{"id":11290,"date":"2018-05-09T20:00:12","date_gmt":"2018-05-09T18:00:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11290"},"modified":"2018-05-09T20:00:12","modified_gmt":"2018-05-09T18:00:12","slug":"ballet-de-lopera-de-lyon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11290","title":{"rendered":"Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | <a href=\"https:\/\/www.theatredelaville-paris.com\/fr\/spectacles\/saison-2017-2018\/danse\/sarabande-critical-mass-steptext\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>SOIR\u00c9E DANS\u00c9E \u00c0 L&rsquo;ESPACE PIERRE CARDIN<\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Trois ballets contemporains en une soir\u00e9e&#8230; Tous diff\u00e9rents, avec pour points communs la recherche, l&rsquo;originalit\u00e9, le rythme et le d\u00e9cousu, et le fait d&rsquo;\u00eatre tous trois au r\u00e9pertoire du Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon. Benjamin Millepied, Russel Maliphant et William Forsythe \u00e9taient invit\u00e9s par le Th\u00e9\u00e2tre de la Ville \u00e0 l&rsquo;Espace Pierre Cardin \u00e0 Paris, du 2 au 12 mai 2018&#8230;<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Sarabande<\/i>. Nom f\u00e9minin d\u00e9signant une danse lente. Et aussi titre du ballet de Benjamin Millepied pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Espace Pierre Cardin. Sur des extraits de <i>La Partita pour fl\u00fbte seule<\/i> et des <i>Sonates et Partitas pour violon seul<\/i> de Jean-S\u00e9bastien Bach, un danseur, puis deux, puis quatre, tous en chemise \u00e0 carreaux ou ray\u00e9e, tels des boyscouts adultes, dansent, se battent, s&rsquo;amusent. Avec une bonne humeur et une \u00e9nergie d\u00e9bordante. Cette sarabande fait penser \u00e0 une amiti\u00e9 champ\u00eatre, douce et enfantine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l&rsquo;entracte, pour clore cette soir\u00e9e dansante, c&rsquo;est au tour de William Forsythe de pr\u00e9senter son ballet d\u00e9structur\u00e9 <i>Steptext<\/i>, sur, de nouveau, une musique de Jean-S\u00e9bastien Bach : <i>Chaconne de la Sonate n\u00b04 pour violon seul en r\u00e9 mineur<\/i>. L\u00e0, la musique est coup\u00e9e par moment. D&rsquo;ailleurs, le ballet commence dans le silence. Seuls les corps bougent et cr\u00e9ent leur propre musique. Puis, le violon d\u00e9marre. Et la chor\u00e9graphie, au millim\u00e8tre pr\u00e8s, correspond exactement \u00e0 cette musique qui commence, s&rsquo;arr\u00eate et reprend. D&rsquo;une fa\u00e7on qui semble au public al\u00e9atoire. Mais qui ne l&rsquo;est certainement pas. N\u00e9anmoins, malgr\u00e9 la gr\u00e2ce des danseurs et la beaut\u00e9 de la chor\u00e9graphie, la magie manque \u00e0 l&rsquo;appel et on a tendance \u00e0 trouver le temps un peu long.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Surtout que ce dernier ballet arrive apr\u00e8s le deuxi\u00e8me qui, lui, nous emporte et nous emballe grandement. Il s&rsquo;agit de <i>Critical Mass<\/i> de Russell Maliphant. Sur une musique \u00e9volutive et \u00e9lectro de Richard English et Andy Cowton, les danseurs Albert Nikolli et Leoannis Pupo-Guillen nous emm\u00e8nent dans leur monde de sorties en bo\u00eete de nuit, de danse ivre dans la rue, de rythmes latinos&#8230; Ils nous font voyager \u00e0 travers les danses, les \u00e9poques et les pays, au son de cette musique hypnotique. On ne s&rsquo;en lasse pas. C&rsquo;est incroyable de beaut\u00e9 et de virtuosit\u00e9. On est happ\u00e9 par leur \u00e9nergie et leur complicit\u00e9. Un bonheur d&rsquo;une bonne demie-heure que l&rsquo;on a envie de revoir encore.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\"><b>Marion Mayer<\/b><\/h6>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Trio gagnant<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cach\u00e9 dans un parc pr\u00e8s de la place de la Concorde, l\u2019espace Cardin fut ce soir l\u00e0 un v\u00e9ritable \u00e9crin intimiste pour les danseurs du ballet de l\u2019op\u00e9ra de Lyon. Ceux-ci nous ont offert un magnifique moment de danse contemporaine. Trois grands noms du contemporain \u00e9taient en t\u00eate d\u2019affiche : Benjamin Millepied, Russel Maliphant et William Forsythe. Les trois pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es sont chacune entr\u00e9es au r\u00e9pertoire du ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Lyon \u00e0 une dizaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019intervalle, de 1987 \u00e0 2011. J\u2019ai pour ma part beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 cet ensemble extr\u00eamement coh\u00e9rent et harmonieux. Le rapport au ballet est sous-jacent mais pens\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 de trois fa\u00e7ons diff\u00e9rentes. La \u00ab\u00a0Sarabande\u00a0\u00bb enjou\u00e9e de Millepied annon\u00e7ait d\u2019entr\u00e9e de jeu la pr\u00e9sence d\u2019un certain classicisme \u00e0 travers des danses a\u00e9riennes sur des morceaux de Bach pour fl\u00fbte et violon. Une tr\u00e8s belle \u00e9nergie se d\u00e9gageait de ce quatuor masculin, dont la joie et l\u2019\u00e9nergie fougueuse \u00e9taient communicatives. La pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Critical Mass\u00a0\u00bb de Russel Maliphant fut pour moi un vrai coup de coeur et un chef d\u2019oeuvre du genre. A la fois ambitieuse mais aussi facile d\u2019acc\u00e8s, ludique et grave, influenc\u00e9e par d\u2019autres courants tels que les arts martiaux ou la danse latine, c\u2019est une pi\u00e8ce extr\u00eamement riche et surprenante. Les spectateurs se sont d\u2019ailleurs fait avoir plusieurs fois, se mettant \u00e0 applaudir \u00e0 plusieurs reprises au cours de la pi\u00e8ce en pensant que cette derni\u00e8re touchait \u00e0 sa fin! H\u00e9 bien non, et je suis d\u2019accord avec une spectatrice disant : \u00ab\u00a0J\u2019aurai voulu que \u00e7a ne finisse jamais\u00a0\u00bb. On en ressort nous m\u00eames \u00e0 bout de souffle, abasourdi par une performance extr\u00eamement physique, \u00e0 la beaut\u00e9 hypnotique. La mise en sc\u00e8ne faite de musique \u00e9lectronique entrelac\u00e9e d\u2019\u00e9chos urbains et de jeux de lumi\u00e8re nous captive et nous entra\u00eene d\u2019autant plus dans ce duel\/duo dansant d\u2019exception. L\u2019oeuvre la plus ambivalente cl\u00f4turait la soir\u00e9e: avec \u00ab\u00a0Steptext\u00a0\u00bb de Forsythe, impossible de d\u00e9partager qui du moderne ou du classique prenait le dessus. De nombreux codes du ballet classique \u00e9taient pr\u00e9sents, pour peut-\u00eatre \u00eatre encore mieux bris\u00e9s par la suite. Iconoclaste de renom, Forsythe met en fond sonore du Bach et l\u2019interrompt brutalement \u00e0 intervalles r\u00e9guliers! Les mouvements extr\u00eamement pr\u00e9cis, r\u00e9guliers et saccad\u00e9s s\u2019enchainent, entre pas classiques et figures de \u00ab\u00a0voguing\u00a0\u00bb rendant les bras de ces danseurs classiques, d\u2019habitude \u00e9l\u00e9gants et agiles, ici violents et agressifs. La figure f\u00e9minine semble d\u2019ailleurs vouloir s\u2019\u00e9manciper de son carcan classique o\u00f9, sans cesse encadr\u00e9e par les figures masculines, elle cherche maintenant \u00e0 se rebeller. Une pi\u00e8ce en somme toute tr\u00e8s exigeante mais avec le recul, n\u00e9cessaire. Trio gagnant en danse contemporaine pour la programmation du th\u00e9\u00e2tre de la ville de Paris!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">H\u00e9l\u00e8ne Chaland<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Th\u00e9\u00e2tre de la ville, espace Pierre Cardin. Il fait encore jour, l&rsquo;air est lourd, la salle est pleine. L&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon donne un ballet anonyme avec des danseurs anonyme. Les chor\u00e9graphies pr\u00e9sent\u00e9es, comme une anthologie de nouvelles en chaussons, s&rsquo;intitulent \u00ab\u00a0Sarabande\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Critical Mass\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Steptext\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les gens toussent, ta voisine mord dans son pain avec une concentration toute neuve. La lumi\u00e8re s&rsquo;\u00e9teint, musique. Tu es d\u00e9\u00e7ue que l&rsquo;accompagnement sonore soit pr\u00e9-enregistr\u00e9, \u00e7a gr\u00e9sille dans les hauts-parleurs. Pour Sarabande, ce sont des fl\u00fbtes et des violons, extraits de Jean-S\u00e9bastien Bach.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme appara\u00eet, chemise \u00e0 carreaux. Tu fixes la chemise et tu te dis que, d\u00e9finitivement, tu n&rsquo;appr\u00e9cies pas le contemporain. Et quand les autres danseurs le rejoignent sur sc\u00e8ne, tu ne peux que constater l&rsquo;effort math\u00e9matique : des chemises \u00e0 rayures verticales et horizontales qui, additionn\u00e9es, donnent celle \u00e0 carreaux que porte le premier danseur. Tu h\u00e9sites \u00e0 quitter, l\u00e0, tout de suite, tu n&rsquo;aimes vraiment pas les chemises \u00e0 carreaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins il danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est vrai, la musique ne te pla\u00eet pas, les costumes non plus, mais tu aimes les corps. Les mouvements de hanches, de bras, de jambes sont d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance prudente. Tu admires le choix du metteur en sc\u00e8ne de ne faire danser que des hommes dans une sensualit\u00e9 qu&rsquo;on aurait pu, \u00e0 yeux mi-clos, d&rsquo;abord accorder \u00e0 une femme. L&rsquo;exclusivit\u00e9 t&rsquo;intrigue. L&rsquo;homme seul, pourtant emm\u00eal\u00e9 \u00e0 l&rsquo;imaginaire de la femme, d\u00e9construit la danse masculine avec une douceur effarante. La danse y devient un art androgyne, un ode \u00e0 la masculinit\u00e9 sensible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Critical Mass\u00a0\u00bb, c&rsquo;est autre chose. D\u00e9j\u00e0, on tombe les chemises \u00e0 carreaux. Un combat c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te contre soi, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il y para\u00eet. Deux hommes jouent en miroir sans miroir. Des talents de corps dans ce qui a l&rsquo;air, de loin, d&rsquo;un combat de catch ou, plus tard, d&rsquo;une le\u00e7on de danse latine. Un duel plus qu&rsquo;un duo, la violence est liss\u00e9e par le charme du corps \u00e0 corps. Oh, les port\u00e9es sont magnifiques, on s&rsquo;en \u00e9meut dans l&rsquo;\u00e9meute.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le troisi\u00e8me acte, c&rsquo;est \u00ab\u00a0Steptext\u00a0\u00bb. Ici, une pr\u00e9sence f\u00e9minine, lycra rouge et cheveux tir\u00e9s, stricte. La femme est ballot\u00e9e entre trois hommes qui s&rsquo;attachent \u00e0 danser avec elle. Elle passe, elle tournoie, elle joue avec eux comme ils jouaient entre eux. Dans une gestuelle qui s&rsquo;apparente \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique du langage des signes, ils communiquent silencieusement. \u00c0 quatre, le lecteur ne sait plus qui regarder sur sc\u00e8ne, le rouge et le noir stendhalien ou bien les hommes qui se battent un peu plus loin ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, les trois chor\u00e9graphies \u00e9tant chacune comme un bouquet de fleurs, compositions diverses cousues ensemble. C&rsquo;\u00e9tait ouvrir une bo\u00eete de chocolat, les manger un \u00e0 un en les savourant bien et constater soudain que la bo\u00eete est vide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, pas une oeuvre qui ressort davantage. D&rsquo;ailleurs tu ne saurais dire, finalement, si tu as aim\u00e9. Le ballet, dans son ensemble, te porte plus \u00e0 croire \u00e0 un travail \u00e9bauch\u00e9, dont la finitude pourrait \u00eatre grandiose, qu&rsquo;\u00e0 un spectacle d\u00e9j\u00e0 mis en salle rouge.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Valentine Lesser<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;espace Pierre Cardin, brillant de nuit dans le jardin des Champs-\u00c9lys\u00e9es, accueille pendant les deux premi\u00e8res semaines de mai les danseurs du Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon. En apr\u00e8s-midi ou en soir\u00e9e, les spectateurs peuvent s&rsquo;asseoir confortablement dans les si\u00e8ges rouges de la salle de th\u00e9\u00e2tre r\u00e9cemment r\u00e9nov\u00e9e, comptant pr\u00e8s de 700 places.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois \u0153uvres sont jou\u00e9es, amenant trois tableaux successifs, trois ambiances contrast\u00e9es\u00a0: <i>Sarabande<\/i> (2009), <i>Critical Mass<\/i> (1998) puis <i>Steptext<\/i> (1985).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la premi\u00e8re, quatre hommes en chemise \u00e0 carreaux se cherchent, jouent et \u00e9voluent au fil de leurs pas et port\u00e9s sur les <i>Sonates et Partitas pour fl\u00fbte et violon seuls <\/i>de Bach. Baign\u00e9s d&rsquo;une lumi\u00e8re \u00e9clatante, l&rsquo;on se sentirait presque devant une sc\u00e8ne \u00e0 la campagne, une journ\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la seconde, deux hommes, dans une lumi\u00e8re bleue tamis\u00e9e, r\u00e9p\u00e8tent inlassablement des motifs dans\u00e9s. Puis, sur fond d&rsquo;une musique de tango, ils se meuvent ensemble, se portent l&rsquo;un l&rsquo;autre pour aller plus loin, en parfaite harmonie&#8230; Le spectacle d&rsquo;une proximit\u00e9 physique et d&rsquo;une complicit\u00e9 masculines est \u00e9mouvant. Mon c\u0153ur n&rsquo;est pas le seul \u00e0 s&rsquo;\u00eatre fait emporter \u00e0 ce moment-l\u00e0\u00a0; avant que le rideau noir ne tombe, les applaudissements et \u00ab\u00a0bravo\u00a0!\u00a0\u00bb n&rsquo;en finissent pas de pleuvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la troisi\u00e8me, trois hommes et une femme v\u00eatus de justaucorps communiquent par des mouvements cod\u00e9s de bras et par des pas longs et \u00e9tendus, sur une chaconne pour violon seul de Bach entrecoup\u00e9e. Par son habit rouge et sa hauteur impressionnante une fois sur ses pointes, la danseuse appara\u00eet comme un objet de d\u00e9sir et les hommes, en noir, se confondraient presque avec le fond de la sc\u00e8ne\u00a0: je regrette cette polarisation, absente des premiers tableaux. La technique des danseurs est tr\u00e8s impressionnante, bien que le justaucorps ne permet aucun mensonge sur la maigreur terrible de la jeune femme, dont les muscles saillent l\u00e0 o\u00f9 la chair se creuse au rythme de sa respiration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs du Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon nous livrent ici des interpr\u00e9tations exceptionnelles, gr\u00e2ce \u00e0 leur technique certaine mais aussi une sensibilit\u00e9 palpable. Si ma pr\u00e9f\u00e9rence va \u00e0 <i>Critical Mass<\/i>, les trois sc\u00e8nes, bien que tr\u00e8s diff\u00e9rentes, se succ\u00e8dent sans d\u00e9calage pour nous faire vivre, pour reprendre les mots du th\u00e9\u00e2tre de la Ville, un \u00ab\u00a0bouquet d&rsquo;intensit\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Victoria Brun<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Salle comble, le rideau se l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un danseur sur sc\u00e8ne, une musique classique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les airs de Bach s&rsquo;enchainent, et au fur et \u00e0 mesure des morceaux, les danseurs se multiplient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quatre hommes dansent aux rythmes de sonates. Les gestes sont fluides, la danse m\u00e9lange contemporain et classique. Un ph\u00e9nom\u00e8ne int\u00e9ressant se produit alors. Il semble que chaque danseur incarne une partie de la sonate, ou alors un instrument. Un mouvement est \u00e9gal \u00e0 un son ou un rythme. On pourrait presque ne regarder que la chor\u00e9graphie pour savoir quelle sonate est jou\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rideau tombe. Les applaudissements fusent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, une lumi\u00e8re bleue, et une musique \u00e9lectronique. Deux danseurs ex\u00e9cutent la chor\u00e9graphie de Russel Maliphant nomm\u00e9e <i>Critical Mass. <\/i>Les deux hommes enchainent des figures impressionnantes dans lesquelles ils sont en d\u00e9s\u00e9quilibre et\/ou en torsion. Parfois, leurs gestes sont synchronis\u00e9s, parfois ils se servent l&rsquo;un de l&rsquo;autre pour en former, mais toujours ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rideau tombe. Les applaudissements fusent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un carr\u00e9 tint\u00e9 d&rsquo;une lumi\u00e8re blanch\u00e2tre apparait alors dans le fond de la sc\u00e8ne. Un danseur en sort, puis commence \u00e0 danser en silence. La <i>Chaconne en r\u00e9 mineur<\/i> saccad\u00e9e<i>\u00a0<\/i>vient alors frustrer le rythme musical int\u00e9rieur du spectateur, habitu\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re partie<i> Sarabande.<\/i> Maintenant, c&rsquo;est la musique qui se pose sur la chor\u00e9graphie, et non l&rsquo;inverse. Une seule femme danseuse et un justaucorps rouge flamboyant. Partag\u00e9e entre les trois autres danseurs et meneuse de l&rsquo;ex\u00e9cution en m\u00eame temps, elle semble \u00eatre la source de la coh\u00e9sion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rideau tombe, mais les yeux restent fig\u00e9s sur la sc\u00e8ne.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Emilia Trifunovic<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mercredi dernier l&rsquo;espace <b>Pierre Cardin du Th\u00e9\u00e2tre de la Ville<\/b> de Paris accueillait les danseurs talentueux du <b>Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon<\/b>.<br \/>\nLe spectacle est compos\u00e9 comme un triptyque : trois chor\u00e9graphes pr\u00e9sentent leurs cr\u00e9ations. Ainsi, le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 plonger dans les univers de Benjamin Millepied, avec <i>Sarabande<\/i> (2009), de Russel Maliphant, avec <i>Critical Mass <\/i>(1998), et de William Forsythe, avec <i>Steptext<\/i> (1985).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Devant la diversit\u00e9 des pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es, le spectateur s&rsquo;interroge sur l&rsquo;essence m\u00eame de la danse. Il d\u00e9couvre d\u00e9couvre dans un temps court, dans un espace unique et une sc\u00e8ne nue, l&rsquo;infinit\u00e9 des possibles qui compose l&rsquo;univers de la danse. Les diff\u00e9rentes compositions permettent de d\u00e9finir l&rsquo;essence de la danse : elle est cr\u00e9ation.<br \/>\nUne sc\u00e8ne, un corps, un morceau, et \u00e0 chaque fois une d\u00e9couverte diff\u00e9rente. Le tout est donc de composer justement, et cet exercice est r\u00e9alis\u00e9 avec \u00e9l\u00e9gance et talent par les chor\u00e9graphes. Benjamin Millepied propose un quatuor a\u00e9rien, lumineux et gracieux. Le spectateur s&rsquo;imagine ais\u00e9ment une relation de fr\u00e8res qui se chamaillent et s&rsquo;entrainent, dans les mouvements puissants encha\u00een\u00e9s avec \u00e9nergie. Russel Maliphant pr\u00e9sente un duo \u00e9lectrique, voir \u00e9lectronique, qui s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la notion de r\u00e9p\u00e9tition en danse sur les notes futuristes de Andy Cowton et Richard English. William Forsythe propose un pas de deux d\u00e9sarticul\u00e9, comme pour refl\u00e9ter un triangle amoureux recompos\u00e9. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une cr\u00e9ation d\u00e9stabilisante, qui inverse le rapport de la musique \u00e0 la danse : la musique est adapt\u00e9e au mouvement, et parfois m\u00eame absente, \u00e9teinte, pour laisser place \u00e0 la danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une soir\u00e9e intense, mais tellement plaisante, qui permet de d\u00e9couvrir en 1h30 trois chor\u00e9graphes principaux de la cr\u00e9ation contemporaine &#8211; une r\u00e9ussite !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Charlotte Boschen<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 2 au 12 mai 2018, l\u2019espace Cardin du Th\u00e9\u00e2tre de la Ville accueillait la troupe du Ballet de l\u2019Op\u00e9ra Lyon, connue pour son r\u00e9pertoire vaste alliant formation classique et chor\u00e9graphies contemporaines. Cette fois-ci, les danseurs interpr\u00e9taient trois pi\u00e8ces diff\u00e9rentes\u00a0: la premi\u00e8re, chor\u00e9graphi\u00e9e par Benjamin Millepied, s\u2019intitulait <i>Sarabande<\/i>, la seconde <i>Critical Mass<\/i>, avec une chor\u00e9graphie de Russell Maliphant et la derni\u00e8re <i>Steptext<\/i>, avec une chor\u00e9graphie de William Forsythe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque le premier danseur entre en sc\u00e8ne, il est v\u00eatu d\u2019une chemise et d\u2019un pantalon, il vient se placer au centre du plateau en marchant et on pourrait croire que l\u2019on va assister \u00e0 une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. Puis les premi\u00e8res notes de <i>La Partita pour fl\u00fbte seule<\/i> de Bach r\u00e9sonnent dans le silence et tout \u00e0 coup le spectateur est emport\u00e9 par la gr\u00e2ce et l\u2019agilit\u00e9 du danseur. En se d\u00e9pla\u00e7ant, il prend possession de l\u2019espace, il l\u2019habite et y invite ensuite trois autres danseurs sur les <i>Sonates et Partitas pour violon seul<\/i> de Bach. Le quatuor (compos\u00e9 de Sam Colbey, Alvaro Dule, Marco Merenda et Raul Serrano Nunez) \u00e9volue l\u00e9g\u00e8rement, comme port\u00e9 par les notes de violon. Tant\u00f4t deux par deux, tant\u00f4t \u00e0 trois, tant\u00f4t tous les quatre, ils proposent une composition toujours de concert, chacun proposant \u00e0 son tour des mouvements que les autres reprennent. Une grande tendresse se d\u00e9gage de leur danse dans laquelle les moments de s\u00e9paration ou de danse en couple ne sont que d\u2019autres moyens d\u2019\u00eatre ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me chor\u00e9graphie, interpr\u00e9t\u00e9e par Albert Nikolli et Leoannis Pupo-Guillen, nous plonge dans une toute autre ambiance. La sc\u00e8ne est plong\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9, seul un halo de lumi\u00e8re bleut\u00e9e \u00e9claire les deux danseurs. Une musique de Richard English et Andy Cowton envahit l\u2019espace, une musique sourde, froide, presque violente. Albert Nikolli et Leoannis Pupo-Guillen ne quittent pas le halo, pourtant leur danse est empreinte d\u2019une \u00e9nergie sensuelle et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Les gestes se r\u00e9p\u00e8tent en boucle en une tentative de fusion impossible des deux corps. Et lorsqu\u2019ils se d\u00e9placent, ce n\u2019est que pour \u00e9blouir encore plus les spectateurs. La chor\u00e9graphie s\u2019ach\u00e8ve sur une s\u00e9rie de port\u00e9s acrobatiques que le talent des deux artistes fait para\u00eetre d\u2019une simplicit\u00e9 enfantine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 derni\u00e8re chor\u00e9graphie, elle met en sc\u00e8ne quatre danseurs\u00a0: Julia Weiss, toute de rouge v\u00eatue, Tyler Galster, Marco Merenda et Roylan Ramos, habill\u00e9s enti\u00e8rement en noir. Toujours empreinte de sensualit\u00e9, cette chor\u00e9graphie est cependant moins \u00e9mouvante que les deux pr\u00e9c\u00e9dentes. La <i>Chaconne de la Sonate n\u00b04 pour violon seul en r\u00e9 mineur<\/i> de Bach est entrecoup\u00e9e de moments de danse silencieuse, faisant ainsi ressortir la puret\u00e9 des gestes, mais couper brusquement la musique est aussi un risque de faire sortir le spectateur de son \u00e9motion. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019on \u00e9tait s\u00e9duit par la danse toujours en ch\u0153ur des interpr\u00e8tes de la <i>Sarabande<\/i> de Benjamin Millepied, on reste un peu sur notre faim face \u00e0 cette chor\u00e9graphie \u00e0 quatre danseurs mais qui ne dansent que deux \u00e0 deux. La lumi\u00e8re reste concentr\u00e9e sur le couple compos\u00e9 par Julia Weiss et l\u2019un des autres danseurs (qui l\u2019accompagnent tour \u00e0 tour), ce qui est regrettable pour le second couple qui m\u00e9riterait plus de pr\u00e9sence sur la sc\u00e8ne. L\u2019impression finale est n\u00e9anmoins d\u2019avoir assist\u00e9 \u00e0 un spectacle beau et sensuel, dont les trois parties s\u2019encha\u00eenaient avec la force de l\u2019\u00e9vidence.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Oc\u00e9ane Le Bourhis<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Mercredi 9 mai, le Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lyon a pr\u00e9sent\u00e9 trois extraits de son r\u00e9pertoire \u00e0 l&rsquo;espace Pierre Cardin du Th\u00e9\u00e2tre de la Ville : \u00ab\u00a0Sarabande\u00a0\u00bb, par le chor\u00e9graphe Benjamin Millepied, \u00ab\u00a0Critical Mass\u00a0\u00bb par Russell Maliphant et \u00ab\u00a0Steptext\u00a0\u00bb par William Forsythe. L&rsquo;absence de d\u00e9cors (\u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;un paravent blanc pos\u00e9 au font de la sc\u00e8ne pendant la repr\u00e9sentation de \u00ab\u00a0Steptext\u00a0\u00bb) mettait en relief les diff\u00e9rentes mani\u00e8res de danser et cr\u00e9ait un lien entre les trois fragments si vari\u00e9s. Quatre danseurs ont pr\u00e9sent\u00e9 le premier extrait, \u00ab\u00a0Sarabande\u00a0\u00bb.\u00a0\u00a0Habill\u00e9s en chemises de couleurs diff\u00e9rentes, tenues simples du quotidien, les danseurs semblaient repr\u00e9senter un groupe de jeunes hommes qui, tout en se bagarrant, exprimaient leur affection l&rsquo;un pour l&rsquo;autre. Des s\u00e9quences avec un seul, deux, trois ou quatre danseurs alternaient et \u00e9taient introduites par l&rsquo;interruption de la lumi\u00e8re. Ensuite, \u00ab\u00a0Critical Mass\u00a0\u00bb\u00a0a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par deux danseurs en chemises noires. Les mouvements \u00e9taient tant\u00f4t d&rsquo;une synchronie parfaite tant\u00f4t asynchrones mais parfaitement harmonis\u00e9s. Une rupture a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par une perte de cette harmonie qui a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9e par un jeu de lumi\u00e8re et de brouillard morne. Le dernier extrait, \u00ab\u00a0Steptext\u00a0\u00bb, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par trois danseurs en tenues noirs et une danseuse\u00a0en tenue rouge. De brusques interruptions de la musique classique de Bach accompagnait ce \u00ab\u00a0ballet de l&rsquo;ellipse\u00a0\u00bb. Plusieurs chor\u00e9graphies \u00e9taient interpr\u00e9t\u00e9es simultan\u00e9ment, ce qui cr\u00e9ait une ambiance chaotique et rythmique \u00e0 la fois.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Annika Rasch<\/h6>\n<pre>Photographie :\u00a0Op\u00e9ra de Lyon<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre de la Ville | En savoir plus SOIR\u00c9E DANS\u00c9E \u00c0 L&rsquo;ESPACE PIERRE CARDIN Trois ballets contemporains en une soir\u00e9e&#8230; Tous diff\u00e9rents, avec pour points communs la recherche, l&rsquo;originalit\u00e9, le rythme et le d\u00e9cousu, et le fait d&rsquo;\u00eatre tous trois au r\u00e9pertoire du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":11301,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,5],"tags":[],"class_list":["post-11290","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-theatre-de-la-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11290"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11290\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}