{"id":12195,"date":"2018-11-21T12:53:56","date_gmt":"2018-11-21T11:53:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12195"},"modified":"2018-11-21T12:53:56","modified_gmt":"2018-11-21T11:53:56","slug":"bonsoir-frederic-mitterrand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12195","title":{"rendered":"Bonsoir ! \/ Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Une lecture en solitaire entre \u00e9motions et regrets<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Actuellement\nsur la sc\u00e8ne du studio Marigny et ce jusqu\u2019au 06 Janvier 2019, se joue <em>Bonsoir<\/em>&nbsp;de et par Fr\u00e9d\u00e9ric\nMitterrand, mis en sc\u00e8ne par Olivier Fredj. Ce seul en sc\u00e8ne, lecture autobiographique,\ndonne lieu \u00e0 un moment fort en tendresse mais \u00e9galement en humour, qui nous\ntransporte dans la vie mouvement\u00e9e de ce ministre de la culture, passionn\u00e9 des\narts.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Et voici qu\u2019apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es je\nn\u2019arrive toujours pas \u00e0 choisir entre le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle et Fran\u00e7ois\nMitterrand&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric\nMitterrand se livre durant toute sa prestation sur ses regrets, ses amours, ses\nm\u00e9faits mais aussi sur sa famille \u00e0 travers des \u00e9pisodes tels que notamment la\ns\u00e9paration de ses parents. Des moments tant\u00f4t tendres et comiques comme sa\nrencontre avec le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle lors d\u2019un d\u00e9fil\u00e9 pour le 11 Novembre 1958,\ntant\u00f4t touchants et tristes comme lors de la s\u00e9paration de sa m\u00e8re et d\u2019Yves,\nce beau-p\u00e8re qui a tant compt\u00e9 pour lui et ses fr\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\ntexte lu durant la repr\u00e9sentation est un recueil de diverses publications, d\u00e9j\u00e0\nparues comme <em>La Mauvaise Vie<\/em> en 2005,\n<em>Le Festival de Cannes<\/em> en 2007, <em>Une Adolescence<\/em> en 2015 ou <em>Mes regrets sont des remords<\/em> en 2016.\nCette compilation donne lieu \u00e0 une jolie lecture, compl\u00e8te qui permet d\u2019avoir\nun panorama de la vie de Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une mise en valeur des mots par le d\u00e9cor<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une\nchaise et un pupitre&nbsp;: voici les seuls \u00e9l\u00e9ments qui composent ce d\u00e9cor\nspartiate o\u00f9 tout est fait pour mettre l\u2019accent sur les mots, partie principale\ndu spectacle. L\u2019arri\u00e8re-plan est int\u00e9ressant, form\u00e9 d\u2019un \u00e9cran sur lequel sont\nprojet\u00e9s divers m\u00e9dias (photos, lettres, dessins, cartes postales ou encore\nextraits de films) constitue une sorte de frise chronologie, retra\u00e7ant la vie\nde Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand au travers de divers \u00e9v\u00e9nements importants pour lui pour\ndiff\u00e9rentes raisons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une prestation en deux mouvements assez\nh\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La\npi\u00e8ce semble s\u2019articuler autour de deux parties assez diff\u00e9rentes et peu\ncompl\u00e9mentaires. En effet, durant la majorit\u00e9 de la repr\u00e9sentation, Fr\u00e9d\u00e9ric\nMitterrand expose des faits autobiographiques ou du moins, qui pourraient\nl\u2019\u00eatre. Mais apr\u00e8s une courte interruption, il revient sur sc\u00e8ne pour une\nlecture quelque peu d\u00e9routante. Il fait le r\u00e9cit d\u2019une ex\u00e9cution de soldats\npolonais SS dans le cadre de la seconde guerre mondiale. J\u2019ai trouv\u00e9 que cette\npartie de la lecture \u00e9tait comme pos\u00e9e l\u00e0, sans lien avec ce qui pr\u00e9c\u00e9dait et\nm\u2019a laiss\u00e9e perplexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s r\u00e9flexion, je ne comprends toujours pas son utilit\u00e9. Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9, aucun de ses parents n\u2019a pris part \u00e0 cette action, peut-\u00eatre voulait-il d\u00e9montrer ce que sa vie aurait pu \u00eatre s\u2019il \u00e9tait n\u00e9 plus t\u00f4t ou de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re&nbsp;? Cette lecture reste pour moi une \u00e9nigme.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a Thery<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce s\u2019ouvre avec la voix, hors champs, de\nFr\u00e9d\u00e9ric Mitterand qui entame la lecture de ses propres textes, avant de sortir\ndes coulisses et de s\u2019asseoir sur la chaise. Il n\u2019en bougera presque plus, mis\n\u00e0 part quelques d\u00e9placements anecdotiques qui le m\u00e8neront au pupitre ou dans le\npublic. Du haut de ses 71 ans, on ne pouvait pas s\u2019attendre \u00e0 le voir danser\nmais il faut avouer que la mise en sc\u00e8ne (ou plut\u00f4t l\u2019absence de mise en sc\u00e8ne)\na totalement perdu l\u2019attention des spectateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>La plus grosse frustration avec ce&nbsp;<em>Bonsoir!&nbsp;, c<\/em>\u2019est qu\u2019\u00e0 aucun moment\nFr\u00e9d\u00e9ric Mitterand ne parle, il ne fait que lire ses propres textes, tir\u00e9s de\nson autobiographie publi\u00e9e en 2005. Alors qu\u2019au d\u00e9but, on pense que la lecture\nmonotone et attach\u00e9e au texte n\u2019est qu\u2019une simple mise en bouche, elle devient\ninterminable. Pendant une heure quarante, il ne quittera pas des yeux son\ntexte. \u00c0 aucun moment notre ancien ministre de la culture ne rel\u00e8vera la t\u00eate\npour s\u2019adresser v\u00e9ritablement au public pr\u00e9sent (m\u00eame si certes nous n\u2019\u00e9tions\npas nombreux). Il lit une page, puis une autre, puis une autre, on comprend\nvite qu\u2019il nous fera la lecture de tout le livret. Chaque nouvelle page tourn\u00e9e\nest \u00e0 la fois un soulagement et une torture car elle conduit \u00e0 la page suivante\net ainsi de suite. M\u00eame si parfois on nous projette des extraits de films et de\nchansons, il est tr\u00e8s difficile d\u2019accrocher. Honn\u00eatement je me suis endormie et\nma voisine aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterand et son metteur en sc\u00e8ne n\u2019ont\nfait aucun effort de th\u00e9\u00e2tralisation en se restreignant \u00e0 une simple lecture\nmonocorde, digne d\u2019une dict\u00e9e d\u2019\u00e9cole primaire. Alors m\u00eame que certains textes\net certaines anecdotes sont tr\u00e8s touchants, je pense notamment \u00e0 sa rencontre\navec le G\u00e9n\u00e9ral De Gaulle ou \u00e0 son ami Thierry, on ne retient pas grand chose.\nFr\u00e9d\u00e9ric Mitterand avait pourtant comme objectif de lire \u00e0 voix haute ses\ntextes pour qu\u2019ils soient \u00ab&nbsp;entendus&nbsp;\u00bb&nbsp;: on ne peut pas dire que\nce fut une r\u00e9ussite.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des repr\u00e9sentations sont pr\u00e9vues jusqu&rsquo;au 6\njanvier, je vous conseille vivement de r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;envie de vous y rendre,\nsurtout un soir de semaine, si vous voulez passer une bonne soir\u00e9e (ou au moins\nrester \u00e9veill\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>Amandine Azzoug&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric\nMitterrand inaugure le Studio Marigny, refait \u00e0 neuf, et propose un spectacle\no\u00f9 il se met lui-m\u00eame en sc\u00e8ne et lit de sa voix si particuli\u00e8re des textes\nautobiographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>A la mani\u00e8re des plus grands, il se livre et raconte. Comme\navant lui, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Paul Sartre, l\u2019auteur-lecteur choisit\ndes chapitres de sa vie, ceux qui l\u2019ont marqu\u00e9, les moments o\u00f9 il a eu honte,\net les met en mots. Tous les r\u00e9cits sont amorc\u00e9s par un vibrant \u00ab&nbsp;Je\nregrette&nbsp;\u00bb. Cette anaphore devient le symbole du temps pass\u00e9, des gens\nrencontr\u00e9s et perdus, l\u2019auteur dresse ainsi le bilan de son existence. Il ne\nparle pourtant que de son exp\u00e9rience personnelle, jamais il n\u2019\u00e9voque r\u00e9ellement\nson r\u00f4le comme personnage public \u2013 alors m\u00eame qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ministre de la\nculture. Le parti pris est donc celui-l\u00e0, il se raconte mais cherche surtout \u00e0\nraconter les autres, ceux qui l\u2019ont forg\u00e9 et fait de lui celui qu\u2019il est\naujourd\u2019hui, sciemment et inconsciemment. Avec humour, pudeur, oscillant entre\nun langage familier d\u2019enfant et formel d\u2019homme de culture, Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand\nse livre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nd\u00e9cor est \u00e0 l\u2019image du spectacle et de son auteur&nbsp;: sobre. Le choix d\u2019une\nchaise en bois noire et d\u2019un pupitre transparent appuie l\u2019id\u00e9e que l\u2019important\nn\u2019est pas dans la d\u00e9monstration et le faste, mais dans ce qui est dit et lu.\nMais aussi montr\u00e9. Seule extravagance, un mur blanc qui s\u2019\u00e9tend tout en\nlongueur sur la sc\u00e8ne. Ce mur devient un personnage \u00e0 part enti\u00e8re. Sur lui\nsont projet\u00e9es des photos des souvenirs, des mots \u00e9crits \u00e0 la main&nbsp;;\n\u00e9galement un extrait d\u2019une chanson de son chanteur italien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 dont Fr\u00e9d\u00e9ric\nMitterrand murmure les paroles et bat le rythme, ainsi qu\u2019une s\u00e9quence tragique\nissue du film <em>Amici<\/em> <em>per<\/em> <em>la<\/em>\n<em>pelle<\/em> (<em>Amis pour la vie<\/em>) r\u00e9alis\u00e9 en 1955 par Franco Rossi.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9clairage\net la musique viennent souligner les moments enthousiastes, de tension, m\u00e9lancoliques\nvoire tragiques. Le spectateur se trouve plong\u00e9 dans l\u2019univers de\nl\u2019auteur-lecteur et se laisse envo\u00fbter par cette voix si caract\u00e9ristique qu\u2019on\npourrait \u00e9couter des heures durant.<\/p>\n\n\n\n<p>Charlotte Geoffray<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>A 71 ans,\nFr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand se lance pour la premi\u00e8re fois sur les planches, au Studio\nMarigny, dans <em>Bonsoir<\/em>, un seul en sc\u00e8ne qui compile des extraits de ses\nlivres pour relater des moments de vie, mis en sc\u00e8ne par Olivier Fredj.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ancien\nministre d\u00e9crit cette d\u00e9marche en ces termes : \u00ab&nbsp;Voil\u00e0 ce que je voudrais\nr\u00e9ussir : lire mes textes sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre pour obtenir qu\u2019on les\nentende, sans regret ni remords&nbsp;\u00bb. Si la partie lecture sur sc\u00e8ne est tout\n\u00e0 fait accomplie, avec cette voix si particuli\u00e8re et la diction impeccable de\nFr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand, on regrette justement le trop-plein de regrets dans le\nspectacle.&nbsp;La s\u00e9lection de\ntextes en comprend beaucoup; regrets d\u2019avoir brutalis\u00e9 la domestique de son\nenfance, regret de n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 suffisamment pr\u00e9sent pour ceux qui ont\ncrois\u00e9 son chemin, regret d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un enfant moqueur, parfois cruel.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les\npremiers souvenirs sont tendres et le mea culpa touchant, \u00e0 l\u2019issue du\nspectacle, on est \u00e9tourdi par ce trop plein de regrets, v\u00e9hiculant ainsi un\nmessage un peu aigre&nbsp;: on sort de la repr\u00e9sentation pas franchement jovial\napr\u00e8s ce d\u00e9versement de regrets et de remords, pourtant sens\u00e9s \u00eatre \u00e9vit\u00e9s \u00e0 la\nlecture de la note pr\u00e9liminaire.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie, en revanche, est tr\u00e8s\nint\u00e9ressante. Derri\u00e8re Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand se trouve un grand \u00e9cran tout en\nlongueur, sur lequel d\u00e9filent, fa\u00e7on bandeau d\u2019images photos, lettres et\nsouvenirs en tous genres. On a ainsi le sentiment d\u2019apprendre \u00e0 conna\u00eetre\nl\u2019homme derri\u00e8re le personnage, de mani\u00e8re plus sinc\u00e8re qu\u2019\u00e0 travers la seule\nlecture des textes. Des extraits de films sont aussi projet\u00e9s, comme une ultime\nillustration de cet amour pour le cin\u00e9ma qui l\u2019a anim\u00e9 pendant tant d\u2019ann\u00e9es.\nDu cin\u00e9ma, il n\u2019est en revanche que tr\u00e8s peu question dans le choix des\ntextes&nbsp;: c\u2019est sans doute un peu dommage car c\u2019est l\u2019un des sujets sur lesquels\non attendait Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand. L\u2019objectif de ce spectacle \u00e9tait d\u2019aller \u00e0 la\nrencontre de son public, et bien que le choix de l\u2019intimiste salle du Studio\nMarigny s\u2019y pr\u00eate parfaitement, le trop-plein de regrets ne parvient pas \u00e0\ncr\u00e9er du lien avec celui qui lit, en apparence plus pour lui-m\u00eame que pour\nnous, contemplateurs muets de ses souvenirs disparus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jeanne Capeyron<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re lui, un \u00e9cran fait d\u00e9filer au fil des\nlectures les \u00e9l\u00e9ments d\u2019une bo\u00eete \u00e0 souvenirs (ce sont lettres, photos,\ndessins, parfois un extrait de film, etc.). Lecture maladroite, mais sinc\u00e8re\n(sans cire, oui), Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand revient jusque dans l\u2019enfance. Les bribes\ns\u2019encha\u00eenent, titr\u00e9es simplement, souvent par un pr\u00e9nom, ou un surnom. Ce sont\nles autres qu\u2019il met en lumi\u00e8re. Au-del\u00e0 d\u2019une d\u00e9rision sans m\u00e9chancet\u00e9 qui\naffleure sa lecture, le pass\u00e9 fait r\u00e9sonner de plus en plus fort et\ntransmissible un \u00e9cho terrible de regret et de culpabilit\u00e9. En v\u00e9rit\u00e9, ce sont\ndes lettres, plut\u00f4t que des M\u00e9moires, que Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand adresse \u00e0 voix\naute. Sur l\u2019enveloppe, il ne reste qu\u2019un pr\u00e9nom auquel se lie un v\u00e9cu, un\nsentiment qu\u2019il faut plus ou moins confesser. Il les lit comme \u00e0 cr\u00e9dit, en\ntoute intimit\u00e9 et simplicit\u00e9, avec parfois, comme des \u00e9claircies, un humour\ntouchant qui vient quelquefois faire sourire la salle. Il d\u00e9couvre un homme\nbien maladroit, attach\u00e9 \u00e0 rendre v\u00e9rit\u00e9, m\u00eame si elle peut \u00eatre cruelle.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Mes\nregrets sont des remords.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>(titre de l&rsquo;\u0153uvre dont sont extraites\nses lectures, publi\u00e9e en 2016)<\/p>\n\n\n\n<p>Il adresse une lettre toute particuli\u00e8re \u00e0 un\nhomme qu\u2019il n\u2019a jamais connu&nbsp;: Josef Wende, ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 26 ans le\n24 septembre 1944 (Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand est n\u00e9 trois ans plus tard) par l\u2019arm\u00e9e\nam\u00e9ricaine, parce qu\u2019il \u00e9tait espion allemand. Il d\u00e9crit devant un pupitre\nd\u2019orateur politicien, tous les d\u00e9tails des images film\u00e9es de cette ex\u00e9cution,\navec une minutie militante. Il en rejaillit un texte plus vindicatif, la\nnostalgie trempe dans la col\u00e8re contre une injustice qu\u2019il aurait voulu\narr\u00eater, pour un homme qu\u2019il aurait voulu sauver, par amour. Un seul regard,\ndit-il, lui aurait fait abandonner toute prudence pour Josef.<\/p>\n\n\n\n<p>Symbole d\u2019une existence qu\u2019il scande aujourd\u2019hui\npar \u00ab&nbsp;Je regrette&nbsp;\u00bb, pour un remord qui repr\u00e9sente tous les autres,\ncelui de n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand nous montre un homme\nd\u00e9shabill\u00e9 de toute l\u2019apparence mondaine, un homme d\u00e9voile dans l\u2019intimit\u00e9 par\nses points d\u2019ombre. Et c\u2019est dans l\u2019ombre (qui cl\u00f4ture chaque \u00e9pisode lecture)\nplut\u00f4t qu\u2019en pleine lumi\u00e8re qu\u2019il nous appara\u00eet v\u00e9ritable. Plus un grand homme,\nplus un ministre, seulement une m\u00e9moire personnelle comme on peut la partager\ntous.<\/p>\n\n\n\n<p>Angeline\nDa Rocha<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Une lecture en solitaire entre \u00e9motions et regrets Actuellement sur la sc\u00e8ne du studio Marigny et ce jusqu\u2019au 06 Janvier 2019, se joue Bonsoir&nbsp;de et par Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand, mis en sc\u00e8ne par Olivier Fredj. 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