{"id":11175,"date":"2018-04-11T20:00:17","date_gmt":"2018-04-11T18:00:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11175"},"modified":"2018-04-11T20:00:17","modified_gmt":"2018-04-11T18:00:17","slug":"radical-light","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11175","title":{"rendered":"Radical light"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille | <a href=\"http:\/\/www.theatre-bastille.com\/saison-17-18\/les-spectacles\/radical-light\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><i>Au contact de sa pulsation<\/i><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle <i>Radical Light<\/i> de Salva Sanchis pr\u00e9sent\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre de la Bastille se place comme une exp\u00e9rimentation hybride o\u00f9 chor\u00e9graphie contemporaine formelle et danse lib\u00e9r\u00e9e en bo\u00eete de nuit se rencontrent. On sent, gr\u00e2ce \u00e0 la bande-son allant crescendo, que la pulsation marqu\u00e9e au pied par les danseurs retrace la fr\u00e9n\u00e9sie grandissante d&rsquo;une soir\u00e9e pass\u00e9e \u00e0 danser sur des rythmes \u00e9lectroniques tant\u00f4t envoutants tant\u00f4t assourdissants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les spectateurs prennent place dans la salle alors que les danseurs sur sc\u00e8ne dansent d\u00e9j\u00e0. S&rsquo;installe alors un jeu voyeur pr\u00e9sent tout au long de la production o\u00f9 chacun observe l&rsquo;autre sans pour autant le rejoindre. Le contact est absent de ce ballet contemporain qui se r\u00e9approprie l&rsquo;approche charnelle d&rsquo;un tango en le transformant en simples effleurements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui lie les danseurs entre eux ce n&rsquo;est pas une chor\u00e9graphie ordonn\u00e9e mais bien une sc\u00e9nographie organis\u00e9e autour d&rsquo;un rectangle orange au sol baign\u00e9 d&rsquo;une lumi\u00e8re aux teintes \u00e9rubescentes presque martiennes. Sur ce ring, les danseurs, perdus dans leurs propres approches du mouvement, se battent \u00e0 l&rsquo;aveugle contre les autres en un tourbillon de pas qui se r\u00e9pondent sur le mod\u00e8le de la fugue et du contrepoint. Le regard du spectateur se fixe sur un danseur et se perd dans l&rsquo;effort de reconstituer une vision de groupe. A la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et \u00e0 la rigueur du mouvement h\u00e9rit\u00e9 de la danse classique se m\u00ealent la transe tecktonik ainsi que des accents de danse urbaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On regrettera n\u00e9anmoins que la lumi\u00e8re, pourtant annonc\u00e9e d\u00e8s le titre, ne joue pas davantage avec son environnement de bo\u00eete de nuit o\u00f9 les corps auraient \u00e9t\u00e9 irradi\u00e9s par les faisceaux convulsifs des stroboscopes iridescents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La performance physique des cinq danseurs est \u00e0 saluer car les corps sont sans arr\u00eat en mouvement, tentant de suivre la pulsation endiabl\u00e9e des rythmes \u00e9lectroniques. M\u00eame si le tempo de la danse est effr\u00e9n\u00e9, le spectateur peut ressentir une lassitude vers la fin du spectacle \u00e0 la vue de cette intensit\u00e9 soutenue qui m\u00e9riterait des moments de stase contemplative pour pouvoir se projeter dans la danse sans subir une dynamique qui laisse le spectateur essouffl\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque danseur, dans sa bulle, tente d&rsquo;envoyer en s\u00e9maphore des messages par le corps qui restent sans r\u00e9ponse. La danse individuelle, signe de libert\u00e9, d&rsquo;oubli des conventions et de soi-m\u00eame se heurte \u00e0 la solitude dans des lieux qui devraient \u00ab\u00a0pousser \u00e0 la rencontre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Victoria Robert<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chor\u00e9graphi\u00e9 et mis en sc\u00e8ne par l&rsquo;espagnol Salva Sanchis et pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille, <i>Radical Light<\/i> laisse la place \u00e0 l&rsquo;expression et \u00e0 l&rsquo;individualit\u00e9 de cinq danseurs, quatre hommes et une femme, cr\u00e9ant ensemble une unit\u00e9 et une danse collective pla\u00e7ant au c\u0153ur de la repr\u00e9sentation le spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur une musique techno minimale \u00e9voluant au fil de la repr\u00e9sentation, elle plonge les danseurs et le spectateur dans une atmosph\u00e8re changeante, explorant les contrastes de mouvements fluides et saccad\u00e9s, collectifs et individuels, amples et int\u00e9rioris\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Radical Light<\/i> fait voyager le spectateur pendant une heure dans un \u00e9crin de danse, les interpr\u00e8tes ne quittant jamais l&rsquo;espace sc\u00e9nique. Le spectateur y est plong\u00e9 d\u00e8s son arriv\u00e9e, les danseurs \u00e9voluant dans l&rsquo;espace par l&rsquo;ex\u00e9cution de mouvements dans\u00e9s sur un\u00a0fond musical.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs explorent la totalit\u00e9 de l&rsquo;espace sc\u00e9nique, chacun variant son attitude, adoptant quelques fois la posture passive du spectateur, regardant \u00e9voluer la repr\u00e9sentation puis se faisant contaminer par une gestuelle, reprenant ainsi sa place d&rsquo;interpr\u00e8te. Il passe ainsi de la posture de l&rsquo;acteur \u00e0 l&rsquo;observateur, en passant du carr\u00e9 orang\u00e9 plac\u00e9 au centre au noir environnant, faisant ainsi \u00e9voluer sa danse en coh\u00e9sion avec les autres artistes. La danse est \u00e0 la fois construite, d\u00e9construite, m\u00ealant performance, \u00e9motion et mouvement simple. Elle s&rsquo;int\u00e9resse ainsi aux diff\u00e9rentes notions de sa propre d\u00e9finition, appuy\u00e9e par un travail de lumi\u00e8re en coh\u00e9rence avec la danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rythme de la repr\u00e9sentation est soutenu jusqu&rsquo;au noir final amenant le spectateur \u00e0 se laisser entrainer par ses \u00e9motions sans n\u00e9cessairement en comprendre l&rsquo;origine. Cette performance \u00e9blouissante laisse le spectateur songeur du voyage qu&rsquo;il vient de traverser !\u00a0<i>Radical Light<\/i>, un spectacle intimiste, un voyage partag\u00e9&#8230;<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Sophie Lair<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Radical light<\/em> est une performance au Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille produite par Salva Sanchis, chor\u00e9graphe espagnol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le d\u00e9but du spectacle, la chor\u00e9graphie spontan\u00e9e, impulsive, chaotique coupe le souffle. Tout au long de l&rsquo;action, on reste sous la pression du rythme et du mouvement. L&rsquo;action principale se passe autour d&rsquo;un tapis orange &#8211; une tache color\u00e9e qui attire l&rsquo;attention des cinq danseurs (quatre hommes et une femme). L&rsquo;action se d\u00e9roule lentement, accompagnant une techno simple, \u00e0 peine rythm\u00e9e. Progressivement, la musique gagne en force et en cadence, les mouvements reprennent du dynamisme. Tout d&rsquo;un coup, la danse instinctive se transforme en gestes harmonieux ce qui nous renvoie \u00e0 l&rsquo;image de la vie m\u00eame: accord\u00e9e et d\u00e9saccord\u00e9e, impulsive et cadr\u00e9e. En effet, la performance donne un grand nombre de possibilit\u00e9s d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fin du spectacle est brutale, des spectateurs comme un organisme unique recommencent \u00e0 respirer cet air magique qui vient de passer sur le plateau.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Mariia Romanova<\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photographie :\u00a0Bart Grietens<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille | En savoir plus Au contact de sa pulsation Le spectacle Radical Light de Salva Sanchis pr\u00e9sent\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre de la Bastille se place comme une exp\u00e9rimentation hybride o\u00f9 chor\u00e9graphie contemporaine formelle et danse lib\u00e9r\u00e9e en bo\u00eete de nuit [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":11086,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,42],"tags":[],"class_list":["post-11175","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-theatre-de-la-bastille"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11175","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11175"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11175\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11175"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11175"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11175"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}