{"id":11156,"date":"2018-04-05T20:00:03","date_gmt":"2018-04-05T18:00:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11156"},"modified":"2018-04-05T20:00:03","modified_gmt":"2018-04-05T18:00:03","slug":"operaporno","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11156","title":{"rendered":"Op\u00e9raporno"},"content":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | <a href=\"https:\/\/www.theatredurondpoint.fr\/spectacle\/operaporno\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9sumer <i>Op\u00e9raporno <\/i>en deux mots\u00a0: d\u00e9licieusement ind\u00e9cent. Cette \u00ab\u00a0op\u00e9rette ind\u00e9cente\u00a0\u00bb, comme la pr\u00e9sente son auteur et metteur en sc\u00e8ne Pierre Guillois est repr\u00e9sent\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point en ce d\u00e9but de printemps. Il s&rsquo;agit de la mise en musique d&rsquo;un week-end \u00e0 la campagne r\u00e9unissant le p\u00e8re, sa nouvelle fianc\u00e9e, le fils et la grand-m\u00e8re&#8230; Tout cela d\u00e9g\u00e9n\u00e9rant rapidement, de quiproquos en quiproquos, de l&rsquo;adult\u00e8re \u00e0 l&rsquo;inceste. Cependant tout en traitant de sujets totalement irr\u00e9v\u00e9rencieux, <i>Op\u00e9raporno <\/i>gagne le pari de rester l\u00e9ger et (absolument) hilarant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si certains critiques lui reprochent des sc\u00e8nes parfois un peu longues, je n&rsquo;ai pas ressenti cette longueur. La pi\u00e8ce en elle-m\u00eame est courte, moins d&rsquo;une heure et demi, mais elle agit comme une r\u00e9elle catharsis\u00a0; les pires m\u0153urs sont repr\u00e9sent\u00e9es sous les yeux \u00e9bahis du spectateur qui, \u00e0 certains moments, ne sait plus s&rsquo;il doit encore rire ou se mettre \u00e0 pleurer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est une op\u00e9rette, donc la pi\u00e8ce est rythm\u00e9e par des portions musicales, accompagn\u00e9s par deux musiciens, un pianiste et un violoncelliste cach\u00e9s dans un bosquet sur un c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne. Le niveau musical est tr\u00e8s s\u00e9rieux, la question n&rsquo;est pas de faire une parodie d&rsquo;op\u00e9ra, mais l&rsquo;interpr\u00e9tation se rapproche plut\u00f4t du genre de l&rsquo;op\u00e9ra bouffe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a ici une sorte de vulgarisation de l&rsquo;op\u00e9ra, mais aussi une vulgarisation (au sens propre) de la langue. La concentration de mots orduriers par phrase contribue \u00e0 faire de la pi\u00e8ce un v\u00e9ritable op\u00e9ra bouffe. Le c\u00f4t\u00e9 burlesque est soulign\u00e9 aussi par l&rsquo;esth\u00e9tique de la mise en sc\u00e8ne et des costumes. La grand-m\u00e8re est interpr\u00e9t\u00e9e par un homme, ce qui lui donne un c\u00f4t\u00e9 encore plus d\u00e9cal\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce a un r\u00f4le r\u00e9ellement cathartique, \u00e0 l&rsquo;exemple des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre antique. Mais \u00e9tonnamment on a une catharsis par le rire, terriblement efficace. Apr\u00e8s les applaudissements, les acteurs nous reprochent d&rsquo;applaudir une telle d\u00e9bauche, et ponctuent leur discours par un magnifique \u00ab\u00a0Et surtout, ayez du plaisir\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Camille Gho<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le metteur en sc\u00e8ne Pierre Guillois et le compositeur Nicolas Ducloux nous ont permis d\u2019assister \u00e0 un spectacle on ne peut plus hors-norme\u2026 Comme son nom l\u2019indique, Op\u00e9raporno a pour objet de repr\u00e9senter des sayn\u00e8tes autour du th\u00e8me du sexe brut, voire trash, au sein d\u2019une v\u00e9ritable op\u00e9rette, ce qui donna lieu \u00e0 un comique burlesque de plus en plus cons\u00e9quent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Saluons la qualit\u00e9 de chant et de diction des interpr\u00e8tes, tous assez audibles dans la grande salle du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, malgr\u00e9 le rythme effr\u00e9n\u00e9 de certaines des compositions. Saluons \u00e9galement le piano et le violoncelle, interpr\u00e9t\u00e9s par deux musiciens hors-pair, situ\u00e9s dans un coin de la sc\u00e8ne, dissimul\u00e9s sans \u00eatre invisibles. Saluons enfin la sc\u00e9nographie, bien pens\u00e9e, en particulier avec l\u2019habitation mont\u00e9e sur des roulettes, ce qui permit d\u2019alterner rapidement les sc\u00e8nes se d\u00e9roulant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou au contraire sur la devanture de la maison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 pour les qualit\u00e9s dites \u00ab\u00a0formelles\u00a0\u00bb de la pi\u00e8ce, qui sont incontestables. Vient d\u00e9sormais le souci de juger l\u2019histoire de la pi\u00e8ce. Or, cette derni\u00e8re est tellement d\u00e9sar\u00e7onnante qu\u2019il est difficile de pouvoir poser un avis tranch\u00e9 \u00e0 son sujet. Si nous entrons dans la salle avec un sourire aux l\u00e8vres en pensant au titre, et si nous nous amusons durant le premier quart d\u2019heure de voir effectivement le d\u00e9calage certain entre le th\u00e8me et la forme adopt\u00e9e pour repr\u00e9senter ce th\u00e8me, assez rapidement, pourtant, la situation prend tellement d\u2019ampleur et devient si grotesque (\u00e0 coup d\u2019incestes, de pratiques lubriques, et de vocabulaire explicite), que l\u2019on peut \u00eatre saisi de d\u00e9go\u00fbt \u00e0 la place du rire. Alors que le d\u00e9but pouvait amuser, lorsqu\u2019on croyait que s\u2019organisait une v\u00e9ritable histoire, cette derni\u00e8re nous appara\u00eet bien rapidement comme un simple pr\u00e9texte \u00e0 repr\u00e9senter diff\u00e9rentes situations pornographiques de plus en plus os\u00e9s. Mon avis est donc mitig\u00e9, mais je me r\u00e9jouis dans tous les cas d\u2019avoir assist\u00e9 \u00e0 un spectacle aussi original.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Rapha\u00ebl Rouzet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Op\u00e9raporno <\/i>est un spectacle pour le moins inhabituel, ce que son titre \u00e9loquent annonce d\u00e9j\u00e0 en rassemblant l&rsquo;op\u00e9ra et la pornographie, le chant et l&rsquo;accouplement exub\u00e9rant. Il faut pointer que tr\u00e8s rarement le spectacle vivant a l&rsquo;occasion de s&rsquo;aventurer aussi loin dans le maniement de tels lexique et registre, passablement grossiers, le plus souvent simplement crus, et dans l&rsquo;exposition impudique de sexualit\u00e9s en roue libre. De ce point de vue, <i>Op\u00e9raporno <\/i>r\u00e9ussit son pari (on imagine que c&rsquo;en \u00e9tait un)\u00a0: faire tenir et rire un public dans la salle pendant une heure et demie, face \u00e0 une sc\u00e8ne o\u00f9 d\u00e9filent, \u00e0 une vitesse improbable, des sc\u00e8nes rocambolesques, et des s\u00e9quences pornographiques entre le fils et sa grand-m\u00e8re, le p\u00e8re et son fils, la grand-m\u00e8re et la belle-fille, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle semble se construire selon une esth\u00e9tique du sursaut\u00a0: si son ouverture correspond, assez agr\u00e9ablement, \u00e0 tout ce qu&rsquo;un vaudeville ou une com\u00e9die fort burlesque fait promettre, rapidement la machine s&#8217;emballe ; les situations cocasses, ridicules, grotesques sont de plus en plus sexualis\u00e9es, de plus en plus vite et de plus en plus fort. Chaque sayn\u00e8te est pr\u00e9texte \u00e0 relancer \u00ab\u00a0l&rsquo;intrigue\u00a0\u00bb (des mots de Pierre Guillois, c&rsquo;\u00e9tait sur le sc\u00e9nario toujours n\u00e9glig\u00e9 des films pornographiques qu&rsquo;il a voulu mettre l&rsquo;accent), intrication de quiproquos comme des corps. <i>Op\u00e9raporno <\/i>tient tr\u00e8s bien son fil rouge, dans cette escalade insolite et douteuse de relations sexuelles, mais oublie assez t\u00f4t dans son d\u00e9roulement ce qui pouvait aussi faire le charme de son entreprise, \u00e0 savoir une hybridation heureuse entre le burlesque de petite com\u00e9die, le chant d&rsquo;op\u00e9rette, et le sexe d&rsquo;un film pornographique, m\u00e9lange des genres au sein duquel un d\u00e9s\u00e9quilibre s&rsquo;installe vite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le monde n&rsquo;appr\u00e9ciera pas, toutefois, l&rsquo;expos\u00e9 d\u00e9brid\u00e9 de toutes les pratiques sexuelles, <i>a fortiori <\/i>quand elles sont partag\u00e9es en famille. Mais le talent d&rsquo;<i>Op\u00e9raporno <\/i>est aussi de faire passer, en chanson, des sc\u00e8nes violentes, ou des sc\u00e8nes que toute morale nous dirait bien sales. Ces envol\u00e9es lyriques, accumulant les clich\u00e9s romantiques et plaqu\u00e9es sur des pratiques sexuelles d\u00e9cha\u00een\u00e9es, fournissent le meilleur du spectacle. Ces bouts chant\u00e9s assument, par ailleurs, le r\u00f4le de d\u00e9voiler \u00e0 l&rsquo;esprit ce qui n&rsquo;est pas sur sc\u00e8ne, car en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;impudeur ne s&rsquo;affiche pas sur les planches, mais dans les mots. On n&rsquo;y voit rien, quoiqu&rsquo;on entende tout. La pornographie du spectacle est presque tout enti\u00e8re orale, ce qui appara\u00eet moins une mani\u00e8re pudique de faire semblant d&rsquo;en faire trop pour finalement en faire peu, que bien plut\u00f4t faire confiance au pouvoir de suggestion du th\u00e9\u00e2tre, de l&rsquo;op\u00e9rette. <i>Op\u00e9raporno <\/i>n&rsquo;est probablement pas un spectacle \u00e0 mettre entre toutes les mains, sous tous les yeux et dans toutes les oreilles, mais a le m\u00e9rite de produire une tentative, louable, de briser quelques fronti\u00e8res morales, quelques tabous de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Louis Tisserand<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un lac qui se r\u00e9duit comme peau de chagrin, qui devient \u00e9tang puis mare. C&rsquo;est la premi\u00e8re chanson qu&rsquo;entonnent les interpr\u00e8tes d&rsquo;<i>Op\u00e9raporno<\/i>, une pi\u00e8ce \u00e9crite et mis en sc\u00e8ne par Pierre Guillois, et dont les airs chant\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s par Nicolas Ducloux. On pense \u00e0 une entr\u00e9e en mati\u00e8re douce et joyeuse, mais le refrain arrive et il est grivois. Cette mare devant nous, le petit cabanon qu&rsquo;elle abrite, et la for\u00eat qui les entoure vont \u00eatre le lieu d&rsquo;explorations sexuelles et sentimentales pour les quatre personnages de la pi\u00e8ce. Etrange\u00a0? L\u00e9g\u00e8rement. Une grand-m\u00e8re, un p\u00e8re, un fils, et la nouvelle compagne du p\u00e8re. Du coup, complications. Les d\u00e9sirs de tous sont grands, endormis ou \u00e9veill\u00e9s, parfois fatigu\u00e9s. C&rsquo;est un jeu de cache-cache perp\u00e9tuel, puisque le fils d\u00e9sire sa belle-m\u00e8re, le p\u00e8re son fils, que ce dernier viole sa grand-m\u00e8re pensant que c&rsquo;est la compagne de son p\u00e8re. Les v\u00e9rit\u00e9s \u00e9clatent, on donne des noms aux actes qui ont \u00e9t\u00e9 mim\u00e9s sur sc\u00e8ne, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de rapports consentis, de masturbations, d&rsquo;\u00e9rections qui durent bien trop longtemps, de viol, d&rsquo;incestes. C&rsquo;est tr\u00e8s trash et d&rsquo;une certaine mani\u00e8re violent, mais extr\u00eamement dr\u00f4le et d\u00e9rangeant. Il est rare de voir au th\u00e9\u00e2tre autre chose que des jeux de s\u00e9ductions et des instants elliptiques\u00a0 lorsque l&rsquo;on aborde la part sexuelle d&rsquo;une pi\u00e8ce. C&rsquo;est le contraire ici, et \u00e9videmment, cela ne va pas sans heurts- notamment parce que l&rsquo;on aborde des notions du rapport \u00e0 l&rsquo;autre qui restent habituellement dans des tiroirs que l&rsquo;on se garde d&rsquo;ouvrir. On sort \u00e9tourdi du th\u00e9\u00e2tre, on y repense et puis l&rsquo;on se dit qu&rsquo;il faut parfois des soirs o\u00f9 on abolit la fronti\u00e8re de la biens\u00e9ance. M\u00eame si toutes les pi\u00e8ces ne peuvent et ne doivent pas tout dire, il est parfois n\u00e9cessaire de ne rien cacher, quitte \u00e0 laisser le spectateur troubl\u00e9, un peu agac\u00e9, circonspect. Cela veut dire qu&rsquo;il y a encore beaucoup \u00e0 dire et explorer, non\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Margaux Daridon<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle aurait pu s&rsquo;appeler \u00ab\u00a0partie de campagne\u00a0\u00bb ou bien \u00ab\u00a0week-end au vert\u00a0\u00bb, mais non, le titre est tr\u00e8s explicite sur ce que nous allons voir : \u00ab\u00a0Op\u00e9raporno\u00a0\u00bb. Pour ce qui est du c\u00f4t\u00e9 op\u00e9ra, beaucoup de critiques disent que c&rsquo;est plut\u00f4t une op\u00e9rette, et je suis bien d&rsquo;accord, avec cela, on ne pourra jamais comparer ce spectacle \u00e0 la qualit\u00e9 de chant du \u00ab\u00a0Barbier de S\u00e9ville\u00a0\u00bb par exemple. Pour le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0porno\u00a0\u00bb, je m&rsquo;attendais \u00e0 quelque chose de bien plus trash. L&rsquo;histoire de base est assez simple : un homme part en week-end dans une vieille baraque de famille au bord de l&rsquo;eau avec sa nouvelle femme, son fils et sa m\u00e8re ; cela aurait pu s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0 : un joli petit week-end en famille au vert ! Mais les ennuis commencent d\u00e8s le d\u00e9but : ils ont oubli\u00e9 la grand-m\u00e8re dans la voiture. D&rsquo;ailleurs, d\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e du public dans la salle, on peut voir la grand-m\u00e8re attendre dans la \u00ab\u00a0voiture\u00a0\u00bb. Puis la pi\u00e8ce commence par l&rsquo;orchestre, compos\u00e9 d&rsquo;un pianiste et d&rsquo;un violoncelliste \/ guitariste qui joue un morceau joyeux. Cette op\u00e9rette est bas\u00e9 sur un \u00e9norme quiproquo : le public comprend tr\u00e8s vite que le fils est attir\u00e9 sexuellement par sa belle-m\u00e8re, et que cette derni\u00e8re fait expr\u00e8s d&rsquo;user de ses charmes pour l&rsquo;exciter encore plus. Par un \u00e9norme malentendu le fils va finalement coucher avec la grand-m\u00e8re en croyant que c&rsquo;est sa belle-m\u00e8re. Malentendu qui cr\u00e9era pleins de moments comiques par la suite jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il apprenne la v\u00e9rit\u00e9. Le p\u00e8re est \u00e9galement tr\u00e8s dr\u00f4le car il a un c\u00f4t\u00e9 na\u00eff. Il a des suspicions que sa femme le trompe, mais il est pas tr\u00e8s d\u00e9gourdi et se coupe le doigt en espionnant sa femme et son fils sur la barque tandis qu&rsquo;il coupait les haies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle aurait pu tr\u00e8s rapidement tourner au vulgaire avec une mauvaise mise en sc\u00e8ne, mais ce n&rsquo;est pas le cas gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;humour, la musique et les d\u00e9cors qui sont tr\u00e8s vari\u00e9s et bucoliques.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Charlotte Dutron<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Op\u00e9raporno est un spectacle \u00e9crit et mit en sc\u00e8ne par Pierre GUILLOIS. La composition musicale est cr\u00e9\u00e9e par Nicolas DULOUX. Cet op\u00e9rette est jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre du rond point et diffus\u00e9 par S\u00e9verine ANDRE LIEBAUT et SCENE 2. Il y a seulement 4 acteurs \/ chanteurs sur\u00a0 sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La situation initiale est une famille recompos\u00e9e constitu\u00e9e du p\u00e8re et son fils Victor, puis respectivement de la femme et belle-m\u00e8re Clothilde, et enfin de la m\u00e8re du p\u00e8re. Ils vont en vacances dans leur maison de campagne isol\u00e9e dans la nature. \u00ab L&rsquo;intrigue \u00bb de la pi\u00e8ce est une sorte de triangle amoureux, le p\u00e8re aime sa femme, mais elle aguiche\u00a0 son beau-fils afin d&rsquo;avoir une relation sexuelle avec lui. Celui-ci est fort attir\u00e9 mais n&rsquo;ose pas r\u00e9v\u00e9ler ses sentiments et pulsions pour sa belle-m\u00e8re. Se d\u00e9roulent ensuite plusieurs p\u00e9rip\u00e9ties de nature plus ou moins obsc\u00e8ne. Les enjeux sont cr\u00e9\u00e9s par l&rsquo;enchainement de quiproquos participant au comique de la pi\u00e8ce principalement d\u00e9velopp\u00e9 sur le comique de situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai personnellement peu aim\u00e9 ce spectacle. J&rsquo;\u00e9tais fortement surprise par l&rsquo;hilarit\u00e9 imm\u00e9diate du public d\u00e8s les premi\u00e8res r\u00e9pliques alors que je trouvais les blagues lourdes, r\u00e9chauff\u00e9es, beaufs et limite vulgaires. La situation s&#8217;empire lorsque la principale action qui pose la base du quiproquo est une relation incestueuse entre la grand-m\u00e8re et son petit-fils qui est persuad\u00e9 que c&rsquo;est Clothilde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je trouve cela g\u00eanant, sans parler de la sc\u00e8ne pr\u00e9c\u00e9dente qui n&rsquo;est autre qu&rsquo;une relation sexuelle consentante entre Victor et son p\u00e8re. Surtout que cette situation n&rsquo;apporte rien \u00e0 l&rsquo;intrigue, en cela c&rsquo;est d\u00e9rangeant. Quel \u00e9tait le but de rajouter cette situation d&rsquo;inceste ? M\u00eame dans un but humoristique, je trouve cela d\u00e9plac\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces relations incestueuses ont g\u00e2ch\u00e9 le potentiel comique du concept \u00ab\u00a0Op\u00e9raporno\u00a0\u00bb.\u00a0 Le quiproquo de la relation de la grand-m\u00e8re et Victor \u00e9tait dr\u00f4le, lui se d\u00e9clarant dans une tirade enflamm\u00e9e, tout en exprimant quelques surprises sur certaines caract\u00e9ristiques physiques qu&rsquo;il ne soup\u00e7onnait pas chez Clotilde (son dentier etc&#8230;). Mais le rire \u00e9tait pour ma part brid\u00e9 par le c\u00f4t\u00e9 incestueux de la situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, le personnage de la grand-m\u00e8re \u00e9tait dr\u00f4le et tr\u00e8s bien jou\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait un acteur qui la jouait, ce qui lui donnait une voix cass\u00e9e r\u00e9aliste. L&rsquo;ironie de ce personnage \u00e9tait dans le d\u00e9calage entre son discours sexuel dans le contexte familial et son \u00e2ge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9cors \u00e9tait tr\u00e8s bien pens\u00e9s, c&rsquo;\u00e9tait des \u00eelot feuillus modulables plac\u00e9s sur des plateaux roulants. Ainsi il suffisait de les tourner pour passer dans un autre lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin les m\u00e9lodies musicales \u00e9taient int\u00e9ressantes et dynamiques, compos\u00e9es d&rsquo;un piano et d&rsquo;un violoncelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement les paroles des chants \u00e9taient creuses, c&rsquo;\u00e9tait souvent une phrase r\u00e9p\u00e9t\u00e9e en boucle et chant\u00e9e en canon. J&rsquo;ai seulement appr\u00e9ci\u00e9 le chant final o\u00f9 les quatre acteurs chantaient en canon \u00e0 diff\u00e9rentes tessitures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion malgr\u00e9 les quelques \u00e9l\u00e9ments que j&rsquo;ai appr\u00e9ci\u00e9, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9\u00e7ue par cette pi\u00e8ce dont l&rsquo;humour \u00e9tait bas\u00e9 sur des quiproquos de relations incestueuses. J&rsquo;en suis ressortie vide.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Adeline de la Forest Divonne<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tant toujours aficionada de l&rsquo;op\u00e9ra classique et habitu\u00e9e aux pi\u00e8ces comme la Boh\u00e8me, la Traviata&#8230; J&rsquo;ai trouv\u00e9 cet op\u00e9ra formidable, mais ce n&rsquo;est pas pour son c\u00f4t\u00e9 classique mais bien au contraire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un spectacle assez moderne, cela reste un op\u00e9ra puisque les personnages chantent pendant que le drame se d\u00e9roule, mais avec des sc\u00e8nes pornographiques qui constituent le c\u00f4t\u00e9 humoristique de l&rsquo;oeuvre. C&rsquo;est un op\u00e9ra contemporain qui raconte des sc\u00e8nes \u00ab\u00a0normales\u00a0\u00bb, on pourrait dire m\u00eame de la vie quotidienne, des fois un peu exag\u00e9r\u00e9es aussi. On peut m\u00eame se sentir identifi\u00e9 avec les personnages. Cependant il faut qu&rsquo;une chose reste claire: l&rsquo;exag\u00e9ration et la surr\u00e9alit\u00e9 de cette op\u00e9ra est ce qui est dr\u00f4le en soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je recommande totalement de vous vous rapprocher \u00e0 ce petit th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point au coeur des Champs-Elys\u00e9es pour que vous puissiez bien observer cet op\u00e9ra inoubliable !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Saioa Azpirotz Lakidain<\/h6>\n<pre>Illustration : Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Op\u00e9ra | Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point | En savoir plus R\u00e9sumer Op\u00e9raporno en deux mots\u00a0: d\u00e9licieusement ind\u00e9cent. Cette \u00ab\u00a0op\u00e9rette ind\u00e9cente\u00a0\u00bb, comme la pr\u00e9sente son auteur et metteur en sc\u00e8ne Pierre Guillois est repr\u00e9sent\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point en ce d\u00e9but de printemps. 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