{"id":1132,"date":"2011-10-27T20:00:39","date_gmt":"2011-10-27T18:00:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=1132"},"modified":"2011-10-27T20:00:39","modified_gmt":"2011-10-27T18:00:39","slug":"le-jeu-de-lamour-et-du-hasard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=1132","title":{"rendered":"Le Jeu de l&rsquo;amour et du hasard"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><strong><em>Le Jeu de l&rsquo;amour et du hasard<\/em>, texte de Marivaux mis en sc\u00e8ne par Galin Stoev \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.comedie-francaise.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Com\u00e9die Fran\u00e7aise<\/a> (salle Richelieu). <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#C'est\">La critique de Cl\u00e9mence Dennebouy<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Grand\">La critique de Quentin Grand <\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#La repr\u00e9sentation\">La critique d&rsquo;El\u00e9onore Lagaillarde<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#20h35\">La critique d&rsquo;Astrid Pa\u00eftard <\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#20h30\">La critique de Marie Paumelle<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#jeudi 27 octobre\">Une critique anonym\u00e9e <\/a><\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"C'est\"><\/a>C&rsquo;est dans la Salle Richelieu de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise qu&rsquo;est repr\u00e9sent\u00e9e l&rsquo;adaptation par Galin Stoev de la pi\u00e8ce de Marivaux originalement cr\u00e9\u00e9e en 1730 <em>Le Jeu de l&rsquo;amour et du hasard.<\/em><br \/>\nDeux heures d&rsquo;une com\u00e9die d&rsquo;intrigue rythm\u00e9e par les quiproquos et les machinations des personnages, le tout comment\u00e9 avec distance par M. Orgon, au courant de tous ces rouages. En effet, sa fille, Silvia doit rencontrer Dorante auquel elle est promise. Pour pouvoir l&rsquo;observer et prendre une d\u00e9cisions quant \u00e0 son mariage, son p\u00e8re lui permet de prendre l&rsquo;habit de sa suivante, Lisette. Orgon re\u00e7oit alors une lettre lui apprenant que Dorante, pour les m\u00eames raisons viendra en prenant pour identit\u00e9 celle de Bourguignon, un simple valet, tandis que son valet prendra sa place. Valets et maitres tomberont finalement dans les bras de celui qui leur est socialement d\u00e9sign\u00e9 et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.<br \/>\nLa mise en sc\u00e8ne reprend certains codes du XVIII<sup>e,<\/sup> comme les quelques notes de clavecin entre les actes. Les costumes, s&rsquo;ils sont \u00e9pur\u00e9s ou modernis\u00e9s renvoient \u00e9galement \u00e0 cette esth\u00e9tique. La robe de Silvia trop ouverte pour \u00eatre cr\u00e9dible mais tout de m\u00eame pourvue d&rsquo;une traine et d&rsquo;un grand col apportent une touche d&rsquo;humour suppl\u00e9mentaire \u00e0 la pi\u00e8ce. De m\u00eame avec Mario, le fr\u00e8re fantasque, torse-nu sous sa longue veste \u00e0 franges.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Une pi\u00e8ce qui met aussi clairement en avant une situation de mise en abyme, de th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre, se devait apparemment de symboliser cette particularit\u00e9 dans les d\u00e9cors. Sur la sc\u00e8ne se trouvent alors plusieurs estrades roulantes entour\u00e9es de cloisons translucides o\u00f9 les acteurs jouent et sur lesquelles sont imprim\u00e9s des motifs de papiers peints rappelant vaguement la mode de l&rsquo;\u00e9poque. Ces estrades aux murs translucides semblent vouloir mettre en valeur le jeu d&rsquo;observation et d&rsquo;espionnage des personnages, mais ce qui interpelle surtout, c&rsquo;est le fait que les acteurs les d\u00e9placent eux m\u00eames entre les actes pour moduler l&rsquo;espace sc\u00e9nique. Modulation malheureusement assez incompr\u00e9hensible et relativement inutile. Un parti pris difficilement compr\u00e9hensible et qui casse le d\u00e9calage subtil qu&rsquo;avait jusque l\u00e0 mis en place Galin Stoev avec la pi\u00e8ce de Marivaux. Sans cela la mise en sc\u00e8ne, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;espace, aurait certes \u00e9t\u00e9 plus simple mais plus coh\u00e9rente aussi.<br \/>\nQuant aux acteurs, ils ont su amuser la salle qui a beaucoup ri durant la repr\u00e9sentation. Le ton, malgr\u00e9 un texte ancr\u00e9 dans un contexte du XVIII\u00b0si\u00e8cle, est finalement tr\u00e8s actuel. Les mots sonnent juste, on n&rsquo;a pas l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre devant une reconstitution historique. Ils ont su prendre et rendre avec distance ce qui ne passait plus pour un spectateur du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. On ne modernise pas \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, on le fait par touches, on prend au s\u00e9rieux ce qui doit l&rsquo;\u00eatre sans oublier d&rsquo;insuffler un peu de jeunesse par moments ( les cris exalt\u00e9s de Silvia et son fr\u00e8re quand elle apprend la v\u00e9rit\u00e9 sur l&rsquo;identit\u00e9 de celui qu&rsquo;elle croit \u00eatre un simple valet qui rappellent des clich\u00e9s de s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9 sont un exemple signifiant).<br \/>\nAinsi, le d\u00e9roulement de la pi\u00e8ce est rigoureusement fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de Marivaux, ce qui change, et efficacement, c&rsquo;est son \u00abhabillage\u00bb, ce qui entoure le texte et le rend encore plus vivant pour un auditoire actuel.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Une pi\u00e8ce qu&rsquo;il faut donc aller voir pour se divertir, on s&rsquo;y amuse sans \u00eatre assomm\u00e9 par une profusion de symboles potentiels venant du d\u00e9cors, de la musique, de la lumi\u00e8re\u2026 On \u00e9coute les acteurs, on s&rsquo;amuse des quiproquos et on regarde le n\u0153ud de l&rsquo;histoire se d\u00e9faire. Une pi\u00e8ce qui se regarde au premier degr\u00e9. Cependant, si comme le disait D&rsquo;Alembert \u00e0 propos du th\u00e9\u00e2tre de Marivaux, \u00abil faut que les acteurs ne paraissent jamais sentir la valeur de ce qu&rsquo;ils disent\u00bb, c&rsquo;est bien qu&rsquo;ils disent quelque chose. En effet, le spectateur per\u00e7oit bien l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;enjeu social, d&rsquo;un ordre naturel et imperturbable mais on est surtout port\u00e9 et int\u00e9ress\u00e9 par ces histoires d&rsquo;amour et de rencontres, de raison et de passion. Tout cela n&rsquo;est finalement qu&rsquo;un \u00abjeu\u00bb sans ambition de r\u00e9volution.<strong> &#8211; Cl\u00e9mence Dennebouy <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Grand\"><\/a>Grand salon de Monsieur Orgon. Le papier peint para\u00eet presque dater de 1730. Le d\u00e9cor lui-m\u00eame semble signifier les tours et les d\u00e9tours d\u2019un texte dr\u00f4le et p\u00e9tillant fond\u00e9 sur une s\u00e9rie de quiproquos\u00a0: un jeu de vitres opaques dessinant des lieux secrets o\u00f9 se tisseront devant les yeux amus\u00e9s des spectateurs des amours plus ou moins esp\u00e9r\u00e9s&#8230;<br \/>\nDans cette r\u00e9adaptation de la c\u00e9l\u00e8bre com\u00e9die de Marivaux, \u00e9crite en 1730, Galin Stoev nous propose une mise en sc\u00e8ne classique o\u00f9 robe de marquise et tunique de soubrette s\u2019\u00e9changent avec une impressionnante rapidit\u00e9 dans les d\u00e9dales d\u2019un d\u00e9cor (presque) d\u2019\u00e9poque. Alexandre Pavloff et L\u00e9onie Simaga incarnent avec talent le couple de Dorante et Silvia, faits pour s\u2019aimer au m\u00e9pris des conventions sociales et de leurs conditions respectives.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Pour rappel, Marivaux \u00e9crit cette pi\u00e8ce o\u00f9 Silvia et Dorante, promis l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, imaginent pour leur premi\u00e8re rencontre \u00e9changer leurs habits avec ceux de leurs suivants afin de mieux se conna\u00eetre avant que de se lier ensemble. Les personnages nous offrent donc une pi\u00e8ce dans la pi\u00e8ce o\u00f9 chacun ignore que l\u2019autre joue un r\u00f4le. Pris \u00e0 leur propre jeu sous l\u2019\u0153il amus\u00e9 de Monsieur Orgon (le p\u00e8re de Silvia), au fait de l\u2019affaire depuis le d\u00e9but de l\u2019intrigue, les personnages s\u2019\u00e9prennent les uns pour les autres au gr\u00e9 du hasard et de relations fantasques, provoquant l\u2019hilarit\u00e9 des spectateurs.<br \/>\nLe rythme de la pi\u00e8ce toujours effr\u00e9n\u00e9 tient le spectateur amus\u00e9 en haleine, ne sachant quel sort sera r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ce couple dont l\u2019union si belle sur le papier conna\u00eet pourtant des barri\u00e8res (sociales) presque infranchissables. De d\u00e9couvertes en d\u00e9couvertes, les personnages finissent par se voir et se consid\u00e9rer, non pas \u00e0 l\u2019aune de leurs v\u00eatements mais \u00e0 celle de leurs sentiments. La surprise \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019identit\u00e9 d\u2019un interlocuteur dont on \u00e9tait persuad\u00e9 du rang social se lit sur les visages des com\u00e9diens, pour le plus grand bonheur des spectateurs. D\u00e9ceptions affich\u00e9es, joies contenues, d\u00e9guisements calcul\u00e9s forment le jeu de l\u2019amour \u00e9troitement li\u00e9 au hasard dont seuls Monsieur Orgon et les spectateurs d\u00e9tiennent les clefs. Et le rire se fait connivence, la pi\u00e8ce est d\u2019une actualit\u00e9 br\u00fblante gr\u00e2ce au jeu des acteurs, \u00e0 l\u2019intonation de leur voix, leur gestuelle, l\u2019emploi de certains termes r\u00e9solument contemporains.<br \/>\nT\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019un jeu de r\u00f4le singulier, le spectateur se divertit dans la confidence, qui ne tombe pour Dorante qu\u2019\u00e0 la fin de la pi\u00e8ce lorsqu\u2019il apprend que la soubrette n\u2019est autre que sa promise, Silvia, qu\u2019il a admir\u00e9 toute la pi\u00e8ce pour ses gr\u00e2ces et ses traits d\u2019esprit.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Je recommande vivement cette pi\u00e8ce aux f\u00e9rus de th\u00e9\u00e2tre comme aux non initi\u00e9s. Quelle meilleure porte que le rire pour rentrer pleinement dans l\u2019art dramatique\u00a0? Quel plus bel endroit que la salle Richelieu de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise\u00a0?<br \/>\nBien assis dans son fauteuil de velours rouge, la lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint lentement et l\u2019on est tout attir\u00e9 vers l\u2019issue de cette rencontre \u00e0 quatre o\u00f9 personne n\u2019est vraiment \u00e0 sa place. Le talent des acteurs ne fait que renforcer l\u2019intelligence et l\u2019humour du texte, le rendu est hilarant\u00a0! <strong>&#8211; Quentin Grand<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"La repr\u00e9sentation\"><\/a>La repr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce de Marivaux qui fait l&rsquo;objet de notre critique, a eu lieu le jeudi 27 octobre \u00e0 20h30 dans la salle Richelieu du th\u00e9atre de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise.<br \/>\nMarivaux, n\u00e9 en 1688 et mort en 1763 a \u00e9crit <i>Le jeu de l&rsquo;amour et du hasard <\/i> en 1730, c&rsquo;est une com\u00e9die en prose en trois actes, une vraie cr\u00e9ation de l&rsquo;auteur. La pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 mise en sc\u00e8ne par Galin Stoev, metteur en sc\u00e8ne bulgare, et elle est jou\u00e9e par la troupe de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise\u00a0: Alexandre Pavloff joue Dorante, L\u00e9onie Simaga assure le r\u00f4le de Silvia, Pierre Louis-Calixte joue le personnage d&rsquo;Arlequin, Christian Hecq a le r\u00f4le de Monsieur Orgon, Lisette est jou\u00e9e par Suliane Brahim et Mario par Pierre Niney.<br \/>\nL&rsquo;intrigue repose sur le fait que Dorante et Silvia ont \u00e9t\u00e9 fianc\u00e9s par leur p\u00e8re sans ne s&rsquo;\u00eatre jamais vus auparavant. Redoutant de s&rsquo;engager sans se conna\u00eetre, ils ont la m\u00eame id\u00e9e\u00a0: se pr\u00e9senter \u00e0 l&rsquo;autre sous l&rsquo;habit de leur serviteur faisant passer ainsi leur serviteur pour les futurs fianc\u00e9s. Cet inversement des r\u00f4les entrainent de nombreux quiproquos. Le faux ma\u00eetre d\u00e9plait tout de suite \u00e0 Silvia qui, en revanche, appr\u00e9cie de plus en plus le faux serviteur. Quant \u00e0 Dorante, il est conquis imm\u00e9diatement par la fausse soubrette. Mais sa noblesse l&rsquo;oblige \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler son identit\u00e9 \u00e0 la fin de l&rsquo;acte II, au soulagement de Silvia. Cette derni\u00e8re choisit de prolonger l&rsquo;\u00e9preuve pour voir si Dorante ira jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9pouser passant outre ses conditions sociales. Mais la d\u00e9claration d&rsquo;amour se complique de la r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;identit\u00e9 plus probl\u00e9matique\u00a0\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">La mise en sc\u00e8ne est contemporaine m\u00eame si elle garde certains \u00e9l\u00e9ments classiques comme des d\u00e9tails de costume par exemple. L&rsquo;action progresse chronologiquement et lin\u00e9airement. La r\u00e8gle des trois unit\u00e9s est respect\u00e9e dans le sens o\u00f9 l&rsquo;intrigue se d\u00e9roule en une journ\u00e9e (l&rsquo;action commence le jour o\u00f9 doit arriver Dorante et se termine le soir m\u00eame), dans un seul et m\u00eame lieu (chez Monsieur Orgon et sa fille), et l&rsquo;intrigue n&rsquo;est pas plurielle. Le d\u00e9cor est compos\u00e9 de plusieurs \u00e9l\u00e9ments, des caissons \u00e0 roulettes donc d\u00e9pla\u00e7ables, qui formaient des sortes de pi\u00e8ces, de petits salons \u00e0 moiti\u00e9 cloisonn\u00e9s, l&rsquo;espace \u00e9tait ainsi modulable presque \u00e0 volont\u00e9. On pouvait introduire des niveaux diff\u00e9rents et mettre en place une sorte de labyrinthe qui \u00e9voquait le chemin tortueux qu&#8217;empruntaient les personnages pour d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 sur l&rsquo;autre. Aux cloisons, pour la plupart transparentes s&rsquo;ajoutait un couloir au fond de la sc\u00e8ne qui parcourait tout le fond du d\u00e9cor, mettant ainsi en place un jeu de transparence entre le couloir et les diff\u00e9rents espaces cr\u00e9\u00e9s par les \u00e9l\u00e9ments cloisonn\u00e9s illustrant le jeu de \u00ab\u00a0cache-cache\u00a0\u00bb auquel se pr\u00eatent les personnages au fil des sc\u00e8nes. Les costumes sont pouss\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exag\u00e9ration concernant les faux-ma\u00eetres, et sont relativement sobres pour les faux-serviteurs m\u00eame si certains \u00e9l\u00e9ments leur donnent une importance particuli\u00e8re et rappelle leur r\u00e9elle condition, comme les bottes \u00e0 talons aiguilles de Silvia qui, bien qu&rsquo;habill\u00e9e en soubrette garde son haut rang et sa place de femme fatale qui s\u00e9duit de suite Dorante. Les inventions de Mario, le fr\u00e8re de Silvia sont assez loufoques et introduisent l&rsquo;illusion dans la pi\u00e8ce. Ces artifices techniques divertissent le spectateur et illustrent \u00e9galement des moments forts de l&rsquo;intrigue.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">La repr\u00e9sentation visait le divertissement du spectateur tout en l&rsquo;appelant \u00e0 se questionner sur l&rsquo;importance de la condition sociale dans le mariage et en g\u00e9n\u00e9ral. Durant le spectacle, nous avons pu remarquer les nombreux rires et sourires du public illustrant ainsi le caract\u00e8re comique de cette question de la condition sociale qui est pos\u00e9e dans <i>Le jeu de l&rsquo;amour et du hasard<\/i>.<br \/>\nCette repr\u00e9sentation est remarquable par le jeu des com\u00e9diens de la troupe de la com\u00e9die Fran\u00e7aise dont on ne fait plus la r\u00e9putation, mais aussi par la mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s surprenante aux premiers abords, mais qui met en avant le comique de la pi\u00e8ce. Pas une seule fois, le spectateur ne s&rsquo;ennuie, la pi\u00e8ce ne s&rsquo;essouffle \u00e0 aucun moment. Le rire est au rendez-vous dans cette repr\u00e9sentation de qualit\u00e9 qui rend moderne par la mise en sc\u00e8ne cette com\u00e9die tr\u00e8s classique de Marivaux. &#8211; <strong>El\u00e9onore Lagaillard<\/strong><strong>e<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"20h35\"><\/a>20h35, les lumi\u00e8res se tamisent lentement dans la salle Richelieu de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise. Nous entrons avec Lisette (Suliane Brahim), et Silvia (L\u00e9onie Simaga) dans la maison de Monsieur Orgon (Christian Hecq), le p\u00e8re de Silvia. D\u00e8s la premi\u00e8re minute le spectateur est plong\u00e9 dans l\u2019action. Silvia doit \u00e9pouser Dorante (Alexandre Pavloff) mais les deux fianc\u00e9s ne se sont jamais vus. Ils doivent justement se rencontrer ce jour l\u00e0. Afin de pouvoir s\u2019observer en toute libert\u00e9, les deux promis ont la m\u00eame id\u00e9e, ils vont se travestir tous les deux en leurs serviteurs, qui eux, prendront le costume de leurs maitres. Seul Orgon est au courant de ces travestissements et prend le parti de laisser faire et d\u2019observer, il d\u00e9voilera la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 son fils Mario (Pierre Niney) dans le seul but d\u2019aider les amoureux \u00e0 avancer. Lorsque Dorante et Arlequin (Pierre Louis-Calixte) entrent en sc\u00e8ne, les quiproquos, l\u2019amour et le rire entrent avec eux. Les faux valets et les faux ma\u00eetres vont rapidement tomber amoureux. Dorante d\u00e9voilera \u00e0 Silvia son identit\u00e9 \u00e0 l\u2019acte II mais elle, elle pr\u00e9f\u00e8rera attendre la fin de la pi\u00e8ce pour faire de m\u00eame, afin de voir si Dorante est capable de donner raison \u00e0 son c\u0153ur avant sa raison. La pi\u00e8ce se termine bien pour tout le monde puisque les d\u00e9guisements \u00f4t\u00e9s laissent place \u00e0 l\u2019amour vrai lib\u00e9r\u00e9 de ses supercheries.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">\u00a0Le d\u00e9cor de la sc\u00e8ne, trois pi\u00e8ces carr\u00e9es amovibles faites de tableaux transparents illustre parfaitement ce qu\u2019il se passe dans le c\u0153ur et dans l\u2019esprit des personnages. Une sorte de labyrinthe o\u00f9 amour et raison n\u2019arrivent \u00e0 se retrouver qu\u2019\u00e0 la fin. La transparence opaque des tableaux met en sc\u00e8ne l\u2019amour flout\u00e9 par le mensonge des d\u00e9guisements, des identit\u00e9s. La superposition des deux sc\u00e8nes (la maison d\u2019Orgon sur\u00e9lev\u00e9e par rapport \u00e0 la sc\u00e8ne initiale) est une id\u00e9e originale de concr\u00e9tiser la mise en abime de la pi\u00e8ce, un th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre. Les costumes des personnages sont classiques mais revisit\u00e9s. Silvia, qui porte le costume de sa soubrette, le porte de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019elle \u00e0 un d\u00e9tail (en plus) pr\u00e8s,\u00a0les bottes en cuir \u00e0 talons aiguille. La fa\u00e7on ridicule dont les personnages portent les d\u00e9guisements des autres ajoute au comique de la pi\u00e8ce. Arlequin ne sait comment porter son manteau et s\u00e9duit d\u2019une fa\u00e7on grotesque, Lisette se comporte comme une soubrette en voulant faire sa grande dame dans la robe de sa ma\u00eetresse, et Silvia fait plus \u00ab\u00a0femme fatale\u00a0\u00bb que servante.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">La mise en sc\u00e8ne de Galin Stoev para\u00eet donc surprenante au premier abord mais conquiert facilement le spectateur. Le classique est modernis\u00e9. Le jeu des com\u00e9diens de la troupe de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise est remarquable, les r\u00f4les sont incarn\u00e9s avec talent. Le texte, bien que datant du XVIIIe si\u00e8cle, reste tr\u00e8s actuel et passe presque pour un texte contemporain tellement les sujets abord\u00e9s sont toujours d\u2019actualit\u00e9. L\u2019hilarit\u00e9 des spectateurs tout au long de la pi\u00e8ce. Le tonnerre d\u2019applaudissement qui la cl\u00f4t et qui ne s\u2019arr\u00eate plus. Le public qui ressort de la salle enchant\u00e9. Pari r\u00e9ussi pour Galin Stoev. &#8211; <strong>Astrid Pa\u00eftard <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"20h30\"><\/a>20h30, jeudi 27 octobre, la somptueuse salle Richelieu de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;honneur de nous accueillir pour la mise en sc\u00e8ne du <em>Jeu de l&rsquo;Amour et du Hasard<\/em> de Marivaux par Galin Stoev. 1H55 pour retrouver le ton subtil et badin de cette com\u00e9die du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, o\u00f9 Marivaux s&rsquo;amuse \u00e0 faire sortir ses personnages de leur cadre social pour les faire devenir quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Ainsi lorsque Sylvia -L\u00e9onie SIMAGA- apprend son mariage avec Dorante -Alexandre PAVLOFF- elle obtient de Monsieur Orgon son p\u00e8re -Christian HECQ- l&rsquo;autorisation d&rsquo;\u00e9changer son r\u00f4le avec Lisette sa servante -Suliane BRAHIM- afin d&rsquo;observer son futur de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Mais on apprend tr\u00e8s vite que Dorante a eu la m\u00eame id\u00e9e, si bien que c&rsquo;est sous le masque d&rsquo;Arlequin -Pierre LOUIS-CALIXTE- qu&rsquo;il va s\u00e9duire la v\u00e9ritable Sylvia. L&rsquo;intrigue prend alors une profondeur labyrinthique que Monsieur Orgon et son fils Mario -Pierre NINEY- tous deux au fait de la supercherie, se plaisent \u00e0 observer d&rsquo;un \u0153il amus\u00e9 et bienveillant. Et si le projet de Marivaux \u00e9tait,\u00a0 comme il le dit lui-m\u00eame, de \u00ab\u00a0guette[r] dans le c\u0153ur humain toutes les niches o\u00f9 peut se cacher l&rsquo;amour lorsqu&rsquo;il craint de se montrer\u00a0\u00bb, <em>Le Jeu de l&rsquo;Amour et du Hasard<\/em> illustre justement avec une grande finesse cette v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;amour qui d\u00e9passe les masques au moment o\u00f9 les acteurs eux-m\u00eame ne savent plus qui ils sont. M\u00e9taphore du th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 le masque est n\u00e9cessaire pour toucher la v\u00e9rit\u00e9 humaine.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Ainsi, le metteur en sc\u00e8ne met l&rsquo;accent tout particuli\u00e8rement sur cette notion de \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb par un dosage subtile qui porte le spectateur au rire, sans pourtant tomber dans la grossi\u00e8ret\u00e9. Les sc\u00e8nes badines -souvent incarn\u00e9es par les valets qui jouent la com\u00e9die des ma\u00eetres- sont donc contrebalanc\u00e9es par des sc\u00e8nes de monologues int\u00e9rieurs o\u00f9 le personnage est perdu entre son r\u00f4le et son \u00eatre qu&rsquo;il tente pourtant d&rsquo;analyser. Un rythme qui maintient l&rsquo;attention du spectateur, qui l&rsquo;amuse, tout en lui montrant les v\u00e9rit\u00e9s du c\u0153ur, l&rsquo;angoisse des personnages \u00e0 quitter leur r\u00f4le, \u00e0 accepter l&rsquo;autre malgr\u00e9 son rang social.<br \/>\nLes acteurs incarnent \u00e0 merveille cette naissance du d\u00e9sir, de la jubilation, et de l&rsquo;inqui\u00e9tude qui animent les personnages, gr\u00e2ce \u00e0 leur comique de geste tel que peut le jouer Lisette lorsqu&rsquo;elle feint de donner sa main \u00e0 Arlequin, et la retire chaque fois qu&rsquo;il tente de la toucher. Les valets, toujours comiques dans leurs costumes trop imposants pour eux, et emp\u00eatr\u00e9s dans l&rsquo;exc\u00e8s de tissus qu&rsquo;ils doivent porter, laissent ainsi transparaitre leur v\u00e9ritable condition. Arlequin par exemple ne cesse de jeter sa cape sur son \u00e9paule tel un C\u00e9sar parodi\u00e9. L&#8217;emphase de leur phras\u00e9 aussi bien que leurs expressions famili\u00e8res et l&rsquo;intonation avec laquelle ils le disent cr\u00e9ent un bouillon de langue d\u00e9licieux pour le spectateur. Le d\u00e9cor se d\u00e9compose en trois plateformes amovibles, illustrant cet effet labyrinthique de la pi\u00e8ce, sur lesquels se multiplient des panneaux en demi-teintes ros\u00e9es : jeu sur le visible et le semi-visible qui repr\u00e9sente les coins et les recoins de l&rsquo;\u00e2me humaine, ce que l&rsquo;on montre, ce que l&rsquo;on cache, aux autres, \u00e0 soi.<br \/>\nLes effets de lumi\u00e8res sont centr\u00e9s sur ce labyrinthe comme si le metteur en sc\u00e8ne avait voulu \u00e9clairer l&rsquo;homme pour mieux diss\u00e9quer son \u00e2me. Cependant, les acteurs s&rsquo;avancent parfois sur le devant de la sc\u00e8ne -dans la p\u00e9nombre- pour faire des apart\u00e9s, comme si l&rsquo;on faisait un arr\u00eat sur image et que l&rsquo;on poussait le personnage \u00e0 s&rsquo;expliquer sur ses sentiments. Une v\u00e9ritable pi\u00e8ce de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine donc, tel que le soulignent Mario et ses machines qui viennent ouvrir et fermer la pi\u00e8ce. Ce personnage, par l&rsquo;exub\u00e9rance m\u00eame de son costume, ajoute un brin de folie en poussant le jeu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, et Dorante jusque dans ses retranchements. Machinerie qui finit cependant par exploser, laissant la place \u00e0 la force de l&rsquo;amour et au bon sens du hasard.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">En d\u00e9finitive, <em>Le Jeu de l&rsquo;Amour et du Hasard<\/em>, revisit\u00e9 et explosif, se cl\u00f4t sur cette v\u00e9rit\u00e9 enfin trouv\u00e9e, celle qui d\u00e9passe les masques et les conventions, l&rsquo;amour pour lui-m\u00eame. Une pluie d&rsquo;applaudissements s&rsquo;abat sur la troupe, les spectateurs ont ri, quelque chose s&rsquo;est produit, de sorte que jusque dans le m\u00e9tro on entend des \u00e9loges de cette pi\u00e8ce. Une belle r\u00e9compense donc pour Galin Stoev qui r\u00e9ussit l\u00e0 une excellente relecture de la pi\u00e8ce.<strong> &#8211; Marie Paumelle<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"jeudi 27 octobre\"><\/a>Jeudi 27 octobre, \u00e0 20h30, le fauteuil en velours rouge de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise m\u2019a tendu son dossier dans cette magnifique salle Richelieu au d\u00e9cor italien pour assister \u00e0 la fabuleuse repr\u00e9sentation du <em>jeu de l\u2019Amour et du Hasard, <\/em>de Marivaux mise en sc\u00e8ne par Galin Stoev. Promise \u00e0 Dorante, Silvia d\u00e9cide de le rencontrer sous le masque de sa servante Lisette. Dorante prend \u00e9galement le masque de son \u00ab\u00a0soldat de chambre\u00a0\u00bb, Arlequin. Comme on dit\u00a0: \u00ab\u00a0le hasard fait bien les choses\u00a0\u00bb. Le p\u00e8re se fait ma\u00eetre de la situation avec la complicit\u00e9 de son fils Mario, et tous deux sont contents de voir les protagonistes se prendre \u00e0 leur propre jeu.\u00a0 Pourquoi ABSOLUMENT voir cette pi\u00e8ce ?<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Le metteur en sc\u00e8ne bulgare, Galvin Stoev a su donner un nouveau souffle \u00e0 la pi\u00e8ce de Marivaux. Si le texte de Marivaux\u00a0 reste identique, sa mise en sc\u00e8ne rend compte d\u2019une certaine modernit\u00e9. Les diff\u00e9rents costumes t\u00e9moignent de ce d\u00e9calage &#8211; les costumes d\u2019Arlequin et Lisette renvoient au XVIII<sup>e<\/sup> alors que ceux de Dorante et Silvia sont plus actuels-.\u00a0 Les costumes ont \u00e9galement plusieurs fonctionnalit\u00e9s dans la pi\u00e8ce. Tout d\u2019abord, ils participent au comique de situation\u00a0: Lisette avec sa coiffure en forme de choucroute, et Arlequin ne sachant que faire de son manteau. Ensuite, ils rendent compte des rapports sociaux entre ma\u00eetres et valets. Silvia est habill\u00e9e en \u00ab\u00a0soubrette\u00a0\u00bb, avec des v\u00eatements affriolants\u00a0: des bottes en cuir avec de hauts talons, une robe avec un large d\u00e9collet\u00e9, ainsi elle a une vision fauss\u00e9e de sa servante. Si le travestissement laisse place aux jeux, le hasard se mat\u00e9rialise par un d\u00e9cor mouvant o\u00f9 la lumi\u00e8re laisse entrevoir ce qui doit \u00eatre su (vu) ou ce qui doit \u00eatre tu (vu). Si le d\u00e9cor et les costumes sont n\u00e9cessaires pour susciter le rire,\u00a0 ils ne m\u2019ont n\u00e9anmoins pas s\u00e9duit sur le plan visuel (des couleurs trop vives pour le costume d\u2019Arlequin).<br \/>\nA travers ce d\u00e9cor labyrinthique o\u00f9 toute rencontre est possible, les com\u00e9diens ont su parfaitement trouver leur place. Leur performance est exceptionnelle\u00a0! En effet, ils emploient la langue du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle comme s\u2019il s\u2019agissait du langage du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ainsi, le spectateur s\u2019identifie encore mieux aux personnages. Si cette pi\u00e8ce est une com\u00e9die, elle r\u00e9v\u00e8le toutefois les ambivalences du c\u0153ur \u2013 l\u2019orgueil de Silvia, le mensonge\u2026- Leurs attitudes et leurs gestuelles expriment ce d\u00e9calage : Silvia crie de joie avec les bras en l\u2019air, Arlequin en soldat de chambre plus vrai que nature, fait un geste de la main pour dire \u00e0 Dorant de se tranquilliser. Ils nous offrent un v\u00e9ritable moment de jouissance th\u00e9\u00e2trale. Nous avons le sourire aux l\u00e8vres du d\u00e9but \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, ponctu\u00e9e de nombreux\u00a0 \u00e9clats de rires.<br \/>\nA voir <u>ABSOLUMENT <\/u>car vous passerez un moment exquis de th\u00e9\u00e2tre gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019immense talent des acteurs\u00a0!<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le Jeu de l&rsquo;amour et du hasard, texte de Marivaux mis en sc\u00e8ne par Galin Stoev \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise (salle Richelieu). La critique de Cl\u00e9mence Dennebouy La critique de Quentin Grand La critique d&rsquo;El\u00e9onore Lagaillarde La critique d&rsquo;Astrid Pa\u00eftard La critique de Marie Paumelle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,4],"tags":[],"class_list":["post-1132","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-comedie-francaise","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1132","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1132"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1132\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}