{"id":12343,"date":"2018-12-21T17:50:13","date_gmt":"2018-12-21T16:50:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12343"},"modified":"2018-12-21T17:50:13","modified_gmt":"2018-12-21T16:50:13","slug":"jai-des-doutes-raymond-devos-francois-morel-theatre-du-rond-point","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12343","title":{"rendered":"J\u2019ai des doutes \/ Raymond Devos  &#8211; Fran\u00e7ois Morel \/ Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans la grande salle Renaud-Barrault du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, le spectacle-hommage de et avec Fran\u00e7ois Morel d\u00e9bute dans l\u2019obscurit\u00e9. On se laisse ainsi entra\u00eener pendant plus d\u2019une heure trente dans un encha\u00eenement de num\u00e9ros fabuleux, po\u00e9tiques, o\u00f9 les jeux de mots fusent \u00e0 un rythme effr\u00e9n\u00e9. L\u2019humoriste fran\u00e7ais, notamment chroniqueur \u00e0 France inter, r\u00e9ussit son pari de transmettre son admiration pour son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Raymond Devos. Les applaudissements vont bon train, consacrant chaque fin de num\u00e9ro de leur g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<p>Tout comme Devos, Fran\u00e7ois Morel laisse une place de choix \u00e0 la musique. Accompagn\u00e9 de Romain Lemire, en alternance avec Antoine Sahler, il livre une performance incroyable qui permet une immersion totale dans cet univers qu\u2019il veut faire d\u00e9couvrir. Le public rit d\u00e9licieusement de cet humour absurde, parfois remis au go\u00fbt du jour. Les th\u00e8mes abord\u00e9s sont ceux d\u2019un quotidien ent\u00eatant o\u00f9 l\u2019on ne fait plus attention \u00e0 la signification des mots. On devrait, pourtant. L\u2019humoriste incite ainsi son spectateur \u00e0 se remettre en question, tout en passant un excellent moment.<\/p>\n\n\n\n<p>  Le lien de Fran\u00e7ois Morel avec son public appara\u00eet comme un \u00e9l\u00e9ment primordial, prouv\u00e9 au moment du rappel o\u00f9 tous les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 entonner en c\u0153ur l\u2019hymne du spectacle \u00ab Je hais les haies \u00bb en version karaok\u00e9. On ressort l\u00e9ger et heureux, les soucis sont mis de c\u00f4t\u00e9. La magie de Devos, transmise avec enthousiasme et \u00e9motion, a op\u00e9r\u00e9 ; et on en redemande.  <\/p>\n\n\n\n<p>Charlotte Geoffray <\/p>\n\n\n\n<p>________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p> Ce vendredi des vacances, la journ\u00e9e est charg\u00e9e et le spectacle a lieu \u00e0 18h30. Il faudra faire vite pour traverser Paris et s&rsquo;installer dans la confortable salle du Rond Point. On imagine que les spectateurs, plut\u00f4t \u00e2g\u00e9s \u00e0 cette heure-ci, connaissent bien Raymond Devos et viennent probablement pour r\u00e9entendre des sketchs cultes. Peut-\u00eatre qu&rsquo;ils connaissent bien les deux artistes et qu&rsquo;ils viennent d\u00e9couvrir ce formidable \u00ab\u00a0duo\u00a0\u00bb. Ou peut-\u00eatre que comme moi, ils viennent davantage \u00e9couter Fran\u00e7ois Morel. Peu importe. Les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent et la magie op\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut pas longtemps pour que les mots et la musique inondent la grande salle. Les rires fusent et le spectacle fonctionne \u00e0 merveille. Pour qui n&rsquo;est pas connaisseur de Raymond Devos, on comprend vite que les sketchs choisis sont cultes&#8230; et plus que jamais d&rsquo;actualit\u00e9 !  <\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Morel est accompagn\u00e9 d&rsquo;Antoine Sahler (en alternance avec Romain Lemire), leur complicit\u00e9 donne un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me. Tous les deux rendent un parfait hommage \u00e0 Devos. C&rsquo;est finalement un trio que nous aurons la chance d&rsquo;\u00e9couter sur sc\u00e8ne. Morel r\u00e9invente Devos et c&rsquo;est un r\u00e9gal ! <\/p>\n\n\n\n<p>Flavie Druon <\/p>\n\n\n\n<p>_________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p> Un monstre sacr\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre revient de son repos \u00e9ternel pour se r\u00e9incarner sur sc\u00e8ne, \u00f4tez-moi d\u2019un doute : Devos est-il revenu ce soir-l\u00e0 sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point ? Oui, cela nous est annonc\u00e9 par un Fran\u00e7ois Morel spectral au d\u00e9but du spectacle.  <\/p>\n\n\n\n<p>Textes, mise en sc\u00e8ne, jeu des com\u00e9diens, tout cela est la griffe \u00ab Devos \u00bb. Ce n\u2019est pas une marque mais un h\u00e9ritage que tout comique porte en lui. Il ne s\u2019agit pas ici de copier le Ma\u00eetre, mais de s\u2019en inspirer pleinement afin de lui donner un nouveau souffle. Fran\u00e7ois Morel incarne ce nouveau souffle, on sent qu\u2019il joue du Devos, on ne voit pas une simple reprise mais une oeuvre originale. En effet, on entend du Devos mais on voit jouer Fran\u00e7ois Morel et son complice, ils jonglent malicieusement avec les textes et les situations sc\u00e9niques, le tout accentu\u00e9 par des notes de musique.  <\/p>\n\n\n\n<p>Ce spectacle est aussi musical, o\u00f9 le piano n\u2019est pas un accessoire mais un personnage. Le texte en lui-m\u00eame est musical, po\u00e9tique avec cette puissance dans le rythme et dans les mots. Les jeux de mots et le c\u00f4t\u00e9 absurde des textes sont l\u2019essence m\u00eame de ce spectacle, ces mots nous font rire, font des situations cocasses mais nous donnent \u00e9galement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. \u00c0 l\u2019image cette chanson \u00ab je hais les haies \u00bb, qui appara\u00eet dans le spectacle mais aussi \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, lorsque les deux complices demandent au public de la chanter. C\u2019est un texte fort, po\u00e9tique et qui ne vieillit pas : plus que jamais, il est actuel.  <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la force motrice de ces textes et Fran\u00e7ois Morel l\u2019a bien compris. Ainsi les textes choisis, ainsi que les bandes sonores et la mise en sc\u00e8ne donne toute cette po\u00e9sie \u00e0 ce spectacle et le jeu des com\u00e9diens en donne toute sa teneur comique. Bien entendu, on aurait tant aim\u00e9 voir jouer \u00ab le clairon \u00bb, \u00ab alimenter la conversation \u00bb ou encore \u00ab Le petit poussin \u00bb. Mais on ne sort pas de ce spectacle avec ces regrets mais \u00e9merveill\u00e9s !  <\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai eu des doutes avant le spectacle, voir une imitation de Devos allait m\u2019ennuyer. Mais plus de doutes ! Les com\u00e9diens se glissent dans ses souliers, marchent dans ses pas mais posent leurs marques. Ne doutez pas non plus, mais \u00e0 quand une nouvelle \u00e9laboration de textes aussi comiques et remplis de non-sens qui ont du sens ? <\/p>\n\n\n\n<p>Adrien Defebvin<\/p>\n\n\n\n<p> ______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p> \u00ab\u00a0Au paradis, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;enfer\u00a0\u00bb. Ils ont donc appel\u00e9 Raymond Devos pour se divertir. Des jeux de mots ing\u00e9nieux, et une mise en sc\u00e8ne qui sait les mettre en valeur. <\/p>\n\n\n\n<p>Jou\u00e9s par Fran\u00e7ois Morel, lui-m\u00eame accompagn\u00e9 d&rsquo;Antoine Sahler, les sketchs de Devos ne prennent pas une ride et le public -jeune ou plus \u00e2g\u00e9- est conquis. L&rsquo;admiration que porte Fran\u00e7ois Morel \u00e0 Raymond Devos se ressent sur la sc\u00e8ne. On ressent une envie de bien faire, une envie de restituer fid\u00e8lement et avec beaucoup d&rsquo;\u00e9motions les textes de Devos. Ce dernier \u00e9tait un joueur. Il jouait avec les mots, avec les situations et les interpr\u00e9tations. Et c&rsquo;est ce jeu de l&rsquo;esprit que Fran\u00e7ois Morel nous restitue le temps d&rsquo;une soir\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9actions et interventions du public sont prises en compte -ce qui n&rsquo;est pas toujours le cas dans les spectacles humoristiques- et le spectateur se sent comme un r\u00e9el acteur de ce qui se passe devant ses yeux. La fin tout particuli\u00e8rement nous rappelle que Fran\u00e7ois Morel n&rsquo;est pas si diff\u00e9rent de nous ; il n&rsquo;est qu&rsquo;un fan de Devos qui a voulu redonner vie \u00e0 ses textes tels que \u00ab j&rsquo;ai des doutes \u00bb ou \u00ab Caen \u00bb. En effet, Le spectacle se termine sur un karaok\u00e9. Le spectateur est convi\u00e9 \u00e0 chanter \u00ab l&rsquo;hymne de Devos \u00bb, qui est la c\u00e9l\u00e8bre chanson \u00ab je hais les haies \u00bb. La lumi\u00e8re se tourne vers le spectateur qui, une nouvelle fois, est plac\u00e9 comme acteur de la soir\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce \u00ab spectacle avec des num\u00e9ros \u00bb, comme le dit Fran\u00e7ois Morel, est une belle fa\u00e7on de faire rena\u00eetre Devos, ce Dieu de la cr\u00e9ation d&rsquo;une certaine mani\u00e8re. Pour Raymond Devos, l&rsquo;artiste\u00ab est ballott\u00e9 comme une bouteille \u00e0 la mer, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de laquelle il y a un message de d\u00e9tresse \u00bb, c&rsquo;est \u00ab la qu\u00eate de l&rsquo;absolu \u00bb. Le spectacle auquel j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e9tait le r\u00e9sultat de cette bouteille. Ce soir-l\u00e0, on a ouvert la bouteille pour s&rsquo;inspirer de son contenu, avant de la relancer \u00e0 la mer pour les temps prochains. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;occasion pour tous de d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir un homme dot\u00e9 d&rsquo;un grand humour et des textes d&rsquo;une grande intelligence. <\/p>\n\n\n\n<p>Oc\u00e9ane Caboche <\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p> Un vendredi avant les f\u00eates, dans la grande salle du th\u00e9\u00e2tre du rond-point, Fran\u00e7ois Morel joue, devant un public familial, les grands textes de Raymond Devos. Alors que nous venons de c\u00e9l\u00e9brer le dixi\u00e8me anniversaire de la mort de ce grand com\u00e9dien, je viens humblement d\u00e9couvrir l\u2019art oratoire de ce dernier. Je ne connaissais que Devos de nom, et du souvenir que m\u2019avaient transmis mes grands-parents. Dans un d\u00e9cor simple, deux pianos dont un \u00e0 queue, les costumes rendent hommage \u00e0 Devos. Cette simplicit\u00e9 permet l\u2019expression des mots, de la logorrh\u00e9e et des phrases.  <\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Morel, accompagn\u00e9 du musicien Romain Lemire, nous proposent de revivre les grands sketchs et les grandes musiques qui ont fait le succ\u00e8s de Devos. Dans une \u00e9poque o\u00f9 nous questionnons continuellement notre langage, nos fa\u00e7ons de s\u2019exprimer ; l\u2019art de Devos est de jouer avec les mots, les sonorit\u00e9s : les textes nous d\u00e9boussolent. Il m\u2019a fallu, en v\u00e9rit\u00e9, une dizaine de minutes pour entrer dans l\u2019univers absurde de ce grand com\u00e9dien ; beaucoup de jeux de mots restent, encore maintenant, incompr\u00e9hensibles pour moi. Fran\u00e7ois Morel reprend avec intelligence et \u00e9l\u00e9gance les mots de Devos, il ne fait pas du Devos : les textes sont plus grands que l\u2019acteur. J\u2019ai des doutes \u2013 titre de la pi\u00e8ce \u2013 est une invitation \u00e0 mettre de c\u00f4t\u00e9 nos rep\u00e8res et d\u00e9structure nos acquis pendant plus d\u2019une heure : \u00ab si on peut trouver moins que rien, c&rsquo;est que rien vaut d\u00e9j\u00e0 quelque chose \u00bb.  <\/p>\n\n\n\n<p>Louis Beaufrere  <\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________ <\/p>\n\n\n\n<p>Photographe :  Manuelle Toussaint<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Dans la grande salle Renaud-Barrault du Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point, le spectacle-hommage de et avec Fran\u00e7ois Morel d\u00e9bute dans l\u2019obscurit\u00e9. 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