{"id":12398,"date":"2019-02-01T16:36:23","date_gmt":"2019-02-01T15:36:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12398"},"modified":"2019-02-01T16:36:23","modified_gmt":"2019-02-01T15:36:23","slug":"le-garcon-marcus-malte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12398","title":{"rendered":"Le gar\u00e7on \/ Marcus Malte"},"content":{"rendered":"\n<p>Voil\u00e0\nun roman qui m\u00e9rite que l\u2019on parle de lui, et qu\u2019on en dise du bien. L\u2019auteur,\nMarcus Malte, convie son lecteur \u00e0 partager la travers\u00e9e de son\n\u00ab&nbsp;gar\u00e7on&nbsp;\u00bb, jeune homme dont l\u2019horizon va s\u2019\u00e9largir au fil des pages,\nau fil des rencontres, au fil des pertes. Vivant dans le d\u00e9nuement le plus\ncomplet, aussi bien physique qu\u2019intellectuel, ce dernier va parcourir les\nroutes de France et progressivement s\u2019ouvrir aux hommes, \u00e0 l\u2019amour, \u00e0 la\nculture. <\/p>\n\n\n\n<p>Faire\nle pari de d\u00e9crire par les mots l\u2019homme d\u00e9pourvu de langage est une id\u00e9e\ns\u00e9duisante aussi bien que dangereuse. Ainsi la premi\u00e8re s\u00e9quence, parce qu\u2019elle\ntente de retranscrire au plus proche les \u00e9motions et les d\u00e9couvertes du gar\u00e7on,\nse trouve embarrass\u00e9e d\u2019allers et retours entre un style tant\u00f4t tr\u00e8s \u00e2pre et volontairement\nignorant des outils de la civilisation, tant\u00f4t savant, ce qui fait perdre de\nvue le projet de la narration. Heureusement, d\u00e8s la deuxi\u00e8me s\u00e9quence, le\nnarrateur ne semble plus s\u2019excuser de son omniscience et assume pleinement un\nstyle tr\u00e8s recherch\u00e9, au vocabulaire riche et \u00e0 l\u2019humour mordant. Ce dernier\nest ici salvateur et permet \u00e0 l\u2019auteur de ne pas se laisser prendre au pi\u00e8ge du\ncynisme (quant au propos de l\u2019\u0153uvre prise dans son ensemble). Les personnages\nsont beaux, quoique bien souvent coupables. L\u2019amour, filial, charnel, et\nl\u2019amiti\u00e9 sont les deux forces qui meuvent le gar\u00e7on et suppl\u00e9ent \u00e0 l\u2019instinct\nde survie, malheureusement r\u00e9introduit et accentu\u00e9 dans la guerre. Celle-ci, la\npremi\u00e8re guerre mondiale ou boucherie du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, se retrouve \u00e0\nla fois d\u00e9finie comme apanage et acm\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9, for\u00e7ant pourtant les\nhommes \u00e0 renoncer \u00e0 la leur. <\/p>\n\n\n\n<p>A\nqui dirait que ce roman est un roman d\u2019apprentissage, il faudrait r\u00e9pondre\nqu\u2019il est davantage question d\u2019un roman de d\u00e9sapprentissage, d\u00e9sapprentissage\npr\u00e9sent\u00e9 comme n\u00e9cessaire \u00e0 la vue de la corruption de l\u2019humanit\u00e9 et de son\nid\u00e9al vain de progr\u00e8s. En effet, et il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une des ambigu\u00eft\u00e9s les plus\nint\u00e9ressantes de l\u2019ouvrage, innocence et libert\u00e9 sont-elles synonymes&nbsp;?\nFaut-il que les hommes, pour \u00eatre libres et atteindre le bonheur, d\u00e9sapprennent\nce qu\u2019ils ont appris, retournent \u00e0 un \u00e2ge pr\u00e9-langagier&nbsp;? La nature nous\napprend-elle la libert\u00e9 mieux que toute soci\u00e9t\u00e9, toute politique, toute\nculture&nbsp;? Une telle affirmation semble presque contradictoire\nlorsqu\u2019\u00e9nonc\u00e9e par un \u00e9crivain et c\u2019est pourquoi elle n\u2019est que sugg\u00e9r\u00e9e,\nnuanc\u00e9e par des personnages brillants (tels Emma ou l\u2019Ogre de Carpates) et par\nun propos nourri de r\u00e9f\u00e9rences. De Descartes \u00e0 Apollinaire en passant par Hegel\net C\u00e9line, tous sont convoqu\u00e9s au chevet de la civilisation&nbsp;: la premi\u00e8re\nguerre mondiale. Premier homme et dernier homme, le gar\u00e7on s\u2019\u00e9veille \u00e0\nl\u2019humanit\u00e9 pour mieux s\u2019\u00e9teindre avec son avilissement, la mort ravageante\ninterdisant tout espoir d\u2019avenir \u00e0 plusieurs. La perte de l\u2019innocence, d\u2019abord\nlumineuse, devient source de la chute de l\u2019homme. \u00ab&nbsp;Eux savent, pas\nlui&nbsp;\u00bb ou le refrain martel\u00e9 de l\u2019acceptation des mis\u00e9reux. L\u2019auteur\nemprunte ici \u00e0 Victor Hugo par le regard \u00e0 la fois bienveillant et lucide qu\u2019il\nporte \u00e0 cette mis\u00e8re omnipr\u00e9sente. Mis\u00e8re des biens, mis\u00e8re de l\u2019esprit, mis\u00e8re\ndes hommes, plus personne ne peut d\u00e9sormais se r\u00e9clamer de l\u2019innocence apr\u00e8s la\nlecture d\u2019un si bel ouvrage. <\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Charras<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le\nGar\u00e7on&nbsp;<\/em>est\nun roman de Marcus Malte, paru en 2016, qui a obtenu le prix F\u00e9mina. Le r\u00e9sum\u00e9\npeut se faire simplement&nbsp;: au d\u00e9but du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent, nous suivons\nl&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un jeune homme qui passe de \u00ab&nbsp;l&rsquo;\u00e9tat de nature&nbsp;\u00bb \u00e0\n\u00ab&nbsp;l&rsquo;\u00e9tat de culture&nbsp;\u00bb. Sauvage au d\u00e9but du roman, il devient civilis\u00e9\nen rencontrant d&rsquo;autres personnes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le\ngar\u00e7on&nbsp;\u00bb&nbsp;: c&rsquo;est le titre du roman, et c&rsquo;est aussi l&rsquo;unique\ninformation que nous aurons sur le personnage principal. Qui est-il, d&rsquo;o\u00f9\nvient-il, sont des questions presque fortuites qui montrent que l&rsquo;objet du\nr\u00e9cit est ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nroman s&rsquo;ouvre sur un monstre \u00e9trange, qui marche, un gar\u00e7on qui porte sa m\u00e8re.\nCelle-ci meurt, et le gar\u00e7on se met en route. Ainsi commence un roman\nd&rsquo;apprentissage, o\u00f9 il va \u00e9largir son champ d&rsquo;horizon, voyager g\u00e9ographiquement\nmais aussi intellectuellement. Alors qu&rsquo;il n&rsquo;avait c\u00f4toy\u00e9 qu&rsquo;un seul \u00eatre\nhumain, il en rencontre plusieurs, des habitants du hameau \u00e0 une jeune femme\nqui vit avec son p\u00e8re, en passant par un \u00ab&nbsp;ogre&nbsp;\u00bb&nbsp;: autant de\npersonnes avec lesquelles il va tisser des liens, plus ou moins forts, plus ou\nmoins longs, et qui vont l&rsquo;aider dans son d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>La\nnarration frappe d\u00e8s la premi\u00e8re page du roman&nbsp;: l&rsquo;auteur m\u00eale \u00e0 la fois\nun cadre ind\u00e9fini, puisque nous voyions \u00e0 travers les yeux du gar\u00e7on qui\nd\u00e9couvre un monde qu&rsquo;il ne comprend pas toujours, et des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els qui\npermettent de situer le r\u00e9cit. Il faut saluer les excursions qui entrecoupent\nla narration. Alors que le gar\u00e7on est en train de vivre sa propre histoire\npersonnelle, on nous rappelle r\u00e9guli\u00e8rement ce qui se passe dans l&rsquo;Histoire, ainsi\nle lecteur peut situer l&rsquo;action dans une chronologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous\nsommes au d\u00e9but du XX e si\u00e8cle, tout semble s&rsquo;encha\u00eener, sans forc\u00e9ment\nrattraper le gar\u00e7on. Il vit et se d\u00e9veloppe parall\u00e8lement au monde frapp\u00e9 par\nles grands bouleversements qu&rsquo;on conna\u00eet. Pour le lecteur, ce proc\u00e9d\u00e9 est\nplaisant, il se laisse transporter dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un individu anonyme qui\nd\u00e9couvre le monde avec un regard neuf et totalement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de\nl&rsquo;actualit\u00e9&nbsp;; mais les nombreux rappels planent comme une menace.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est\nla guerre qui arrive, en effet, et qui marque la jonction entre cette histoire\nindividuelle et l&rsquo;histoire collective et qui est synonyme de la v\u00e9ritable\nentr\u00e9e du gar\u00e7on dans la soci\u00e9t\u00e9. \u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, il se d\u00e9veloppe et apprend\nau contact des autres, encore plus qu&rsquo;il ne l&rsquo;a fait pr\u00e9c\u00e9demment. C&rsquo;est aussi,\nmalheureusement, le moment o\u00f9 la narration semble s&rsquo;essouffler. Alors que le\ngar\u00e7on a fait plusieurs rencontres d\u00e9cisives, on note un certain ralentissement\ndans sa d\u00e9couverte de la femme et de l&rsquo;amour, puis de la guerre&nbsp;; le style\nsemble se ralentir et aller moins de soi que dans les pages pr\u00e9c\u00e9dentes. Est-ce\nun effet de l&rsquo;auteur pour marquer l&rsquo;importance de l&rsquo;amour, puis de la\nguerre&nbsp;? Un essoufflement&nbsp;? Un ralentissement involontaire&nbsp;?\nQuoi qu&rsquo;il en soit, cette longue p\u00e9riode peut \u00eatre v\u00e9cue par le lecteur comme\nun effet de stagnation qui emp\u00eache la progression du r\u00e9cit. C&rsquo;est peut-\u00eatre\ntout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du texte&nbsp;: marquer l&rsquo;horreur de la guerre par sa longueur,\net l&rsquo;importance de l&rsquo;amour par son (trop) long d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis\nla narration et le r\u00e9cit semblent revenir au point de d\u00e9part. La prose se remet\n\u00e0 couler et tout semble s&rsquo;encha\u00eener&nbsp;: le gar\u00e7on continue \u00e0 \u00e9voluer. De\nnouveau il marche, de nouveau il d\u00e9couvre et apprend, il redevient ce qu&rsquo;il\n\u00e9tait&nbsp;: une incarnation de la libert\u00e9 et l&rsquo;image de l&rsquo;homme sans cesse en\nmouvement, sans cesse en d\u00e9veloppement. On retrouve avec plaisir la prose\nparfois presque po\u00e9tique qui va de pair avec l&rsquo;\u00e9coulement du temps qui passe. De\nnouveau, le gar\u00e7on se trouve en marge de l&rsquo;Histoire. Il reprend sa marche, il\nreprend sa progression personnelle et individuelle, et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on peut\nde nouveau voir toute l&rsquo;importance du r\u00e9cit&nbsp;: celle d&rsquo;un roman\nd&rsquo;apprentissage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il\nfaut saluer la prouesse de l&rsquo;auteur de montrer un personnage dont la conscience\nde soi nait puis se d\u00e9veloppe. Le topos de l&rsquo;apprentissage du h\u00e9ros est vu et\nrevu, mais Marcus Malte, par sa narration originale, arrive \u00e0 r\u00e9actualiser le\nth\u00e8me et c&rsquo;est l\u00e0 tout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, \u00e0 mon sens, de ce r\u00e9cit. Il nous donne \u00e0 voir\nune histoire qu&rsquo;on connait d\u00e9j\u00e0, mais c&rsquo;est avec plaisir qu&rsquo;on suit les\nprogressions de ce gar\u00e7on, sans jamais savoir totalement qui il est&nbsp;:\njusqu&rsquo;au bout, il reste un peu insaisissable, pour lui-m\u00eame comme pour les\nautres, c&rsquo;est en soi une tr\u00e8s belle all\u00e9gorie de la nature humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Un\nautre attrait principal du livre est l&rsquo;intertextualit\u00e9 qui sous-tend tout le\nr\u00e9cit. Qu&rsquo;elle soit explicite ou non, elle convoque des sources historiques,\nlitt\u00e9raires, bibliques, historiques, th\u00e9\u00e2trales. Le mythe d&rsquo;\u0152dipe, les phrases\nqui font \u00e9cho \u00e0 des grands romans (<em>Belle du Seigneur<\/em>,&nbsp;<em>Madame\nBovary<\/em>), les peintures pr\u00e9historiques, la sc\u00e8ne de la Nativit\u00e9&#8230; Tout est\nfait pour montrer une histoire qui \u00e0 la fois se r\u00e9p\u00e8te car elle se nourrit de\ntoutes les sources engendr\u00e9es auparavant, et \u00e0 la fois qui est individuelle. La\nvie du gar\u00e7on ne ressemble \u00e0 aucune autre&nbsp;: il est unique dans son\nuniversalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Clarisse Benoit<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le\ngar\u00e7on<\/em> de Marcus\nMalte, est un roman publi\u00e9 en 2016 aux \u00e9ditions FOLIO. Bouleversant, bien que\nparfois \u00e0 la limite du g\u00eanant, ce roman invite \u00e0 la r\u00e9flexion. <\/p>\n\n\n\n<p>5\np\u00e9riodes pour une aventure de trente ans. En 574 pages, Marcus Malte nous\nd\u00e9peint un monde de pouvoir, d&rsquo;argent, et de relation charnelle ; ce qui\nrepr\u00e9sente plut\u00f4t bien les int\u00e9r\u00eats contemporains. Repr\u00e9sentation de la soci\u00e9t\u00e9\nmoderne ou simple envie d&rsquo;\u00e9criture sur ce sujet, plusieurs interpr\u00e9tations sont\npossibles. Mais c&rsquo;est peut-\u00eatre cette ambivalence qui, justement, donne de\nl&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce qui pourrait sembler inutile.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\npremier contact qu&rsquo;un lecteur a avec un livre se fait par l&rsquo;interm\u00e9diaire de sa\ncouverture. C&rsquo;est pourquoi ces images ont une si grande importance. Ici, le\nlecteur devine la silhouette d&rsquo;un visage dessin\u00e9 dans les branches d&rsquo;un arbre.\nCette repr\u00e9sentation fusionnelle entre l&rsquo;homme et la nature peut repr\u00e9senter le\nrapport du fameux gar\u00e7on \u00e0 sa vraie terre natale, la for\u00eat. Mais elle peut\n\u00e9galement inviter \u00e0 une r\u00e9flexion sur les liens entre Hommes et Nature \u2013\nr\u00e9flexion qui se poursuivra tout le roman durant. De surcro\u00eet, nous pouvons\nconstater que les branches ne sont pas tr\u00e8s fournies, aucune belle feuille de\nprintemps ne se trouve sur cet arbre &#8211; toutes sont d\u00e9j\u00e0 mortes. Ceci peut \u00eatre\nla m\u00e9taphore d&rsquo;une relation qui se meurt entre Hommes et Nature.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\nroman est ponctu\u00e9 de pages listant des \u00e9v\u00e9nements importants ayant eu lieu en\nsoci\u00e9t\u00e9, au-del\u00e0 de la simple histoire du gar\u00e7on. Peut-\u00eatre pour mieux la\ncritiquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien\nque mutique, le gar\u00e7on parle bien plus qu\u2019on pourrait le penser.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Tout ce qui lui reste \u00e0 voir est in\u00e9dit\u00a0\u00bb (p. 45) . Le gar\u00e7on est un homme inconnu, non corrompu mais \u00e9galement quelque peu na\u00eff. Tout l\u2019int\u00e9r\u00eat du roman r\u00e9side d&rsquo;ailleurs dans ce regard innocent, neuf, et non influenc\u00e9 par ce moule qu\u2019est la soci\u00e9t\u00e9. Et c&rsquo;est \u00e0 travers ces yeux que Marcus Malte peut nous d\u00e9peindre une soci\u00e9t\u00e9 archa\u00efsante, insens\u00e9e et compl\u00e8tement sauvage. Et, comble de l&rsquo;ironie, ce sauvage qui est d&rsquo;abord consid\u00e9r\u00e9 comme une b\u00eate, un monstre, se retrouve face \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 aberrante bien que normale pour ceux qui en font partie. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans une telle soci\u00e9t\u00e9 que le principe de ma\u00eetre et esclave r\u00e9git les rapports humains. Cette th\u00e9matique est repr\u00e9sent\u00e9e et questionn\u00e9e pendant tout le roman -du personnage de Gazou qui se soumet spontan\u00e9ment \u00e0 la relation malsaine et myst\u00e9rieuse entre le gar\u00e7on et Emma.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Souvent compte d&rsquo;avantage l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;on se fait des choses que les choses elles-m\u00eames\u00a0\u00bb (p. 29). Cette citation invite le lecteur \u00e0 questionner ce qui l&rsquo;entoure. Et bien que nous pensons faire partie d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;humaine&nbsp;\u00bb, juste et n\u00e9cessaire, elle peut aussi \u00eatre injuste, brutale et compl\u00e8tement contradictoire&nbsp;; comme quand le gar\u00e7on passe de h\u00e9ros \u00e0 criminel en faisant la m\u00eame action&nbsp;: blesser (et tuer) les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute cette r\u00e9flexion sur la diff\u00e9rence entre homme civilis\u00e9 et homme sauvage ne va pas s&rsquo;en nous rappeler la philosophie de Rousseau. Pour celui-ci en effet, \u00abl&rsquo;homme na\u00eet bon, c&rsquo;est la soci\u00e9t\u00e9 qui le corrompt&nbsp;\u00bb. Et nous ne pouvons nous emp\u00eacher de remarquer que le \u00ab&nbsp;sauvage&nbsp;\u00bb ne tue que sur ordre de l&rsquo;\u00e9tat et non de mani\u00e8re spontan\u00e9e, puisque son instinct  lui dictait seulement de rejoindre les siens.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le roman d\u00e9crit l\u2019ascension sociale du gar\u00e7on, celui-ci pr\u00e9f\u00e9rera finalement retourner \u00e0 ses terres et se r\u00e9int\u00e8grer \u00e0 sa ch\u00e8re Nature. Il pr\u00e9f\u00e8re se d\u00e9faire de son \u00ab&nbsp;humanit\u00e9&nbsp;\u00bb, car celle-ci est vaine face \u00e0 la grandeur et la beaut\u00e9 de celle-ci. <\/p>\n\n\n\n<p>Oc\u00e9ane Caboche <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Voil\u00e0 un roman qui m\u00e9rite que l\u2019on parle de lui, et qu\u2019on en dise du bien. 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