{"id":10931,"date":"2018-03-13T20:00:07","date_gmt":"2018-03-13T19:00:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=10931"},"modified":"2018-03-13T20:00:07","modified_gmt":"2018-03-13T19:00:07","slug":"pavillon-noir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=10931","title":{"rendered":"Pavillon noir"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Espace 1789 |<a href=\"http:\/\/www.espace-1789.com\/spectacle\/pavillon-noir\"> En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pavillon noir, drapeau sombre orn\u00e9 d&rsquo;os crois\u00e9s &#8211; trouv\u00e9s sur les navires pirates du XVIIe et XVIIIe si\u00e8cle, menace de mort. Du moins, c&rsquo;est cet imaginaire barbare et sanglant que l&rsquo;on a souvent en t\u00eate. L&rsquo;Histoire est autre, puisque ces bateaux pr\u00e9f\u00e9raient souvent \u00e0 un capitaine omnipotent des d\u00e9cisions prises en commun et une r\u00e9partition \u00e9galitaire des butins.<br \/>\nLa figure du pirate aujourd&rsquo;hui est celle du lanceur d&rsquo;alerte, personnage autant craint qu&rsquo;admir\u00e9 pour son courage, sa d\u00e9termination \u00e0 partager ses d\u00e9couvertes avec le monde. Parmi les sources d&rsquo;inspirations Edward Snowden, Chelsea Manning ou encore Aaron Swartz, hacktiviste am\u00e9ricain, \u00e9toile hypersensible du net, \u0153uvrant pour que le web soit un espace de libert\u00e9 totale, qui\u00a0puisse appartenir \u00e0 tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le collectif d&rsquo;acteurs OS&rsquo;O s&rsquo;est associ\u00e9 au collectif d&rsquo;auteurs Traverses pour cr\u00e9er ce spectacle doux et fou qu&rsquo;est <i>Pavillon Noir<\/i>. Chaque acteur a travaill\u00e9 avec un auteur pour rendre personnels et forts les mots \u00e0 prononcer. La puissance de cette mise en sc\u00e8ne provient \u00e0 la fois de ce travail minutieux sur les mots et sur le choix qui a \u00e9t\u00e9 fait de ne pas user d&rsquo;artifices technologiques pour parler de ce monde nouveau et infini qu&rsquo;est Internet. C&rsquo;en est d\u00e9sar\u00e7onnant pour le spectateur, et il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que ce spectacle politique et br\u00fblant, mais si singulier dans sa parole et adroit dans ses gestes procure tant d&rsquo;\u00e9motions contradictoires. Tout est remis en question, et l&rsquo;on s&rsquo;interroge sur les notions de l\u00e9galit\u00e9 et d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 et sur la mani\u00e8re dont on traite ces nouveaux pirates, pourtant d\u00e9fenseurs, malgr\u00e9 le p\u00e9ril, de notre libert\u00e9. Longue vie au <i>Pavillon Noir<\/i>\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Margaux Daridon<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce Mardi 13 mars, j&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 une \u00ab\u00a0cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale\u00a0\u00bb v\u00e9ritablement surprenante \u00e0 Saint-Ouen, dans le cadre d&rsquo;un lieu de spectacle pluridisciplinaire tel que l&rsquo;Espace 1789. C&rsquo;est \u00e7a la premi\u00e8re chose qui a attir\u00e9 positivement mon attention\u00a0; le th\u00e9\u00e2tre est absolument extraordinaire, un endroit artistique et ind\u00e9pendant et en m\u00eame temps un espace de discussion, pourtant pas trop connu, probablement \u00e0 cause du fait qu&rsquo;il se trouve \u00e0 peine \u00e0 quelques arr\u00eats de m\u00e9tro de Paris. Comme je suis arriv\u00e9e avec une demi-heure d&rsquo;avance pour retirer ma place, j&rsquo;ai eu le temps de visiter l&rsquo;endroit, de manger, de me confronter avec le public, principalement jeune. Le spectacle s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le r\u00e9sultat de la rencontre d&rsquo;un collectif d&rsquo;auteurs et autrices et d&rsquo;acteurs et actrices, qui s\u2019est pench\u00e9 sur le th\u00e8me de la piraterie, comprise comme redistribution de ressources au peuple, un vol noble en quelques sortes. Au d\u00e9but du spectacle, nous a accueilli une ouvreuse un peu originelle qui nous a demand\u00e9 d&rsquo;\u00e9teindre nos portables avec une certaine insistance, avant de se r\u00e9v\u00e9ler comme faisant partie du spectacle, et d&rsquo;introduire le public \u00e0 deux \u00e9l\u00e9ments fondamentaux pour la compr\u00e9hension de la pi\u00e8ce\u00a0: le sens de l&rsquo;ironie et l&rsquo;importance de la libert\u00e9 de l&rsquo;anonymat d&rsquo;un individu\u00a0; deux \u00e9l\u00e9ments qui ont fait partie int\u00e9grante d&rsquo;une repr\u00e9sentation que je n&rsquo;h\u00e9siterai pas \u00e0 qualifier de remarquable et \u00e0 conseiller chaudement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Terriblement dr\u00f4le et intelligent, \u00e0 la fois satirique et \u00e9mouvant, le Collectif O&rsquo;so et le Collectif Traverse ont su cr\u00e9er un spectacle politique et captivant au m\u00eame temps. Personnellement, je ne pense pas d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 la seule \u00e0 en avoir une opinion si enthousiaste\u00a0; c&rsquo;est vrai que, en tant qu\u2019\u00e9tudiante, je peux \u00eatre d&rsquo;accord et comprendre mieux que les autres \u00e0 quel point ce n&rsquo;est pas facile pour un chercheur d&rsquo;avoir acc\u00e8s lib\u00e9ralement \u00e0 la connaissance (et se m\u00e9fier des informations trompeuses). Mais le sujet du d\u00e9veloppement de l&rsquo;internet du 21eme si\u00e8cle, qui nous fait graduellement oublier le droit \u00e0 la confidentialit\u00e9, concerne tout le monde. Les acteur ont jou\u00e9 un r\u00f4le int\u00e9ressant \u00e9galement, parce que ils n&rsquo;ont pas eu besoin du moindre support informatique pour retranscrire le virtuel, notamment l&rsquo;espace du Deep Web, ce qui nous ouvrait \u00e9galement les yeux sur la dystopie qu&rsquo;on vit gr\u00e2ce \u00e0 des messages humaines, du monde r\u00e9el. L&rsquo;autre d\u00e9tail qui m&rsquo;a plu particuli\u00e8rement \u00e7a a \u00e9t\u00e9 notamment la repr\u00e9sentation, qui rendait la pi\u00e8ce puissamment actuelle, en se d\u00e9montrant sensible \u00e0 la probl\u00e9matique du f\u00e9minisme\u00a0; \u00e0 l&rsquo;histoire de trois grands hommes correspondent les histoires de trois grandes femmes, qui ont fait leur part dans l&rsquo;\u00e9mancipation de la culture et du droit de l&rsquo;anonymat sur le web.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Elisa Lamura<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;annonce, la demande, pr\u00e9cise, d&rsquo;\u00e9teindre nos t\u00e9l\u00e9phones portables, comme nous en enjoignent g\u00e9n\u00e9ralement les agents d&rsquo;accueil ou r\u00e9gisseur des th\u00e9\u00e2tres, que commence <i>Pavillon noir.<\/i> A l&rsquo;espace 1789, spectacle issu du travail de deux collectifs, OS&rsquo;O et Traverse, ce spectacle a pour th\u00e8me les profondeurs d&rsquo;un outil qui nous d\u00e9passe de mani\u00e8re absolue, \u00e0 savoir, le web, la toile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retrouve dans leur travail quelques images de leur autre spectacle <i>Timon\/Titus<\/i>, lequel avait pour sujet la dette\u00a0; d&rsquo;une part cet esprit d\u00e9mocratique et cette n\u00e9cessit\u00e9 de produire un vote dans lequel chaque avis compte, mais aussi ce retour permanent d&rsquo;une p\u00e9dagogie et de d\u00e9finitions pr\u00e9cises dont l&rsquo;enjeu est clairement l&rsquo;apprentissage pour le spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les com\u00e9diens nous proposent ainsi de traverser la vie de plusieurs personnes ayant exist\u00e9 (ou existant toujours), lesquelles ayant comme point commun cette volont\u00e9 (commune finalement \u00e0 nos com\u00e9diens) de partager la connaissance et la rendre en mains propres \u00e0 un peuple curieux et en qu\u00eate d&rsquo;\u00e9mancipation. L&rsquo;espace des r\u00e9seaux internet et plus pr\u00e9cis\u00e9ment du <i>darkweb<\/i> ou <i>freedomnet <\/i>repr\u00e9sentent de forts enjeux en ce qu&rsquo;ils sont des espaces anarchiques au sens propre comme au sens figur\u00e9. Des espaces dangereux mais \u00e9videmment incarnant la libert\u00e9 souveraine de ceux qui s&rsquo;y d\u00e9ploient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans jamais passer par la m\u00e9diation d&rsquo;un \u00e9cran, les com\u00e9diens confrontent l&rsquo;art du th\u00e9\u00e2tre et de la production d&rsquo;images fortes \u00e0 l&rsquo;imaginaire du virtuel. Jeu d&rsquo;autant plus honorable qu&rsquo;il leur \u00e9vite l&rsquo;\u00e9cueil des clich\u00e9s v\u00e9hicul\u00e9s sur et par le net de l&rsquo;image, par exemple, du <i>hacking<\/i> et leur permet au contraire de produire une histoire bien plus proche de la r\u00e9alit\u00e9 dans la virtualit\u00e9. On s&rsquo;amuse ainsi \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;assister \u00e0 la reproduction de cha\u00eene de vid\u00e9o ou de \u00ab\u00a0Tuto\u00a0\u00bb, dont la qualit\u00e9 premi\u00e8re, sur le net, a toujours \u00e9t\u00e9 de rechercher la dynamique cr\u00e9ative et ludique, celle-l\u00e0 m\u00eame que l&rsquo;on retrouve toujours au th\u00e9\u00e2tre, et qui de fait, s&rsquo;int\u00e8gre parfaitement au dispositif sc\u00e9nique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire globale, un ensemble d&rsquo;\u00e9clat de vie, de proc\u00e8s, au sens juridique comme technique du terme, reli\u00e9s seulement par cette th\u00e9matique du r\u00e9seau semble un pr\u00e9texte \u00e0 nous rappeler constamment la pr\u00e9\u00e9minence permanente de notre libert\u00e9. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;\u00e9vocation de la <i>\u00ab\u00a0silk road\u00a0<\/i>\u00bb de Ross Ulbricht, ou la r\u00e9f\u00e9rence aux attentats de novembre 2015, chaque fragment nous d\u00e9montre la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un combat men\u00e9 et \u00e0 poursuivre contre un pouvoir toujours plus ambitieux et ali\u00e9nant. Sans sombrer dans la parano\u00efa ou le complotisme, le spectacle offre une mise en perspective de tous ces \u00e9l\u00e9ments observ\u00e9s et observables qui sont autant de traces de notre vie priv\u00e9e que nous laissons partout sans nous en soucier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme un grand hommage au web, le collectif OS&rsquo;O nous invite \u00e0 voir aussi bien les faces sombres de cet outil que ses faces radieuses\u00a0: lieu utopique pour son enti\u00e8re lib\u00e9ralit\u00e9 mais aussi espace d&rsquo;immortalisation d&rsquo;un monde d\u00e9truit, Palmyre, ou de r\u00e9sistance face aux multiples espaces de pouvoirs qui foulent au pied la justice sans en avoir jamais la moindre l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Tristan Gauberti<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si un pari est de loin remport\u00e9 par le projet <i>Pavillon noir<\/i> des collectifs OS&rsquo;O et Traverse, c&rsquo;est celui du fonctionnement communautaire r\u00e9ussi. De prime abord, je craignais que, comme trop souvent, le chaos ponde ses \u0153ufs dans le beau v\u0153u anarchiste et le parasite\u00a0; il n&rsquo;en est rien. Au contraire, si ce n&rsquo;est son introduction farcesque qui peut le laisser para\u00eetre dans la satire d&rsquo;une d\u00e9c\u00e9r\u00e9bration massive caus\u00e9e par l&rsquo;arborescence d&rsquo;un monde virtuel qui sape tout mode de pens\u00e9e s\u00e9quentielle et discursive, cette pi\u00e8ce est l&rsquo;incarnation d&rsquo;un bel espoir pour tout projet de cr\u00e9ation collective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Pavillon noir <\/i>fait en effet preuve d&rsquo;une \u00e9tonnante coh\u00e9rence unitaire, et ce malgr\u00e9 le caract\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment fragmentaire et elliptique qui traduit \u00e0 la perfection la structuration psychique de la jeunesse occidentale actuelle. Les histoires s&rsquo;interrompent et s&rsquo;entrem\u00ealent, mais le fil rouge est toujours l\u00e0, le propos clair dans ses nuances, et ce servi par une inventivit\u00e9 langagi\u00e8re et sc\u00e9nique qui deviennent rares tant les artifices technologiques tendent \u00e0 les remplacer. On se r\u00e9jouit de cette contrainte choisie, autant sur le fond que sur la forme\u00a0: non seulement les artistes ne s&rsquo;inscrivent pas dans une servitude volontaire vis-\u00e0-vis du sujet qu&rsquo;ils abordent, mais leur cr\u00e9ativit\u00e9 leur en rend gr\u00e2ce au centuple\u00a0! La sc\u00e8ne du piratage de logiciel de contr\u00f4le d&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;a\u00e9roport, surtout, me laisse le vif souvenir d&rsquo;un moment de jubilation esth\u00e9tique, linguistique et humoristique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pari d\u00e9mocratique aussi est tenu\u00a0: cela m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;envie d&rsquo;interagir avec les autrices et auteurs, d&rsquo;objecter, de poser des questions, dialoguer, me lever pour entrer dans la danse \u2013 parfois macabre. Toutefois, ce d\u00e9sir porte en soi sa part d&rsquo;insatisfaction. Il est signe d&rsquo;un sentiment d&rsquo;incompl\u00e9tude, d&rsquo;un besoin de complexifier certaines probl\u00e9matiques pos\u00e9es, \u00e0 mon sens, avec un brin de na\u00efvet\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle m&rsquo;a rappel\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration, malgr\u00e9 des mutations technologiques consid\u00e9rables, il faut reconqu\u00e9rir certaines bases conceptuelles, travailler \u00e0 \u00e9chapper aux binarit\u00e9s manich\u00e9ennes. Certes, la libert\u00e9 est pr\u00e9cieuse et tout syst\u00e8me qui se pr\u00e9tend protecteur ne l&rsquo;est pas\u00a0; mais il est aussi facile d&rsquo;opprimer au nom de la s\u00e9curit\u00e9 que de tyranniser au nom de la libert\u00e9. Car pas de loi, c&rsquo;est aussi pas de droit\u00a0: \u00ab\u00a0la libert\u00e9 du renard libre dans le poulailler libre\u00a0\u00bb. Sans doute, la surveillance constante de l&rsquo;intimit\u00e9 est un totalitarisme\u00a0; mais en tant que spectatrice, je sais aussi trop bien combien le priv\u00e9 est politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des br\u00e8ches de r\u00e9flexion restent ainsi b\u00e9antes. Par exemple, suffit-il d&rsquo;incanter un \u00ab\u00a0nous ne sommes pas des p\u00e9dopornographes\u00a0\u00bb pour que la question de l&rsquo;impunit\u00e9 des p\u00e9docriminels, foisonnant en r\u00e9seaux dans toute zone de non-droit, cesse d&rsquo;un coup d&rsquo;\u00eatre une crise judiciaire et de sant\u00e9 publique majeure de notre soci\u00e9t\u00e9, d\u00e9vastant les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations\u00a0? J&rsquo;aimerais voir ces dramaturges s&#8217;emparer frontalement du sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s tout, cette r\u00e9union de Traverse et d&rsquo;OS&rsquo;O est une entreprise jeune, brillante, bouillonnante et talentueuse. J&rsquo;esp\u00e8re \u00e0 l&rsquo;avenir suivre sa progression et sa maturation, que je souhaite longues et fructueuses.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Harmony Devillard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Saint-Ouen se cache l&rsquo;Espace 1789, lieu au caract\u00e8re jeune et dynamique o\u00f9 l&rsquo;on peut profiter d&rsquo;un bar et d&rsquo;un food-truck avant de rentrer dans l&rsquo;une des deux salles de th\u00e9\u00e2tres qui compose cet endroit. J&rsquo;y suis all\u00e9e pour la premi\u00e8re fois mardi dernier afin d&rsquo;assister \u00e0 la repr\u00e9sentation de <i>Pavillon Noir<\/i>, pi\u00e8ce qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite comme renvoyant une approche moderne de la piraterie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Effectivement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une initiation aux NBIC puisque sont adopt\u00e9s de multiples sujets contemporains li\u00e9s \u00e0 Internet : la cryptomonnaie, les m\u00e9tadonn\u00e9es, l&rsquo;atteinte \u00e0 nos libert\u00e9s&#8230; Ceci dans un d\u00e9cor changeant \u00e0 peine puisqu&rsquo;il est surtout r\u00e9arrang\u00e9 au gr\u00e9 du passage des caract\u00e8res distincts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce est en fait rythm\u00e9e par les all\u00e9es et venues de personnages qui appartenaient \u00e0 des mondes propres, mondes qui cependant se rejoignaient puisqu&rsquo;ils avaient en commun le th\u00e8me principal du \u00ab\u00a0pirate du web\u00a0\u00bb. Gr\u00e2ce \u00e0 des youtubeurs commentant le Darknet et le bitcoin, de v\u00e9ritables hackers dont la mission est de venir au service d&rsquo;une femme ayant plac\u00e9 une biblioth\u00e8que en open source ou encore de jeunes syriens r\u00e9volt\u00e9s utilisant les r\u00e9seaux sociaux de sorte de mener leur combat contre le r\u00e9gime de Bachar el Assad, nous sommes t\u00e9moins des avanc\u00e9es d&rsquo;Internet, des possibilit\u00e9s du r\u00e9seaux mais \u00e9galement des obstacles qui lui sont appos\u00e9s de sorte de contr\u00f4ler l&rsquo;information et les internautes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous percevons donc l&rsquo;enjeu de la pi\u00e8ce : sensibiliser l&rsquo;audience, intention qui est de plus en plus frappante au gr\u00e9 des 2h15 de spectacle. Notons cependant que ceci est fait en plusieurs moments via l&rsquo;adoption d&rsquo;un ton l\u00e9ger voir jovial, ce dont les nombreux \u00e9clats de rire de l&rsquo;audience rendent compte, mais \u00e9galement en plusieurs lieux \u00e0 l&rsquo;aide de situations anxiog\u00e8nes ou \u00e0 tendance culpabilisatrice. Enfin, le jeu des acteurs comme la mise en sc\u00e8ne \u00e9taient simples, ce qui participait n\u00e9anmoins \u00e0 rendre la pi\u00e8ce vraisemblable.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Carla Paquin<\/h6>\n<pre>Photographie :\u00a0Fr\u00e9d\u00e9ric Desmesure<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Espace 1789 | En savoir plus Pavillon noir, drapeau sombre orn\u00e9 d&rsquo;os crois\u00e9s &#8211; trouv\u00e9s sur les navires pirates du XVIIe et XVIIIe si\u00e8cle, menace de mort. Du moins, c&rsquo;est cet imaginaire barbare et sanglant que l&rsquo;on a souvent en t\u00eate. 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