{"id":11831,"date":"2018-11-21T20:00:02","date_gmt":"2018-11-21T19:00:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=11831"},"modified":"2018-11-21T20:00:02","modified_gmt":"2018-11-21T19:00:02","slug":"lecole-des-femmes-moliere-stephane-braunschweig","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=11831","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9cole des femmes \/ Moli\u00e8re &#8211; St\u00e9phane Braunschweig"},"content":{"rendered":"\n<p>La pi\u00e8ce de Moli\u00e8re <em>L&rsquo;Ecole des femmes <\/em>est mise en sc\u00e8ne actuellement au Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on, par St\u00e9phane Braunschweig.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;intrigue est simple. Arnolphe a une crainte&nbsp;: \u00eatre tromp\u00e9. Pour cela, il a \u00e9lev\u00e9 dans la plus parfaite innocence une jeune fille, Agn\u00e8s, donn\u00e9e par une paysanne pauvre lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait petite. Celle-ci n&rsquo;est jamais all\u00e9e dans le monde, elle ne connait qu&rsquo;Arnolphe et les deux paysans qui la gardent, Alain et Georgette. D\u00e9sormais en \u00e2ge de se marier, elle s&rsquo;appr\u00eate, sans le savoir, \u00e0 \u00e9pouser celui qui l&rsquo;a \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on va voir&nbsp;<em>L&rsquo;Ecole des femmes<\/em>, on part souvent avec un a priori positif&nbsp;: l&rsquo;histoire est comique, et lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de Moli\u00e8re, tout est toujours amusant&#8230;&nbsp;La b\u00eatise d&rsquo;Arnolphe, la rencontre entre Agn\u00e8s et un beau jeune homme nomm\u00e9 Horace, les \u00e9changes entre les deux paysans, le quiproquo&nbsp;: tous les ingr\u00e9dients de la com\u00e9die Moli\u00e9resque sont l\u00e0.La pi\u00e8ce s&rsquo;ouvre sur une image saisissante&nbsp;: Arnolphe et son ami Chrysalde&#8230; font du v\u00e9lo elliptique. C&rsquo;est le pari pris par St\u00e9phane Braunschweig&nbsp;: faire jouer cette pi\u00e8ce du XVIIe si\u00e8cle dans un d\u00e9cor moderne&nbsp;: Georgette est en surv\u00eatement, Agn\u00e8s porte un jean, Horace prom\u00e8ne avec lui un sac de sport. La premi\u00e8re surprise pass\u00e9e, les com\u00e9diens commencent&nbsp;: le contraste entre le texte de Moli\u00e8re et la mise en sc\u00e8ne moderne peut sembler \u00e9tonnant au d\u00e9but, mais tr\u00e8s rapidement, on comprend qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9clipse en rien la prose de Moli\u00e8re. Au contraire&nbsp;: elle la r\u00e9v\u00e8le et l&rsquo;actualise. C&rsquo;est, \u00e0 mon sens, tout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette repr\u00e9sentation&nbsp;: montrer que Moli\u00e8re n&rsquo;a pas pris une ride.<\/p>\n\n\n\n<p>Le but de cette pi\u00e8ce reste le m\u00eame que celui de Moli\u00e8re&nbsp;: faire rire. Mais le metteur en sc\u00e8ne met en avant toute l&rsquo;horreur de l&rsquo;intrigue. Si on la reprend, on peut la reformuler ainsi&nbsp;: un homme s\u00e9questre une jeune fille pour la marier de force, en l&#8217;emp\u00eachant toute sortie vers le monde ext\u00e9rieur. St\u00e9phane Braunschweig exacerbe le c\u00f4t\u00e9 terrifiant de la situation, parfois mis de c\u00f4t\u00e9 au profit du rire et du comique. Il montre tout le malaise qui reste dans la vie d&rsquo;Agn\u00e8s, en en faisant une jeune fille dont le traumatisme est de plus en plus exacerb\u00e9 au fil des actes. Quant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, elle sugg\u00e8re l&rsquo;horreur de la situation&nbsp;: libre au spectateur de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu&rsquo;il se passe entre les actes, entre une jeune fille aveugl\u00e9e de confiance et un homme qui ne veut que l&rsquo;asservir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>On ressort donc de cette pi\u00e8ce \u00e0 la fois amus\u00e9 par la verve de Moli\u00e8re et par le jeu excellent des acteurs&nbsp;; mais on ne peut pas s&#8217;emp\u00eacher de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la situation d&rsquo;Agn\u00e8s. La parabole avec la condition f\u00e9minine se fait ais\u00e9ment, et l&rsquo;aspect gla\u00e7ant ressort presque apr\u00e8s coup, comme une amertume dans le comique de la pi\u00e8ce.Et on ne peut que remercier le metteur en sc\u00e8ne et les com\u00e9diens d&rsquo;avoir aussi bien soulign\u00e9s que Moli\u00e8re reste, malgr\u00e9 ses 400 ans et quelques ann\u00e9es, toujours aussi actuel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Clarisse Benoit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre attaqu\u00e9 au <em>Misanthrope&nbsp;<\/em>et \u00e0 <em>Tartuffe<\/em>, St\u00e9phane Braunschweig (directeur du th\u00e9atre de l\u2019Od\u00e9on) revient en novembre 2018 avec une autre pi\u00e8ce de Moli\u00e8re<em>, L\u2019Ecole des femmes<\/em>, interpr\u00e9t\u00e9e par Claude Duparfait (son acteur f\u00e9tiche) dans le r\u00f4le d\u2019Arnolphe et Suzanne Aubert dans le r\u00f4le d\u2019Agn\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rideaux se l\u00e8vent sur une salle de sport, dans laquelle Arnolphe et son ami Chrysalde s\u2019activent sur des v\u00e9los,tout en philosophant&nbsp;sur l\u2019amour et l\u2019infid\u00e9lit\u00e9. Arnolphe, cadre dynamique en costard-cravate, confie sa crainte maladive d\u2019\u00eatre cocu et nous parle d\u2019Agn\u00e8s, une jeune orpheline achet\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 4 ans qu\u2019il garde recluse et ignorante pour en faire son \u00e9pouse. La mise en sc\u00e8ne oscille entre le grotesque et le tragique, sur un fond d\u2019humour noir cinglant qui fait \u00e9cho au ph\u00e9nom\u00e8ne \u00abMetoo&nbsp;\u00bb, au harc\u00e8lement sexuel et \u00e0 la marche contre les violences faites aux femmes. C&rsquo;est ce qui rend les r\u00e9pliques d\u2019autant plus troublantes car elles prennent un sens plus fort et r\u00e9sonnent davantage en nous.&nbsp;Braunschweig en fait une pi\u00e8ce moderne, autant au niveau de la forme que du fond. Cette pi\u00e8ce ne pourrait pas \u00eatre davantage d\u2019actualit\u00e9. Braunschweig souligne l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 et les contradictions en tension au sein des personnages. C\u2019est d\u2019ailleurs la richesse du th\u00e9\u00e2tre de Moli\u00e8re, qui est peupl\u00e9 de personnages profonds,n\u00e9vros\u00e9s, grotesques. Ce qui fait l\u2019attrait de cette mise en sc\u00e8ne c\u2019est la double dimension de l\u2019\u0153uvre, qui oscille entre les rires et l&rsquo;effroi. L&rsquo;exemple le plus marquant, \u00e0 mon sens, concerne la tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9plique d\u2019Agn\u00e8s \u00ab&nbsp;le petit chat est mort&nbsp;\u00bb qui prend une connotation tragique, alors que celle-ci a toujours \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e comme la preuve de la na\u00efvet\u00e9 et de la candeur d\u2019Agn\u00e8s. Son ironie remet en question tout ce que l\u2019on croyait savoir de la pi\u00e8ce et traite intelligemment de l\u2019\u00e9pineuse relation hommes\/femmes et de la place de la femme dans la soci\u00e9t\u00e9 du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qu\u2019Arnolphe r\u00e9sume en ces termes :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Votre sexe n&rsquo;est l\u00e0 que pour la d\u00e9pendance :<br>Du c\u00f4t\u00e9 de la barbe est la toute-puissance.<br>Bien qu&rsquo;on soit deux moiti\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9,<br>Ces deux moiti\u00e9s pourtant n&rsquo;ont point d&rsquo;\u00e9galit\u00e9;<br>L&rsquo;une est moiti\u00e9 supr\u00eame, et l&rsquo;autre subalterne;<br>L&rsquo;une en tout est soumise \u00e0 l&rsquo;autre, qui gouverne [&#8230;]&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9lia Hambli<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>_________________________________________________________________________________________________________<em><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;\u00c9cole des femmes<\/em> du metteur en sc\u00e8ne St\u00e9phane Braunschweig, repr\u00e9sent\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on le 21 novembre 2018, s&#8217;empare de la pi\u00e8ce classique de Moli\u00e8re pour transposer les probl\u00e9matiques de la relation des sexes, de l&rsquo;\u00e9mancipation de la femme et de l&rsquo;angoisse masculine face \u00e0 une ind\u00e9pendance f\u00e9minine, face au cocuage tout autant qu&rsquo;au plaisir, dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 contest\u00e9e,de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 lou\u00e9e pour son modernisme et son esprit contemporain, est effectivement tr\u00e8s moderne. En t\u00e9moigne non seulement la distribution, avec Assane Timbo dans le r\u00f4le de Chrysalde, qui interpr\u00e8te ce r\u00f4le d&rsquo;ailleurs \u00e0 merveille, mais aussi les choix d&rsquo;accessoires et de contextualisation accordent aux r\u00e9pliques classiques reprises dans un cadre moderne un sens tout \u00e0 fait nouveau. Le rideau s&rsquo;ouvre sur Arnolphe et Chrysalde au gymnase, en train de s\u2019entra\u00eener au v\u00e9lo elliptique. La sc\u00e8ne est reprise lors de la \u00ab&nbsp;promenade&nbsp;\u00bb d&rsquo;Arnolphe avec Agn\u00e8s (Acte II, sc. V). Outre cette contextualisation inhabituelle, le metteur en sc\u00e8ne s&#8217;empare de l&rsquo;espace sc\u00e9nique pour souligner l&rsquo;\u00e9mancipation progressive d&rsquo;Agn\u00e8s, qui, au premier acte, se trouve enferm\u00e9e au fond de la sc\u00e8ne, derri\u00e8re de doubles murs en verre qui refl\u00e8tent la volont\u00e9 d&rsquo;Arnolphe d&rsquo;\u00e9lever l&rsquo;orpheline loin du monde. Au cours de la pi\u00e8ce, les diff\u00e9rents murs sont successivement enlev\u00e9s&nbsp;; et la derni\u00e8re sc\u00e8ne, sc\u00e8ne du d\u00e9nouement heureux o\u00f9 le mariage des jeunes gens, Agn\u00e8s et Horace, est assur\u00e9, a lieu sur une sc\u00e8ne vide, d\u00e9nu\u00e9e d&rsquo;obstacles et ainsi symbolisant la destruction des murs qu&rsquo;Arnolphe s&rsquo;est efforc\u00e9 d&rsquo;\u00e9lever autour de sa future \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p>Suzanne Aubert interpr\u00e8te le r\u00f4le d&rsquo;Agn\u00e8s avec une tr\u00e8s grande finesse. L&rsquo;initiale ing\u00e9nuit\u00e9 et na\u00efvet\u00e9 de la jeune fille qui a subi l&rsquo;\u00e9ducation ab\u00eatissante d&rsquo;Arnolphe, couch\u00e9e sur son lit en train de d\u00e9couper des v\u00eatements, fait progressivement place \u00e0 un comportement plus conscient&nbsp;; ses \u00e9clats de rire face aux \u00ab&nbsp;Maximes du mariage&nbsp;\u00bb qu&rsquo;Arnolphe lui pr\u00e9sente en sont un premier indice, et l&rsquo;\u00e9volution progressive voit son apog\u00e9e dans la lettre \u00e0 Horace, o\u00f9 la r\u00e9ticence de la voix transmet le sentiment d&rsquo;une premi\u00e8re conscience de son ignorance forc\u00e9e. Sa fuite finale \u00e0 travers la salle (Acte V, sc. IX), o\u00f9 elle est suivie de Horace, est la seule d\u00e9viation de la pi\u00e8ce telle qu&rsquo;elle fut \u00e9crite par Moli\u00e8re, qui n&rsquo;indique pas que le couple quitte la sc\u00e8ne. Par cette fuite, le metteur en sc\u00e8ne met la touche finale \u00e0 une Agn\u00e8s finalement ind\u00e9pendante, lib\u00e9r\u00e9e non seulement d&rsquo;Arnolphe, mais aussi des contraintes sociales ; le mariage final n&rsquo;est qu&rsquo;esquiss\u00e9, son ex\u00e9cution v\u00e9ritable et l&rsquo;accord d&rsquo;Agn\u00e8s restent dans le suspens. Par son \u00e9mancipation finale, Agn\u00e8s devient la porte-parole du f\u00e9minisme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Andrea Possmayer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><i class=\"fas fa-pencil-alt\"> <\/i><span><strong>Fine com\u00e9die&nbsp;<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>C\u2019est une chose formidable que de faire du th\u00e9\u00e2tre classique \u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine. Le metteur en sc\u00e8ne est en effet affranchi du carcan des biens\u00e9ances de l\u2019\u00e9poque, et toute la force du texte peut \u00e9clater aux yeux(\u00e9bahis) du public. St\u00e9phane Braunschweig r\u00e9alise dans cette <em>\u00c9cole des femmes<\/em> ce d\u00e9voilement avec subtilit\u00e9. Il ne s\u2019agit pas ici de r\u00e9\u00e9crire le texte, d\u2019en conserver seulement l\u2019intrigue et les ressorts comiques ni de le faire mentir, mais bien de montrer ce qu\u2019il nous dit vraiment, ou du moins ce qu\u2019il pourrait nous dire. La chair n\u2019est plus dissimul\u00e9e, les larmes et le sang non plus. Cette mise en sc\u00e8ne moderne emprunte aussi au cin\u00e9ma lorsqu\u2019\u00e0 l\u2019aide d\u2019un magnifique jeu de vitrages elle permet notamment au spectateur d\u2019observer ce qui se passe derri\u00e8re les murs, et satisfait par l\u00e0 sa secr\u00e8te aspiration \u00e0 voir ce qui n\u2019est que sugg\u00e9r\u00e9 dans le texte. Cependant St\u00e9phane Braunschweig ne cherche pas \u00e0 extraire le texte de toute temporalit\u00e9. Ici, Arnolphe est un cadre sportif, Horace un jeune homme branch\u00e9, les serviteurs des fran\u00e7ais moyens, tous ces r\u00f4les volontairement caricaturaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais que racontent donc cette chair, cette sueur, ce sang et ces larmes ? La pi\u00e8ce n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crite dans une perspective militante f\u00e9ministe &#8211; contrairement aux apparences. Il n\u2019est pas ici question de faire un plaidoyer pour la femme, mais plut\u00f4t de dresser le portrait gla\u00e7ant d\u2019un homme, Arnolphe, qui ne sait plus que faire pour donner \u00e0 sa vie une \u00e9paisseur. Ce bourgeois se convainc que son salut r\u00e9side dans un syst\u00e8me de valeurs compl\u00e8tement artificiel, et qu\u2019il ne parvient pas \u00e0 faire vivre. Mais son d\u00e9sespoir l\u2019aveugle, et le conduit \u00e0 des actes de plus en plus malheureux. On commence par rire de lui lorsqu\u2019on d\u00e9couvre qu\u2019il a chang\u00e9 son nom pour y adjoindre une particule, mais l\u2019on rit jaune, car il est r\u00e9ellement persuad\u00e9 que ce ridicule \u00abde la Souche\u00bb lui conf\u00e8re quelque statut. Sa folie prend une nouvelle dimension quand il d\u00e9cide de litt\u00e9ralement briser la vie d\u2019une jeune fille na\u00efve, Agn\u00e8s, pensant se pr\u00e9munir des in\u00e9luctables moqueries du mari cocufi\u00e9. L\u2019entr\u00e9e d\u2019Horace, jeune homme tout aussi simple mais sinc\u00e8rement \u00e9pris de celle-ci, amour r\u00e9ciproque,le pousse plus loin encore dans sa d\u00e9mence, et nous \u00e9chappons de justesse au drame gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention <em>deus ex machina <\/em>d\u2019Oronte, le p\u00e8re d\u2019Horace,qui veut le marier \u00e0 la fille de son ami Enrique, qui s\u2019av\u00e8re \u00eatre&#8230; Agn\u00e8s ! Cependant ce d\u00e9nouement heureux ne saurait alt\u00e9rer le vrai message de la pi\u00e8ce, message redondant dans l\u2019\u0153uvre de Moli\u00e8re : prenons du recul pour ne pas laisser nos errements m\u00e9taphysiques et nos angoisses d\u00e9truire autrui. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce message est cyniquement soulign\u00e9 par le superbe jeu grotesque et tragique de Claude Duparfait en Arnolphe, ainsi que par la candeur d\u00e9concertante de Suzanne Aubert dans le r\u00f4le d\u2019Agn\u00e8s, le tout dans une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s esth\u00e9tique.C&rsquo;est donc un excellent spectacle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Simon Fourmann<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographie : Simon Gosselin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >La pi\u00e8ce de Moli\u00e8re L&rsquo;Ecole des femmes est mise en sc\u00e8ne actuellement au Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on, par St\u00e9phane Braunschweig.&nbsp; L&rsquo;intrigue est simple. 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