{"id":12256,"date":"2018-12-06T16:57:19","date_gmt":"2018-12-06T15:57:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12256"},"modified":"2018-12-06T16:57:19","modified_gmt":"2018-12-06T15:57:19","slug":"ballade-pour-violoncelle-et-chambre-noire-philharmonie-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12256","title":{"rendered":"Ballade pour violoncelle et chambre noire \/ Philharmonie de Paris"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab C\u2019est si dur d\u2019\u00e9crire que je place Victor Hugo dans la lign\u00e9e des martyres ! \u00bb Voici ce que Robert Doisneau \u00e9crit en 1962 \u00e0 son ami Maurice Baquet, alors qu\u2019il pr\u00e9pare l\u2019une de ses premi\u00e8res expositions. Voici ce que Mathieu Amalric lit \u00e0 son ami Laurent Poitrenaux, et aux spectateurs de la Ballade pour violoncelle et chambre noire, spectacle donn\u00e9 \u00e0 la Cit\u00e9 de la musique les 5, 6 et 7 d\u00e9cembre 2018. Doisneau, comme Baquet, apparaissent pourtant (ou peut-\u00eatre en est-ce justement une preuve, par un effet de pr\u00e9t\u00e9rition comique) comme des \u00e9pistoliers pleins d\u2019esprit, en plus d\u2019\u00eatre des artistes talentueux.  <\/p>\n\n\n\n<p>Organis\u00e9e par Cl\u00e9mentine Deroudille, petite-fille du photographe, la lecture de lettres que se sont \u00e9chang\u00e9s Robert Doisneau et Maurice Baquet entre 1960 et 1962 est accompagn\u00e9e de la projection de photographies de Doisneau et l\u2019interpr\u00e9tation libre de th\u00e8mes embl\u00e9matiques de Maurice Baquet, violoncelliste, par Ma\u00ebva Le Berre au violoncelle et \u00c9ric Slabiak au violon. Au fil des lettres, on entrevoit le quotidien des deux amis, leurs tracas, toujours racont\u00e9s avec un sourire et au coin de la plume, leur amiti\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est cependant plus qu\u2019une lecture musicale \u00e0 laquelle on assiste : Mathieu Amalric et Laurent Poitrenaux jouent avec l\u2019espace, avec les musiciens, avec leurs costumes. Chacun se trouve attabl\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne, figurant ainsi l\u2019oc\u00e9an Atlantique qui s\u00e9pare Doisneau et Baquet au moment de l\u2019\u00e9criture des lettres  et ils viennent s\u2019embrasser au centre de la sc\u00e8ne, lors de leurs rares retrouvailles. Laurent Poitrenaux surtout joue avec son costume queue-de-pie et ses couvre-chefs qu\u2019il change au gr\u00e9 des saisons et des lieux d\u2019o\u00f9 il \u00e9crit. Mathieu Amalric, quant \u00e0 lui, trie ses photos, en suspend certaines \u00e0 une corde \u00e0 linge sur un c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne, fume une cigarette de temps \u00e0 autre. Des photographies sont \u00e9galement projet\u00e9es sur un \u00e9cran blanc au mur et ponctuent la lecture des lettres. On d\u00e9couvre en particulier quelques-unes des photos de Maurice Baquet prises par son comparse qui montrent l\u2019esprit fac\u00e9tieux des deux \u00e9pistoliers : Baquet se baignant alors que son violoncelle flotte \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, Baquet faisant un violoncelle de neige dans les rues de New-York, Baquet emmenant son violoncelle au ski\u2026 On red\u00e9couvre aussi de c\u00e9l\u00e8bres photos de Doisneau, dont le fameux Baiser de l\u2019H\u00f4tel de Ville, des portraits de Jacques Pr\u00e9vert, de superbes photos de Baquet, tout petit au milieu de l\u2019immense pont de Brooklyn, ou jouant en contre-jour devant un panorama de buildings new-yorkais. Durant tout le spectacle, lecture, musique et photographie s\u2019entrem\u00ealent et se r\u00e9pondent pour \u00e9mouvoir et faire rire aux \u00e9clats le public.<\/p>\n\n\n\n<p> Oc\u00e9ane Le Bourhis <\/p>\n\n\n\n<p>____________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Ballade pour violoncelle et chambre noire met en sc\u00e8ne la tendre amiti\u00e9 qui lie le tr\u00e8s polyvalent com\u00e9dien Maurice Baquet, \u00e0 la fois violoncelliste et skieur, et le photographe Robert Doisneau. Le spectacle porte le nom de l&rsquo;ouvrage que les deux amis publieront ensemble. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un livre \u00e0 leur image. Doux et dr\u00f4le, Doisneau capture le com\u00e9dien et son fid\u00e8le instrument dans diverses situations insolites: gravissant une montagne enneig\u00e9e ou d\u00e9ambulant sur un pont New-Yorkais. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces clich\u00e9s refl\u00e8tent l&rsquo;espi\u00e8glerie omnipr\u00e9sente dans leur correspondance, mati\u00e8re premi\u00e8re de cette pi\u00e8ce. Ces lettres, le plus souvent in\u00e9dites, nous r\u00e9v\u00e8lent la relation privil\u00e9gi\u00e9 des deux artistes \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 ceux-ci sont s\u00e9par\u00e9s par l&rsquo;atlantique. Robert partage la monotonie de sa vie de photographe industriel en France qui manque cruellement de cr\u00e9ativit\u00e9 et Maurice d\u00e9crit, non sans humour, les bizarreries du nouveau continent o\u00f9 il se trouve en tourn\u00e9e. Les deux amis sont alors unis par un projet: celui de publier ce fameux livre de photographie. Face aux refus de nombreuses maisons d&rsquo;\u00e9dition, ce couple d\u2019\u00e9ternels optimistes ne perd pas son sens de l&rsquo;humour, ni l&rsquo;espoir de trouver un jour une \u00e2me bienveillante qui appr\u00e9ciera leur excentricit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Mathieu Almaric et Laurent Poitrenaux, les interpr\u00e8tes respectifs de Robert Doisneau et Maurice Baquet, redonnent vie avec beaucoup d&rsquo;entrain \u00e0 ce duo dynamique, gr\u00e2ce \u00e0 une lecture d&rsquo;une bonne humeur contagieuse qui tient en haleine le spectateur. Le public est attendri par la joie de vivre et la finesse d&rsquo;esprit des deux personnages. Situ\u00e9s au centre de la sc\u00e8ne, les deux musiciens occupent \u00e9galement le c\u0153ur de la pi\u00e8ce. La violoncelliste Maeva Le Berre et le violoniste Eric Slabiak accompagnent le duo de leurs airs, tant\u00f4t taquins, tant\u00f4t plus m\u00e9lancoliques, nourrissant une complicit\u00e9 toute particuli\u00e8re avec Maurice. La photographie n&rsquo;est pas en reste. Les clich\u00e9s sont \u00e0 la fois projet\u00e9s sur un \u00e9cran derri\u00e8re le plateau et accroch\u00e9s sur sc\u00e8ne. Ils font \u00e9cho aux aventures des deux amis et viennent compl\u00e9ter ce quatuor rieur, compos\u00e9 de deux artistes et de leur art, qu&rsquo;ils prennent plaisir \u00e0 partager et qui les enrichit mutuellement. Une pi\u00e8ce douce, bienveillante et extr\u00eamement dr\u00f4le, \u00e0 l&rsquo;image de ses protagonistes, qui permet au spectateur de s&rsquo;\u00e9vader de sa grisaille parisienne, l&rsquo;espace de quelques heures. Nous en sortons avec un regard nouveau sur notre quotidien et une oreille plus attentive aux belles choses de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p> Elsie Dent<\/p>\n\n\n\n<p>_____________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p> Ce Jeudi 6 D\u00e9cembre, une centaine de spectateurs se sont r\u00e9unis pour se perdre le temps d&rsquo;un instant dans les ann\u00e9es 1950. Nous assistons aux souvenirs de Robert Doisneau, un artiste aux divers talents : il \u00e9tudie les Arts graphiques \u00e0 l&rsquo;Ecole Estienne, se d\u00e9couvre une passion pour la photographie et se lance alors dans une carri\u00e8re de photographe \u00e0 l&rsquo;Atelier Ullmann&#8230; Une symbiose \u00e0 quatre voix nous ballade \u00e0 travers la vie de Robert Doisneau. Sous la forme singuli\u00e8re d&rsquo;un concerto et d&rsquo;une lecture jou\u00e9e, on d\u00e9couvre l&rsquo;histoire d&rsquo;une amiti\u00e9 entre Robert Doisneau et Maurice Baquet, jou\u00e9s par Mathie Amalric et Laurent Poitrenaux,  accompagn\u00e9s de la violoncelliste Maeva Le Berre et du violoniste Eric Slabiak. Cette amiti\u00e9 les am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9aliser un livre Ballade pour violoncelle et chambre noire et c&rsquo;est histoire que nous compte les deux interpr\u00e8tes. On rit, on reste parfois sans voix face aux clich\u00e9s de Doisneau qui illustrent le jeu des com\u00e9diens.  <\/p>\n\n\n\n<p>Sonia Guertout <\/p>\n\n\n\n<p>_____________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographie : Robert Doisneau<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >\u00ab C\u2019est si dur d\u2019\u00e9crire que je place Victor Hugo dans la lign\u00e9e des martyres ! \u00bb Voici ce que Robert Doisneau \u00e9crit en 1962 \u00e0 son ami Maurice Baquet, alors qu\u2019il pr\u00e9pare l\u2019une de ses premi\u00e8res expositions. 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