{"id":12268,"date":"2019-01-17T13:43:29","date_gmt":"2019-01-17T12:43:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12268"},"modified":"2019-01-17T13:43:29","modified_gmt":"2019-01-17T12:43:29","slug":"hector-100-berlioz-benjamin-levy-theatre-des-champs-elysees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12268","title":{"rendered":"Hector 100% Berlioz \/ Benjamin Levy &#8211; Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p>Le jeudi 17 janvier au Th\u00e9\u00e2tre des\nChamps-\u00c9lys\u00e9es, j\u2019ai pu assister \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des <em>Nuits d\u2019\u00e9t\u00e9<\/em> et <em>Symphonie\nfantastique <\/em>(op.14) d\u2019Hector Berlioz, jou\u00e9es par l\u2019orchestre Lamoureux sous\nla baguette de Benjamin Levy.<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>Nuits\nd\u2019\u00e9t\u00e9<\/em> sont une adaptation de six po\u00e8mes, tous tir\u00e9s du recueil <em>La Com\u00e9die de la mort<\/em> \u00e9crit en 1838 par\nTh\u00e9ophile Gautier, ami de Berlioz. Ces textes accompagn\u00e9s de l\u2019orchestre sont\nsplendidement chant\u00e9s par la mezzo-soprano Albane Carr\u00e8re. La premi\u00e8re pi\u00e8ce de\nla composition ouvre sur un ton joyeux donn\u00e9 par un <em>allegro <\/em>sautillant des fl\u00fbtes et des violons. Cette ambiance de gait\u00e9&nbsp;traduit\nl\u2019arriv\u00e9e du printemps et les d\u00e9lices de l\u2019amour dans le po\u00e8me. La suite de la\ncomposition se fait beaucoup plus douce, une m\u00e9lodie lancinante et chantante\nsoul\u00e8ve de profondes \u00e9motions chez l\u2019auditoire&#8230; La nostalgie semble s\u2019abattre\nsur la salle lorsque la chanteuse cantonne l\u2019\u00e9l\u00e9gie de la perte de la femme\naim\u00e9e. Puis, l\u2019atmosph\u00e8re se fait plus sombre et grave avec la pr\u00e9dominance des\nbasses qui basculent au mode mineur. Les interjections de la d\u00e9ploration\nvibrent comme un pleur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! sans amour, s\u2019en aller sur la\nmer&nbsp;!&nbsp;\u00bb\u2026 Par la suite, une alternance des modes majeur et mineur\nsemble donner un peu d\u2019espoir dans cette d\u00e9ploration poignante. Les modulations\ntonales vers la fin de la composition sont propres \u00e0 d\u00e9peindre les mouvements\ndu c\u0153ur soulev\u00e9s par le chant de ces textes po\u00e9tiques. <\/p>\n\n\n\n<p>La <em>Symphonie\nfantastique<\/em>, qui quant \u00e0 elle comprend cinq mouvements, illustre pour\nBerlioz sa passion amoureuse pour Harriet Smithson, sa future \u00e9pouse. Apr\u00e8s une\nouverture en <em>largo<\/em>, les notes rapides\ndes violons s\u2019encha\u00eenent et animent l\u2019auditoire. Le second mouvement d\u00e9bute\navec des envol\u00e9es de notes de harpe, propres \u00e0 nous plonger dans un univers\nenchanteur. Joyeux dans un rythme ternaire, le troisi\u00e8me mouvement mime\nl\u2019\u00e9l\u00e9gance des danses d\u2019un bal. La musique s\u2019agite au fur et \u00e0 mesure qu\u2019on\navance dans la composition, avec l\u2019entr\u00e9e progressive des percussions, jusqu\u2019\u00e0\nla fin du concert qui termine en toute beaut\u00e9, dans un feu d\u2019artifice musical.<\/p>\n\n\n\n<p>La sensibilit\u00e9 de Benjamin Levy, la voix\nd\u2019Albane Carr\u00e8re, sans oublier la performance des musiciens, &nbsp;&nbsp;nous\nont fait voir de toutes les couleurs et ont su exalter la diversit\u00e9 du registre\nm\u00e9lodique dans l\u2019\u0153uvre de Berlioz. &nbsp;Un\ntr\u00e8s bon concert&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Eveline Su<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<br><\/p>\n\n\n\n<p>Assister\nau concert symphonique Hector 100% Berlioz de l&rsquo;Orchestre Lamoureux au Th\u00e9\u00e2tre\ndes Champs Elys\u00e9es est un acte solennel. Tout d&rsquo;abord, gr\u00e2ce \u00e0 ce superbe\n\u00e9difice dont les fresques entourant la belle coupole \u00e9voquent d\u00e9j\u00e0 le c\u00f4t\u00e9 transcendental\nde la musique, et surtout gr\u00e2ce \u00e0 la virtuose interpr\u00e9tation de l&rsquo;orchestre\nsous la direction de Benjamin Levy et accompagn\u00e9e par la mezzo-soprano Albane\nCarr\u00e8re dans la premi\u00e8re partie du programme. <\/p>\n\n\n\n<p>Le\nconcert d\u00e9bute avec <em>Les nuits d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/em>,\nqui nous renvoie \u00e0 la grandeur d&rsquo;une autre \u00e9poque. Albane Carr\u00e8re avec une voix\nd\u00e9licate mais tr\u00e8s forte en m\u00eame temps, chante avec ma\u00eetrise les six po\u00e8mes de\nTh\u00e9ophile Gautier dont Berlioz s&rsquo;est inspir\u00e9 pour composer cet ouvrage qui\nparle de l&rsquo;amour perdu et de l&rsquo;envie de le retrouver. Tout commence avec une\nm\u00e9lodie all\u00e8gre o\u00f9 la voix de la mezzo-soprano est en toute harmonie avec le\nson des violoncelles. Dans les mouvements qui suivent, l&rsquo;espoir laisse la place\n\u00e0 un ton m\u00e9lancolique pour pleurer la perte de la bien-aim\u00e9e et des beaux\nmoments pass\u00e9s avec elle. Il y a ici le contraste entre les pizzicati de violon\ntr\u00e8s rapides qui introduisent une sensation du suspense et des touches lentes\net douces o\u00f9 les violonistes prolongent les notes en utilisant presque tout le\nlong de leurs baguettes. Cette partie finit comme elle a commenc\u00e9, avec une\nm\u00e9lodie plus aig\u00fce et encourageante rythm\u00e9 par le son des clarinettes.\nL&rsquo;ensemble de la pi\u00e8ce est r\u00e9ussie mais il manquerait un peu plus de jeu d&rsquo;interpr\u00e9tation\nde la part de cette magnifique voix f\u00e9minine.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors,\nsi la premi\u00e8re partie est quand m\u00eame formidable, la deuxi\u00e8me est tout\nsimplement \u00e9blouissante. <em>La<\/em> <em>Symphonie fantastique<\/em> nous emm\u00e8ne dans\nun univers de r\u00eaverie et de passion dont la m\u00e9lodie est susceptible de produire\nune sorte de catharsis chez le spectateur m\u00eame depuis le premier mouvement.\nNous accompagnons un musicien \u00e9pris d&rsquo;amour dans sa folie et nous sommes ainsi\nsaccad\u00e9s par les vibrations des instruments de corde. Le chef d&rsquo;orchestre semble\n\u00eatre poss\u00e9d\u00e9 par l&rsquo;esprit du jeune amoureux : il vibre, il saute et il bouge en\nfaisant des mouvements spasmodiques. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une m\u00e9lodie \u00e0 la fois d\u00e9licate\net exub\u00e9rante, pleine de clairs-obscurs, qui se pr\u00e9cipite in crescendo vers le\nd\u00e9lire. Nous soulignerons le deuxi\u00e8me mouvement, \u00ab\u00a0Le bal\u00a0\u00bb, o\u00f9 les\nbaguettes des musiciens de corde dansent une valse \u00e0 l&rsquo;unisson accompagn\u00e9es par\nles notes des harpes qui sont situ\u00e9es aux deux c\u00f4t\u00e9s du chef d&rsquo;orchestre. Et si\nvous voulez avoir une exp\u00e9rience astrale, il est suffit de regarder la coupole\nquand tous les int\u00e9grants de l&rsquo;orchestre jouent \u00e0 la fois pour voir leur reflet\ndanser aussi au plafond. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans\nce concert, la musique vous entoure et elle vous captive \u00e0 tel point que vous\nne pouvez m\u00eame pas tousser lors du jeu des musiciens. En effet, tout le public,\naffect\u00e9 par ces jours d&rsquo;intense froid, profite des petites pauses entre les\nmouvements pour tousser, parler, voire bouger, afin de ne pas g\u00eaner ce glorieux\nspectacle et de ne pas perdre le fil de l&rsquo;histoire. Enfin, c&rsquo;est 100%\nprofessionnel, 100% \u00e9mouvant et, surtout, 100% recommandable !&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Maria Carmen L\u00f3pez Garc\u00eda<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de spectacles sont aussi fascinants qu\u2019un concert classique&nbsp;: des milliers de regards tendus vers la sc\u00e8ne, et l\u2019orchestre qui ploie au souffle fou de la <em>Symphonie fantastique<\/em> d\u2019Hector Berlioz. C\u2019est pour c\u00e9l\u00e9brer le 150<sup>e<\/sup> anniversaire de la mort du compositeur que l\u2019orchestre Lamoureux cl\u00f4t son cycle th\u00e9matique \u00ab&nbsp;100&nbsp;%&nbsp;\u00bb &#8211; une s\u00e9rie de concerts consacr\u00e9s \u00e0 un seul auteur \u2013 par ce bel hommage \u00e0 Berlioz.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Un concert presque schizophr\u00e9nique, puisque, du grand auteur romantique, il pr\u00e9sentait deux \u0153uvres antinomiques, qui constituent en quelque sorte ses deux visions de l\u2019amour. C\u2019est sur un amour \u00e9l\u00e9gant, subtil, que le concert s\u2019est ouvert, avec les <em>Nuits d\u2019\u00e9t\u00e9<\/em>, une interpr\u00e9tation des po\u00e8mes de Th\u00e9ophile Gautier mis en musique par Berlioz entre 1838 et 1856. La remarquable puret\u00e9 de la ligne m\u00e9lodique est mise en valeur par une orchestration discr\u00e8te, mais travaill\u00e9e. Les mots du po\u00e8te \u00e9taient sublim\u00e9s par la voix sensible de la mezzo-soprano Albane Carr\u00e8re, qui r\u00e9v\u00e8le toute sa beaut\u00e9 dans les notes graves.&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Bien diff\u00e9rente \u00e9tait la seconde partie du concert, puisqu\u2019\u00e0 ces po\u00e8mes a succ\u00e9d\u00e9 une interpr\u00e9tation de la<em> Symphonie fantastique<\/em>, une \u0153uvre folle, cathartique, dans laquelle le compositeur a exprim\u00e9 toutes ses obsessions&nbsp;; une \u0153uvre rythm\u00e9e par les percussions, achev\u00e9e sur un glas fun\u00e8bre&#8230;. C\u2019est le romantisme dans toute sa splendeur, et toujours une grande exp\u00e9rience&nbsp;: on est bien loin de la musique intellectuelle d\u2019un Bach ou d\u2019un Mozart&nbsp;; Berlioz nous jette dans le feu de ses passions, de sa folie, dans l\u2019explosion de ses sentiments amoureux envers la com\u00e9dienne Harriet Smithson, repr\u00e9sent\u00e9e par une m\u00e9lodie lancinante que Berlioz lui-m\u00eame caract\u00e9rise comme \u00ab&nbsp;l\u2019id\u00e9e fixe&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Un concert magnifique interpr\u00e9t\u00e9 par un orchestre d\u2019une qualit\u00e9 exceptionnelle&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Claire\nde Mareschal<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photo: F\u00e9lix Nadar<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le jeudi 17 janvier au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es, j\u2019ai pu assister \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des Nuits d\u2019\u00e9t\u00e9 et Symphonie fantastique (op.14) d\u2019Hector Berlioz, jou\u00e9es par l\u2019orchestre Lamoureux sous la baguette de Benjamin Levy. 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