{"id":10832,"date":"2018-02-20T20:00:56","date_gmt":"2018-02-20T19:00:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10832"},"modified":"2018-02-20T20:00:56","modified_gmt":"2018-02-20T19:00:56","slug":"oneguine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10832","title":{"rendered":"On\u00e9guine"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Op\u00e9ra national de Paris | <a href=\"https:\/\/www.operadeparis.fr\/saison-17-18\/ballet\/oneguine\">En savoir plus\u00a0<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Quand je n&rsquo;ai plus d&rsquo;honneur, il n&rsquo;existe plus d&rsquo;honneur.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques vers du roman de Pouchkine qui apparaissent \u00e0 chaque lever de rideau du ballet <i>On\u00e9guine,<\/i> donn\u00e9 au Palais Garnier, et qui en r\u00e9sument bien la teneur dramatique. Le ballet du chor\u00e9graphe John Cranko garde du roman de Pouchkine les sc\u00e8nes principales, permettant d&rsquo;en retracer l&rsquo;histoire : Tatiana tombe amoureuse d&rsquo;On\u00e9guine qui la rejette et pr\u00e9f\u00e8re s\u00e9duire sa soeur Olga. Seulement, Olga est d\u00e9j\u00e0 promise \u00e0 Lenski, un ami d&rsquo;On\u00e9guine. Lenski va donc provoquer On\u00e9guine en duel et \u00eatre tu\u00e9. Plusieurs ann\u00e9es plus tard, c&rsquo;est au tour d&rsquo;On\u00e9guine, qui ne se remet pas d&rsquo;avoir tu\u00e9 son ami, de tomber amoureux de Tatiana. Tatiana avoue \u00eatre toujours \u00e9prise de lui, mais promet de rester fid\u00e8le \u00e0 son mari et le rejette. On assiste alors au d\u00e9chirement des deux personnages qui ont \u00e9t\u00e9 si pr\u00e8s du bonheur, mais qui l&rsquo;ont \u00e0 jamais perdu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet de Cranko, si bien construit, restitue \u00e0 merveille la profondeur du drame de Pouchkine. La capacit\u00e9 du chor\u00e9graphe sud-africain \u00e0 faire sentir \u00e0 travers les mouvements dans\u00e9s toute la trame narrative et \u00e0 restituer des dialogues et des \u00e9motions par les simples gestes est absolument remarquable dans ce ballet. Les danseurs qui apparaissent entre chaque tableau devant le rideau, donnent la sensation d&rsquo;incarner des personnages qui existent au-del\u00e0 du ballet. C&rsquo;est presque une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qui se joue devant nous, o\u00f9 les paroles sont remplac\u00e9es par la gr\u00e2ce des mouvements des danseurs et la beaut\u00e9 de la musique de Tchaikovsky.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique du ballet est une v\u00e9ritable compilation d&rsquo;oeuvres de Tchaikovsky. On trouve quelques extraits d&rsquo;oeuvres orchestrales, mais ce sont essentiellement des pi\u00e8ces pour piano d&rsquo;\u00e9poques et de recueils diff\u00e9rents qui ont \u00e9t\u00e9 choisies, orchestr\u00e9es par Kurt-Heinz Stolze. L&rsquo;orchestration de Stolze est d&rsquo;ailleurs parfois surprenante, notamment dans l&rsquo;utilisation de timbres inattendus (principalement aux cuivres), qui contraste avec l&rsquo;orchestration habituelle du compositeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les costumes et les d\u00e9cors de J\u00fcrgen Rose sont d&rsquo;\u00e9poque : ils nous plongent dans la Russie du XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle. Si cela participe \u00e0 cr\u00e9er un climat de douce f\u00e9\u00e9rie, ce souci d&rsquo;authenticit\u00e9 est un peu aga\u00e7ant. On aimerait peut-\u00eatre des d\u00e9cors plus fouill\u00e9s, dont la puissance expressive serait plus adapt\u00e9e et plus forte aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9cors sont tout de m\u00eame tr\u00e8s beaux et les costumes somptueux. Tout cela associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;immense qualit\u00e9 des danseurs fait de ce ballet l&rsquo;occasion de passer un moment hors du temps, dont la beaut\u00e9 ravit l&rsquo;imagination et les sens.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Simon Chauvir\u00e9<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>On\u00e9guine<\/i> ne fait pas partie des ballets que les amateurs de danse classique ont l&rsquo;habitude de c\u00f4toyer. Il a toutefois une place l\u00e9gitime au c\u0153ur de la programmation de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier, entre les <i>Lac des Cygnes<\/i> et autres <i>Rom\u00e9o et Juliette<\/i>. Si le spectateur pense se confronter \u00e0 une histoire d&rsquo;amour, les th\u00e8mes du d\u00e9sir, de la tentation et de la passion s&rsquo;imposent finalement au c\u0153ur du spectacle\u00a0: On\u00e9guine m\u00e9prise Tatiana qui a succomb\u00e9 \u00e0 son charme, choisit de courtiser sa s\u0153ur, Olga, promise \u00e0 un autre et, plusieurs ann\u00e9es plus tard, finit par \u00eatre rejet\u00e9 par Tatiana alors qu&rsquo;il regrette de l&rsquo;avoir \u00e9conduite auparavant et essaye de la d\u00e9tourner de son mari.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne du ballet fonctionne magiquement et plonge le public dans l&rsquo;univers aristocratique russe tr\u00e8s efficacement. Les d\u00e9cors, \u00e0 la fois sobres et pr\u00e9cis, permettent de se repr\u00e9senter les lieux et d&rsquo;y laisser s&rsquo;\u00e9panouir notre imagination. De plus, les changements entre les sc\u00e8nes restent tr\u00e8s po\u00e9tiques et oniriques de par l&rsquo;utilisation du devant de la sc\u00e8ne et du rideau, seule toile de fond. Les costumes s&rsquo;\u00e9loignent des classiques collants masculins et tutus-plateau f\u00e9minins pour aller vers d\u2019\u00e9l\u00e9gants costumes d&rsquo;aristocrates et des robes vaporeuses dont le tulle r\u00e9pond merveilleusement bien \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des mouvements. Enfin, les nombreux changements de costumes, qui pourraient perturber un spectateur habitu\u00e9 \u00e0 identifier le personnage \u00e0 son habit, apportent de la richesse au spectacle sans emp\u00eacher la compr\u00e9hension de l&rsquo;histoire puisque la reprise de certains mouvements et l&rsquo;extr\u00eame expressivit\u00e9 des danseurs en assurent la continuit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une sym\u00e9trie parfaite se d\u00e9gage de cette \u0153uvre, dans la structure comme dans la chor\u00e9graphie. Les sc\u00e8nes collectives rythment les trois actes\u00a0: s&rsquo;encha\u00eenent alors des mouvements de couples et de groupes qui se font, se d\u00e9font, s&rsquo;ouvrent, s&rsquo;opposent, se font miroir, se croisent, s&rsquo;harmonisent&#8230; Dans ces moments de liesse, l&rsquo;attention est port\u00e9e sur la structure et l&rsquo;architecture que forment les danseurs, ce qui permet la cr\u00e9ation de position visuellement tr\u00e8s efficaces. Les pas de deux, entre les diff\u00e9rents personnages principaux du ballet, compl\u00e8tent les sc\u00e8nes de groupe et se font \u00e9cho entre eux\u00a0: par exemple, \u00e0 la supplication de Tatiana face \u00e0 On\u00e9guine au 1<sup>er<\/sup> acte se r\u00e9pond la supplication d&rsquo;On\u00e9guine face \u00e0 Tatiana \u00e0 l&rsquo;acte III, les deux se terminant par le d\u00e9chirement de la lettre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne peut donner son avis sur le ballet <i>On\u00e9guine<\/i> sans parler de la danse en elle-m\u00eame. La danse classique semble se renouveler ici. L&rsquo;approche des danseurs para\u00eet moins dirig\u00e9e vers le ciel, ils acceptent une relation avec le sol tout en proposant une danse qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi a\u00e9rienne. La danse est encore plus l\u00e9g\u00e8re que le tulle des tutus, comme le prouvent les virevoltants port\u00e9s&#8230; Il convient de s&rsquo;arr\u00eater plus particuli\u00e8rement sur la sc\u00e8ne du duel entre On\u00e9guine et Lenski\u00a0: la lib\u00e9ration des corps s&rsquo;affirme ici, notamment dans la peur qui habite les deux s\u0153urs et l&rsquo;angoisse qui saisit les pr\u00e9tendants. Enfin, est-il n\u00e9cessaire de souligner l&rsquo;impressionnante technique des danseurs\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">M\u00e9lanie Labernede<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conte de f\u00e9es, nuage en sucre &#8211; le c\u0153ur l\u00e9ger, ce ballet emporte ses spectateurs dans un monde de r\u00eaves d&rsquo;enfance. Un monde o\u00f9 l&rsquo;on croyait encore \u00e0 tout ce qui semblait beau, o\u00f9 un chocolat amenait encore un bonheur profond, o\u00f9 on se contentait de ce qu&rsquo;on recevait d\u00e8s que cela \u00e9tait offert avec un sourire prometteur. C&rsquo;est exactement un tel monde dans lequel on replonge d\u00e8s que le rideau se l\u00e8ve &#8211; et comme on est content de s&rsquo;y retrouver durant les deux heures de spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019o\u00f9 vient cette association de sucreries qui surgissait tout au long de la pi\u00e8ce\u00a0? On cherche et trouve la raison tout d&rsquo;abord dans les costumes et leurs couleurs pastels, couvrant ce monde de gla\u00e7age rose, bleu-ciel et jaune claire. Mais peut-\u00eatre surgissait-elle aussi dans la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 avec laquelle toute cette danse gracieuse et cette musique douce raconte cette histoire si romantique, pleine de tristesse suave, si simple. Plac\u00e9s dans un int\u00e9rieur riche et d\u00e9cor\u00e9, les personnages aristocrates n&rsquo;ont rien \u00e0 faire que danser aux bals, se promener dans leurs jardins, manger, lire, \u00e9crire des lettres\u2026 et pourtant\u00a0: Ils se n\u00e9gligent, ils se battent, ils se rendent jaloux jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le monde de glace royale fonde dans des larmes sal\u00e9es. Tous les r\u00e8gles de la trag\u00e9die ont \u00e9t\u00e9 suivis et les spectateurs modernes applaudissent, tout satisfaits de cette nostalgie ancienne.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Sara Maria Rammer<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Eug\u00e8ne On\u00e9guine est le personnage \u00e9ponyme de l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;auteur russe, Alexandre Pouchkine. L&rsquo;interpr\u00e9tation chor\u00e9graphique de John Cranko propose \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier de Paris la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;une histoire d&rsquo;amour trouble, rong\u00e9e par les remords et le d\u00e9sir de vengeance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rythm\u00e9e par des extraits de l&rsquo;\u0153uvre musicale de Piotr Tcha\u00efkovski, l&rsquo;histoire qui prend corps sur les planches de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris est celle d&rsquo;une rencontre amoureuse entre On\u00e9guine (Mathieu Ganio) et Tatiana (Ludmila Pagliero). Dans le jardin des Larine, leur premi\u00e8re rencontre est celle de leur coup de foudre. Pourtant leurs \u00e9lans amoureux sont ponctu\u00e9s par la pr\u00e9sence d&rsquo;un autre couple\u00a0: celui d&rsquo;Olga (Myriam Ould-Braham), la petite s\u0153ur de Tatiana, et Lenski (Mathias Heymann), son fianc\u00e9. Les deux s\u0153urs sont autant contradictoires qu&rsquo;elles sont proches. Les deux filent une amiti\u00e9 fraternelle palpable que l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;On\u00e9guine vient totalement perturber. L&rsquo;ombre de l&rsquo;\u00e9nergique Olga ne se d\u00e9posera pas sur la premi\u00e8re rencontre entre On\u00e9guine et Tatiana, que l&rsquo;homme remarquera malgr\u00e9 la timidit\u00e9 de la jeune femme. Pourtant, quand celle-ci lui d\u00e9clare sa flamme, il la rejette et par un cynisme cruel, se rapproche de sa s\u0153ur. Cette affiliation torture Tatiana ainsi que Lenski qui provoquera On\u00e9guine en duel. Son d\u00e9nouement est tragique\u00a0: Lenski meurt et les deux amants se s\u00e9parent. Le dernier acte est celui de la r\u00e9apparition d&rsquo;On\u00e9guine dans la vie de Tatiana, maintenant fianc\u00e9e au prince Gr\u00e9mine (Florian Magnenet) et \u00e0 qui il reformule ses avances. Celle-ci, \u00e9prise de nostalgie, est sur le point de c\u00e9der avant de recouvrer sa lucidit\u00e9 qui interrompt d\u00e9finitivement leur relation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9cit de cet amour tortur\u00e9 et tortueux a d&rsquo;autant plus \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par le d\u00e9cor incroyable plant\u00e9 sur la sc\u00e8ne de cette prestigieuse salle parisienne. Le premier acte laisse \u00e0 contempler le monde champ\u00eatre du jardin des Larine o\u00f9 les arbres de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 sont caress\u00e9s par les danses \u00e9nergiques men\u00e9es par les quadrilles de danseuses et de danseurs. Le deuxi\u00e8me acte plante son intrigue dans une salle de bal enchanteresse de Saint-P\u00e9tersbourg. Enfin, c&rsquo;est dans une chambre sombre et myst\u00e9rieuse que Tatiana exprimera ses doutes \u00e0 travers une danse d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment magnifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux s\u0153urs sont interpr\u00e9t\u00e9es par deux danseuses \u00e9toiles, Ludmila Pagliero (Tatiana) et Myriam Ould-Braham (Olga) dont la gr\u00e2ce vous frappe parce qu\u2019elle vous para\u00eet en m\u00eame temps tellement naturelle mais si inaccessible. Les chor\u00e9graphies des deux couples de l&rsquo;histoire d\u00e9gagent une certaine passion dont on se demande si elle est le m\u00e9lange entre la ferveur fictionnelle des protagonistes et la d\u00e9votion de ces danseurs \u00e0 leur art. Ces entrecroisements de corps sont magnifi\u00e9s par le jeu subtil des tissus rigides de la veste des hommes qui se m\u00ealent puis fusionnent avec les voiles f\u00e9\u00e9riques des robes des femmes qui semblent port\u00e9s par la d\u00e9licatesse de l&rsquo;air.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9interpr\u00e9tation physique de l&rsquo;\u0153uvre litt\u00e9raire d&rsquo;Alexandre Pouchkine par John Cranko est la d\u00e9monstration d&rsquo;une combinaison de forces musicales et chor\u00e9graphiques \u00e0 la hauteur de la renomm\u00e9e de la salle qui, en son sein, l&rsquo;accueille.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Malyphone de Peyrelongue<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris a le plaisir de nous pr\u00e9senter du 10 f\u00e9vrier au 7 mars le ballet en trois actes d&rsquo;On\u00e9guine chor\u00e9graphi\u00e9 par John Cranko en 1965. L&rsquo;histoire du ballet d&rsquo;On\u00e9guine reprend celle de la nouvelle de Pouchkine, et est mise sur la musique de Tcha\u00efkovski.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On\u00e9guine est un ballet romantique et dramatique. Les deux personnages principaux sont On\u00e9guine et, Tatiana qui tombe \u00e9perdument amoureuse d&rsquo;On\u00e9guine et lui \u00e9crit une lettre d&rsquo;amour. A un bal On\u00e9guine est tr\u00e8s distant de Tatiana et d\u00e9chire sa lettre devant elle et elle sombre dans la tristesse et le dramatique. On\u00e9guine se rapproche de la s\u0153ur de Tatiana, Olga, qui est fianc\u00e9e \u00e0 un po\u00e8te qui sera tu\u00e9 lors d&rsquo;un duel contre On\u00e9guine. Quelques ann\u00e9es plus tard, Tatiana est mari\u00e9e \u00e0 un prince. Cependant, On\u00e9guine la retrouve et lui avoue tous ses sentiments et s&rsquo;excuse de son comportement pass\u00e9. Tatiana lui exprime aussi que ses sentiments n&rsquo;ont pas chang\u00e9 mais par fiert\u00e9 elle d\u00e9chire la lettre d&rsquo;On\u00e9guine. Elle exprime un sentiment de vengeance vis-\u00e0-vis de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es. Elle fait exactement la m\u00eame chose que On\u00e9guine. La fin marque l&rsquo;accent sur le ballet qui est dramatique surtout le personnage de Tatiana. Quant \u00e0 lui On\u00e9guine appara\u00eet comme un antih\u00e9ros avec ses actions contraire entre le d\u00e9but et la fin du ballet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le premier acte le ballet ouvre sur Tatiana, sa s\u0153ur, sa m\u00e8re ainsi que sa tante. Le d\u00e9cor est tr\u00e8s fleuri et la sc\u00e8ne se passe \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Les costumes des filles sont tout aussi fleuris et de couleurs pales. Quant aux costumes des gar\u00e7ons ils sont de couleur kaki tr\u00e8s classique. On\u00e9guine fait exception et se fait remarquer tout le long du ballet, c&rsquo;est le seul \u00e0 \u00eatre habill\u00e9 en noir. Et je pense que cette couleur noire fait peur \u00e0 Tatiana au d\u00e9but lorsqu\u2019elle le rencontre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le deuxi\u00e8me actes Tatiana est heureuse, amoureuse, et l&rsquo;on voit un magnifique pas de deux l\u00e9ger entre Tatiana et On\u00e9guine. Cette sc\u00e8ne est un r\u00eave de Tatiana apr\u00e8s avoir \u00e9crit la lettre pour On\u00e9guine. Elle est v\u00eatue de blanc comme un ange. Puis le bal arrive et le tragique se pr\u00e9sente avec la lettre qui est d\u00e9chir\u00e9e. Les passages sombres d&rsquo;On\u00e9guine s&rsquo;enchaine avec le duel au pistolet qui se passe la nuit et On\u00e9guine gagne. On\u00e9guine est pr\u00e9sent\u00e9 comme un personnage tr\u00e8s sombre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant le troisi\u00e8me acte est un retournement de situation. Tatiana est maintenant mari\u00e9e \u00e0 un prince, est v\u00eatue d&rsquo;une magnifique robe rose. Quand On\u00e9guine la retrouve on voit dans son regard qu&rsquo;il l&rsquo;a perdu et qu&rsquo;il regrette ses actions pass\u00e9es. Puis a lieu une entrevue entre On\u00e9guine et Tatiana. C\u2019est la derni\u00e8re sc\u00e8ne du ballet. Elle porte une robe noire et blanche. Elle se bat entre l&rsquo;attirance qu&rsquo;elle a pour On\u00e9guine et sa fiert\u00e9. La sc\u00e8ne se finit sur Tatiana qui d\u00e9chire la lettre d&rsquo;On\u00e9guine comme lui l\u2019avait fait pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marine Pacreau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi de mieux pour un premier ballet qu&rsquo;On\u00e9guine, grand classique inspir\u00e9 de l&rsquo;oeuvre de Pouchkine, \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris ? Sur une musique arrang\u00e9e de Tcha\u00efkovski, nous observons depuis nos places du quatri\u00e8me \u00e9tage, premier rang, centre, l&rsquo;orchestre d\u00e9ploy\u00e9 au pied de la sc\u00e8ne. Sur la sc\u00e8ne et en trois actes, le chor\u00e9graphe John Cranko raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;Eug\u00e8ne On\u00e9guine. On\u00e9guine est un personnage asth\u00e9nique et d\u00e9senchant\u00e9, qui, \u00e0 sa rencontre avec Vladimir Lenski, personnage plus joyeux dont la fin l&rsquo;est moins, se voit emport\u00e9 dans une tourmente romantique avec les s\u0153urs du voisinage, Olga et Tatiana.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet n&rsquo;est alors qu&rsquo;une suite d&rsquo;amours manqu\u00e9es, boulevers\u00e9es et violentes, dont le lyrisme et la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 \u00e9meuvent aux premiers pas. Il est difficile de savoir par quoi commencer. Les d\u00e9cors, les costumes, les danseurs, la chor\u00e9graphie, la musique ? Avec On\u00e9guine, c&rsquo;est tout le corps qui est sollicit\u00e9 : pour Cranko, les yeux, pour Tcha\u00efkovski, les oreilles, pour Pouchkine, le c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La progression dans l&rsquo;oeuvre est fluide : deux heures ce n&rsquo;est pas assez, et les entractes passent plus lentement que l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du ballet. La musique qui s&rsquo;\u00e9quilibre, avec g\u00e9nie, entre des temps forts et des temps plus doux, s&rsquo;accorde aux pas des danseurs sans qu&rsquo;ils ne soient pour autant pr\u00e9cipit\u00e9s ; les mouvements sur sc\u00e8ne ne d\u00e9pendent pas du rythme de la musique, mais la musique r\u00e9gule la tension qui anime la sc\u00e8ne et redessine les personnages \u00e0 chaque instant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9cors, \u00e9l\u00e9gants et \u00e9loquents, sont fr\u00e9quemment chang\u00e9s. La salle enti\u00e8re est transport\u00e9e d&rsquo;un simple jardin de campagne \u00e0 une salle de bal toute de moulures et de dorures, de la chambre de Tatiana au chemin o\u00f9, dans l&rsquo;obscurit\u00e9 de l&rsquo;aube, On\u00e9guine prend la vie de Lenksi. Les costumes accompagnent les d\u00e9cors dans une gradation marqu\u00e9e : au premier acte, les v\u00eatements sont simples, de campagne. Les actes suivants voient se gonfler les jupes des danseuses pour des habits plus copieux, plus luxueux. Tout le registre du d\u00e9cor et des costumes est mesur\u00e9 avec subtilit\u00e9 : ce n&rsquo;est pas trop lourd, ce n&rsquo;est pas trop l\u00e9ger. C&rsquo;est tout juste ce qu&rsquo;il faut pour s&rsquo;imaginer en Russie au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est de la chor\u00e9graphie, elle est d\u00e9concertante. Si soudain une erreur technique des danseurs rappelle au r\u00e9el et \u00e9tonne, c&rsquo;est que l&rsquo;oeuvre de Cranko est incroyable de complexit\u00e9 ; les tournoiements, qui sont d&rsquo;une extr\u00eame difficult\u00e9, caract\u00e9risent d&rsquo;ailleurs le chor\u00e9graphe. Au-del\u00e0, le graphisme et la sym\u00e9trie des sc\u00e8nes de groupe, dont on se rend mieux compte depuis les hauteurs, coupent le souffle. Quant aux duos et solos, ils sont port\u00e9s par la po\u00e9sie des mouvements et le jeu des danseurs. Le solo d&rsquo;On\u00e9guine qui suit, dans une semi-obscurit\u00e9 bleut\u00e9e, la mort de Lenski, reste imprim\u00e9 sur ma r\u00e9tine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Valentine Lesser<\/h6>\n<pre>Photographie : Elene Usdin<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Op\u00e9ra national de Paris | En savoir plus\u00a0 \u00ab\u00a0Quand je n&rsquo;ai plus d&rsquo;honneur, il n&rsquo;existe plus d&rsquo;honneur.\u00a0\u00bb Quelques vers du roman de Pouchkine qui apparaissent \u00e0 chaque lever de rideau du ballet On\u00e9guine, donn\u00e9 au Palais Garnier, et qui en r\u00e9sument bien la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":10658,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,3],"tags":[],"class_list":["post-10832","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-opera-national-de-paris"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10832","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10832"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10832\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10832"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10832"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10832"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}