{"id":11737,"date":"2018-10-22T17:38:40","date_gmt":"2018-10-22T15:38:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11737"},"modified":"2018-10-22T17:38:40","modified_gmt":"2018-10-22T15:38:40","slug":"verklarte-nacht-anne-teresa-de-keersmaeker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11737","title":{"rendered":"Verkl\u00e4rte Nacht \/ Anne Teresa De Keersmaeker"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Verkl\u00e4rte Nacht, Anne Teresa de Keersmaeker ou Le vertige de vivre\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque l\u2019on assiste \u00e0 une repr\u00e9sentation de danse, l\u2019on n\u2019attend rien si ce n\u2019est la surprise, celle qui fait ralentir la poitrine et \u00e9carquiller les yeux. Verkl\u00e4rte Nacht est une danse qui se pr\u00e9sente en diff\u00e9rents chapitres, tous constitutifs d\u2019un seul et m\u00eame conte : l\u2019amour d\u00e9chirant entre un homme et une femme. L\u2019absence de musique au d\u00e9but, alourdit les mouvements et \u00e9tire le temps. Le protagoniste masculin retient le corps, devrai-je dire la \u00ab masse \u00bb du protagoniste f\u00e9minin ; les t\u00eates sont vers le sol. La musique commence, et c\u2019est toute la cadence qui change. L\u2019on comprend ainsi que la lenteur du d\u00e9but est partie essentielle et int\u00e9grante de la trame narrative : la venue de la musique bouleverse le plateau, les corps deviennent a\u00e9riens, s\u2019entrem\u00ealent, il semble y avoir \u00e0 la fois r\u00e9conciliation et r\u00e9pulsion. Les corps s\u2019agrippent, se rejettent, s\u2019entrelacent, mais nous sentons l\u2019impossibilit\u00e9 de ne former qu\u2019un corps et comprenons ainsi qu\u2019entre un individu et un autre il y a un monde, celui de sa solitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa danse m\u00eale passion et douceur. Tout sur sc\u00e8ne est transparent, et toute moderne qu\u2019est la chor\u00e9graphe et que sont les danseurs le vertige ressenti n\u2019a d\u2019\u00e9gal que celui de la vie, soit celui qui nous est le plus intime et le plus simple : vertige des sentiments, de l\u2019amour. Ici, pas question d\u2019\u00e9l\u00e9vation de l\u2019\u00e2me, mais d\u2019une tentative d\u2019\u00eatre pour l\u2019autre. Le mot vertige n\u2019est pas anodin, la chor\u00e9graphie est elle-m\u00eame vertigineuse puisqu\u2019une tendre guerre semble avoir lieu sous nos yeux : les corps sautent ; tombent ; courent ; les visages sourient ; se d\u00e9chirent ; grimacent.\u00a0Le brusque arr\u00eat de la danse cl\u00f4ture merveilleusement cette danse. Ceci n\u2019est en rien p\u00e9joratif : la timidit\u00e9 des protagonistes se faisait sentir par leurs \u00e9lans et leurs rejets succincts, la d\u00e9chirure se devait d\u2019\u00eatre brutale. Les corps s\u2019arr\u00eatent, essouffl\u00e9s, et il semble qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 la danse ne se soit pas r\u00e9ellement termin\u00e9, que ce\u00a0corps fatigu\u00e9 et us\u00e9 par la chor\u00e9graphie s\u2019inscrive dans la danse, que le danseur est encore l\u2019amoureux et que sa poitrine haletante l\u2019est des sentiments. C\u2019est comme si l\u2019on ne voulait pas que toute cette histoire soit fictive.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\">Julia Valette<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Die Verkl\u00e4rte Nacht est un spectacle cr\u00e9\u00e9 par Anne Teresa de Keersmaeker le 16 ao\u00fbt 2014 dans le cadre de la Ruhrtriennale \u2013 Festival der K\u00fcnste et repris \u00e0 l\u2019occasion du portrait qui lui est consacr\u00e9 lors du Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019espace Pierre Cardin au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville. Ce spectacle, \u00e0 l\u2019origine cr\u00e9\u00e9 pour quatorze danseurs en 1995, est pr\u00e9sent\u00e9 dans cette version \u00e9pur\u00e9e en 2014 d\u2019un \u00ab\u00a0duo pour trois\u00a0\u00bb\u00a0: cette d\u00e9nomination est int\u00e9ressante car elle fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u0153uvre musicale de Schoenberg, elle-m\u00eame inspir\u00e9e d\u2019un po\u00e8me de Richard Dehmel, qui donne la trame narrative de la pi\u00e8ce chor\u00e9graphique\u00a0: une jeune femme annonce \u00e0 son amant qu\u2019elle est enceinte d\u2019un autre homme, qu\u2019elle n\u2019aime plus. Or, cette histoire ne ressort pas de fa\u00e7on transparente dans l\u2019histoire qu\u2019Anne Teresa de Keersmaeker, elle, choisit de raconter \u00e0 travers sa chor\u00e9graphie\u00a0; mais au lieu de tomber dans l\u2019opacit\u00e9 \u00e9litiste et d\u00e9monstrative parfois reproch\u00e9e \u00e0 la danse contemporaine, cette opacit\u00e9-ci laisse passer la lumi\u00e8re et l\u2019on se concentre alors sur la beaut\u00e9 simple du mouvement, o\u00f9 les \u00e9motions ressortent d\u2019autant plus qu\u2019elles ne sont pas circonscrites \u00e0 la narration. Les corps deviennent ainsi des all\u00e9gories de sentiments et d\u2019\u00e9motions pures, et leur entrelacement n\u2019en est paradoxalement que plus significatif. La simplicit\u00e9 de l\u2019\u00e9clairage et de la sc\u00e9nographie, la neutralit\u00e9 des costumes choisis portent la puret\u00e9 de l\u2019ensemble, jusqu\u2019au but final\u00a0: l\u2019expression de la douleur, et d\u2019une histoire d\u2019amour contrari\u00e9e, d\u00e9sormais rendue universelle.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\">Julie Cantaloube<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Verkl\u00e4rte Nacht est une chor\u00e9graphie r\u00e9alis\u00e9e par Anne Teresa de Keersmaeker en 1995 \u00e0 partir de l&rsquo;\u0153uvre musicale \u00e9ponyme de Schoenberg, elle-m\u00eame inspir\u00e9e d&rsquo;un po\u00e8me de Richard Dehmel exprimant les tourments d&rsquo;une femme qui avoue \u00e0 son amant \u00eatre enceinte d&rsquo;un autre homme. Cette danse fut propos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;espace Pierre Cardin par la compagnie Rosas (\u00e9galement cr\u00e9\u00e9e par Anne Teresa de Keersmaeker) \u00e0 l&rsquo;occasion du Festival d&rsquo;Automne de Paris qui s&rsquo;est attel\u00e9 \u00e0 dresser un portrait de cette chor\u00e9graphe hors-norme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois danseurs, deux hommes, une femme, reproduisent les passions qui d\u00e9chirent un couple. Le spectacle commence par une division, les deux danseurs qui forment un couple ne sont pas en harmonie. Puis, un des danseurs, l&rsquo;amant, appara\u00eet pendant un bref instant \u2013 pendant l&rsquo;adult\u00e8re qui va \u00e9reinter le couple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La femme est v\u00eatue d&rsquo;une chemise de nuit, l&rsquo;homme est en costume. La mise en sc\u00e8ne est d\u00e9pouill\u00e9e, seule la lumi\u00e8re est travaill\u00e9e pour rendre la clart\u00e9 du clair de lune. Les danseurs ont des visages tortur\u00e9s, la musique a une tonalit\u00e9 dramatique, la danse reproduit la violence des passions. La chor\u00e9graphie met en \u00e9vidence le Lien entre la danse et la musique, sp\u00e9cialit\u00e9 de Anne Teresa de Keersmaeker.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au long du spectacle, les deux danseurs principaux gravitent l&rsquo;un autour de l&rsquo;autre, s\u2019attirent et se repoussent. Ils sont en proie \u00e0 une douleur qu&rsquo;ils redessinent par leurs gestes, leurs \u00e9motions sont inconstantes et violentes, leurs mouvements sont brusques, mais les deux danseurs se recherchent pour recr\u00e9er une harmonie perdue. Finalement, ils se retrouvent, amor\u00e7ant ainsi la fin du spectacle qui se conclut par la lib\u00e9ration de l&rsquo;homme en un magnifique solo.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\">Lena Piveteau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Verkl\u00e4rte Nacht, musique d\u2019Arnorld Schoenberg, chor\u00e9graphi\u00e9e par Anne Teresa de Keersmaeker est un \u00ab\u00a0duo pour trois\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9 ici dans le cadre du Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un triangle amoureux est d\u2019abord pr\u00e9sent\u00e9 pour laisser ensuite place \u00e0 un duo d\u2019amants. Leur chor\u00e9graphie est d\u2019abord silencieuse, la lumi\u00e8re \u00e9tant seulement projet\u00e9 sur eux sans aucun autre bruit que leurs pas sur la sc\u00e8ne, ce qui cr\u00e9e une grande tension dans la salle. Avec l\u2019arriv\u00e9e de la musique apparaissent des effets de crescendo dans l\u2019\u00e9motion. La chor\u00e9graphie du couple \u00e9tait touchante dans l\u2019expression d\u2019une urgence, d\u2019une s\u00e9paration, notamment dans les port\u00e9s r\u00e9p\u00e9t\u00e9s o\u00f9 la danseuse se laissait glisser le long du corps de son partenaire. Cependant, je n\u2019ai pas vraiment per\u00e7u toute l\u2019expressivit\u00e9 du r\u00e9cit de la grossesse de la protagoniste mais les d\u00e9chirements des deux personnages \u00e9taient par contre \u00e9mouvants et leurs expressions faciales tr\u00e8s prononc\u00e9es. Les jeux de lumi\u00e8re blanche sur leur visage, l\u2019ombre port\u00e9e sur chacun pouvant traduire le manque, ou la proximit\u00e9 des danseurs avec le public, se pla\u00e7ant tout au bord de la sc\u00e8ne, \u00e9taient autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui happaient le public dans l\u2019intimit\u00e9 des protagonistes. Du point de vue technique, les r\u00e9p\u00e9titions dans la chor\u00e9graphie \u00e9taient \u00e9galement assez fascinants. Bien que le spectacle ne dure pas tr\u00e8s longtemps, les \u00e9motions exprim\u00e9es y sont tr\u00e8s fortes et captent toute l\u2019attention du spectateur assez rapidement. La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des danseurs, l\u2019impression de facilit\u00e9 dans leurs mouvements sont \u00e9galement toujours tr\u00e8s impressionnantes. Le fait que la danseuse ne soit pas une \u00ab jeune premi\u00e8re \u00bb comme on a toujours l\u2019habitude d\u2019en voir dans les ballets \u00e9tait \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment auquel j\u2019ai \u00e9t\u00e9 sensible et les deux protagonistes paraissaient alors \u00eatre un couple ordinaire que l\u2019on pourrait croiser dans la rue ce qui agrandissait l\u2019effet de proximit\u00e9 du public avec le drame qui se d\u00e9roulait sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\">Chloe Bories<\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Verkl\u00e4rte Nacht, Anne Teresa de Keersmaeker ou Le vertige de vivre\u00a0 Lorsque l\u2019on assiste \u00e0 une repr\u00e9sentation de danse, l\u2019on n\u2019attend rien si ce n\u2019est la surprise, celle qui fait ralentir la poitrine et \u00e9carquiller les yeux. 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