{"id":1181,"date":"2011-11-02T20:00:36","date_gmt":"2011-11-02T19:00:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=1181"},"modified":"2011-11-02T20:00:36","modified_gmt":"2011-11-02T19:00:36","slug":"le-huron","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=1181","title":{"rendered":"Le Huron"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><strong><em>Le Huron<\/em>, op\u00e9ra-comique de Gr\u00e9try et Marmontrel par la <a href=\"http:\/\/www.compagniedequatsous.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">compagnie de Quat&rsquo;sous<\/a> <\/strong><br \/>\n<strong>&#8211; au Th\u00e9\u00e2tre Adyar, Paris 7<sup>e<\/sup><\/strong><br \/>\n<strong>&#8211; au Th\u00e9\u00e2tre Jacques Brel, Champs-sur-marne (<\/strong><span style=\"font-weight: bold;\">77)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Le Huron\">La critique de Maxime Chevalier<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#C'est\">La critique de Maxence D\u00e9on<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#opera-comique\">La critique de Delphine Evans<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Mais o\u00f9\">La critique de Quentin Grand<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Si\">La critique de Barth\u00e9l\u00e9my Lagneau<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#Tout\">La critique d&rsquo;Apolline Hamy<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"#C'est au \">La critique d&rsquo;Alix Weidner<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Le Huron\"><\/a><em>Le Huron <\/em>est un op\u00e9ra &#8211; comique de Gr\u00e9try et Marmontel d\u2019apr\u00e8s L\u2019Ing\u00e9nu de Voltaire. La repr\u00e9sentation a eu lieu le dimanche 6 novembre 2011 \u00e0 16H au th\u00e9\u00e2tre Jacques Brel \u00e0 Champs sur Marne. Cette repr\u00e9sentation a dur\u00e9 environ une heure et demie.<br \/>\n<em>Le Huron<\/em> a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par la Compagnie de quat\u2019 sous et le Concert latin. Les acteurs principaux sont Carl Ghazarossian pour le Huron, Sandra Collet pour Mademoiselle de Saint Yves et Anthony Lo Papa pour Gilotin. La trame de l\u2019histoire est simple\u00a0: un Huron venu du Canada d\u00e9barque en Bretagne\u00a0; il parvient \u00e0 obtenir la main de Mademoiselle de Saint Yves auparavant promise \u00e0 Gilotin.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">En ce qui concerne le d\u00e9cor, il y a peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments\u00a0: une table, quelques chaises, un lustre sur le sol, une porte en arri\u00e8re &#8211; plan, un vase contenant des tulipes jaunes. Les costumes sont assez classiques pour la plupart des acteurs except\u00e9 pour Le Huron ayant gard\u00e9 ses v\u00eatements d\u2019origines d\u2019un Indien d\u2019Am\u00e9rique.<br \/>\nL\u2019espace de la sc\u00e8ne est utilis\u00e9e en totalit\u00e9. Les acteurs ne sont pas tr\u00e8s nombreux\u00a0: au maximum au nombre de sept mais leurs mouvements sont nombreux. Le Huron et Mademoiselle de Saint Yves entrent m\u00eame dans la deuxi\u00e8me partie de la repr\u00e9sentation sur sc\u00e8ne par la salle et non par les coulisses.<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019un op\u00e9ra &#8211; comique donc le but principal de cette repr\u00e9sentation est de divertir. N\u00e9anmoins, nous assistons \u00e0 une repr\u00e9sentation rendant compte de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Ancien R\u00e9gime. Ceci se voit particuli\u00e8rement dans l\u2019importance du p\u00e8re de Mademoiselle de Saint Yves qui lui a promis Gilotin en mari sans se soucier de l\u2019avis de sa fille.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Cette repr\u00e9sentation est tr\u00e8s bien interpr\u00e9t\u00e9e, les musiciens accompagnent la pi\u00e8ce merveilleusement bien. Les diff\u00e9rents mouvements des acteurs font qu\u2019il n\u2019y a pas de longueurs. Cependant, on ne sent pas assez, selon moi, l\u2019influence de Voltaire, auteur avant tout satirique. Cette pi\u00e8ce a le m\u00e9rite de mettre en avant le poids de la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale. Les acteurs sont tr\u00e8s bons autant en tant que com\u00e9diens que chanteurs. <strong>&#8211; Maxime Chevalier<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"C'est\"><\/a>C\u2019est dans la petite salle Adyar, situ\u00e9e \u00e0 deux pas de la Tour Eiffel, qu\u2019\u00e9tait jou\u00e9 ce 2 novembre 2011 l\u2019op\u00e9ra comique <em>Le Huron<\/em>, mis en vers et en musique en 1768 par le musicien Gr\u00e9try et le po\u00e8te et encyclop\u00e9diste Marmontel, \u00e0 la demande de Voltaire en personne qui souhaitait voir son conte philosophique <em>L\u2019Ing\u00e9nu<\/em> (1767) port\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne lyrique. Deux petits actes forment la pi\u00e8ce d\u2019une dur\u00e9e d\u2019environ 1h30. C\u2019est un beau projet que celui de la Compagnie de Quat\u2019sous et du Concert Latin de vouloir recr\u00e9er en France cette pi\u00e8ce alternant parties parl\u00e9es et parties chant\u00e9es, dont la partition est rarement entendue et qui fut pourtant le premier grand succ\u00e8s de Gr\u00e9try lors de sa cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1768.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">La petite salle imposait ainsi d\u2019embl\u00e9e une ambiance intimiste, et la r\u00e9duction de l\u2019orchestre \u00e0 un petit ensemble de chambre de sept musiciens appuyait ce point, tout comme la disposition de la sc\u00e8ne\u00a0: \u00e9taient pos\u00e9es pour d\u00e9cor quelques chaises et tapisseries de style ancien r\u00e9gime, qui laissaient pr\u00e9sager une mise en sc\u00e8ne classique. Quelle n\u2019est donc pas la surprise quand on voit entrer sur sc\u00e8ne Mlle de Kerkabon (S\u00e9verine Maquaire), titubante en peignoir, lunettes de soleil destin\u00e9es \u00e0 masquer la gueule de bois et bouteille \u00e0 la main afin de soigner celle-ci. Car ce n\u2019est pas en 1690 mais en plein mai 68 que le r\u00e9cit est transpos\u00e9\u00a0; quelques indices habilement parsem\u00e9s ci et l\u00e0 nous le confirment (un journal, un impressionnant CRS&#8230;). Sans en faire trop, la r\u00e9ussite de la mise en sc\u00e8ne tient dans cette transposition au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0; et au spectateur amus\u00e9 de constater que l\u2019Ancien R\u00e9gime et la France gaulliste sont effectivement fort semblables\u2026 et de se poser la question si le quinquennat de Sarkozy n\u2019est pas \u00e9galement vis\u00e9, notamment lorsque tout le monde se r\u00e9jouit de l\u2019attribution de l\u2019identit\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 notre Huron (l\u2019excellent Carl Ghazarossian), brandissant fi\u00e8rement sa nouvelle carte d\u2019identit\u00e9 sur un fond lumineux bleu, blanc, rouge. Comment\u00a0? Ce que Voltaire reprochait aux rois, on le rencontre encore dans la France d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0? Il semblerait que le philosophe avait touch\u00e9 juste, et la mise en sc\u00e8ne d\u00e9montre bien l\u2019universalit\u00e9 de l\u2019ironie de celui-ci. Et c\u2019est ici d\u2019\u00ab\u00a0Huronie\u00a0\u00bb qu\u2019il est question, amplifi\u00e9e avec justesse par le metteur en sc\u00e8ne Henri Dalem\u00a0: l\u2019alcoolisme de Mlle de Kerkabon, l\u2019air de jeune militant UMP de Gilotin (Anthony Lo Papa), maladroit dans son costume bien taill\u00e9 et ses bottes de chasse, qui voit le Huron s\u00e9duire par les lois de l\u2019amour celle (Mlle de Saint-Yves, jou\u00e9e par Sandra Collet) que les lois du mariage arrang\u00e9 lui pr\u00e9destinaient, \u2026 tout est savamment mis en sc\u00e8ne pour faire rire, et r\u00e9fl\u00e9chir (l\u2019objectif de Voltaire, bien entendu). Le tout sur une musique au savoir-faire irr\u00e9prochable.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Gr\u00e9try est alors un jeune compositeur de 27 ans originaire de Li\u00e8ge et fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9 d\u2019Italie, o\u00f9 il a fait ses classes, s\u00e9jour alors indispensable pour tout compositeur souhaitant affiner son art de la m\u00e9lodie. C\u2019est donc une partition qui conc\u00e8de au go\u00fbt de l\u2019\u00e9poque par son italianisme que celle de cet op\u00e9ra comique, mais qui n\u2019est pas sans cacher quelques charmes. Peu d\u2019audace dans le contenu musical certes, mais Gr\u00e9try a su y insuffler un charme et une beaut\u00e9 qui peuvent r\u00e9ellement toucher, notamment dans le magnifique duo d\u2019amour entre le Huron et Mlle de Saint-Yves au second acte. Le charme de cette musique, qui tient dans sa (toute relative) simplicit\u00e9, n\u2019est d\u2019ailleurs pas si \u00e9vidente \u00e0 interpr\u00e9ter, et si les jeunes musiciens ont jou\u00e9 la partition avec \u00e9nergie et enthousiasme, ils ont parfois p\u00each\u00e9 dans la justesse et l\u2019expression. Rien qui n\u2019emp\u00eachait d\u2019appr\u00e9cier \u00e0 sa juste valeur le spectacle propos\u00e9 par la Compagnie de Quat\u2019sous et le Concert Latin, tant la mise en sc\u00e8ne astucieuse d\u2019Henri Dalem, le jeu de ses chanteurs-acteurs et la pr\u00e9cision des musiciens ont converg\u00e9 vers un divertissement de grande qualit\u00e9, qui souligne bien l\u2019intemporalit\u00e9 du propos de Voltaire. <strong>&#8211; Maxence D\u00e9on<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"opera-comique\"><\/a><em>Le Huron <\/em>est un op\u00e9ra-comique en deux actes de Gr\u00e9try et Marmontel (1768) d\u2019apr\u00e8s <em>L\u2019Ing\u00e9nu<\/em> de Voltaire\u00a0: recr\u00e9ation en France par la compagnie de Quat\u2019Sous et Le Concert Latin. Le Th\u00e9\u00e2tre Aydar a ouvert ses portes cette semaine pour pr\u00e9senter une rare production\u00a0 qu\u2019est ce petit joyau d\u2019op\u00e9ra-comique. Cette \u0153uvre, peu connue, vaut \u00e0 chaque instant de la d\u00e9couverte. Dans cette salle spacieuse au d\u00e9cor \u00e9l\u00e9gant, l\u2019ambiance de l\u2019\u00e9poque a \u00e9t\u00e9 d\u2019embl\u00e9e merveilleusement reconstitu\u00e9e par la formidable pr\u00e9sence de l\u2019orchestre de chambre baroque. Dirig\u00e9 par Julien Dubruque au clavecin, l\u2019ensemble (comprenant violoncelle, deux violons, hautbois baroque et cor de chasse) a pr\u00e9par\u00e9 le terrain pour l\u2019action \u00e0 suivre par une ouverture \u00e9tincelante en trois mouvements\u00a0: <em>vivace<\/em>, <em>adagio<\/em>, et <em>presto<\/em>.<br \/>\nNotre histoire, situ\u00e9e \u00e0 l\u2019origine dans la France de l\u2019\u00e9poque de Louis XIV mais ing\u00e9nieusement transpos\u00e9e ici dans le contexte de la r\u00e9volution de mai 1968, d\u00e9crit comment l\u2019arriv\u00e9e impromptue d\u2019un am\u00e9rindien dans une famille bourgeoise va tout bouleverser. D\u00e8s lors, le Huron est reconnu comme leur neveu, et il ne tarde pas \u00e0 entamer une aventure amoureuse clandestine avec la fille de la famille, la jeune Mlle de Saint-Yves (Sandra Collet)\u00a0: bien malgr\u00e9 le projet de mariage pour cette derni\u00e8re arrang\u00e9 par ses parents, ou encore leurs menaces de l\u2019envoyer dans un couvent\u00a0! Tout cela se d\u00e9roule dans le salon de la famille qui est aveugle \u00e0 l\u2019agitation politique qui se passe \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dont nous les spectateurs sommes rappel\u00e9s d\u00e8s le commencement de l\u2019action par les bruits de la foule qui s\u2019entendent dehors.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><em>\u00ab\u00a0Il est fran\u00e7ais, il est bien n\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">D\u2019apparence l\u00e9g\u00e8re, cette com\u00e9die est en fait satirique et incisive. A l\u2019instar du texte de Voltaire, elle aborde avec humour des th\u00e8mes assez complexes et qui ont autant de pertinence aujourd\u2019hui\u00a0qu\u2019en 1768\u00a0: le pouvoir\u00a0; le patriotisme\u00a0; qu\u2019est-ce que c\u2019est d\u2019\u00eatre fran\u00e7ais (ou bien de n\u2019importe quel nationalit\u00e9\u00a0!)\u00a0; les origines\u00a0; les m\u0153urs\u00a0; les liens de famille\u00a0; le r\u00f4le des femmes\u00a0; l\u2019appartenance et l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Nous rencontrons des personnages qui donnent souvent l\u2019impression d\u2019\u00eatre d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, parfois consomm\u00e9s par leurs propres id\u00e9es et incompatibles entre eux. L\u2019effet humoristique est renforc\u00e9 par les chutes du sublime au ridicule qui abondent dans le dialogue.<br \/>\nOn trouve parmi les aspects les plus beaux de cette production, l\u2019excellent rapport entre les chanteurs et l\u2019orchestre, mis d\u2019autant plus en \u00e9vidence par l\u2019effet sublime des lignes m\u00e9lodiques vocales qui sont ensuite reprises par les instruments. Le r\u00f4le principal \u00a0a \u00e9t\u00e9 magnifiquement chant\u00e9 par Carl Ghazarossian\u00a0; avec \u00e9nergie et confiance, sa voix baryton riche incarne le personnage du Huron \u00e0 la perfection. Egalement, le personnage dr\u00f4le de Mlle de Kerkabon, si bien interpr\u00e9t\u00e9 par S\u00e9verine Maquaire, a captiv\u00e9 les spectateurs d\u00e8s le d\u00e9but. Tous se r\u00e9unissent au d\u00e9nouement final, dans un tutti des chanteurs et de l\u2019orchestre qui a \u00e9t\u00e9 chaleureusement accueilli et a termin\u00e9 la soir\u00e9e en laissant la salle enchant\u00e9e. &#8211; <strong>Delphine Evans<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Mais o\u00f9\"><\/a>\u00ab\u00a0Mais o\u00f9 est donc la Huronie\u00a0? En Turquie\u00a0? En Laponie\u00a0? En Arabie\u00a0?<br \/>\nEt qu\u2019y fait-on\u00a0? Y boit-on du vin\u00a0? Y fait-on l\u2019amour\u00a0? Y parle-t-on le bas breton\u00a0?\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">En sortant du th\u00e9\u00e2tre Adyar, le spectateur n\u2019a pas vraiment de r\u00e9ponses \u00e0 apporter \u00e0 ces questions, pas plus que le lecteur de <em>l\u2019Ing\u00e9nu <\/em>de Voltaire n\u2019en a en refermant le livre dont est inspir\u00e9e l\u2019histoire de cette recr\u00e9ation de l\u2019op\u00e9ra comique \u00e9crit par Gr\u00e9try et Marmontel en 1768. Et tant mieux\u00a0! L\u2019histoire n\u2019est ici que le canevas de la musique et de la voix, de cette rencontre heureuse entre le Concert Latin et l\u2019Op\u00e9ra de Quat\u2019sous. Ce sont une troupe et un orchestre jeunes qui nous font successivement rire et frissonner en renversant la morale bien pensante d\u2019Ancien R\u00e9gime, faite de privil\u00e8ges et de mariages arrang\u00e9s.<br \/>\nC\u2019est l\u2019arriv\u00e9e impromptue d\u2019un \u00ab\u00a0huron\u00a0\u00bb aux m\u0153urs sauvages chez la famille bourgeoise de Kerkabon qui l\u2019accueille et se d\u00e9couvre plus tard des liens de parent\u00e9 avec ce chasseur va nu-pieds, qui va bouleverser leur vision de l\u2019amour et des strat\u00e9gies matrimoniales. Certaines sc\u00e8nes croustillantes dues au foss\u00e9 culturel entre les personnages le sont encore davantage en chansons. Carl Ghazarossian (dans le r\u00f4le du Huron) chantant torse nu et r\u00e9volt\u00e9, debout sur une table, qu\u2019il ne comprend pas qu\u2019on ne lui ait pas laiss\u00e9 profiter sexuellement de sa promise d\u00e8s le consentement donn\u00e9 par le p\u00e8re de la demoiselle d\u00e9clenche les rires du public. Public port\u00e9 par une musique l\u00e9g\u00e8re et entra\u00eenante qui n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9e, elle aussi, d\u2019un certain sens comique.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Henri Dalem nous propose une mise en sc\u00e8ne audacieuse m\u00ealant modernit\u00e9 technique avec un jeu de lumi\u00e8re et d\u2019effets sp\u00e9ciaux surprenant (la salle se retrouve enfum\u00e9e quand le peuple gronde apr\u00e8s le Huron \u00e0 la porte de la demeure de la famille de Kerkabon) et classicisme par un d\u00e9cor \u00e0 la limite du kitsch et l\u2019organisation de l\u2019espace avec l\u2019orchestre situ\u00e9 sur l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 gauche de la sc\u00e8ne. Le stroboscope c\u00f4toie les chandeliers et napperons de dentelle, \u00e9trange\u00a0! Mais ce n\u2019est pas tout, la prise de risque se fait \u00e9galement sur les costumes\u00a0: Mlle de Kerkabon, la tante frigide, qui se transforme en femme aguicheuse sous son corset satin\u00e9 noir, le Huron qui appara\u00eet et chante en sous-v\u00eatements, l\u2019officier qui joue casque sur la t\u00eate et matraque en main sont autant de partis pris certainement contestables mais qui apportent de la fraicheur au jeu des acteurs.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">La taille humaine de la salle est appr\u00e9ciable, le spectateur rentre directement dans le jeu et se laisse naturellement emporter par la voix soprano de Sandra Collet (Mademoiselle de Saint-Yves, amante du Huron). Comme pour mieux signifier cette proximit\u00e9 entre les chanteurs \/ acteurs et le public, \u00e0 plusieurs reprises certains d\u2019entre eux n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 descendre de la sc\u00e8ne pour traverser les rang\u00e9es de si\u00e8ges de la salle. On se laisse prendre au jeu et \u00e0 la chanson comme Mademoiselle de Saint-Yves se laisse envahir par sa passion pour ce bel indig\u00e8ne.<br \/>\nUn op\u00e9ra divertissant et singulier par ses paris risqu\u00e9s en terme de mise en sc\u00e8ne qui lui permettent de signifier sur tous les plans la lutte immuable de tout ce qui est neuf contre ce qui est ancien. Voltaire aurait appr\u00e9ci\u00e9. &#8211; <strong>Quentin Grand<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Tout\"><\/a>Tout commence dans la petite salle intime du th\u00e9\u00e2tre Adyar dans le 7<sup>\u00e8me<\/sup> arrondissement de Paris, novembre 2011. L\u2019op\u00e9ra-comique, <em>Le Huron<\/em>, de Gr\u00e9ty et Marmontel, inspir\u00e9 de <em>L\u2019Ing\u00e9nu<\/em> de Voltaire, est mis en sc\u00e8ne par Henri Daleur, la direction musicale revient \u00e0 Julien Dubrucque.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Le Huron, arriv\u00e9 en France il y a peu, doit s\u2019adapter au cadre civilis\u00e9 dans lequel il se trouve. Il s\u2019\u00e9prend de Mademoiselle Hortense et est pr\u00eat \u00e0 tout pour la conqu\u00e9rir, faisant fi du protocole. Il d\u00e9couvre entre temps qu\u2019il est fran\u00e7ais, n\u00e9 en Huronie du fr\u00e8re de celui qui l\u2019a recueilli, il est baptis\u00e9 Hercule de Kergabon. Par\u00e9 de ce patronyme prometteur, il repousse l\u2019attaque des anglais afin d\u2019attirer l\u2019attention du p\u00e8re et ainsi pouvoir \u00e9pouser la candide Hortense. Entrain\u00e9s par des th\u00e8mes baroques, les sc\u00e8nes de chants et de dialogues s\u2019enchainent au rythme du lustre du temps tomb\u00e9 au sol qui s\u2019allume et s\u2019\u00e9teint au gr\u00e9 de l\u2019\u00e9volution de l\u2019intrigue.<br \/>\nLa mise en sc\u00e8ne a choisi de mettre l\u2019accent sur l\u2019intrigue lyrique de la pi\u00e8ce, mais la satire de Voltaire n\u2019est jamais loin et a toujours sa place \u00e0 jouer dans notre soci\u00e9t\u00e9. On assiste \u00e0 la lutte pour la survie du Huron dans un monde cod\u00e9 qui lui est hostile parce que l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et la puret\u00e9 de son c\u0153ur sont rejet\u00e9es face \u00e0 l\u2019influence et la richesse d\u2019un autre pr\u00e9tendant. Le contraste entre le naturel du Huron et la complexit\u00e9 excessive des europ\u00e9ens \u00e9prouve les deux amoureux qui se trouvent seuls contre tous, comme le seraient les h\u00e9ros shakespeariens. Le d\u00e9cor soutient la pi\u00e8ce sans pour autant la sublimer, comme si la forme n\u2019avait que peu d\u2019importance et que l\u2019essentiel de l\u2019histoire se trouvait dans la puret\u00e9 des voix qui s\u2019entrem\u00ealent d\u2019une octave sur l\u2019autre.<br \/>\nQuand deux toiles grises viennent assombrir le fond de la sc\u00e8ne, l\u2019entr\u00e9e du p\u00e8re d\u2019Hortense est dramatique, va-t-il r\u00e9ellement enfermer sa fille au couvent\u00a0? Apr\u00e8s maintes conversations et persuasions, il consentira \u00e0 accorder la main de sa fille au Huron. Comme quoi peut jaillir la lumi\u00e8re m\u00eame quand l\u2019issu parait sombre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Ne vous y m\u00e9prenez pas, malgr\u00e9 l\u2019humour qui vous fait sourire tout au long de la pi\u00e8ce, le Huron est tr\u00e8s s\u00e9rieux, r\u00e9aliste quant au c\u0153ur de l\u2019homme, libre de tout conditionnement. Pour emprunter ses mots, \u00ab\u00a0soyons ce que nous sommes.\u00a0\u00bb <strong>&#8211; Apolline Hamy<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"Si\"><\/a>Si l\u2019on trouve, embusqu\u00e9e dans une impasse le long de l\u2019avenue Rapp, la petite salle Adyar, on peut y voir, en ce d\u00e9but de novembre, un Huron. <em>Le Huron<\/em>, c\u2019est le premier titre de <em>L\u2019Ing\u00e9nu<\/em>, fameux conte philosophique de Voltaire, mais aussi celui de l\u2019adaptation en op\u00e9ra-comique qu\u2019en firent Andr\u00e9 Gr\u00e9try et Jean-Fran\u00e7ois Marmontel, amis et prot\u00e9g\u00e9s du philosophe. C\u2019est donc d\u2019une pi\u00e8ce chant\u00e9e qu\u2019il s\u2019agissait, ce mercredi 2 novembre \u00e0 Adyar.<br \/>\nEntass\u00e9 dans le petit hall, le public, rassemblant plus de classes d\u2019\u00e2ge qu\u2019on ne pourrait s\u2019y attendre pour un spectacle de ce genre, accueille avec joie l\u2019ouverture des portes et viens remplir aux trois quarts les quelques 300 places de la petite salle et de son balcon. D\u2019abord l\u2019orchestre s\u2019installe. Clavecin, cordes, cuivres, ce n\u2019est pas moins de sept musiciens du Concert Latin qui se partagent un coin de la sc\u00e8ne pour profiter, avec les chanteurs, de l\u2019excellente acoustique de la salle.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Puis le spectacle commence. Ecrite \u00e0 l\u2019\u00e9poque des Lumi\u00e8res pour questionner la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise sur ses m\u0153urs et ses lois \u00e0 travers le point de vue ext\u00e9rieur d\u2019un indien d\u2019Am\u00e9rique du Nord, le fameux Huron, selon un proc\u00e9d\u00e9 bien connu depuis Montesquieu, la pi\u00e8ce s\u2019enrichit, entre les mains de la Compagnie de Quat\u2019sous, d\u2019un \u00e9cho plus contemporain. En effet, jouant sur un hasard de la chronologie, le metteur en sc\u00e8ne Henri Dalem a superpos\u00e9 aux \u00e9v\u00e8nements de la pi\u00e8ce datant de 1768, ceux de mai 1968. Ainsi les costumes, le d\u00e9cor et le jeu des acteurs entretiennent-ils un anachronisme savant, parfois \u00e9clairant et parfois absurde vis \u00e0 vis du texte, mais qui permet mille petites inventions comiques qui font qu\u2019un spectacle \u00e9crit il y a plus de deux si\u00e8cle reste vivant.<br \/>\nSur sc\u00e8ne, une nappe \u00e0 chinoiseries accueille bouteille de bourbon et projecteur de diapositive,\u00a0 le Huron est tour \u00e0 tour hippie aux cheveux long au milieu des cols roul\u00e9s de la noblesse bretonne et C.R.S. sous sa p\u00e8lerine de \u00absoldat du Roy\u00bb. Le jeu des com\u00e9diens est ici \u00e0 saluer, dont la ma\u00eetrise et l\u2019enthousiasme communicatif assurent une coh\u00e9rence \u00e0 cet hybride, et sans rien sacrifier \u00e0 la qualit\u00e9 du chant. Une mention sp\u00e9ciale \u00e9galement pour les lumi\u00e8res qui, pleines d\u2019invention, offrent un suppl\u00e9ment de rythme et de vari\u00e9t\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Quelques r\u00e9serves n\u00e9anmoins, sans quoi la critique ne serait pas juste. On peut d\u00e9plorer que l\u2019intrigue, men\u00e9e tambour battant, suivent des sch\u00e9mas que l\u2019op\u00e9ra-bouffe et le vaudeville ont achev\u00e9 d\u2019\u00e9culer au XIXe si\u00e8cle. On ne peut pas en bl\u00e2mer Marmontel, mais le spectateur, surtout s\u2019il a d\u00e9j\u00e0 lu <em>l\u2019Ing\u00e9nu <\/em>go\u00fbte peu le suspense des rebondissements. Une oreille plus exerc\u00e9e que la mienne pourra peut-\u00eatre aussi trouver \u00e0 redire \u00e0 la musique de Gr\u00e9try ou \u00e0 son interpr\u00e9tation.Mais il faut se rappeler que ce sont l\u00e0 les inconv\u00e9nients communs des op\u00e9ra-comiques, et que ceux-ci sont fait d\u2019abord, pour divertir sans abrutir. En ce sens, <em>Le Huron<\/em> m\u2019a sembl\u00e9 remplir son objectif de charmer sans perdre le propos de Voltaire. Le questionnement de l\u2019ordre \u00e9tabli, l\u2019exigence de libert\u00e9, le rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ne sont pas \u00e9lud\u00e9s, et les mots des Lumi\u00e8res ricochent sur les \u00e9v\u00e8nements de 68 pour parvenir \u00e0 nos oreilles, qui entendent de nouveau parler de r\u00e9volution. Si je devais reprocher quelque chose \u00e0 ce spectacle, c\u2019est peut-\u00eatre de n\u2019avoir qu\u2019esquiss\u00e9 ce parall\u00e8le avec aujourd\u2019hui. En dehors de cela, j\u2019ai pass\u00e9 un tr\u00e8s bon moment.<strong> &#8211; Barth\u00e9l\u00e9my Lagneau<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><a name=\"C'est au \"><\/a>C&rsquo;est au th\u00e9\u00e2tre Adyar \u00e0 l&rsquo;atmosph\u00e8re tr\u00e8s intime et conviviale que je me suis rendue pour assister \u00e0 une repr\u00e9sentation de l&rsquo;op\u00e9ra-comique<i> Le Huron<\/i>. Apr\u00e8s un longue introduction musicale r\u00e9alis\u00e9e par un petit orchestre de chambre accompagnant l&rsquo;op\u00e9ra, je fut plong\u00e9e dans les aventures d&rsquo; un Huron ( homme issu des premi\u00e8res populations du Canada) qui arrive en France et regarde la vie fran\u00e7aise avec candeur. L&rsquo;histoire d&rsquo;amour dans laquelle il va s&rsquo;engager et les actions qu&rsquo;il devra accomplir pour gagner le c\u0153ur de sa belle vont mettre en lumi\u00e8re les aberrations de la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;ancien r\u00e9gime.<br \/>\nCette adaptation de Gr\u00e9try et Marmontel (1768) de<i> l&rsquo; Ing\u00e9nu<\/i> de Voltaire rel\u00e8ve donc de la tradition philosophique des lumi\u00e8res. On pourra d&rsquo;ailleurs retrouver dans le texte, la plume ac\u00e9r\u00e9e et l&rsquo;humour incisif du grand penseur \u00e9clair\u00e9. Mais en ce qui concerne le jeu des acteurs, toute dimension comique et satirique semble \u00eatre rest\u00e9e dans les coulisses. On peut noter tout de m\u00eame quelques jeux comiques autour de l&rsquo;alcool, de la s\u00e9duction, mais qui apportent peu au sens du texte.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">N&rsquo;oublions pas que <i>Le Huron<\/i> est un op\u00e9ra-comique. Aussi, si l&rsquo;humour potache semble inadapt\u00e9 \u00e0 la subtilit\u00e9 satirique de Voltaire et laisse donc au spectateur un sentiment d&rsquo;insatisfaction, les acteurs n&rsquo;ont pas h\u00e9siter \u00e0 insister sur l&rsquo;aspect lyrique de la pi\u00e8ce. Si bien que lorsqu&rsquo;un com\u00e9dien chante, voila son enti\u00e8re attention port\u00e9e sur sa performance lyrique. Son jeu s&rsquo;appauvrit irr\u00e9m\u00e9diablement et toute tension dramatique est rel\u00e2ch\u00e9e. Les chants apparaissent comme des moments de flottement o\u00f9 le jeu th\u00e9\u00e2trale est soudain \u00e9vacu\u00e9. Les com\u00e9diens en chantant perdent les caract\u00e9ristiques de leur personnages et utilisent peu, ou de mani\u00e8re superficielle les possibilit\u00e9s dramatiques que leur proposent le textes, les autres com\u00e9diens ainsi que le d\u00e9cor.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12px;\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\">Ce dernier, par ailleurs tr\u00e8s pr\u00e9sent sur la sc\u00e8ne, est peu ou mal utilis\u00e9. Compos\u00e9 d&rsquo;objets issus d&rsquo;\u00e9poques diff\u00e9rentes, comme un lustre rococo, ou une affiche photographique des manifestations de mai 1968, il ancre la pi\u00e8ce dans plusieurs \u00e9poques et lui donne une port\u00e9e universelle. Cet effet est d&rsquo;ailleurs un des \u00e9l\u00e9ments les plus r\u00e9ussi de la pi\u00e8ce. La volont\u00e9 de retranscrire cette intrigue du XVIII i\u00e8me si\u00e8cle dans la France gaulliste, beaucoup plus proche de notre \u00e9poque empreinte d&rsquo;indignation, permet en effet une lecture actualis\u00e9e de l&rsquo;\u0153uvre de Voltaire. Mais le peu d&rsquo;interaction provoqu\u00e9 entre les com\u00e9diens et ce d\u00e9cors charg\u00e9 d&rsquo;histoire est frustrant. Par ailleurs, lorsque des \u00e9l\u00e9ments du d\u00e9cors entrent en jeu, -on peut penser au lustre pos\u00e9 \u00e0 terre qui s&rsquo;illumine d&rsquo;une lumi\u00e8re rouge, ou un rideau de tulle noir qui se d\u00e9plie \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce- ces utilisations rel\u00e8vent d&rsquo;une symbolique ordinaire, peu consistante, et ont peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat esth\u00e9tique. Dans l&rsquo;ensemble <i>le Huron<\/i> est une pi\u00e8ce d\u00e9cevante, et son interpr\u00e9tation se r\u00e9v\u00e8le ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur de la satire Voltairienne. &#8211; <strong>Alix Weidner <\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le Huron, op\u00e9ra-comique de Gr\u00e9try et Marmontrel par la compagnie de Quat&rsquo;sous &#8211; au Th\u00e9\u00e2tre Adyar, Paris 7e &#8211; au Th\u00e9\u00e2tre Jacques Brel, Champs-sur-marne (77) La critique de Maxime Chevalier La critique de Maxence D\u00e9on La critique de Delphine Evans La critique de Quentin Grand [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,22,23],"tags":[],"class_list":["post-1181","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-opera","category-theatre-adyar","category-theatre-jacques-brel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1181","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1181"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1181\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1181"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1181"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1181"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}