{"id":12346,"date":"2019-01-20T12:30:09","date_gmt":"2019-01-20T11:30:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12346"},"modified":"2019-01-20T12:30:09","modified_gmt":"2019-01-20T11:30:09","slug":"nosferatu-j-f-zygel-philharmonie-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12346","title":{"rendered":"Nosferatu \/ J.-F. Zygel &#8211; Philharmonie de Paris"},"content":{"rendered":"\n<p>Le dimanche 20 janvier, \u00e0 la\nPhilarmonie de Paris, le pianiste compositeur Jean-Fran\u00e7ois Zygel projette <em>Nosferatu<\/em>,\nembl\u00e8me cin\u00e9matographique r\u00e9alis\u00e9 par Friedrich Wilhelm Murnau qui reprend, \u00e0\nsa mani\u00e8re, le c\u00e9l\u00e8bre <em>Dracula <\/em>de Bram Stocker.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la toile blanche \u00e9clair\u00e9e,\nles mimiques exag\u00e9r\u00e9es du cin\u00e9ma sans couleur. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas du noir\net blanc mais du jaune et bleu, qui alternent les sc\u00e8nes de jour et de nuit. Si\nje tiens compte de l&rsquo;effort cr\u00e9atif, j&rsquo;ai tout de m\u00eame du mal \u00e0 appr\u00e9cier le\ngrotesque original ; il faut dire que l&rsquo;Allemagne de 1921 voyait les dents de\nvampire en bois d&rsquo;allumette. Il est donc question, plus que d&rsquo;\u00eatre prise dans\nl&rsquo;intrigue qui se d\u00e9roule \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, de vivre l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un cin\u00e9ma muet\norchestr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs accompagn\u00e9 de\nPhilippe Geiss \u00e0 tous les saxophones, de Jo\u00ebl Grare aux multiples percussions\net de Thomas Bloch aux ondes Martenot et Cristal Baschet que Jean-Fran\u00e7ois\nZygel est au clavier pour proposer son interpr\u00e9tation \u00e9trange de <em>Nosferatu<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors oui, la musique est belle,\nelle apporte \u00e0 l&rsquo;image une couleur suppl\u00e9mentaire ; tant\u00f4t douce et\n\u00e9nigmatique, tant\u00f4t chaotique et inattendue. Les ondes sifflent et nous bercent\ndans une inqui\u00e9tude velout\u00e9e, les percussions nous transportent dans un univers\nfantasque. Mais pour \u00eatre franche, j&rsquo;ai ferm\u00e9 les yeux. Pour \u00eatre plus franche\nencore, nous \u00e9tions plusieurs.<\/p>\n\n\n\n<p>A la sortie, les fauteuils en\nmousse bleue repli\u00e9s, je saisis des bribes de conversations. Un \u00ab c&rsquo;est \u00e0 voir\n\u00bb nonchalant, plut\u00f4t dans l&rsquo;auto-persuasion. Une exp\u00e9rience culturelle, un \u00ab \u00e0\nfaire \u00bb ponctuel qui nourrit une curiosit\u00e9, une soif de savoir, mais \u00e0 refaire\n? Il y a peu de chances.<\/p>\n\n\n\n<p>Valentine Lesser<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Le dimanche, c\u2019est cin\u00e9ma&nbsp;! &nbsp;Et le 20 janvier dernier, j\u2019avais rendez-vous\navec l\u2019une des figures bien connue des amateurs du genre de l\u2019horreur&nbsp;:\nNosferatu. Le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau n\u2019a rien perdu de sa superbe\ndepuis 1921. Assise dans mon si\u00e8ge de la Salle des Concerts de la Cit\u00e9 de la\nMusique, je me suis laiss\u00e9e entra\u00eener dans le voyage mystique du jeune Thomas\nHutter vers le ch\u00e2teau de Nosferatu, frissonnant \u00e0 la premi\u00e8re apparition de\ncet \u00eatre insaisissable, angoissant, dont on ne peut d\u00e9terminer s&rsquo;il est r\u00e9el ou\nnon. <\/p>\n\n\n\n<p>La musique compos\u00e9e par Jean-Fran\u00e7ois Zygel\naccompagne avec une grande justesse le film de Murnau, lui donnant de la\nprofondeur et ajoutant au c\u00f4t\u00e9 sombre et inqui\u00e9tant de l\u2019\u0153uvre du cin\u00e9aste allemand.\nLes airs enjou\u00e9s laissent place \u00e0 un rythme plus saccad\u00e9 et \u00e0 des sonorit\u00e9s\nplus m\u00e9talliques et angoissantes, le piano et le saxophone c\u00f4toient d\u2019autres\ninstruments tout aussi troublants que le personnage du film tels que les ondes\nMartenot ou le Cristal Baschet. Quant aux percussions, elles se font parfois\npuissantes, parfois plus douces. Ce dimanche apr\u00e8s-midi, Jean-Fran\u00e7ois Zygel,\nPhilippe Geiss, Thomas Bloch et Jo\u00ebl Grare ont jou\u00e9 avec une grande virtuosit\u00e9\net ont amplement contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9ussite de la projection. <\/p>\n\n\n\n<p>Louise Fischer<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Dimanche\n20 janvier, j\u2019ai assist\u00e9 au cin\u00e9-concert de Nosferatu, film de Friedrich\nWilhelm Murnau, mis en musique par Jean-Fran\u00e7ois Zygel, grand improvisateur au\npiano, connu notamment pour ses \u00e9missions de vulgarisation musicale. Nosferatu\nest un film muet, r\u00e9alis\u00e9 en 1921, consid\u00e9r\u00e9 comme un des chefs-d\u2019\u0153uvre de\nl\u2019expressionnisme allemand. Il raconte l\u2019histoire d\u2019un jeune homme, Hutter, qui\npart pour la Transsylvanie afin de vendre un logement au comte Orlok, qui n\u2019est\nautre que le terrible vampire Nosferatu. Le film est en lui-m\u00eame\nparticuli\u00e8rement fascinant&nbsp;: Murnau utilise toutes les ressources du\ncin\u00e9ma et des effets sp\u00e9ciaux de l\u2019\u00e9poque, notamment le stop-motion,\nl\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de certaines sc\u00e8nes ou encore l\u2019utilisation d\u2019images en n\u00e9gatif,\npour cr\u00e9er l\u2019atmosph\u00e8re fantastique et inqui\u00e9tante du film. Les gros plans sur\nles visages terrifi\u00e9s et convuls\u00e9s des personnages contribuent \u00e0 cr\u00e9er\nl\u2019angoisse chez le spectateur. L\u2019univers de Murnau est un monde signifiant, un\nmonde de symboles&nbsp;: c\u2019est en passant sur un pont que Hutter entre dans le\nmonde des fant\u00f4mes&nbsp;; les rats grouillants montrent la progression de la\npeste&nbsp;; une plante carnivore est \u00e9tudi\u00e9e en classe tandis que Nosferatu se\nrapproche de sa nouvelle proie. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accompagnement\nmusical du film, tr\u00e8s inventif, illustre avec brio les diff\u00e9rentes sc\u00e8nes. Le\nsaxophone de Philippe Geiss se fait tant\u00f4t bucolique, tant\u00f4t plaintif et sinistre\nselon que l\u2019on se trouve dans la petite ville allemande de Hutter ou dans les\nantres du ch\u00e2teau du comte. Au piano et au c\u00e9lesta, Fran\u00e7ois Zygel trouve sans\ncesse de nouvelles m\u00e9lodies, parfois l\u00e9g\u00e8res et tonales, parfois graves et\ndissonantes. Les sonorit\u00e9s les plus \u00e9tranges et les plus \u00e0 m\u00eame d\u2019illustrer\nl\u2019entr\u00e9e dans un monde fantastique sont celles des instruments contemporains jou\u00e9s\npar Thomas Bloch, emprunt\u00e9s pour certains au Mus\u00e9e de la musique&nbsp;: le\ncristal Baschet (un clavier en cristal, produisant des sons tr\u00e8s purs), les\nondes Martenot&nbsp; (permettant de figurer le\nsouffle du vent, ou plus g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019accompagner les sc\u00e8nes angoissantes),\nle waterphone (produisant des sons souvent dissonants, en \u00e9cho). Aux\npercussions, Jo\u00ebl Grare accompagne la tension du film par des rythmes\nlancinants qui montent en puissance lors des sc\u00e8nes les plus terrifiantes.\nL\u2019accompagnement se caract\u00e9rise plus g\u00e9n\u00e9ralement par sa grande souplesse et sa\npuissance figurative qui ne peuvent que renforcer la force expressionniste du\nfilm de Murnau. On ressort de la s\u00e9ance glac\u00e9, impressionn\u00e9, sans parvenir tout\n\u00e0 fait \u00e0 revenir \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, tant l\u2019univers visuel et sonore de Nosferatu\nimprime sa marque en chacun. <\/p>\n\n\n\n<p>Heloise Billette<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photo: AF Archive<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le dimanche 20 janvier, \u00e0 la Philarmonie de Paris, le pianiste compositeur Jean-Fran\u00e7ois Zygel projette Nosferatu, embl\u00e8me cin\u00e9matographique r\u00e9alis\u00e9 par Friedrich Wilhelm Murnau qui reprend, \u00e0 sa mani\u00e8re, le c\u00e9l\u00e8bre Dracula de Bram Stocker. 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