{"id":11069,"date":"2018-03-24T20:00:57","date_gmt":"2018-03-24T19:00:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11069"},"modified":"2018-03-24T20:00:57","modified_gmt":"2018-03-24T19:00:57","slug":"circeo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11069","title":{"rendered":"Circeo"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/fabrizio-favale-circeo\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Palais de Chaillot, on nous annonce ce soir que le prodige italien Fabrizio Favale pr\u00e9sente son \u0153uvre intitul\u00e9e <i>Circ\u00e9o<\/i>\u00a0: un ballet contemporain men\u00e9 par une compagnie de huit danseurs virtuoses. Serait-ce donc la promesse d&rsquo;une belle soir\u00e9e\u00a0? Esp\u00e9rons\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Circ\u00e9o, la fameuse enchanteresse &#8211; certains n&rsquo;oseraient l&rsquo;affubler du nom de sorci\u00e8re- semble en effet avoir envo\u00fbt\u00e9 de ses charmes ces huit hommes au corps d&rsquo;Apollon. \u00a0Ceux-ci se meuvent avec une gr\u00e2ce sans pareil sur la sc\u00e8ne \u00e9pur\u00e9e du Palais de Chaillot. Assises au premier rang, au m\u00eame niveau que la piste o\u00f9 \u00e9voluent les danseurs, mon amie et moi go\u00fbtons cette complicit\u00e9 particuli\u00e8re de l&rsquo;art \u00e0 port\u00e9e de mains, ces demi-dieux sont en effet \u00e0 moins d&rsquo;un m\u00e8tre de nos si\u00e8ges o\u00f9, confortablement install\u00e9es, nous partageons avec eux la douceur de l&rsquo;effort qui semble finalement ne plus en \u00eatre un, tant ces hommes s&rsquo;articulent avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ouverture de ce ballet, un homme enti\u00e8rement v\u00eatu de blanc, tout droit sorti d&rsquo;un \u00e9pisode de Black Mirror, ou d&rsquo;un labo de chimie. Cette figure \u00e9nigmatique sera r\u00e9currente au cours du spectacle. Tant\u00f4t actionnant une machine \u00e0 produire des fumig\u00e8nes, tant\u00f4t ajustant une sph\u00e8re flottante signifiant s\u00fbrement le monde qui ne ressemble plus qu&rsquo;\u00e0 un immense crat\u00e8re d\u00e9sertique. T\u00e9moignage d&rsquo;un engagement politique et \u00e9cologique\u00a0? Symbole d&rsquo;un monde post-apocalyptique d\u00e9shumanis\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 Circ\u00e9, nous l&rsquo;attendons. O\u00f9 se cache-t-elle\u00a0? Sur le dos de ces trois danseurs, o\u00f9 se trouvent inscrites les lettres de son nom\u00a0? Encore un myst\u00e8re \u00e0 percer, car si tel est le cas, alors notre enchanteresse aurait un don qui d\u00e9passe l&rsquo;ubiquit\u00e9\u00a0! Ce n&rsquo;est finalement qu&rsquo;\u00e0 la fin du spectacle que nous arrivons \u00e0 capter une \u00e9motion narrative, lorsqu&rsquo;une des Circ\u00e9s, qui doit donc \u00eatre la seule et l&rsquo;unique, embrasse le plus athl\u00e9tique des danseurs, qui ne peut \u00eatre qu&rsquo;Ulysse. Quel dommage que ce ne soit que par un signe explicite de tendresse que nous parvenions enfin \u00e0 \u00eatre touch\u00e9es par une histoire\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi tirons-nous satisfaction de l&rsquo;esth\u00e9tique, qui, pour le coup, est sublime. Ces corps offerts dans leur plus simple appareil, ondulent, tremblent et virevoltent sur une toile musical atonal. Tous leurs muscles, tous leurs nerfs en \u00e9veils semblent parfois parcourus d&rsquo;un philtre magique, celui-l\u00e0 m\u00eame qui faisaient fr\u00e9mir les corps des Bacchantes, lorsqu&rsquo;elles rentraient en transe au moment du sacrifice. Envo\u00fbt\u00e9es nous aussi par les charnelles arabesques, hypnotis\u00e9es par les mouvements reptiliens, il nous est impossible d&rsquo;abandonner du regard ces corps divins. Cependant si l&rsquo;admiration \u00e9tait pr\u00e9sente, l&rsquo;\u00e9motion, elle, \u00e9tait rest\u00e9e \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du Palais. Toucher \u00e0 la plus pure esth\u00e9tique mais ne pas toucher le c\u0153ur du spectateur, est-ce la formule d&rsquo;un beau ballet\u00a0? Tout d\u00e9pend de ce que vous venez chercher. Mais si pour vous, comme pour moi, l&rsquo;art est aussi bien beaut\u00e9 que sensibilit\u00e9, l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9motion et d&rsquo;histoire \u00e0 partager vous poussera \u00e0 adopter une attitude circonspecte face \u00e0 ce ballet contemporain.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Charlotte Chomard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 22 au 24 mars 2018, le grandiose palais de Chaillot accueillait en son sein le ballet de danse contemporaine <i>Circeo<\/i>, dirig\u00e9 par le c\u00e9l\u00e8bre chor\u00e9graphe italien Fabrizio Favale. Pendant une heure, avec ses huit danseurs, il \u00e9volue sur une musique originale de Daniela Cattivelli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet propose une interpr\u00e9tation d&rsquo;un \u00e9pisode de l&rsquo;<i>Odyss\u00e9e<\/i>, lorsqu&rsquo; Ulysse rencontre Circ\u00e9. Le but du chor\u00e9graphe n&rsquo;est pas de relater l&rsquo;histoire, mais d&rsquo;en retranscrire l&rsquo;ambiance. Fabrizio Favale nous peint <i>\u00ab\u00a0la puissance des roches d\u00e9sol\u00e9es, des volcans en activit\u00e9, des \u00eeles lointaines, des glaciers alpins, des transhumances des hommes et des migrations d&rsquo;animaux sauvages\u00a0\u00bb<\/i>. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une transposition \u00e9motionnelle de la mythologie grecque\u00a0: les danseurs, tous des hommes, semblent exprimer tout \u00e0 tour une violente fureur de vivre, une douleur, une vitalit\u00e9 ou une sensualit\u00e9. Les artistes sentent et font ressentir, avec harmonie. L&rsquo;absence de trame narrative a cependant d\u00e9stabilis\u00e9 nombre de spectateurs, d\u00e9rout\u00e9s par la proposition artistique du chor\u00e9graphe qui ne correspondait pas aux attentes provoqu\u00e9es par le titre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est ainsi tr\u00e8s difficile d&rsquo;expliquer ce ballet, qui se vit plut\u00f4t qu&rsquo;il ne se raconte. Les relations sont au c\u0153ur, celles de l&rsquo;homme avec la nature, de l&rsquo;homme avec les \u00e9l\u00e9ments, mais surtout de l&rsquo;homme avec l&rsquo;homme. Le spectacle exacerbe les questions de la masculinit\u00e9 et de la sensualit\u00e9 entre les hommes, par des corps solidaires, en union. Les hommes deviennent des oiseaux battant des ailes, des amants fusionnels, ou bien des animaux surnaturels. Peut-\u00eatre la repr\u00e9sentation est-elle difficile d&rsquo;acc\u00e8s, parce que la mise en sc\u00e8ne \u00e9voque mais n&rsquo;explique pas. Des hommes en bottes jaunes recouverts d&rsquo;une combinaison blanche p\u00eachent, ou cr\u00e9ent des jeux de lumi\u00e8re avec des plaques de m\u00e9tal, tandis que les danseurs \u00e9voluent avec gracilit\u00e9 sur la sc\u00e8ne. Les tentures et les rideaux dessinent un paysage montagneux et archa\u00efque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les moments les plus poignants sont certainement lorsque tous les artistes dansent comme un seul homme, en un mouvement unique. La gestuelle est \u00e9pur\u00e9e, chaque pas \u00e9voque la puret\u00e9 et la force vitale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle a pourtant laiss\u00e9 une bonne partie de l&rsquo;assembl\u00e9e de glace, certains sont partis avant m\u00eame la fin des applaudissements. Dommage, j&rsquo;ai trouv\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait un beau ballet, o\u00f9 l&rsquo;immense performance physique \u00e9tait li\u00e9e avec intensit\u00e9 \u00e0 la gr\u00e2ce.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Chlo\u00e9 Roland<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Place du Trocad\u00e9ro se trouve l&rsquo;un des plus beaux th\u00e9\u00e2tres de Paris : le th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot. C&rsquo;est dans ce dernier qu&rsquo;avait lieu la premi\u00e8re repr\u00e9sentation de <i>Circ\u00e9o<\/i>, spectacle dansant de l&rsquo;Italien Favale. <i>Circ\u00e9o<\/i> renvoie, le d\u00e9cor de la sc\u00e8ne l&rsquo;atteste, davantage \u00e0 la montagne italienne \u00e9ponyme qu&rsquo;\u00e0 la Circ\u00e9e de <i>l&rsquo;Odys\u00e9e<\/i> &#8211; bien que certains danseurs aient le mot \u00ab\u00a0Circ\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e9crit dans le dos\u00a0; sans doute afin de faire na\u00eetre quelque ambigu\u00eft\u00e9, mal \u00e0 propos \u00e0 notre go\u00fbt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si lorsque vous entendez le mot \u00ab danse \u00bb vous l&rsquo;assimilez spontan\u00e9ment \u00e0 la recherche de l&rsquo;\u00e9quilibre, de la puret\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance, alors vous risquez d&rsquo;\u00eatre d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut consid\u00e9rer qu&rsquo;il y a une morale de la danse. Tout, dans la danse, dans la vraie danse, dit la construction de l&rsquo;homme, sa tenue, sa posture, sa philosophie, et son horizon. \u00c0 quoi sert la danse ? \u00c0 la m\u00eame chose que la musique. \u00c0 fa\u00e7onner la grossi\u00e8ret\u00e9, \u00e0 lui donner une forme, un cadre, parce que ceux qui ont le sens de l&rsquo;esth\u00e9tique ne gaspillent pas la grossi\u00e8ret\u00e9, ni ne la confondent avec la vulgarit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique du spectacle, que nous appellerons <i>son<\/i>, est un singulier m\u00e9lange angoissant de hurlements d&rsquo;oiseaux et de bruit de machines. Le son, c&rsquo;est de la musique d&rsquo;o\u00f9 est absente sa composante fondamentale : la pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pens\u00e9e semble en effet absente de cette repr\u00e9sentation. Le spectacle s&rsquo;est achev\u00e9 \u00e0 21h11. Il aurait pu s&rsquo;achever avant ou apr\u00e8s, nous n&rsquo;aurions per\u00e7u aucune diff\u00e9rence. Pas de diff\u00e9rence, car il n&rsquo;y a ni chronologie, ni logique, ni d\u00e9but, ni fin : pas d&rsquo;histoire, mais une suite saccad\u00e9e de mouvements. Finalement, c&rsquo;est le <i>sens<\/i> qui fait d\u00e9faut \u00e0 <i>Circ\u00e9o<\/i>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Neuf hommes se trouvent sur sc\u00e8ne. Sept d&rsquo;entre eux sont quasi nus, deux autres, \u00e0 l&rsquo;inverse, portent un accoutrement \u00e0 mi-chemin entre la tenue de l&rsquo;astronaute et du d\u00e9mineur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les sept hommes courent partout, s&rsquo;agitent, se pr\u00e9cipitent. Les deux autres sont lents, flegmatiques, presque immobiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne est trop grande pour \u00eatre \u00e9pous\u00e9e par un seul regard, et les sept hommes d&rsquo;une part, les deux hommes d&rsquo;autre part sont situ\u00e9s \u00e0 chaque extr\u00e9mit\u00e9 de la sc\u00e8ne de sorte que le contraste entre les deux types d&rsquo;habillement et de d\u00e9placement ressort de mani\u00e8re particuli\u00e8rement frappante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais les deux sont soumis au m\u00eame son, ce qui rend la diff\u00e9rence moins nette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement aux sons de la nature ou des machines, la musique est une construction humaine. Qui dit construction dit pens\u00e9e, dit <i>composition<\/i>. Au sens strict : poser avec, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, mettre des sons en rapport les uns avec les autres et, de ces rapports, tirer un sens, un langage, des images. Qui dit composition dit donc relations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;y a pas de relation entre le son du spectacle et les mouvements des danseurs\u00a0; ni entre les danseurs eux-m\u00eames. Pourtant leur aptitude physique et leur \u00ab\u00a0homog\u00e9n\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb (pas de diff\u00e9rence de taille trop marqu\u00e9e&#8230;) auraient sans doute permis de r\u00e9aliser une \u0153uvre chor\u00e9graphique d&rsquo;une grande qualit\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Pierre-Hugues Barre<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chor\u00e9graphe italien Fabrizio Favale nous a pr\u00e9sent\u00e9, ce samedi 24 mars, son spectacle de danse contemporaine Circeo, au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot. C&rsquo;est alors dans l&rsquo;univers de la mythique enchanteresse, mais aussi sur les terres volcaniques aux alentours du Mont Circ\u00e9, que le d\u00e9cor est plant\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux premi\u00e8res vibrations de la musique de Daniela Cattivelli, deux cr\u00e9atures apparaissent. L&rsquo;une aux allures futuristes, qui d&rsquo;une perche tient une autre, \u00e0 l&rsquo;allure primitive. La danse commence. La chor\u00e9graphie propos\u00e9e par Favale nous offre une exp\u00e9rience d&rsquo;abstraction in\u00e9dite, comme la reproduction, par le langage pur du corps, d&rsquo;un univers intense et \u00e9nigmatique. Huit danseurs op\u00e8rent la magie et nous emportent sur la sc\u00e8ne d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre volcanique, avec d&rsquo;un cot\u00e9, des projecteurs incandescents et de l&rsquo;autre un immense astre de roche. Un d\u00e9cor chaud, agr\u00e9able, qui s&rsquo;accompagne parfois d&rsquo;une musique quasi organique (grincements, bruits de bois, m\u00eal\u00e9s au bruit des frottement de corps et des respirations). Et pourtant, l&rsquo;atmosph\u00e8re est aussi glac\u00e9e, et inqui\u00e9tante. Le spectateur se trouve pi\u00e9g\u00e9 entre incertitude et fascination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur un fond sonore \u00e9lectronique et quasi satellitaire, deux hommes combattent la chaleur dans des combinaisons thermiques, et font des exp\u00e9riences avec des lumi\u00e8res et fum\u00e9es blanches, qu&rsquo;ils propulsent sur la roche. Que se passe-t-il ? On ne comprend pas, mais on \u00e9prouve tout. Comme le feu s&rsquo;oppose \u00e0 la glace, ici tous les \u00e9l\u00e9ments s&rsquo;opposent, se rencontrent, et se transforment pour cr\u00e9er une mati\u00e8re in\u00e9dite, invisible, belle. Une magnifique exp\u00e9rience se trouve sous nos yeux. Les \u00e9l\u00e9ments sont \u00e0 la fois organiques, telluriques, c\u00e9lestes, et industriels. Des corps presque nus, s&rsquo;\u00e9lancent puis se jettent au sol, ils s&rsquo;entrechoquent, s&rsquo;enlacent. Et les spectateurs vibrent avec eux. Le spectacle est extr\u00eamement dynamique, o\u00f9 chaque danseur bouge comme un \u00e9lectron libre. Mais on retrouve parfois des moments de synchronisation quasi robotique. Alors on nous renvoie \u00e0 la marche lente des deux hommes avec leurs machines, en combinaison blanche comme des astronautes, et qui d&rsquo;une fa\u00e7on inexplicable pr\u00e9sentent une menace pour le corps dansant. A tel point que quand les deux hommes recouvrent de fum\u00e9e blanche une roche g\u00e9ante, un danseur alors retrouv\u00e9 seul sur la sc\u00e8ne, se repeint en blanc et s&rsquo;\u00e9croule. Des hommes s&rsquo;\u00e9croulent, d&rsquo;autres arrivent, la danse devient cyclique et tournoyante, le spectacle est lunaire et riche. C&rsquo;est un r\u00e9el univers qui nous apparait, \u00e0 la fois fragile, car des corps s&rsquo;\u00e9teignent et sont recouverts par des couvertures ou m\u00eame par le rideau, mais aussi extr\u00eamement puissant. Car si parfois la salle se retrouve compl\u00e8tement plong\u00e9e dans le noir, que les danseurs sont \u00e0 terre, alors une lumi\u00e8re aveuglante nous frappe et la sc\u00e8ne revit. Et c&rsquo;est avec surprise qu&rsquo;en regardant les trois danseurs avec \u00e9crit \u00ab CIRCE \u00bb dans leur dos, par leurs mouvements incessants, je crus voir \u00e9crit \u00ab FORCE \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette danse, o\u00f9 l&rsquo;espace est brillamment utilis\u00e9, o\u00f9 se m\u00e9langent les \u00e9l\u00e9ments, l&rsquo;archa\u00efque et le technologique, ce conte \u00e0 l&rsquo;allure d&rsquo;un mythe moderne, mais profond\u00e9ment intemporel, est tout simplement d\u00e9concertant et envo\u00fbtant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Juliette Biot-Dunoyer<\/h6>\n<pre>Photographie : Alfredo Anceschi<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus Au Palais de Chaillot, on nous annonce ce soir que le prodige italien Fabrizio Favale pr\u00e9sente son \u0153uvre intitul\u00e9e Circ\u00e9o\u00a0: un ballet contemporain men\u00e9 par une compagnie de huit danseurs virtuoses. 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