{"id":12295,"date":"2018-12-18T13:24:59","date_gmt":"2018-12-18T12:24:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12295"},"modified":"2018-12-18T13:24:59","modified_gmt":"2018-12-18T12:24:59","slug":"la-dame-aux-camelias-j-neumeier-opera-garnier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12295","title":{"rendered":"La dame aux cam\u00e9lias \/ J. Neumeier &#8211; Op\u00e9ra Garnier"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce mardi 18 d\u00e9cembre, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier que je me suis rendue pour d\u00e9couvrir le grand classique de Neumeier, La dame aux cam\u00e9lias. Le ballet est une adaptation du roman d&rsquo;Alexandre Dumas fils. On y assiste \u00e0 l&rsquo;histoire d&rsquo;amour tragique d&rsquo;une courtisane renomm\u00e9e, Marguerite Gautier, et d&rsquo;un jeune homme, Armand Duval. Les deux amants se rencontrent lors d&rsquo;une soir\u00e9e \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra. Ils entament une relation mais rong\u00e9 par la jalousie, Armand ne peut supporter de voir Marguerite ainsi courtis\u00e9e. Il parvient donc \u00e0 la convaincre de le suivre \u00e0 la campagne. Cependant le p\u00e8re du jeune homme vient trouver Marguerite et la persuade de renoncer \u00e0 cette relation, pour le bien d&rsquo;Armand et pour sa r\u00e9putation. Par amour, elle abandonne donc ce dernier. Ils se retrouvent en ville peu apr\u00e8s, occasion pour Armand de se venger de son ancienne amante en l&rsquo;humiliant publiquement lors d&rsquo;un bal. Vaincue par la tuberculose, Marguerite meurt seule et sans avoir jamais pu dire la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 Armand. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en lisant le journal de la jeune femme que celui ci r\u00e9alise son erreur de jugement, trop tard h\u00e9las. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;adaptation propos\u00e9e par les\ndanseurs du palais Garnier rend justice \u00e0 cette histoire magnifique. La musique\nde Chopin laisse toute sa place \u00e0 la danse. Il est toutefois important de\nsouligner que le ballet s&rsquo;illustre particuli\u00e8rement par sa dramaturgie. En\neffet, les danseurs se font \u00e9galement acteurs. Les spectateurs, lecteurs ou non\nde Dumas, initi\u00e9s ou non \u00e0 l&rsquo;art du ballet, n&rsquo;ont aucun mal \u00e0 suivre le cours\nnarratif de l&rsquo;histoire. <\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 le grand nombre\nde pas de deux qui sont l&rsquo;occasion de port\u00e9s techniquement tr\u00e8s difficiles et\nbrillamment interpr\u00e9t\u00e9s par L\u00e9onore Baulac et Mathieu Ganio, visages des deux\npersonnages principaux. N&rsquo;\u00e9tant pas danseuse moi m\u00eame il m&rsquo;est difficile\nd&rsquo;\u00e9valuer la qualit\u00e9 technique des danseurs, mais il se d\u00e9gage de l&rsquo;ensemble du\nballet une v\u00e9ritable fluidit\u00e9. On ne voit pas le temps passer, et m\u00eame si\nl&rsquo;histoire est connue de la plupart des spectateurs, on se laisse entra\u00eener\ndans les p\u00e9riples du jeune couple avec le m\u00eame enthousiasme qu&rsquo;\u00e0 la premi\u00e8re\nlecture de Dumas. <\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne de la rencontre \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra est le pr\u00e9texte \u00e0 un parall\u00e8le entre les deux protagonistes et les personnages de Manon Lescaut. La parall\u00e8le atteint son paroxysme lors de la mort de Marguerite, qui est aussi celle de Manon dans un trio d&rsquo;une grande po\u00e9sie. La pr\u00e9sence de ce couple fictif ne fait que souligner la solitude de Marguerite, abandonn\u00e9e seule sur la sc\u00e8ne. <\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait toutefois reprocher\nune fin un peu abrupte, on ne voit pas r\u00e9ellement la r\u00e9action d&rsquo;Armand \u00e0 la\nlecture du journal de son amante, le rideau tombe sur sa lecture du journal, la\nsuite est laiss\u00e9e \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9ciation du spectateur. <\/p>\n\n\n\n<p>Il convient \u00e9galement pour\nterminer de souligner le soin accord\u00e9 aux costumes et au d\u00e9cor, qui viennent entourer\ntout le ballet d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance propre au milieu dans laquelle \u00e9voluent les\npersonnages. Les costumes de l&rsquo;acte II sont particuli\u00e8rement raffin\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Gabrielle Soufflet<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>N\u2019ayant jamais assist\u00e9 \u00e0 un ballet\nauparavant, je craignais de ne voir dans les encha\u00eenements des danseurs qu\u2019une\nprouesse technique et non un support \u00e9motionnel (comme ce fut le cas les rares\nfois o\u00f9 j\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 un op\u00e9ra).&nbsp; Mais\nj\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e au contraire par la v\u00e9racit\u00e9 des \u00e9motions qui s\u2019exprimaient\nici, que je n\u2019ai eu \u00e0 ma grande surprise aucun mal \u00e0 partager. J\u2019ai appris plus\ntard que le chor\u00e9graphe John Neumeier demandait aux danseurs d\u2019\u00eatre les plus\nnaturels possible sur sc\u00e8ne, de ne pas surjouer, et cela se ressent en\neffet&nbsp;!&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 d\u2019autres ballets l\u00e9gers comme\nCasse-Noisette ou Cendrillon, il ne s\u2019agit pas ici de faire r\u00eaver le spectateur\nen l\u2019entra\u00eenant dans un monde merveilleux, mais bien de suivre les derniers\njours de la courtisane Marguerite Gautier, pendant lesquels elle entretient une\nliaison avec Armand Duval avant de sacrifier leur amour pour ne pas porter\natteinte \u00e0 la r\u00e9putation de ce dernier et enfin de mourir de la tuberculose,\nsans le sou et abandonn\u00e9e de tous. <\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la diversit\u00e9 des \u00e9motions transmises par le ballet. Comme le r\u00e9sum\u00e9 le laisse deviner, le ballet est d\u2019abord travers\u00e9 par une certaine amertume, voire d\u2019un cynisme dans la repr\u00e9sentation des faux semblants et de la vacuit\u00e9 des salons parisiens. Mais \u00e0 cela r\u00e9pondent des moments de bonheur purs, sans fard (symbolis\u00e9s par les cheveux d\u00e9tach\u00e9s et la simplicit\u00e9 de la toilette de Marguerite) partag\u00e9s par les amants lors de leur retraite \u00e0 la campagne par exemple. Car, bien \u00e9videmment, <em>La Dame aux cam\u00e9lias<\/em> reste avant tout une histoire d\u2019amour. On ne peut donc pas \u00e9chapper \u00e0 la d\u00e9clinaison du sentiment amoureux sous toutes ses formes, du d\u00e9sir \u00e0 la communion du couple Marguerite-Armand, interpr\u00e9t\u00e9s par les deux jeunes \u00e9toiles L\u00e9onore Baulac et Mathieu Ganio, \u00e0 travers les tr\u00e8s (trop\u00a0?) nombreux pas de deux. <\/p>\n\n\n\n<p>La musique de Chopin, tr\u00e8s expressive, n\u2019est\nbien s\u00fbr pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9motion ressentie par le spectateur. L\u2019int\u00e9riorit\u00e9\ndes personnages est ainsi d\u00e9voil\u00e9e sur sc\u00e8ne par la danse et la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>La succession rapide des tableaux et des\ncostumes magnifiques de J\u00fcrgen Rose ne m\u2019ont par ailleurs pas laiss\u00e9 le temps\nde me lasser (except\u00e9 peut \u00eatre lors des diff\u00e9rents passages qui avaient lieu\ntrop \u00e0 gauche de la sc\u00e8ne pour que je puisse les voir\u2026 Un conseil&nbsp;: ne\nchoisissez pas le placement dans les \u00ab&nbsp;baignoires&nbsp;\u00bb sous peine de torticolis\net de manquer une partie du spectacle).<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9cors sont minimalistes mais suffisants\n\u00e0 mon go\u00fbt. Ils servent des choix de mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s int\u00e9ressants, tel que\ncelui de commencer la narration apr\u00e8s la mort de Marguerite, au moment de la\nmise en vente de ses biens, pour plonger ensuite dans les souvenirs \u00e9mus\nd\u2019Armand (\u00e0 travers un rideau transparent). Ce ballet non lin\u00e9aire, avec ses\nflashbacks et ses gros plans, adopte par l\u00e0 une dimension cin\u00e9matographique\noriginale pour un ballet.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre choix de mise en sc\u00e8ne r\u00e9ussi car tr\u00e8s\n\u00e9mouvant, le jeu de miroir entre le couple de \u00ab&nbsp;La Dame aux\nCam\u00e9lias&nbsp;\u00bb et celui du ballet \u00ab&nbsp;Manon Lescaut&nbsp;\u00bb datant de\n1830&nbsp;: cela cr\u00e9e un effet de mise en ab\u00eeme, qui donne d\u2019abord lieu \u00e0 de\ntr\u00e8s belles sc\u00e8nes de rencontre entre les diff\u00e9rents danseurs et ajoute une\ndimension r\u00e9flexive pour le spectateur.<\/p>\n\n\n\n<p>En bref, je recommande vivement d\u2019aller voir\nce ballet tr\u00e8s \u00e9mouvant dont les partis pris sc\u00e9nographiques ne vous laisseront\npas indiff\u00e9rents&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Fanny Coulonges<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Mardi soir j\u2019ai eu la chance d\u2019assister \u00e0 l\u2019adaptation de <em>La Dame aux Cam\u00e9lias<\/em> de Dumas au Palais Garnier. Il s\u2019agit d\u2019un ballet en trois actes mis en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphi\u00e9 par John Neumeier. Il s\u2019ouvre sur un triste prologue : Armand Duval (Mathieu Ganio) d\u00e9couvre une sc\u00e8ne recouverte de meubles \u00e0 vendre laiss\u00e9s par Marguerite (L\u00e9onore Baulac), morte avant m\u00eame qu\u2019il n\u2019ait pu la revoir une derni\u00e8re fois. Pendant trois heures on assiste alors \u00e0 l\u2019histoire de cette liaison tragique jou\u00e9e par les \u00c9toiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet sur les notes de Chopin magistralement interpr\u00e9t\u00e9es par l\u2019Orchestre national de Paris.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adaptation de l\u2019\u0153uvre de Dumas en ballet s\u2019av\u00e8re \u00eatre une \u00e9vidence. Les sc\u00e8nes de bal, de rendez-vous, de d\u00e9claration, de doute, de jalousie, de d\u00e9chirement et de mort sont parfaitement exprim\u00e9es par les danseurs. <em>La Dame aux Cam\u00e9lias <\/em>c\u2019est l\u2019histoire tragique d\u2019une courtisane atteinte de tuberculose. Armand est amoureux de Marguerite, celle qui est d\u00e9sir\u00e9e par tous. D\u2019abord, sans renoncer \u00e0 son mode de vie, elle lui offre son c\u0153ur (sa cam\u00e9lia). Mais alors qu\u2019elle continue de mener sa vie en soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019enchainer les bals (qui d\u00e9filent sur sc\u00e8ne pour notre plus grand plaisir) Armand est fou de jalousie. Il lui demande alors de tout sacrifier pour aller vivre \u00e0 la campagne avec lui, loin du faste de sa vie de femme galante.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment Marguerite et Armand\nsont confront\u00e9s \u00e0 de nombreux obstacles, sociaux, \u00e9conomiques, familiaux\u2026 Alors\nque le p\u00e8re d\u2019Armand demande \u00e0 Marguerite de renoncer \u00e0 sa relation avec son\nfils, le chor\u00e9graphe convoque une masse de danseurs tendant des bijoux \u00e0\nMarguerite pour qu\u2019elle retourne \u00e0 sa situation de courtisane. On aura m\u00eame\ndroit \u00e0 un reflet Marguerite : son amie courtisane, toujours pr\u00e9sente, qui\ncontrairement \u00e0 elle ne quittera jamais sa position.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai tout particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 l\u2019acte II, \u00e0 la fois le plus frivole et le plus lib\u00e9rateur, enti\u00e8rement jou\u00e9 au piano (avec brio par Emmanuel Strosser). Cet acte s\u2019ouvre sur une sc\u00e8ne de son quotidien de courtisane o\u00f9 hommes et femmes dansent et se font la court. On assiste alors \u00e0 une danse des plus explicites de la part d\u2019un cavalier avec sa cravache. Les diff\u00e9rents mouvements des danseurs entre eux nous font comprendre la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des m\u0153urs de ce milieu social. Mais c\u2019est \u00e9galement durant cette acte que Marguerite est confront\u00e9e au compte qui l\u2019entretient, elle enl\u00e8ve alors le collier qu\u2019elle porte autour du cou et se lib\u00e8re de son emprise.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne fait honneur \u00e0 la volont\u00e9 de Dumas de croiser le destin de Marguerite et Armand \u00e0 celui de Manon Lescaut et Des Grieux. Deux danseurs (H\u00e9lo\u00efse Bourdon et Marc Moreau) incarnent les personnages de l\u2019Abb\u00e9 Pr\u00e9vost aux moments les plus angoissants de la pi\u00e8ce. \u00c0 chaque instant de doute de la part de Marguerite son double apparait pour mettre en mouvement son d\u00e9sarroi et sa perdition. Alors que dans <em>Manon Lescaut<\/em> c\u2019est Des Grieux qui sacrifie son statut social pour sa \u00ab\u00a0Manon ador\u00e9e\u00a0\u00bb ici c\u2019est Marguerite qui se donne toute enti\u00e8re \u00e0 Armand. Ici le ballet rend compte de la force du personnage de <em>La Dame aux Cam\u00e9lias<\/em> : elle sacrifie sa vie luxueuse mais elle sacrifie \u00e9galement son amour pour Armand pour assurer un bon mariage \u00e0 sa s\u0153ur. \u00c0 travers une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s intimiste on s\u2019attache \u00e0 cette courtisane au grand c\u0153ur et on ne peut qu\u2019\u00eatre \u00e9mu par les pas de deux qui l\u2019unissent en vain, par instants, \u00e0 Armand.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement j\u2019ai \u00e9t\u00e9 totalement\nconquise par ce ballet, la mise en sc\u00e8ne de la d\u00e9tresse des personnages m\u2019a\nparticuli\u00e8rement \u00e9mue et j\u2019ai retrouv\u00e9 de mani\u00e8re fid\u00e8le les intentions de\nl\u2019oeuvre de Dumas sur sc\u00e8ne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Amandine Azzoug<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La dame aux cam\u00e9lias\u00a0\u00bb est actuellement repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier. Ce ballet en trois actes est chor\u00e9graphi\u00e9 par John Neumeier, sur une musique de Chopin. Il s&rsquo;inspire du roman du m\u00eame nom d&rsquo;Alexandre Dumas fils, qui a pour sujet les amours tragiques de Armand Duval, un jeune bourgeois, pour Marguerite Gautier, une courtisane. Celle-ci renonce rapidement \u00e0 sa vie de demi-mondaine pour son amant, jaloux des hommes qu&rsquo;elle fr\u00e9quente. Mais le p\u00e8re d&rsquo;Armand demande \u00e0 la jeune femme de s&rsquo;\u00e9loigner de son fils pour ne pas porter pr\u00e9judice \u00e0 la petite Duval qui doit se marier. Marguerite fait croire \u00e0 son amant qu&rsquo;elle l&rsquo;a d\u00e9laiss\u00e9 pour un autre, et la v\u00e9rit\u00e9 sera r\u00e9tablie sur son lit de mort, puisqu&rsquo;elle d\u00e9c\u00e8de de la tuberculose. Ce roman a \u00e9galement inspir\u00e9\u00a0<em>La Traviata <\/em>de Verdi.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons le voir \u00e0 la lecture\ndu r\u00e9sum\u00e9&nbsp;: si l&rsquo;intrigue semble simple en apparence, nous relevons\ntoutefois les multiples p\u00e9rip\u00e9ties qui jalonnent le spectacle. C&rsquo;est ce qui\nexplique, peut-\u00eatre, le seul reproche \u00e0 faire \u00e0 la repr\u00e9sentation. Sur les\ntrois actes, le premier f\u00fbt beaucoup trop jou\u00e9&nbsp;: les passages dans\u00e9s\n\u00e9taient trop souvent altern\u00e9s avec des jeux de sc\u00e8ne visant \u00e0 faire comprendre\naux spectateurs les enjeux du ballet. Certes, ces proc\u00e9d\u00e9s sont n\u00e9cessaires,\nmais les danses sont parfois \u00e9court\u00e9s pour laisser la place au jeu. N\u00e9anmoins,\nd\u00e8s le d\u00e9but du ballet, de magnifiques pas de deux ou adages sont pr\u00e9sent\u00e9s.\nLes port\u00e9s sont impressionnants et ne peuvent qu&rsquo;\u00e9merveiller en faisant oublier\nle petit regret de ne pas voir autant de danse qu&rsquo;on le voudrait.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l&rsquo;acte II, ce regret\ndispara\u00eet totalement. La lenteur de la mise en place de l&rsquo;intrigue fait\nd\u00e9sormais place \u00e0 divers tableaux de groupes, ou des nouveaux pas de deux, qui\nsont riches en danse. Les passages jou\u00e9s disparaissent presque totalement, pour\nlaisser les danseurs d\u00e9ployer toute leur technique et leur gr\u00e2ce. D\u00e8s lors, la\nmagie op\u00e8re&nbsp;: le spectateur ne peut que se plonger dans le ballet, et\nl&rsquo;acte III confirmera ce processus d&rsquo;enchantement.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;op\u00e9ra de Paris est tr\u00e8s souvent\nsynonyme de qualit\u00e9, et c&rsquo;est encore le cas ici. La technique des danseurs est\nparfaite, leurs mouvements sont fluides et naturels, et nous feraient presque\noublier les heures de travail. Les d\u00e9cors sont simples, voire parfois\ninexistant, pour laisser toute la place \u00e0 l&rsquo;art chor\u00e9graphique. Les costumes\nmagnifiques viennent compl\u00e9ter l&rsquo;ensemble, offrant de superbes tableaux qui\nnous plongent dans le Paris et la campagne du 19e si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la musique, elle n&rsquo;est\npas en reste. L&rsquo;orchestre ex\u00e9cute avec brio les compositions de Chopin. Le\npiano est presque omnipr\u00e9sent, et sert merveilleusement bien les divers\ntableaux qui se dansent sous les yeux des spectateurs. La justesse de la danse,\ndes \u00e9motions et des jeux de sc\u00e8ne permettent de souligner le caract\u00e8re tragique\net \u00e9mouvant du r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il para\u00eet donc difficile de ne\npas ressortir charm\u00e9 de cette repr\u00e9sentation. Tout est conjugu\u00e9 pour faire\npasser une parenth\u00e8se magique aux spectateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est toujours ardu de faire une critique, encore plus d&rsquo;un art comme la danse, qui ne se raconte pas mais se voit et se ressent. Peut-\u00eatre que l&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 trouver les mots justes pour rendre compte de mon exp\u00e9rience permet de traduire l&rsquo;enchantement procur\u00e9 par le spectacle&#8230; Cette parenth\u00e8se \u00e9merveille, et prouve encore que ce langage universel qu&rsquo;est la danse permet de transmettre tout un panel d&rsquo;\u00e9motion, sans jamais passer par la parole.<\/p>\n\n\n\n<p>Clarisse Benoit<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019op\u00e9ra Garnier donnait cet hiver la merveilleuse <em>Dame aux cam\u00e9lias<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 1987 par John Neumeier. Fond\u00e9 sur l\u2019\u0153uvre \u00e9ponyme de Dumas fils, ce ballet moderne a la particularit\u00e9 de reprendre exclusivement des pi\u00e8ces pour piano de Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin. Ballet classique, trame romantique, valses rythm\u00e9es et concerto poignant\u00a0: le ton est donn\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire met en sc\u00e8ne Marguerite Gautier (qu\u2019incarne merveilleusement la jeune danseuse \u00e9toile L\u00e9onore Baulac) belle courtisane que les dettes contraignent \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de celui \u00e0 qui elle a donn\u00e9 son c\u0153ur, Armand Duval, pour ne pas contrarier ses amants. C\u2019est donc un dilemme entre sa raison et son c\u0153ur qui la retient toute la pi\u00e8ce, jusqu\u2019\u00e0 son don total \u00e0 Armand et \u00e0 sa mort. Entre bals de cour, promenade bucolique et s\u00e9paration tragique, l\u2019atmosph\u00e8re romantique est omnipr\u00e9sente et trouve son \u00e9cho dans les pi\u00e8ces pour piano de Chopin, qui semblent avoir \u00e9t\u00e9 compos\u00e9es expr\u00e8s. La chor\u00e9graphie de Neumeier, m\u00e9lange de pas classiques et de mouvements plus modernes, se fait l\u2019\u00e9cho des d\u00e9chirements et des passions de Marguerite, entre danses de cour et entrelacements sensuels. Le corps se fait ici chant d\u2019amour et expression de l\u2019\u00e2me, comme s\u2019il disait ce que la parole n\u2019est pas autoris\u00e9e \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler. Mais c\u2019est de la mise en sc\u00e8ne globale que d\u00e9coule la beaut\u00e9 remarquable de cette version. Les costumes et d\u00e9cors de J\u00fcrgen Rose semblent tout droit sortis d\u2019un tableau impressionniste. Robes l\u00e9g\u00e8res blanches, costumes orientaux chatoyants, tenues de bals traditionnels ou crinolines de toutes les couleurs\u00a0: tout semble nous renvoyer \u00e0 des sc\u00e8nes sociales de Renoir ou de Manet. L\u2019arri\u00e8re fond romantique de l\u2019\u0153uvre originale a donc \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 et assum\u00e9 pleinement, laissant le public totalement \u00e9bloui par cette pi\u00e8ce o\u00f9\u00a0la danse, la musique et la mise-en-sc\u00e8ne picturale servent et transfigurent la passion et la beaut\u00e9 de cette histoire d\u2019amour tragique. <\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Rivi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photo: Svetlana Loboff<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Ce mardi 18 d\u00e9cembre, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier que je me suis rendue pour d\u00e9couvrir le grand classique de Neumeier, La dame aux cam\u00e9lias. Le ballet est une adaptation du roman d&rsquo;Alexandre Dumas fils. On y assiste \u00e0 l&rsquo;histoire d&rsquo;amour tragique d&rsquo;une courtisane renomm\u00e9e, Marguerite [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":12297,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,3],"tags":[],"class_list":["post-12295","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ballet","category-opera-national-de-paris"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12295\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}