{"id":11354,"date":"2018-05-19T20:00:27","date_gmt":"2018-05-19T18:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11354"},"modified":"2018-05-19T20:00:27","modified_gmt":"2018-05-19T18:00:27","slug":"the-seasons-canon-the-art-of-not-looking-back","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11354","title":{"rendered":"The seasons&rsquo; canon \/ The art of not looking back\u2026"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Danse | Op\u00e9ra national de Paris | <a href=\"https:\/\/www.operadeparis.fr\/saison-17-18\/ballet\/thierree-pite-perez-shechter\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Equilibre parfait entre pi\u00e8ces provocatrices, r\u00e9flexion critique et spectacle grand public. En d\u00e9pit de cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, un fil rouge se tisse entre les diff\u00e9rentes pi\u00e8ces\u00a0: le questionnement sur l&rsquo;identit\u00e9. R\u00e9flexion sur l&rsquo;animalit\u00e9 et le statut du spectateur (Thi\u00e9rr\u00e9e), m\u00e9ditation sur l&rsquo;absence (Schechter), remise en question du genre (P\u00e9rez) : voil\u00e0 quelques pistes pour aborder ce nouveau spectacle de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, couronn\u00e9 par la magnifique relecture des <i>Quatre saisons<\/i> de Vivaldi (Pite).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1\u00b0 James Thi\u00e9rr\u00e9e serait-il un fan d&rsquo;<i>Harry Potter<\/i> et des <i>Animaux fantastiques<\/i>\u00a0? Il y a en tout cas de cela dans sa cr\u00e9ation <i>Fr\u00f4lons<\/i>, pi\u00e8ce qui fait se c\u00f4toyer deux mondes habituellement distincts\u00a0: le ballet et le cirque. Ce spectacle volontairement provocateur est construit sur des ruptures multiples. La pi\u00e8ce se d\u00e9roule en effet, non pas sur sc\u00e8ne, mais dans les parties publiques du Palais Garnier. Les spectateurs sont engag\u00e9s \u00e0 d\u00e9ambuler afin de d\u00e9couvrir les diff\u00e9rentes installations chor\u00e9graphiques. Autre surprise : v\u00eatus de combinaisons int\u00e9grales paillet\u00e9es, les visages masqu\u00e9s par des grillages, les danseurs deviennent partie int\u00e9grante du d\u00e9cor. Les ornements et les statues du grand escalier semblent s&rsquo;animer pour l&rsquo;occasion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2\u00b0 La deuxi\u00e8me pi\u00e8ce de la soir\u00e9e <i>The Art of not looking<\/i> <i>back<\/i> d&rsquo;Hofesh Schechter fait son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. D&rsquo;entr\u00e9e de jeux, la voix du chor\u00e9graphe introduit le th\u00e8me central de l&rsquo;\u0153uvre\u00a0: l&rsquo;absence de la m\u00e8re qui l&rsquo;a abandonn\u00e9 lorsqu&rsquo;il avait deux ans. Quoique le th\u00e8me puisse para\u00eetre tr\u00e8s lourd, cela n&#8217;emp\u00eache pas le chor\u00e9graphe d&rsquo;en parler avec humour. L&rsquo;accompagnement sonore est tr\u00e8s recherch\u00e9, le rythme soutenu, les d\u00e9cors r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;essentiel\u00a0(trois murs et un sol quadrill\u00e9 d\u00e9limite l&rsquo;espace sc\u00e9nique). La chor\u00e9graphie de Shechter est complexe, bas\u00e9e sur des d\u00e9calages, des corps d\u00e9sarticul\u00e9s, des mouvements r\u00e9p\u00e9titifs violents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3\u00b0 <i>The Male Dancer<\/i> d&rsquo;Ivan Perez, en troisi\u00e8me partie de spectacle, questionne la figure du danseur \u00e0 travers une chor\u00e9graphie androgyne : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une f\u00e9minit\u00e9 rendue par des ports de bras tr\u00e8s souples et de l&rsquo;autre un travail au sol et de nombreux port\u00e9s mettent en avant la force physique des danseurs. Cette tension entre force masculine et expressivit\u00e9 f\u00e9minine est accentu\u00e9e par les costumes de sc\u00e8nes f\u00e9minins que portent les danseurs. La musique chorale d&rsquo;Arvo P\u00e4rt, ainsi que la chor\u00e9graphie sont assez uniformes, voire un chou\u00efa monotones. Malgr\u00e9 tout, on appr\u00e9ciera les prouesses des danseurs dans les duos et le solo final en peignoir satin\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">4\u00b0 Le plus attendu de la soir\u00e9e est sans nul doute l&rsquo;\u0153uvre de Crystal Pite <i>The Seasons&rsquo; Canon<\/i>. Une suite de tableaux se suivent avec pour simple d\u00e9cors des effets de lumi\u00e8res illustrant les diff\u00e9rentes colorations du ciel\u00a0selon les saisons. La chor\u00e9graphie se caract\u00e9rise par des mouvements de groupes absolument saisissant. La pi\u00e8ce s&rsquo;ouvre sur le printemps, symbolis\u00e9 par un c\u0153ur anim\u00e9 par les ondulations des danseurs. C&rsquo;est sur cette esth\u00e9tique, sur cette m\u00e9taphore du souffle qu&rsquo;est structur\u00e9e l&rsquo;\u0153uvre. On assiste \u00e0 d&rsquo;incroyables effets d&rsquo;optiques qui suscitent l&rsquo;admiration du public. C&rsquo;est absolument justifi\u00e9\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Anne-Lou Lestringant<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris pr\u00e9sente du 18 mai au 8 juin 2018 une soir\u00e9e unique dont la danse est \u00e0 l&rsquo;honneur. Quatre ballets contemporains sont repr\u00e9sent\u00e9s successivement. D&rsquo;esth\u00e9tiques tr\u00e8s diff\u00e9rentes, ils ont n\u00e9anmoins en commun des chor\u00e9graphies centr\u00e9es sur le collectif et questionnent chacun d&rsquo;une mani\u00e8re originale sur le genre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La soir\u00e9e d\u00e9bute par une exp\u00e9rience in\u00e9dite propos\u00e9e au spectateur, qui assiste \u00e0 une performance dans les espaces publics de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier. L&rsquo;escalier d&rsquo;honneur, les halls ou couloirs sont investis par une cinquantaine de danseurs en forme mi-humaine, mi-animale (les costumes sont de magnifiques combinaisons dor\u00e9es tout en sequins et paillettes inspir\u00e9es par le lieu lui-m\u00eame) qui d\u00e9ambulent \u00e0 travers le public. Cette cr\u00e9ation de James Thierr\u00e9e intitul\u00e9e\u00a0<i>Fr\u00f4lons<\/i>, originale et d&rsquo;un caract\u00e8re assez oppressant permet de red\u00e9couvrir ou tout simplement d\u00e9couvrir l&rsquo;op\u00e9ra de mani\u00e8re in\u00e9dite et vivante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ensuite, l&rsquo;\u0153uvre du chor\u00e9graphe isra\u00eblien Hofesh Shechter\u00a0<i>The art of not looking back<\/i>\u00a0r\u00e9investit la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier afin de pr\u00e9senter une performance pour une troupe de neuf danseuses. Les mouvements de ces derni\u00e8res sont saccad\u00e9s, ent\u00eatants, puissants voire virils. On peut d&rsquo;ailleurs y voir une interrogation sur le rapport entre les femmes et le pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;\u0153uvre suivante est cette fois-ci une pi\u00e8ce pour dix danseurs masculins. Contrairement \u00e0 la pi\u00e8ce pr\u00e9c\u00e9dente o\u00f9 l&rsquo;effet de groupe pr\u00e9domine, ici, chaque danseur a un r\u00f4le soliste.\u00a0<i>The Male Dancer\u00a0<\/i>d&rsquo;Iv\u00e1n P\u00e9rez interroge sur la masculinit\u00e9 au travers d&rsquo;une danse fluide, sensuelle o\u00f9 chaque danseur exprime tour \u00e0 tour sa sensibilit\u00e9 sur la magnifique musique du\u00a0<i>Stabat Mater\u00a0<\/i>d&rsquo;Arvo P\u00e4rt. Les tr\u00e8s beaux costumes cr\u00e9\u00e9s par Alejandro Palomo sont aussi \u00e0 souligner\u00a0: les couleurs, les formes et les mati\u00e8res compl\u00e8tements diff\u00e9rentes contribuent \u00e0 la singularit\u00e9 de chaque danseur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Enfin, cette magnifique soir\u00e9e se cl\u00f4ture par un chef d&rsquo;\u0153uvre pr\u00e9sent\u00e9 pour la seconde fois \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier\u00a0: <i>The Seasons&rsquo; Canon <\/i>de la chor\u00e9graphe canadienne Crystal Pite. Le talent, la puissance de la troupe enti\u00e8re du ballet de l&rsquo;op\u00e9ra est mise en valeur par l&rsquo;intelligence d&rsquo;une chor\u00e9graphie. Les cinquante-quatre danseurs se d\u00e9placent en formant des chaines humaines, des formes fluides et hypnotisantes r\u00e9gl\u00e9es au millim\u00e8tre pr\u00e8s sur les\u00a0<i>4 saisons\u00a0<\/i>de Vivaldi revisit\u00e9es par Max Richter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Je vous incite particuli\u00e8rement \u00e0 assister \u00e0 ces ballets. En l&rsquo;espace d&rsquo;une soir\u00e9e, il est possible d&rsquo;admirer le talent, l&rsquo;endurance et la pr\u00e9cision des danseurs du ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris dans quatre chor\u00e9graphies qui pr\u00e9sentent chacune des aspects diff\u00e9rents de la danse contemporaine.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Camille Finck<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Thierree &#8211; Pite &#8211; Perez &#8211; Shechter le samedi 19 Mai 2018 19h30 au Palais Garnier: 4 chor\u00e9graphes r\u00e9unis lors de la premi\u00e8re de leur repr\u00e9sentation.<br \/>\nIl s\u2019agit des chor\u00e9graphes et danseurs James Thierree (suisse), Crystal Pite (canadienne), Ivan P\u00e9rez (espagnol) et enfin Hofesh Shechter (israelien).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce spectacle r\u00e9unit le corps de Ballet de l\u2019Opera de Paris et les Etoiles telles que Marie Agnes Gillot ou bien Hugo Marchand.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, la premi\u00e8re partie du spectacle est tr\u00e8s surprenante. En rentrant dans ce splendide lieu qu\u2019est le Palais Garnier, tous les membres du public sont r\u00e9unis dans le Hall et les escaliers. Sans m\u00eame que l\u2019on s\u2019y attende la premi\u00e8re repr\u00e9sentation commence, <i>Fr\u00f4lons <\/i>de James Thierree : d\u2019un coup toute une troupe de danseurs avec des costumes dor\u00e9es brillants surgissent parmi les spectateurs dans les escaliers, sur les balcons et r\u00e9alisent un ensemble de chor\u00e9graphie. Ils marchent au rythme de la musique, ils ont des costumes couverts de voilages et de fils couleur or, d\u2019autres danseurs par\u00e9s de costumes ressemblant \u00e0 des b\u00eates, se d\u00e9placent au sein des espaces public de l\u2019Opera. \u00c0 cela se m\u00eale une violoniste, une altiste et une violoncelliste qui accompagnent leur chor\u00e9graphie au son de leurs archets, ces derni\u00e8res m\u00ealant torsions incroyables : un chanteur lyrique se met \u00e0 chanter sur l\u2019un des balcons, au milieu des spectateurs. La repr\u00e9sentation dure 50 minutes, les danseurs s\u2019approchent de nous c\u2019est impressionnant. \u00c0 la fin l\u2019on voit une danseuse par\u00e9e telle une reine qui chante un air auquel tous les danseurs se rallient. Ainsi, l\u2019on peut y interpr\u00e9ter que c\u2019est la reine des fr\u00f4lons. L\u2019on constate qu\u2019elle est par\u00e9e de boules de lumi\u00e8re sur sa t\u00eate que tous les autres fr\u00f4lons posent sur sa t\u00eate, elle est comme couronn\u00e9e par ses sujets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une sonnerie retentit, et nous sommes tous convi\u00e9s \u00e0 nous installer dans la salle du Palais Garnier. La seconde prestation, <i>The Art of not looking back <\/i>de Hofesh Schechter. On entend au micro un homme pronon\u00e7ant un texte en anglais, mais d\u2019un coup la pellicule s\u2019embrouille et s\u2019enchainent une s\u00e9rie de syllabes et d\u2019onomatop\u00e9es incompr\u00e9hensibles. Les danseuses apparaissent dans des habits aux tons gris et noirs, la sc\u00e8ne est dans le noir total, et d\u2019un coup une lumi\u00e8re forte apparait accompagn\u00e9e de nu\u00e9es de fum\u00e9e. On entend ensuite une suite de cris compl\u00e8tement d\u00e9lirants comme une sorte de transe ou de folie, qui rythme la danse de ces danseuses, dans un chor\u00e9graphie m\u00ealant la danse contemporaine et parfois coup\u00e9e par des passages de danse classique accompagn\u00e9s d\u2019une musique qui change alors de registre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A chaque fin de prestation, un entracte vient marquer une pause. La pi\u00e8ce suivante est la chor\u00e9graphie du danseur et chor\u00e9graphe espagnol Ivan P\u00e9rez <i>The Male Dancer<\/i>. Elle est impressionnante. Les danseurs sont dix. Chacun porte un costume color\u00e9, ils dansent sur une musique totalement bouleversante, le <i>Stabat Mater <\/i>d\u2019Arvo P\u00e4rt. En effet, leur chor\u00e9graphie est tr\u00e8s po\u00e9tique, leur danse est tr\u00e8s fluide, et l\u2019on constate que les danseurs danse seul au centre de la sc\u00e8ne chacun son tour. En effet, ces derniers sont port\u00e9s au fur et \u00e0 mesure les uns par les autres, comme s\u2019ils se soutenaient mutuellement, et leur couleur de costume pouvant repr\u00e9senter un symbole. L\u2019on reconnait de loin la prestance de l\u2019un d\u2019eux, le danseur \u00e9toile Hugo Marchand qui lui est le seul qui poss\u00e8de un costume de toutes les couleurs, il s\u2019illustre comme le \u00ab grand \u00bb de cette danse. Il apparait \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation seul sur sc\u00e8ne, par\u00e9 d\u2019un costume oranger avec des plumes faisant penser \u00e0 la crini\u00e8re d\u2019un lion. La chor\u00e9graphie est tr\u00e8s \u00e9mouvante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin apr\u00e8s un dernier entracte, la chor\u00e9graphie de l\u2019artiste canadienne Crystal Pite <i>The Seasons\u2019 canon <\/i>commence. La sc\u00e8ne est sombre, l\u2019on voit des lumi\u00e8res projet\u00e9es faisant penser \u00e0 des fonds marins. En effet, les danseurs sont tous r\u00e9unis, ils sont regroup\u00e9s avec le corps de ballet principalement, leur danse semble \u00e9voquer la mer, les vagues dans l\u2019oc\u00e9an. C\u2019est sublime. La coh\u00e9sion et la synchronisation des mouvements est rythm\u00e9e par la r\u00e9\u00e9criture des <i>Quatre Saisons <\/i>de Vivaldi par le compositeur Max Richter, musique tr\u00e8s touchante, qui ne laisse pas indiff\u00e9rent le spectateur dans l\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est toujours tr\u00e8s rafraichissant de voir un lieu si illustre, avec un poids historique si important, accueillir de la danse contemporaine, et des spectacles si modernes, nous sortant totalement du ballet classique que l&rsquo;on peut voir habituellement dans un lieu tel que le Palais Garnier.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Nejma Abouzrou<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 19 mai, un nouveau spectacle compos\u00e9 de quatre pi\u00e8ces se tient \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Garnier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La repr\u00e9sentation commence avec <i>Fr\u00f4lon <\/i>de James Thierr\u00e9e. Les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 se promener dans les espaces publics de l\u2019Op\u00e9ra. Les danseurs, transform\u00e9s en mi-humains, mi-animaux, sans expression du visage, marchent et dansent partout, ce qui cr\u00e9e d\u2019abord une sorte de terreur. Mais seulement quelques minutes apr\u00e8s, on en est habitu\u00e9. Les danseurs m\u00eal\u00e9s dans la foule nous font r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019humanit\u00e9. O\u00f9 est la fronti\u00e8re entre l\u2019humain et l\u2019animal ? La musique intense et le cri \u201cAvancez-vous\u201d de l\u2019acteur cr\u00e9ent une ambiance agit\u00e9e. C\u2019est une exp\u00e9rience in\u00e9dite d\u2019\u00eatre hors de la salle de th\u00e9\u00e2tre, entour\u00e9 par les danseurs. On est en m\u00eame temps les spectateurs et, dans un sens, les joueurs. La pi\u00e8ce est compos\u00e9e par les danseurs et les spectateurs, m\u00eal\u00e9s ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais il y a encore quelques probl\u00e8mes. D\u2019abord, il est difficile de retenir le d\u00e9sir de filmer un petit extrait avec son portable. M\u00eame si on y arrive, les flashs des portables des autres nous d\u00e9rangent de temps en temps. De plus, avec tant de spectateurs, il est parfois difficile de s\u2019avancer pour profiter librement de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Vient ensuite <i>The Art of Not Looking Back<\/i> de Hofesh Shecheter. La voix off nous apprend que sa m\u00e8re l\u2019a quitt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de deux ans. Sous la lumi\u00e8re forte et la fum\u00e9e enveloppant la salle, les danseuses sont transform\u00e9es en ombre, comme si on est dans le souvenir. Les c\u00e9sures subites, l\u2019alternance entre la musique, le cri et la voix off \u00e9touffent les spectateurs. On y sent le d\u00e9sir de vivre au pr\u00e9sent et de se d\u00e9gager de la douleur du pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans <i>The Male Dancer<\/i> de Ivan Perez, les danseurs sont tous habill\u00e9s au style f\u00e9minin. La fronti\u00e8re entre l\u2019homme et la femme est estomp\u00e9e. On n\u2019y voit plus les actions qui montrent la force du danseur, comme dans le ballet classique, mais plut\u00f4t ceux qui montrent la souplesse. On se demande alors si la d\u00e9finition de sexe est en fait une sorte de st\u00e9r\u00e9otype.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, dans <i>The Season\u2019s Canon<\/i> de Max Richter, le canon de Vivaldi est recompos\u00e9, mais l\u2019esprit est conserv\u00e9. Les cinquante-quatre danseurs, en costume tr\u00e8s sobre, bougent et dansent comme un seul corps. Avec une grande coh\u00e9rence \u00e0 la musique, la pi\u00e8ce nous montre la force de l\u2019ensemble des danseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Personnellement, habitu\u00e9e au ballet classique, je suis un peu mal \u00e0 l\u2019aise dans cette nuit des pi\u00e8ces contemporaines. Mais elle me fait quand m\u00eame r\u00e9fl\u00e9chir sur la vie, le monde et l\u2019humanit\u00e9. C\u2019est l\u00e0 le charme de l\u2019art contemporain : il cr\u00e9e toujours un lien plus direct \u00e0 la pens\u00e9e.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Xirui Zhang<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce magnifique ballet se compose des quatre pi\u00e8ces\u00a0: <i>Fr\u00f4lons <\/i>de James Thierr\u00e9e, <i>The Art of not Looking back <\/i>de Hofesh Shechter, <i>The Male Dancer<\/i> d&rsquo;Iv\u00e1n P\u00e9rez et de <i>The Seasons&rsquo; Canon<\/i> de Crystal Pite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 La premi\u00e8re pi\u00e8ce bouleverse par sa forme et beaut\u00e9. Le spectacle prend place dans les espaces publics de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier\u00a0: la rotonde au sous-sol, le Grand Escalier et les all\u00e9es lat\u00e9rales. La mise en mouvement du spectateur modifie l&rsquo;appr\u00e9hension du spectacle\u00a0: les arts du temps comme la danse n\u00e9cessitent un spectateur immobile\u00a0; les arts de l&rsquo;espace, comme la peinture pr\u00e9sentent une \u0153uvre immobile face \u00e0 laquelle le public se d\u00e9place pour l&rsquo;observer de loin ou de pr\u00e8s comme dit Horace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0Les danseurs, v\u00eatus de costumes \u00e9tranges sombres et dor\u00e9s, apparaissent comme des chim\u00e8res t\u00e9n\u00e9breuses, des reptiles \u00e0 la silhouette humano\u00efde. Sensuels et effrayants, ils se d\u00e9placent avec gr\u00e2ce, parfois aid\u00e9s d&rsquo;objets myst\u00e9rieux sur lesquels ils d\u00e9posent leurs corps afin de rouler en lib\u00e9rant les quatre membres pour ramper furtivement et l\u00e9g\u00e8rement. Trois cat\u00e9gories de performeurs se distinguent\u00a0: des hommes, v\u00eatus de capes noires ordonnent de rester en mouvement\u00a0; des b\u00eates, moiti\u00e9-fr\u00f4lons moiti\u00e9-dragons, paradent dans les lieux dans un costume \u00e9tincelant d&rsquo;un dor\u00e9 poussi\u00e9reux\u00a0; une chanteuse, drap\u00e9e d&rsquo;un habit de princesses des profondeurs, entonne avec sa voix une m\u00e9lodie \u00e9mouvante. Le final a lieu sur la sc\u00e8ne, les spectateurs contemplent un voile bariol\u00e9 de couleurs sombres avec un anneau blanc lumineux au centre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0La deuxi\u00e8me pi\u00e8ce, plus symboliste, joue sur des effets de sym\u00e9trie. La musique repose sur un rythme lent, des percussions lourdes, des bruitages num\u00e9riques et des voix plaintives. La lumi\u00e8re alterne entre un blanc cru et poussi\u00e9reux, une luminosit\u00e9 claire qui exhibe des traits g\u00e9om\u00e9triques et un rouge vif et obscur. Ils dansent lentement, leurs mouvements passent d&rsquo;un centre de gravit\u00e9 bas ou haut de mani\u00e8re fluide. Ils se regroupent, dansent simultan\u00e9ment ou font une cha\u00eene horizontale \u00e0 l&rsquo;avant-sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0La troisi\u00e8me pi\u00e8ce explore la sensibilit\u00e9 des corps masculins. Elle aborde la th\u00e9matique <i>queer<\/i>\u00a0: certains danseurs portent des robes ou des costumes f\u00e9minins, aux motifs floraux rouge par exemple. Les corps \u00e0 corps oscillent entre lutte et sensualit\u00e9. L&rsquo;\u0153uvre met en tension le muscle et le raffinement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 La derni\u00e8re pi\u00e8ce reprend les <i>Quatre Saisons<\/i> de Vivaldi. L&rsquo;espace sc\u00e9nique est nu. Le lointain, compos\u00e9 d&rsquo;une image nuageuse et brumeuse, change de couleur au fil des saisons. Les danseurs, en masse dans cette pi\u00e8ce sont torse-nus. Ils embrassent de leurs mouvements le rythme primesautier du printemps, la foudroyante \u00e9nergie de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et la m\u00e9lancolie grave et l\u00e9g\u00e8re de l&rsquo;automne. Lors de l&rsquo;hiver, des flocons descendent au lointain. Les performeurs ex\u00e9cutent des cha\u00eenes \u00e9blouissantes. L&rsquo;une d&rsquo;elle, verticale, court de l&rsquo;avant-sc\u00e8ne au lointain. Elle produit des \u00e9motions intenses\u00a0: les acteurs bougent \u00e0 la suite le bras gauche, puis le droit, comme des dominos qui r\u00e9v\u00e8lent la beaut\u00e9 du geste partag\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Alexandre Ben Mrad<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Quatre chor\u00e9graphes contemporains pr\u00e9sentent chacun une cr\u00e9ation lors d&rsquo;une soir\u00e9e haute en couleur \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier. Port\u00e9es par les danseuses et danseurs du ballet, chacune de ces \u0153uvres surprend, transporte ou fascine. Si l&rsquo;art contemporain avait encore besoin d&rsquo;une d\u00e9finition, ce spectacle pourrait en \u00eatre une dans\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La premi\u00e8re pi\u00e8ce, \u00ab Fr\u00f4lons \u00bb, est enti\u00e8rement cr\u00e9\u00e9e par James Thierri\u00e9e, aussi bien la chor\u00e9graphie que la musique ou les costumes. Il faut arriver un peu en avance, pour voir d\u00e9ambuler dans les parties communes de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier, des b\u00eates rampantes, une flaque d&rsquo;or coulant sur les marches, des sortes d&rsquo;insectes&#8230; Les danseurs, masqu\u00e9s, v\u00eatus de tenues brillantes noires ou dor\u00e9es, vous fr\u00f4lent. La musique est parfois stridente, parfois, elle laisse place au bruit du tonnerre redoubl\u00e9 par un jeu de lumi\u00e8re pour nous faire voir l&rsquo;\u00e9clair. L&rsquo;espace est occup\u00e9. Le spectacle dans les escaliers de l&rsquo;Op\u00e9ra, surprenant, inattendu, s&rsquo;ach\u00e8ve sur l&rsquo;ensemble des danseurs r\u00e9unis pour un final impressionnant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le deuxi\u00e8me spectacle se joue sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra, mais il ne faut pas pour autant s&rsquo;attendre \u00e0 une cr\u00e9ation plus traditionnelle. Hofesh Schechter nous offre avec \u00ab The Art of not looking back \u00bb une pi\u00e8ce plus brusque, brutale, agressive dans ses jeux de lumi\u00e8res parfois rouges, parfois d&rsquo;un blanc \u00e9blouissant ou encore avec la bande sonore d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 l&rsquo;oreille avec des cris, des bruits de crachats. L&rsquo;auteur \u00e9voque l&rsquo;abandon de sa m\u00e8re lorsqu&rsquo;il \u00e9tait enfant, il r\u00e9p\u00e8te plusieurs fois \u00ab empty \u00bb ou encore \u00ab I don&rsquo;t forgive you \u00bb, laissant sous-entendre une d\u00e9tresse devenue haine. Les neuf danseuses pr\u00e9sentes sur sc\u00e8ne interpr\u00e8tent parfois en solo, parfois en groupe, une chor\u00e9graphie aux mouvements d\u00e9construits, et m\u00eame violents. Le spectateur ressent v\u00e9ritablement le d\u00e9cha\u00eenement des corps se d\u00e9roulant sur la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab The Male Dancer \u00bb d&rsquo;Iv\u00e1n P\u00e9rez est beaucoup plus calme, la musique plus douce, la danse plus fluide. Dix danseurs se retrouvent sur sc\u00e8ne, s&rsquo;entrem\u00ealent, se battent, se portent. Chacun \u00e9volue, simplement, naturellement, occupant la sc\u00e8ne, au sol, debout, ou \u00e9lev\u00e9 par les autres. Les mouvements de groupes sont harmonieux. Les costumes sont plus surprenants, aucun ne se ressemble. Certains font penser \u00e0 des tenues disco des ann\u00e9es 1980 avec des manches et des bas de pantalons larges, paillet\u00e9s ou du moins tr\u00e8s color\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le spectacle s&rsquo;ach\u00e8ve en apoth\u00e9ose avec la cr\u00e9ation de Crystal Pite \u00ab The season&rsquo;s canon \u00bb. Plus de cinquante danseurs et danseuses \u00e9voluent sur sc\u00e8ne, souvent dans des mouvements de groupe impressionnants de synchronicit\u00e9, de justesse et d&rsquo;esth\u00e9tique. Les danseurs et les danseuses ont des costumes identiques, valorisant le corps, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment le buste, mettant en avant les muscles des danseurs. Le genre n&rsquo;a plus d&rsquo;importance, ce qui importe c&rsquo;est le corps et le mouvement du corps seul ou en groupe, fluide, l\u00e9ger, semblant aller de soi. Le spectateur est subjugu\u00e9 sans vraiment d\u00e9finir ce qui le frappe autant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Aline Pincon<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Je ne ferai pas l&rsquo;injure de pr\u00e9senter l&rsquo;op\u00e9ra de Paris. Le chef-d&rsquo;\u0153uvre de Charles Garnier est un parangon qui incarne \u00ab\u00a0l&rsquo;op\u00e9ra\u00a0\u00bb, comme Notre-Dame incarne \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9glise\u00a0\u00bb. Je ne parlerai pas des ruissellements de marbres, des for\u00eats de colonnes, du peuple de putti, des caryatides aimables. Mais je dirai que dans sa cr\u00e9ation, \u00ab\u00a0Fr\u00f4lons\u00a0\u00bb, James Thierr\u00e9e a donn\u00e9 vie \u00e0 cette faune et \u00e0 cette flore min\u00e9rale.\u00a0 On le sait depuis Gaston Leroux, l&rsquo;op\u00e9ra est mystique. Mais a-t-on souvent l&rsquo;occasion de voir op\u00e9rer la magie en dehors de la grande salle ? Le rideau, comme de plomb, contient jalousement\u00a0 le spectacle sur sc\u00e8ne en emp\u00eache les muses d&rsquo;irradier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Peut-\u00eatre est-ce cette r\u00e8gle de confinement qui a \u00e9t\u00e9 outrepass\u00e9e que les saltimbanques bonimenteurs, tout droit sorti d&rsquo;un film de Burton, qui nous harangue dans les escaliers de Garnier. Parmi nous, des cr\u00e9atures \u00e9tranges, salamandres papelonn\u00e9es d&rsquo;or, nymphes noires sem\u00e9es de sequins, rejetons trig\u00e9mellaires de la pythonisse de Marcello sinuant sur les degr\u00e9s de marbreset frisant impudemment le public. De quelle sarabande alchimistique sommes-nous t\u00e9moins ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le deuxi\u00e8me volet de la soir\u00e9e est \u00ab\u00a0The art of not looking back\u00a0\u00bb d&rsquo;Hofesh Shechter. Une voix angoissante nous explique l&rsquo;argument : anglophobe vous \u00eates pr\u00e9venus car tout est dans la langue de Margot Fonteyn ! Heureusement, la danse est universelle, et la chor\u00e9graphie saccad\u00e9e, entrecoup\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rences am\u00e8res aux classiques et les hoquets agoniques du narrateur, Tant\u00f4t Jim Carrey, tant\u00f4t Nazg\u00fbl, vous renseigneront assez bien sur le caract\u00e8re peu optimiste du th\u00e8me. Une brume dense envahit la sc\u00e8ne et inonde parterre, et par instants les danseurs disparaissent dans cette poudreuse \u00e9touffante. Le r\u00e9sultat de cette sinistrose \u00e9carlate est curieusement cathartique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Vient ensuite \u00ab\u00a0The Male Dancer\u00a0\u00bb, d&rsquo;Ivan P\u00e9rez. Sur une sc\u00e8ne blanche et froide, dix danseurs aux accoutrements pittoresques, ou fantasques. Comme les fils d&rsquo;un tapis persan, ils trament des motifs g\u00e9om\u00e9triques, pouss\u00e9s par un cantique aux accents gr\u00e9goriens. Leurs interactions sont difficiles \u00e0 cerner. Apprennent-ils l&rsquo;un de l&rsquo;autre ? Sont-ils rivaux, alli\u00e9s, amants ? Le dernier acte revient \u00e0 un danseur solitaire, peut-\u00eatre Hugo Marchand, couvert d&rsquo;une veste solaire \u00e9trangement \u00e9vocatrice de Noureev.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La soir\u00e9e se termine avec \u00ab\u00a0The season&rsquo;s Canon\u00a0\u00bb. Que l&rsquo;on se figure la toile \u00ab\u00a0Les Or\u00e9ades\u00a0\u00bb, de William Bouguereau. Que l&rsquo;on se dise maintenant que les or\u00e9ades sont m\u00e2les, et les satyres femelles, et on aura une id\u00e9e claire du tableau agenc\u00e9 par Crystal Pite. L&rsquo;\u00e9clairage est tamis\u00e9 ; le clair-obscur exalte les torses d&rsquo;airain des danseurs. Quand la lumi\u00e8re se mordore, on croit assister \u00e0 une pyrrhique, sur un fond de sc\u00e8ne sugg\u00e9rant une peinture de Turner. Quand elle se putr\u00e9fie et p\u00e2lit, les corps s&rsquo;enchev\u00eatrent et se ramifient en assemblages chromosomiques. L&rsquo;\u00e9clairage p\u00e2le rend les dos chitineux, et en fa\u00e7on de point d&rsquo;orgue, chaque danseur devient le segment d&rsquo;une terrifiante scolopendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Rigoureusement contemporaine, la soir\u00e9e Thierr\u00e9e\/Shechter\/P\u00e9rez\/Pite a cependant des atouts qui adouciront les vell\u00e9it\u00e9s de fronde des classiques, tels que moi. Le \u00ab Fr\u00f4lons \u00bb de Thierr\u00e9e, ent\u00eatant et pa\u00efen, est \u00e0 vivre comme une transe, et illumine \u00e0 lui seul une soir\u00e9e tr\u00e8s \u00e9clectique.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right\">Aleksandre Prosperini<\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<pre>Photographie : Julien Benhamou<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Op\u00e9ra national de Paris | En savoir plus Equilibre parfait entre pi\u00e8ces provocatrices, r\u00e9flexion critique et spectacle grand public. En d\u00e9pit de cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, un fil rouge se tisse entre les diff\u00e9rentes pi\u00e8ces\u00a0: le questionnement sur l&rsquo;identit\u00e9. 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