il a mont\u00e9 des pi\u00e8ces reconnues et ambitieuses telles <i>L&rsquo;enl\u00e8vement au s\u00e9rail<\/i> et <i>La fl\u00fbte enchant\u00e9e<\/i>. Mais revenons au <i>Barbier de <\/i>S\u00e9ville. Pour ce spectacle, la mise en sc\u00e8ne s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre extraordinaire. Le rideau se l\u00e8ve et une rue de l&rsquo;Espagne contemporaine appara\u00eet sous nos yeux. Les n\u00e9ons d&rsquo;un bar saturent le c\u00f4t\u00e9 jardin. Une voiture bleue \u00e9lectrique tr\u00f4ne au centre de la sc\u00e8ne. Mais l&rsquo;incroyable ne s&rsquo;arr\u00eate pas l\u00e0. L&rsquo;\u00e9tonnement du spectateur va aller crescendo\u00a0: la maison centrale se trouve \u00eatre construite sur une plaque tournante qui lui permet de d\u00e9voiler son int\u00e9rieur. De plus, \u00e0 cette mise en sc\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 spectaculaire, Damiano Michieletto ajoute des jeux de lumi\u00e8re symboliques\u00a0: au vert la jalousie, \u00e0 l&rsquo;aurore des lampadaires les premiers \u00e9mois, aux lumi\u00e8res tourbillonnantes l&#8217;emportement, etc. Le trop est fr\u00f4l\u00e9, mais \u00e9vit\u00e9 de justesse. C&rsquo;est en tout cas au c\u0153ur de cette sc\u00e8ne mouvante que les chanteurs vont laisser libre cour \u00e0 leur talent. Et avec plaisir, nous (r\u00e9)\u00e9coutons ces airs l\u00e9gers et plaisants dont les diverses interpr\u00e9tations sont \u00e0 saluer\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Capucine Zgraja<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Qui ne conna\u00eet pas le chef-d&rsquo;\u0153uvre de Rossini <i>Il Barbiere di Siviglia<\/i>, op\u00e9ra en deux actes, cr\u00e9\u00e9e en 1816\u00a0? L&rsquo;histoire est simple\u00a0: Le Conte Almaviva tombe follement amoureux de la jolie Rosine, enferm\u00e9e jalousement dans sa maison par son tuteur Bartholo, un vrai m\u00e9chant qui veut l&rsquo;\u00e9pouser dans les jours qui viennent. Heureusement que Figaro, le barbier rus\u00e9 du coin, conna\u00eet non seulement la vie intime de toutes les personnes du quartier, mais aussi les trucs et astuces dont le Conte a besoin pour conqu\u00e9rir le c\u0153ur de sa bien-aim\u00e9e. Un jeu comique de duperie, de travestissement et de quiproquo \u00e0 la Moli\u00e8re commence. A la fin, le vilain tuteur, tromp\u00e9 par la mascarade, quitte furieusement la sc\u00e8ne o\u00f9 les amoureux f\u00eatent leurs noces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Fan de mises en sc\u00e8nes plut\u00f4t traditionnelles et classiques, j&rsquo;\u00e9tais tout d&rsquo;abord sceptique quand le rideau \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille se leva et d\u00e9roba des fa\u00e7ades d&rsquo;immeuble assez miteuses, couvertes de graffitis et d&rsquo;affiches publicitaires. Debout sur une voiture gar\u00e9e sous le balcon au milieu, le Conte Almaviva, en short et en veste de sport, d\u00e9clara son amour par des r\u00e9pliques savoureuses qui firent danser la patronne d&rsquo;un bistro qui, selon les inscriptions sur le store, vend des tapas et des glaces. Les voisins se rassemblaient sur leurs balcons tandis qu&rsquo;un groupe de musiciens de rue feignait de mani\u00e8re clownesque d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine des sons m\u00e9lodieux de l&rsquo;orchestre. Mais soudain, les fa\u00e7ades commenc\u00e8rent \u00e0 se retourner et laiss\u00e8rent entrevoir l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;immeuble, riche en d\u00e9tails et amoureusement d\u00e9cor\u00e9. D\u00e8s lors, nous, les spectateurs, pouvions observer les protagonistes lors de leurs tentatives et de leurs \u00e9checs, les regarder jouer \u00e0 cache-cache, claquer les portes, se passer en secret des lettres d&rsquo;amours&#8230; Et en m\u00eame temps, on pouvait suivre le va-et-vient dans le hall, le travail du concierge, la vie intime de la voisine d&rsquo;au-dessus&#8230; Ce jeu dynamique de simultan\u00e9it\u00e9 parv\u00eent parfaitement \u00e0 mettre en valeur la musique envo\u00fbtante de Rossini, tout en transmettant l&rsquo;op\u00e9ra dans un contexte contemporain vif et comique. Le metteur en sc\u00e8ne <a href=\"https:\/\/www.operadeparis.fr\/artistes\/damiano-michieletto\">Damiano Michieletto<\/a> a cr\u00e9\u00e9 un spectacle si captivant que je n&rsquo;ai pas vu passer les 3h20 de spectacle. Depuis le balcon o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais plac\u00e9e, j&rsquo;avais non seulement une vue sur toute la sc\u00e8ne, mais aussi sur les musiciens de l&rsquo;orchestre. Quelle belle exp\u00e9rience\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Annika Rasch<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Si la premi\u00e8re du <i>Barbier de S\u00e9ville <\/i>\u00ab <i>Il Barbiere di Siviglia <\/i>\u00bb au Teatro Argentina \u00e0 Rome le 20 f\u00e9vrier 1816 fut une catastrophe pour Rossini, hu\u00e9 et moqu\u00e9 par la foule ; son op\u00e9ra s\u2019est pourtant impos\u00e9 comme l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres et acclam\u00e9s, consid\u00e9r\u00e9 comme le chef d\u2019oeuvre du genre Buffa.<br \/>\nEt il y\u2019a du monde en cette soir\u00e9e du mercredi 7 f\u00e9vrier \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Bastille pour lui rendre hommage, un classique trouve toujours son public, qu\u2019il soit amateur d\u2019innovation ou de traditionnel ; et l\u2019Opera national de Paris sait bien le contenter ici avec une mise en sc\u00e8ne de Damiano Michieletto aussi efficace qu\u2019audacieuse.<br \/>\nC\u2019est en effet une t\u00e2che ardue que de s\u2019attaquer \u00e0 ce monument, inspir\u00e9 de la pi\u00e8ce \u00e9ponyme de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Pourtant Damiano Michieletto arrive avec brio \u00e0 relater les d\u00e9boires du Comte Almaviva et de son fid\u00e8le Figaro pour parvenir \u00e0 \u00e9pouser Rosine ; en d\u00e9pit des manigances de Bartolo, son tuteur, et de Basilio son ma\u00eetre de musique qui esp\u00e8re lui aussi l\u2019\u00e9pouser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Loin de sombrer dans une course \u00e0 l\u2019iconoclasme, la mise en sc\u00e8ne parvient toutefois \u00e0 rendre hommage au classique tout en lui offrant une nouvelle fraicheur : on ne d\u00e9nature pas l\u2019oeuvre, on la met en valeur en la transposant dans un S\u00e9ville contemporain, un peu \u00ab grunge \u00bb, qui d\u00e9tonne avec le chant lyrique, accentuant le comique de l\u2019Op\u00e9ra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9cor tapageur de Paolo Fantin se met au service de cette vision d\u00e9jant\u00e9e de l\u2019oeuvre au rythme effr\u00e9n\u00e9, avec ce plateau tournant qui met \u00e0 l\u2019honneur cette \u00ab tranche de vie \u00bb : la d\u00e9coupe d\u2019un immeuble dans ses appartements qui voit se succ\u00e9der les protagonistes avec une \u00e9nergie folle. Finalement, il en faut peu pour d\u00e9poussi\u00e9rer une oeuvre aussi monumentale soit-elle. L\u2019interpr\u00e9tation aur\u00e9ol\u00e9e de grands noms tels que le T\u00e9nor Ren\u00e9 Barbera en comte Almaviva, ou Olga Kulchynska \u2014 qui voit sa carri\u00e8re exploser depuis 2015 \u2014 en Rosine, reste en finesse et ne tombe jamais dans la caricature ou le ridicule. Le public est r\u00e9ceptif au dynamisme de la production, ainsi son rire sonne r\u00e9guli\u00e8rement dans l\u2019immensit\u00e9 de Bastille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette nouvelle interpr\u00e9tation du Barbier de S\u00e9ville devrait donc ravir aussi bien les connaisseurs, que les curieux qui s\u2019initient \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra, offrant \u00e0 la fois modernit\u00e9 et classicisme pour lui rendre hommage de la meilleure des mani\u00e8res. Qui a dit que l\u2019on devait n\u00e9cessairement r\u00e9inventer les classiques sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019iconoclasme contemporain ? Une touche subtile de modernit\u00e9 suffit parfois \u00e0 contenter le public, sans muter l\u2019oeuvre en profondeur. Apr\u00e8s tout, un classique qui traverse le temps n\u2019a plus rien \u00e0 prouver, c\u2019est bien pour \u00e7a qu\u2019on l\u2019appr\u00e9cie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Audrey Masclaphier<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le c\u00e9l\u00e9brissime op\u00e9ra de Gioacchino Rossini <i>Le Barbier de S\u00e9ville<\/i> d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;histoire de Beaumarchais \u00e9tait de retour \u00e0 Paris, \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille avec une mise en sc\u00e8ne de Damiano Michieletto, et dans les r\u00f4les-cl\u00e9s Florian Sempey en Figaro, Ren\u00e9 Barbera en comte d&rsquo;Almaviva, et Olga Kulchynska en Rosina. L&rsquo;histoire prend place \u00e0 S\u00e9ville, et raconte le comte amoureux de Rosina, la pupille du terrible docteur Bartolo, qui compte \u00e9pouser cette derni\u00e8re. Pour l&rsquo;aider \u00e0 capturer sa soupirante, le comte fait appel \u00e0 Figaro, c\u00e9l\u00e8bre barbier que tout le monde conna\u00eet, qui est au courant de tous les derniers potins de S\u00e9ville, et qui fera en sorte d&rsquo;utiliser \u00e0 bon escient sa malice afin de finalement r\u00e9unir les deux amants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne reproduit S\u00e9ville des ann\u00e9es 80 ou 90\u00a0: des b\u00e2timents vieillis, de la publicit\u00e9 aux murs, un bar\/snack. Et surtout du monde, beaucoup de monde et toujours du monde. Il y a constamment trois ou quatre figurants sur sc\u00e8ne, des corps en mouvements, qui lisent le journal, s&rsquo;en vont boire une bi\u00e8re, discutent entre copines\u00a0: ainsi, bien que tous les d\u00e9placements soient parfaitement \u00e9tudi\u00e9s, ils paraissent tr\u00e8s naturels, du fait de la banalit\u00e9 de leurs actions. De plus, l&rsquo;immeuble central est con\u00e7u sur un plateau tournant qui quand il se retourne fait appara\u00eetre l&rsquo;int\u00e9rieur des appartements et l&rsquo;on peut distinguer la maison de Bartolo et de Rosina. Les d\u00e9placements entre l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;immeuble et l&rsquo;ext\u00e9rieur sont donc tr\u00e8s fluides et agr\u00e9ables \u00e0 regarder.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout ceci fait, et c&rsquo;est le gros point fort du Barbier de S\u00e9ville version Michieletto, que l&rsquo;on ne s&rsquo;ennuie \u00e0 aucun moment. La sc\u00e8ne constamment en mouvement accroche le regard du spectateur, et l&rsquo;on est plong\u00e9s dans ce S\u00e9ville qui para\u00eet tr\u00e8s banal et parfait en m\u00eame temps. Ceci \u00e9tant renforc\u00e9 par le fait que la premi\u00e8re partie est plus longue que celle apr\u00e8s l&rsquo;entracte, habituellement plus sujette \u00e0 l&rsquo;endormissement du spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les costumes suivent donc l&rsquo;\u00e9poque repr\u00e9sent\u00e9e sur la mise en sc\u00e8ne\u00a0: des costumes plut\u00f4t modernes, des habits d&rsquo;\u00e9t\u00e9 classiques. Le comte en jogging au d\u00e9but de l&rsquo;op\u00e9ra permet de mieux l&rsquo;int\u00e9grer dans l&rsquo;\u00e9poque. Figaro, dans son costume rose p\u00e2le et ses grands mouvements incarne un chenapan typiquement latin. Rosina est habill\u00e9e en adolescente r\u00e9volt\u00e9e\u00a0: sa robe gothique et ses collants fantaisies, ainsi que sa chambre d&rsquo;adolescente typique font d&rsquo;elles une jeune femme non pas passive comme elle a pu \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e ou m\u00eame telle qu\u2019elle est d\u00e9peinte dans les paroles de l&rsquo;op\u00e9ra, mais franchement d\u00e9sireuse d&rsquo;\u00eatre ma\u00eetresse de ses choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le public en sort enchant\u00e9, charm\u00e9 par ce condens\u00e9 de dr\u00f4leries et de bonne humeur. Enchant\u00e9 aussi par la musique, gr\u00e2ce \u00e0 des interpr\u00e8tes brillants et un orchestre de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris toujours excellent. D&rsquo;exp\u00e9rience, je n&rsquo;ai jamais vu un op\u00e9ra aussi entrecoup\u00e9 d&rsquo;applaudissement\u00a0: habituellement \u00e0 la fin de chaque acte, ils \u00e9taient ici pr\u00e9sents presque \u00e0 la fin de chaque air.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Maya Abdelwahab<\/h6>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<pre>Photo :\u00a0Bernard Coutant<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Op\u00e9ra | Op\u00e9ra national de Paris | En savoir plus A l&rsquo;op\u00e9ra Bastille, le mercredi 7 f\u00e9vrier, alors qu&rsquo;une apocalypse hivernale ravageait les arrondissements parisiens, l&rsquo;orchestre et le ch\u0153ur de l&rsquo;op\u00e9ra national de Paris jouaient le Barbier de S\u00e9ville. 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