{"id":12300,"date":"2018-12-11T14:51:48","date_gmt":"2018-12-11T13:51:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12300"},"modified":"2018-12-11T14:51:48","modified_gmt":"2018-12-11T13:51:48","slug":"je-me-suis-fait-prendre-par-lorage-mathilde-flament-mouflard-comedie-nation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12300","title":{"rendered":"Je me suis fait prendre par l&rsquo;orage \/ Mathilde Flament-Mouflard &#8211; Com\u00e9die Nation"},"content":{"rendered":"\n<p>Jeudi 11 d\u00e9cembre\n2018, \u00e0 19h, nous avons \u00e9t\u00e9 accueillis dans la petite salle chaleureuse du\nTh\u00e9\u00e2tre Com\u00e9die Nation pour voir la pi\u00e8ce <em>Je\nme suis fait prendre par l\u2019orage<\/em>. Apr\u00e8s nous avoir pr\u00e9sent\u00e9 le programme du\nmois \u00e0 venir, la directrice du th\u00e9\u00e2tre, Pascaline Garnot, nous a invit\u00e9s \u00e0\nsuivre les acteurs dans un voyage entre illusion et r\u00e9alit\u00e9. <br>\n<br>\n<em>Je me suis fait prendre par l\u2019orage<\/em>\nest la premi\u00e8re cr\u00e9ation de Mathilde Flament-Mouflard en tant qu\u2019autrice et\nmetteuse en sc\u00e8ne et ce d\u00e9but se veut prometteur&nbsp;! Durant soixante-cinq\nminutes, Mathilde nous fait d\u00e9couvrir Claire&nbsp;; sa solitude, son r\u00eave\nd\u2019amour, ses parts d\u2019ombre. Claire n\u2019arrivait plus \u00e0 penser, n\u2019arrivait plus \u00e0\nbouger. Claire ne pouvait faire face au vide alors Claire est sortie. Elle est\nsortie et s\u2019est fait prendre par l\u2019orage. On la retrouve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une bo\u00eete \u00e0\nlivres. Elle nous lit quelques extraits, chante du Barbara. Au d\u00e9tour d\u2019une\npage, elle rencontre le Protagoniste. L\u00e0 arrive les premi\u00e8res\ninterrogations&nbsp;: est-il r\u00e9el&nbsp;? Est-il seulement le fruit de son\nimagination&nbsp;? Un compagnon imaginaire, une sorte de conscience, de Jiminy\nCricket qui l\u2019am\u00e8nerait \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur elle-m\u00eame, sur son rapport \u00e0 la vie, \u00e0\nla libert\u00e9, \u00e0 l\u2019amour&nbsp;? Cette barri\u00e8re entre illusion et r\u00e9alit\u00e9 est\nfloue. Le Protagoniste ne cesse de nous faire douter. Le texte est simple mais\npo\u00e9tique, touchant et beau. A ce dernier se m\u00ealent quelques extraits d\u2019autres\n\u0153uvres litt\u00e9raires&nbsp;: <em>Cyrano de\nBergerac, Ivanov, Fantasio, Petit Pays, Les Pas Perdus<\/em>. Ici encore, la\nfronti\u00e8re est mince, les diff\u00e9rents textes se fondent et ne font qu\u2019un. Ils\nsont en effet si bien articul\u00e9s qu\u2019on ne se rend pas toujours compte du\nchangement. <br>\nLes interactions entre Claire et le Protagoniste sont interrompues par des\nchor\u00e9graphies de L\u00e9a Georges (chor\u00e9graphe et interpr\u00e8te) sur des musiques de\nVivaldi, de Ga\u00ebl Faye ou de Grand Corps Malade. L\u00e9a danse avec passion,\nentrainant parfois avec elle les acteurs ou bien Mathilde. <\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pass\u00e9 un moment\ntr\u00e8s agr\u00e9able dans cette petite salle du Th\u00e9\u00e2tre Com\u00e9die Nation, n\u00e9anmoins,\ncertaines petites choses seraient \u00e0 r\u00e9ajuster (ce qui est normal pour une\npremi\u00e8re fois me direz-vous). Je pense qu\u2019il faudrait r\u00e9\u00e9quilibrer la dynamique\nentre les acteurs. Le personnage du Protagoniste est tr\u00e8s expansif et\ninterpr\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s justement par Yoann Rollo. Cependant, le jeu de Claire Isirdi,\nbien que tr\u00e8s bon reste un peu en dessous de la performance de Yoann, elle\nn\u2019exploite pas tout son potentiel, ce qui est un peu dommage (on retiendra\ncependant son interpr\u00e9tation tr\u00e8s juste de Barbara). La mise en sc\u00e8ne serait\n\u00e9galement \u00e0 revoir en ce qui concerne les chor\u00e9graphies. Elles arrivent parfois\nun peu abruptement, on ne comprend pas toujours le lien entre les diff\u00e9rents\ntableaux et la pi\u00e8ce. Ce sont de beaux moments que j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 mais qui sont\nrest\u00e9s assez flous et que j\u2019aurais aim\u00e9 comprendre davantage. Une petite\nvariation dans la musique serait \u00e9galement int\u00e9ressante, les chansons choisies\nrestent globalement dans le m\u00eame registre, j\u2019aurais aim\u00e9 avoir un peu plus de\nvari\u00e9t\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces quelques\npetits points, je recommanderai sans aucun doute cette pi\u00e8ce \u00e0 ceux voulant\neffectuer un voyage po\u00e9tique et couper pendant une heure de leur routine\nparisienne. Je ne sais toujours pas si cette histoire est vraie et si le Protagoniste\nexiste, peut-\u00eatre devrais-je attendre de me faire moi-m\u00eame prendre par un orage\npour le d\u00e9couvrir\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Louise Fischer <\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 voir <em>Je me suis fait\nprendre par l&rsquo;orage<\/em>, une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e9crite par Mathilde\nFlament-Mouflard et jou\u00e9e dans la petite salle de Com\u00e9die Nation. L\u00e0, des\nchaises pliantes sont align\u00e9es devant une sc\u00e8ne obscure, sur laquelle se\ntiennent immobiles un banc de bois et un cube transparent contenant quelques\nlivres. Je m&rsquo;installe au premier rang, les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent.<br>\n<br>\nDans la p\u00e9nombre, les yeux pliss\u00e9s, on aper\u00e7oit une jeune femme qui se met \u00e0\ndanser. Au bout d&rsquo;un certain temps, la voix de la metteuse en sc\u00e8ne interrompt\nle mouvement : il y a un probl\u00e8me technique, on va reprendre du d\u00e9but. Mise en\nab\u00eeme, jeu sur le genre ? Du tout, le spectacle reprend effectivement.<br>\n<br>\nS&rsquo;ensuivent quelques pas d&rsquo;une danse arabesque qu&rsquo;interpr\u00e8te la talentueuse L\u00e9a\nGeorges, puis la pr\u00e9sentation, tour \u00e0 tour, des deux personnages de la pi\u00e8ce.\nL&rsquo;une solitaire qui cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une compagnie amoureuse, Claire\nIsirdi, l&rsquo;autre excentrique qui pr\u00f4ne sa libert\u00e9 d&rsquo;individu et m\u00e9prise ceux qui\nparlent d&rsquo;amour, Yoann Rollo. Des caricatures grotesques, qu&rsquo;on observe d\u00e9battre\ncomme on pourrait d\u00e9battre dans un caf\u00e9, enfilant les lieux communs comme des\nperles sur un fil.<br>\n<br>\nEn toile de fond, dans le r\u00f4le de la didascalie, Yoann Rollo monologue sur ce\nque doit le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ; nous servant une histoire \u00ab\u00a0parce que\nvous \u00eates venus pour \u00e7a\u00a0\u00bb, avec un d\u00e9dain qui m\u00e8ne \u00e0 penser que, puisqu&rsquo;on\nest \u00ab\u00a0venus pour \u00e7a\u00a0\u00bb, on ne m\u00e9rite pas mieux que d&rsquo;observer une\nconversation insignifiante entre deux inconnus qui se plaisent et parleraient\nbien du temps qu&rsquo;il fait pourvu que l&rsquo;autre pr\u00eate attention. <br>\n<br>\nLa qualit\u00e9 du spectacle, de la mise en sc\u00e8ne, les quelques accidents de langue\net l&rsquo;\u00e2ge des com\u00e9diens font tr\u00e8s rapidement penser \u00e0 un spectacle de fin\nd&rsquo;ann\u00e9e organis\u00e9 par des coll\u00e9giens (auquel on assiste \u00e0 contrecoeur, par\nempathie) plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9tait imagin\u00e9 : un ballet contemporain, o\u00f9\naurait r\u00e9sonn\u00e9 plusieurs voix hors-sc\u00e8ne, rythmant le pas des danseurs avec les\nphrases d&rsquo;auteurs c\u00e9l\u00e8bres, danseurs qui auraient illustr\u00e9 ces citations par\nquelques ronds de jambe. <br>\n<br>\nL\u00e0, les auteurs sont \u00e0 peine distinguables pour qui ne conna\u00eet pas les \u0153uvres\nsur le bout des doigts, et la danse n&rsquo;occupe qu&rsquo;une partie infime de la pi\u00e8ce.\nOn sort d\u00e9\u00e7u d&rsquo;\u00eatre venu, d\u00e9\u00e7u d&rsquo;avoir remarqu\u00e9 le talent si mal exploit\u00e9 de la\nchor\u00e9graphe et des deux com\u00e9diens, et d\u00e9\u00e7u, finalement, d&rsquo;avoir \u00e0 \u00e9crire une\ncritique.<\/p>\n\n\n\n<p>Valentine Lesser<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le petit th\u00e9\u00e2tre du Com\u00e9die\nNation, je suis re\u00e7u chaleureusement, comme par des amis dans cette salle qui\nse veut proche de ses spectateurs pour le message qu\u2019elle veut lui transmettre\n: C\u2019est la compagnie \u00ab&nbsp;Le fil de la Plume&nbsp;\u00bb qui va ce soir \u00eatre\nl\u2019ambassadrice du partage, de la cr\u00e9ation et de la libert\u00e9 de penser.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Mathilde\nFlament d\u00e9bute dans le noir avec une voix qui nous pr\u00e9sente le grand myst\u00e8re du\nth\u00e9\u00e2tre, \u00ab Contentons-nous de nous dire que le th\u00e9\u00e2tre, comme la vie, est un\nsonge, sans trop se soucier du mensonge. \u00bb La citation de Jean-Louis Barrault\nnous introduit \u00e0 la vieille question du <em>Theatrum mundi<\/em> de Calderon. La\nlumi\u00e8re se fait alors pour voir appara\u00eetre une danseuse (L\u00e9a Georges) s\u2019\u00e9levant\net se couchant subrepticement, \u00e9pousant la musique qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve alors. Les\nmorceaux de musique \u00e0 paroles, de Ga\u00ebl Faye \u00e0 Grand Corps Malade, sont la\nmati\u00e8re sur laquelle se d\u00e9ploie la danseuse, se voulant m\u00e9taphore des \u00e9motions\ndes protagonistes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor de cette pi\u00e8ce\nestudiantine est simple : un banc et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ruche \u00e0 livre, tout cela\ns\u2019accordant avec la simplicit\u00e9 de la salle. Le seul accessoire, c\u2019est un\nparapluie \u2026 pour l\u2019orage bien s\u00fbr qui est la trame discr\u00e8te de cette\npi\u00e8ce.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un l\u00e9ger probl\u00e8me technique\nqui plut\u00f4t que d\u2019agacer nous fait entrer dans une ambiance familiale. Pourtant\nla pi\u00e8ce a du mal \u00e0 se lancer, on sent les personnages h\u00e9sitant, n\u2019arrivant pas\n\u00e0 nous faire croire \u00e0 leur r\u00e9alit\u00e9 ou leur illusion\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais apr\u00e8s des monologues altern\u00e9s,\nClaire Isirdi et Yoan Rollo engagent une discussion o\u00f9 l\u2019un postichant la sc\u00e8ne\ndu nez de Cyrano, incarne l\u2019id\u00e9al, l\u2019ind\u00e9pendance virile, l\u2019originalit\u00e9 et le\npanache tandis que l\u2019autre se pr\u00e9sente comme son contraire ; l\u2019attachement\naimant \u00e0 l\u2019autre, la tendresse qui s\u2019accommode de l\u2019ordinaire comme de\nl\u2019aventure pour suivre celui qu\u2019elle aime. Ces deux-l\u00e0 d\u00e9battent le temps d\u2019une\napr\u00e8s-midi du sens de la vie, l\u2019une banale, commune et simple l\u2019autre exalt\u00e9,\nforte mais solitaire. Et puis, tout prend son sens avec la mort qui n\u2019a pas de\nsens et qui donne cette intensit\u00e9 \u00e0 toute chose que nous vivons. Ainsi, ces\nquestions existentielles qui sont la trame de nos passages dans ce monde sont\nrepr\u00e9sent\u00e9es devant nous comme un miroir, th\u00e9\u00e2tre de notre propre vie. Les\ncom\u00e9diens nous fixant des yeux nous rappellent bien que c\u2019est de nous qu\u2019il\ns\u2019agit et tissent alors, plus fort que jamais, le lien entre acteur et\nspectateur, brisant le quatri\u00e8me mur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, on ressort l\u00e9ger et profond \u00e0 la fois, plein de cette intensit\u00e9 qui nous a fait vibrer un instant et qui demeurera, on l\u2019esp\u00e8re, log\u00e9e dans notre m\u00e9moire pour ces moments o\u00f9 le tragique de la vie affleurera de nouveau.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Raphael Cros<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photo: Elisa Galliez<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Jeudi 11 d\u00e9cembre 2018, \u00e0 19h, nous avons \u00e9t\u00e9 accueillis dans la petite salle chaleureuse du Th\u00e9\u00e2tre Com\u00e9die Nation pour voir la pi\u00e8ce Je me suis fait prendre par l\u2019orage. 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