{"id":12309,"date":"2018-12-13T18:12:14","date_gmt":"2018-12-13T17:12:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12309"},"modified":"2018-12-13T18:12:14","modified_gmt":"2018-12-13T17:12:14","slug":"simon-boccanegra-giuseppe-verdi-opera-bastille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12309","title":{"rendered":"Simon Boccanegra \/  Giuseppe Verdi  &#8211; Op\u00e9ra Bastille"},"content":{"rendered":"\n<p>Simon Boccanegra retrace le parcours de son personnage \u00e9ponyme, son ascension politique, les retrouvailles avec sa fille disparue, les soul\u00e8vements dont il est le t\u00e9moin, la cible, et pour finir la victime. L\u2019histoire de ce corsaire devenu un doge de G\u00eanes dresse un portrait noir d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 et de sa politique condamnant ceux qui tentent de l\u2019apaiser. Le tragique de cette destin\u00e9e est tout d\u2019abord rendu par un des \u00e9l\u00e9ments les plus frappants de la mise en sc\u00e8ne : son d\u00e9cor, compos\u00e9 d\u2019un immense bateau au style \u00e9pur\u00e9, qui rythme, par ses rotations, les d\u00e9placements des personnages et l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019intrigue. A la fois sc\u00e8ne sur la sc\u00e8ne o\u00f9 les protagonistes \u00e9voluent sur trois niveaux, se croisant, se cachant les uns des autres, et \u00e9cran de projection, le bateau de Simon Boccanegra devient un personnage \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019op\u00e9ra. Cette dimension est accentu\u00e9e par les projections, notamment celle de Maria, dont le visage et les bras tendus s\u2019inscrivent dans la forme du navire, en faisant une construction hybride, anthropomorphique. Les yeux de Simon, projet\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises au sommet du bateau, dominant toute la sc\u00e8ne, rappellent \u00e9galement le regard de Dieu v\u00e9tuste du panneau d\u2019opticien pour un certain Dr. T. J. Eckleburg de Gatsby le magnifique, t\u00e9moin impuissant des agitations humaines. Le bateau a aussi pour fonction de moduler l\u2019espace, poussant \u00e0 un jeu \u00e0 l\u2019extr\u00eame avant-sc\u00e8ne quand il est de profil, soulignant les tensions (une foule mass\u00e9e autour de Simon lors des r\u00e9voltes, bloquant tout horizon en une ligne dure en bord de sc\u00e8ne). Quand il se pr\u00e9sente au contraire de face, il creuse le plateau, sa moiti\u00e9 droite soudain vide paraissant \u00e9tirer encore les entr\u00e9es et sorties au ralenti des protagonistes et donnant un caract\u00e8re chiricien par cette perspective accentu\u00e9e, o\u00f9 de fragiles silhouettes c\u00f4toient une architecture massive. Cette interpr\u00e9tation de l\u2019op\u00e9ra de Verdi se place en effet sous le signe d\u2019un certain vide existentiel. Aux envol\u00e9es lyriques sublimes de la partition r\u00e9pondent une esth\u00e9tique dure et froide (l\u2019asc\u00e8se d\u2019une sc\u00e8ne vide en dehors d\u2019un bateau d\u00e9charn\u00e9, les jeux de n\u00e9ons aveuglants \u00e0 la limite de l\u2019inconfort, le refus de la couleur en dehors des tenues de certains personnages), et une omnipr\u00e9sence de la mort. Le personnage de Maria, l\u2019amante morte de Simon, est apport\u00e9 sur sc\u00e8ne par son p\u00e8re en une mise en sc\u00e8ne morbide et saisissante : train\u00e9e dans une b\u00e2che, le corps encore agit\u00e9 de soubresauts, puis tendu vers Fiesco comme en un muet appel \u00e0 l\u2019aide. Le personnage, d\u00e9pourvu de r\u00f4le dans la partition, hante tout le reste de l\u2019op\u00e9ra, se m\u00ealant \u00e0 la foule ou \u00e9voluant sur le bateau en observant l\u2019intrigue en surplomb. L\u2019ouverture de la deuxi\u00e8me partie lui consacre m\u00eame une sc\u00e8ne o\u00f9 elle traverse la sc\u00e8ne d\u00e9serte, sans autre bruit que le grincement du bateau tournant avec elle. C\u2019est que le silence a une place de choix dans Simon Boccanegra. L\u2019ouverture saisissante de l\u2019op\u00e9ra avec ce navire tournant occupant tout l\u2019espace et Simon allant se coucher \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne sans bruit, donne le ton. Ce silence soulignera les pleurs de Simon apr\u00e8s les vivats sonores de la foule l\u2019ayant nomm\u00e9 doge, ou ses pas descendant de l\u2019escalier du bateau ; le bruit s\u2019ajoute \u00e0 la partition, ajoutant \u00e0 un op\u00e9ra grandiose, tout comme l\u2019utilisation dans les projections d\u2019images en captation directe, un caract\u00e8re instantan\u00e9, sensible, vivant. <\/p>\n\n\n\n<p>Marie Clavreul  <\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019op\u00e9ra Bastille vient d\u2019accueillir le grand drame politico-romantique de Verdi, Simon Boccanegra. L\u2019intrigue se passe \u00e0 G\u00eane, on assiste \u00e0 un climat tendu entre tensions sociales qui s\u2019expriment de plus en plus avec des r\u00e9voltes qui \u00e9clatent et des\u00a0jeux de pouvoirs. \u00c0 cela vient s\u2019ajouter une histoire romantique ficel\u00e9e de main de ma\u00eetre dans laquelle l\u2019intime se conjugue au politique. Musicalement, c\u2019est on ne peut plus r\u00e9ussi. La musique de Verdi est magnifique, et excellemment interpr\u00e9t\u00e9e par l\u2019Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Paris, le choeur compl\u00e8te cet ensemble \u00e0 merveille et rend tr\u00e8s bien compte du climat de tension sociale de l\u2019Italie des communes au XIV\u00e8me si\u00e8cle. C\u00f4t\u00e9 solistes, tous sont \u00e0 leur place, agr\u00e9ables \u00e0 l\u2019oreille, mais l\u2019un d\u2019eux sort du lot, c\u2019est Ludovic T\u00e9zier, baryton, LA r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019Op\u00e9ra fran\u00e7ais de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, qui interpr\u00e8te parfaitement le r\u00f4le-titre de Simon, tant par sa voix aux nuances travaill\u00e9es que par son jeu d\u2019acteur parfait. Pas \u00e9vident avec un direction d\u2019acteurs si\u2026 contestable. Les choix du metteur en sc\u00e8ne, Clixto Bleito, sont en effet tr\u00e8s contestables. Une direction d\u2019acteurs qui laisse \u00e0 d\u00e9sirer, les solistes n\u2019ayant en effet que peu de marge de manoeuvre pour exprimer leur jeu, quasiment aucun mouvement, aucune tension dramatique n\u2019est sent. C\u00f4t\u00e9 d\u00e9cors, quasiment rien, si ce n\u2019est un gigantesque squelette de navire mouvant pseudo-moderne avec, en fond, des photos-vid\u00e9os des personnages principaux, cens\u00e9s montrer la dramatisation de l\u2019intrigue et le rapport avec l\u2019intimit\u00e9? Ce n\u2019est pas vraiment convaincant. Le parti a \u00e9t\u00e9 pris de tout mettre \u00e0 la \u201csauce contemporaine\u201d, costumes comme d\u00e9cor, laissant place aux jeux de lumi\u00e8res de toutes les couleurs, n\u2019ayant pas r\u00e9ellement sa place dans un op\u00e9ra cens\u00e9 repr\u00e9senter la tension sociale et politique de l\u2019Italie du XIV\u00e8me si\u00e8cle. En somme, cette repr\u00e9sentation parisienne de l\u2019op\u00e9ra de Verdi est une r\u00e9ussite sur le plan musical, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Paris et les solistes, mais est une d\u00e9ception du point de vue de la sc\u00e9nographie et de la direction d\u2019acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Raymi Bouquet<\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>\u0152uvre aux tourments tant politiques qu\u2019amoureux et familiaux o\u00f9 convergent les luttes pour \u00ab l\u2019or, les honneurs et l\u2019amour \u00bb pour reprendre les mots du texte, Simon Boccanegra, op\u00e9ra en trois actes compos\u00e9 par Giuseppe Verdi en 1857, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 du 12 novembre au 13 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Bastille. On en ressort avec un sentiment en demi-teinte, partag\u00e9s entre la qualit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation musicale et la pauvret\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne. La dimension musicale de l\u2019\u0153uvre est effectivement parfaitement ex\u00e9cut\u00e9e. La technique sert ici l\u2019\u00e9motion. Le chef d\u2019orchestre, Fabio Luisi, m\u00e8ne les musiciens sans fausse note sur les airs rafraichissants et lumineux de Verdi. Les ch\u0153urs, encadr\u00e9s par Jos\u00e9 Luis Basso, sont \u00e9galement magnifiques. Du baryton Ludovic T\u00e9zier, dans le r\u00f4le de Simon Boccanegra, au basse Mika Kares (Jacopo Fiesco), en passant par la soprano Maria Agresta (Amelia Grimaldi), le baryton Nicola Alaimo (Paolo Albiani) et le t\u00e9nor Francesco Demuro (Gabriele Adorno), les prestations des chanteurs sont \u00e9poustouflantes. Leur performance th\u00e9\u00e2trale, en revanche, l\u2019est moins, mais ce n\u2019est pas de leur fait. De fait, la mise en sc\u00e8ne de Calixto Bieito ne convainc pas. Les d\u00e9cors de Susanne Gschwender se limitent \u00e0 la carcasse mobile d\u2019un vaisseau sur laquelle les artistes ne se trouvent que peu, et, en arri\u00e8re-plan, la projection des visages des protagonistes. Ce dernier \u00e9l\u00e9ment a toutefois le m\u00e9rite de souligner la psychologie des personnages. D\u2019autres choix du metteur en sc\u00e8ne s\u2019expliquent difficilement, \u00e0 commencer par les costumes, cr\u00e9\u00e9s par Ingo Kr\u00fcgler. Habits de tous les jours mais de mauvais go\u00fbt, ils sont loin de ce que l\u2019on peut trouver \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Les chanteurs sont affubl\u00e9s de costumes, souvent trois pi\u00e8ces, et les chanteuses de tailleurs ou robes et jupes au style douteux. Tissus \u00e0 carreaux, couleurs improbables \u2013 vert bouteille et gazon se c\u00f4toient aux c\u00f4t\u00e9s de jupes roses, de smoking gris ou encore de long manteaux camels ou havanes \u2013, l\u2019ensemble est finalement assez terne et ne rend pas justice \u00e0 la th\u00e9matique de l\u2019espoir que porte l\u2019\u0153uvre. Enfin, Calixto Bieito fait le choix int\u00e9ressant de donner un visage \u00e0 Maria en lui donnant vie par la pr\u00e9sence d\u2019un personnage muet sur sc\u00e8ne. Malheureusement, il va jusqu\u2019\u00e0 lui donner un corps bien trop marqu\u00e9 puisque la figurante appara\u00eet seins nus un long moment. De m\u00eame, il n\u2019\u00e9tait sans doute pas utile de faire se d\u00e9nuder Amelia lors de sa tirade. Si la nudit\u00e9 peut s\u2019inscrire dans une d\u00e9marche logique, en l\u2019occurrence, on a du mal \u00e0 saisir la pertinence de ce choix. Malgr\u00e9 une mise en sc\u00e8ne d\u00e9cevante, le public semble retenir les performances des diff\u00e9rents artistes, musiciens comme chanteurs, puisqu\u2019il les porte aux nues. En effet, l\u2019admirable prestation des chanteurs, tout particuli\u00e8rement celle de Ludovic T\u00e9zier, dont la voix puissante fait r\u00e9sonner toute la profondeur du personnage, et des musiciens est salu\u00e9e par le public \u00e0 de nombreuses reprises. Force est de reconna\u00eetre que faire chanter soixante ou soixante-dix personnes de concert n\u2019est pas t\u00e2che ais\u00e9e. La performance des artistes, quels qu\u2019ils soient, est ainsi acclam\u00e9e tant au cours du spectacle, quitte \u00e0 ce qu&rsquo;il soit interrompu, qu\u2019\u00e0 la fin. La d\u00e9cevante mise en sc\u00e8ne est ainsi rattrap\u00e9e par l\u2019extraordinaire production musicale de l\u2019orchestre et des chanteurs. C\u2019est bien l\u00e0 la magie de l\u2019op\u00e9ra : \u00e0 associer jeu th\u00e9\u00e2tral et art musical, le genre permet d\u2019en faire oublier l\u2019un des aspects pour peu que l\u2019autre soit ma\u00eetris\u00e9 \u00e0 la perfection. <\/p>\n\n\n\n<p>Aurore Denimal <\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Simon Boccanegra est un op\u00e9ra de Giuseppe Verdi en trois actes qui raconte l\u2019histoire du personnage \u00e9ponyme, devenu doge de G\u00eanes. L\u2019enjeu politique dans cette oeuvre est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans l\u2019intrigue, il s\u2019agit de l\u2019opposition entre les patriciens et les pl\u00e9b\u00e9iens, les hommes cherchant \u00e0 avoir le pouvoir par tout les moyens. Parall\u00e8lement, on y voit les retrouvailles de Simon Boccanegra avec sa fille disparue, Amelia Grimaldi, amoureuse de l\u2019ennemi de son p\u00e8re.. Le rideau s\u2019ouvre, la musique d\u00e9marre et l\u2019Op\u00e9ra d\u00e9marre<em> in medias res<\/em>, le temps y est l\u00e9g\u00e8rement disproportionn\u00e9, son but \u00e9tant d\u2019\u00e9mouvoir. Une majorit\u00e9 de voix masculines sont pr\u00e9sentes sur sc\u00e8ne et accentuent cet effet de gravit\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement effrayant , dans une atmosph\u00e8re glauque. Le spectateur y retrouve \u00e9galement une ambiance lugubre, avec Maria (morte au d\u00e9but) qui erre d\u00e9v\u00eatue sur toute la sc\u00e8ne, optimisant tous les espaces. Tous les personnages se d\u00e9placent tr\u00e8s lentement, font des mouvements et gestes lents. Certains personnages sont immobiles durant tout l\u2019opera et se d\u00e9placent lentement de temps en temps. On ne les remarque pas tout le temps. Les panneaux affichant les sous-titres sont pr\u00e9sent un peu partout dans la salle et nous permettent de suivre le fil de l\u2019histoire. Parall\u00e8lement, les spectateurs, tr\u00e8s silencieux, tentent de suivre avec grande attention tout ce qu\u2019il se passe sur sc\u00e8ne; le d\u00e9cors et les costumes sont modernes, un grand navire m\u00e9tallique pr\u00f4ne sur la sc\u00e8ne et se d\u00e9place, cr\u00e9ant diff\u00e9rents points de vus et d\u00e9cors. Il y a une tr\u00e8s bonne utilisation de l\u2019espace, il se passe plusieurs choses en m\u00eame temps, les \u00e9clairages aident \u00e0 la projection, des cameras sont install\u00e9es dans diff\u00e9rents coins de la sc\u00e8ne. Cette trag\u00e9die nous promet alors, tout le long de l\u2019\u0153uvre, des sc\u00e8nes tant bien bouleversantes qu\u2019impressionnantes, qui captent parfaitement le public qui ne sait m\u00eame plus \u00e0 quel moment il doit applaudir.  <\/p>\n\n\n\n<p>Adelaide Fourcade<\/p>\n\n\n\n<p>_____________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p> Simon Boccanegra est une lutte contre le sommeil sur fond de lutte des classes o\u00f9 tout avance avec peine, et les chanteurs et l\u2019intrigue familiale des plus houleuses. \u00c0 vrai dire, on n\u2019y comprend pas grand-chose. Des corps spectraux jusqu\u2019alors perdus semblent se retrouver \u00e0 grands coups de vocalisations plaintives : <em>Simone ! Simone ! Maria ! Maria ! <\/em>Le probl\u00e8me, c\u2019est qu\u2019on ne voit jamais des personnages un tant soit peu attachants ni, d\u2019ailleurs, vivants. L\u2019impression qui s\u2019en d\u00e9gage alors serait davantage \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019honn\u00eate ex\u00e9cution : ils sont l\u00e0, ils \u00ab font le job \u00bb, ils s\u2019en vont. Face \u00e0 cela, le spectateur ne sait quoi penser, h\u00e9site un temps \u00e0 donner libre cours \u00e0 son esprit critique, par crainte d\u2019avoir manqu\u00e9 ne serait-ce qu\u2019une subtilit\u00e9, par peur de voir s\u2019assembler les pi\u00e8ces d\u2019un puzzle formol\u00e9, au terme duquel surgirait la fresque verdienne dans toute sa vigueur. Les lumi\u00e8res se rallument. Rien. On ne vibre gu\u00e8re aux enjeux \u00e9nonc\u00e9s ; on assiste, impuissant, \u00e0 la r\u00e9citation scolaire de fin d\u2019ann\u00e9e. Simon Boccanegra baigne dans une soupe <em>arty <\/em>qui ne fait jamais sens en d\u00e9pit de la virtuosit\u00e9 technique du d\u00e9cor : superbe carcasse de bateau qui pivote sur elle-m\u00eame et devient le r\u00e9ceptacle d\u2019un regard projet\u00e9. Beau, oui ! Intrigant, oui ! Mais l\u2019effet n\u2019est que poudre aux yeux. L\u2019installation, qui\u00a0m\u00e9riterait de si\u00e9ger au Centre Pompidou, alourdit la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra Bastille, d\u00e9stabilise hommes et femmes qui ne savent comment le contourner ou le gravir, qui errent de \u00e7\u00e0 de l\u00e0 dans l\u2019espoir de tuer le temps. Les matelots d\u00e9moniaques que r\u00e9unissait John Carpenter dans Fog auraient peut-\u00eatre pu les guider\u2026 Rarement la foule n&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 si immobile, foule dont les membres, agglutin\u00e9s dans une masse informe, braillent la r\u00e9volution.  Simon Boccanegra pr\u00e9tendait d\u00e9construire, heurter, r\u00e9volter. D\u00e9poussi\u00e9rer Verdi. Il ne fait que lasser par la vulgarit\u00e9 de sa d\u00e9marche. Les n\u00e9ons sont jolis, une figurante fait tomber le haut, on est confortablement assis. Voil\u00e0 le programme. <\/p>\n\n\n\n<p>Mathieu Condette <\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographe : Agathe Poupeney<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Simon Boccanegra retrace le parcours de son personnage \u00e9ponyme, son ascension politique, les retrouvailles avec sa fille disparue, les soul\u00e8vements dont il est le t\u00e9moin, la cible, et pour finir la victime. 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