{"id":12406,"date":"2019-02-01T14:07:43","date_gmt":"2019-02-01T13:07:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12406"},"modified":"2019-02-01T14:07:43","modified_gmt":"2019-02-01T13:07:43","slug":"les-fantomes-du-vieux-pays-nathan-hill","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12406","title":{"rendered":"Les fant\u00f4mes du vieux pays \/ Nathan Hill"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab\u00a0Il avait toujours l&rsquo;impression qu&rsquo;elle taisait certaines choses, certaines choses qui l&#8217;emp\u00eachaient d&rsquo;\u00eatre tout \u00e0 fait pr\u00e9sente \u00e0 sa vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce que Nathan Hill nous propose dans\nson premier roman intitul\u00e9 <em>Les fant\u00f4mes du vieux pays <\/em>:les\nhistoires crois\u00e9es de plusieurs personnages qui ne sont pas tout \u00e0 fait\npr\u00e9sents dans leur vie. Suite \u00e0 la m\u00e9diatisation d\u2019une attaque aux gravillons\nsur un gouverneur en campagne, Samuel, un jeune professeur de litt\u00e9rature et\naspirant \u00e9crivain, d\u00e9couvre que la terroriste n\u2019est autre que Faye, la m\u00e8re qui\nl\u2019a abandonn\u00e9 un matin alors qu\u2019il n\u2019avait que dix ans. Il va se retrouver \u00e0\nexplorer le pass\u00e9 de cette m\u00e8re pour des raisons plus ou moins honn\u00eates et\nlouables, mais surtout afin de&nbsp; comprendre pourquoi elle l\u2019a laiss\u00e9. Dans\ncette qu\u00eate, celle de la v\u00e9rit\u00e9, vont venir interf\u00e9rer d\u2019autres personnages,\nadjuvants ou opposants de Samuel, ainsi que des fragments de leur vie, qui vont\nlui permettre de reconstituer l\u2019histoire de sa m\u00e8re et donc la sienne. Tous\ntentent de garder la t\u00eate hors de l\u2019eau et de continuer \u00e0 survivre tant bien\nque mal dans la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine des ann\u00e9es 2010.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine n\u2019est d\u2019ailleurs pas\n\u00e9pargn\u00e9e par l\u2019auteur. Il nous offre, de mani\u00e8re plus ou moins explicite selon\nles reproches, un panorama des d\u00e9rives de l\u2019Am\u00e9rique : le capitalisme, avec le\nd\u00e9veloppement immobilier \u00e0 outrance, la <em>gentrification<\/em> de certains\nquartiers et la m\u00e9taphore du d\u00e9sendettement qui cl\u00f4t le livre ; le consum\u00e9risme\navec la diatribe de Faye contre les supermarch\u00e9s et leurs \u00ab&nbsp;dix-huit\nsortes de spaghettis&nbsp;\u00bb identiques ainsi que la multiplication sans fin des\nmagasins et \u00ab&nbsp;l\u2019<em>illusion<\/em> du choix&nbsp;\u00bb ; un syst\u00e8me scolaire\nd\u00e9faillant qui \u00e9choue \u00e0 donner l\u2019envie d\u2019apprendre aux \u00e9tudiants et \u00e0 leur\ninculquer les valeurs morales de base ; les institutions corrompues, et\nnotamment la justice d\u00e9voy\u00e9e ; les violences polici\u00e8res et les abus de pouvoir\ncontre l\u2019opposition\u2026 Nathan Hill ne fait pas d\u2019impasse. Et bien que les\nrepr\u00e9sentations de ces d\u00e9rives prennent place en 1968, 1988 ou en 2011, elles\nsont d\u2019autant plus frappantes qu\u2019elles nous semblent&nbsp; malheureusement plus\nd\u2019actualit\u00e9 que jamais. Ces d\u00e9nonciations restent n\u00e9anmoins subtiles : il garde\nla critique \u00e0 distance, en la mettant dans la bouche de ses personnages ou en\nlaissant la narration la prendre en charge implicitement. Il s\u2019en sert\nn\u00e9anmoins pour nourrir la profondeur de ses personnages. Chacun d\u2019eux font les\nfrais de certaines de ces d\u00e9rives.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur d\u00e9veloppe \u00e9galement une\ng\u00e9n\u00e9alogie, du grand-p\u00e8re au petit fils pour montrer les d\u00e9terminisme et les\nr\u00e9percussions des \u00e9v\u00e9nements et drames familiaux sur chacun. Il balaye ainsi\nles g\u00e9n\u00e9rations pour montrer l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, du\ntraditionalisme de l\u2019immigrant qui essaye de s\u2019int\u00e9grer jusqu\u2019au d\u00e9soeuvrement\nentra\u00een\u00e9 par l\u2019\u00e9chec du capitalisme comme mode de vie, en passant par\nl\u2019incontournable d\u00e9sir de lib\u00e9ration des jeunes de 68. Les l\u00e9gendes\nnorv\u00e9giennes de Frank Andresen, le grand-p\u00e8re de Samuel, permettent de lier les\ng\u00e9n\u00e9rations et mat\u00e9rialisent les traumatismes dont chacun h\u00e9rite et d\u00e9centre un\npeu l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis, la rend un peu plus universelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Nathan Hill parvient \u00e0 nous promener \u00e0\ntravers diff\u00e9rentes p\u00e9riodes sans nous perdre et sans que celles-ci ne soient\nqu\u2019un cadre narratif. Il y a une vraisemblance de chacune d\u2019entre elles qui\nnous happent alors dans le contexte social, politique et moral de la d\u00e9cennie\nen question. Ces retours dans le temps permettent \u00e9galement d\u2019opposer deux\n\u00e9poques et de comparer deux situations. On observe les difficult\u00e9s de Faye, qui\nh\u00e9site entre un d\u00e9sir de libert\u00e9 et se conformer aux normes sociales de\nl\u2019\u00e9poque. La situation de Bethany, l\u2019amie de Samuel, une vingtaine d\u2019ann\u00e9es\nplus tard, fait \u00e9cho au dilemme de la premi\u00e8re. Les deux jeunes femmes se\nmarient autant pour fuir, \u00e9chapper \u00e0 une angoisse, un mal-\u00eatre profond, que par\nconformisme. Cette fuite par l\u2019engagement se solde \u00e9videmment par un \u00e9chec dans\nles deux cas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les probl\u00e9matiques abord\u00e9es dans ce\nroman sont tr\u00e8s vari\u00e9es et explor\u00e9es en profondeur. Les sujets sont sensibles,\ngraves mais trait\u00e9s avec justesse. Nathan Hill nous confronte, entre autres, \u00e0\nl\u2019hypersensibilit\u00e9 et au traumatisme de l\u2019abandon avec Samuel, \u00e0 une angoisse\nopaque qui contamine la moindre \u00e9tape de la vie avec Faye, le poids d\u2019un secret\net la fa\u00e7on dont celui-ci nous pr\u00e9cipite vers une situation qu\u2019on ne souhaitait\npas\u2026 L\u2019addiction aussi ou encore la diff\u00e9rence et l\u2019inad\u00e9quation au monde qui\nen r\u00e9sulte avec Pwnage, dont on peut tr\u00e8s bien comprendre la crise de col\u00e8re au\nmagasin bio, qui semble \u00eatre programm\u00e9 pour le faire culpabiliser d\u2019autant\nqu\u2019il fait d\u2019effort. Chaque personnage \u00e0 sa profondeur, son ou ses drames\npersonnels et Nathan Hill nous permet de voir comment un \u00e9v\u00e9nement peut en\nentra\u00eener d\u2019autres, entra\u00eener des d\u00e9cisions plus ou moins bonnes et impacter\ntoute une vie, voir la vie des autres, comme avec l\u2019abus subi par Bishop, le\nmeilleur ami de Samuel \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire, qui va \u00e9galement marquer\nprofond\u00e9ment ce dernier et influer ses choix futurs. Les diff\u00e9rents personnages\net leurs intrigues communes et personnelles sont extr\u00eamement bien g\u00e9r\u00e9s, aucun\nn\u2019est superflu, sauf peut \u00eatre Laura Postdam, l\u2019\u00e9tudiante r\u00e9calcitrante et\nambitieuse \u00e0 sa fa\u00e7on de Samuel, bien qu\u2019elle permette d\u2019entrevoir l\u2019absurdit\u00e9\nd\u2019un syst\u00e8me scolaire qui participe \u00e0 la perte de valeurs d\u2019\u00e9thique. Tous ont\nune vraie profondeur, une personnalit\u00e9 complexe et unique qui permet \u00e0 l\u2019auteur\nd\u2019embrasser un panorama de probl\u00e9matiques vari\u00e9es et de parler \u00e0 un public tr\u00e8s\nlarge. Les personnages sont abondamment d\u00e9velopp\u00e9s et complets et \u00e9vitent ainsi\nles st\u00e9r\u00e9otypes, sauf peut-\u00eatre Pwnage qui n\u2019y \u00e9chappe pas totalement : image\nde l\u2019am\u00e9ricain en surpoids et inactif que son addiction au jeu-vid\u00e9o tue \u00e0\npetit feu.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, ce jeu vid\u00e9o du <em>Monde d\u2019Elfscape<\/em>\n\u00e0 une place clef dans le r\u00e9cit. Il appara\u00eet d\u2019abord comme un moyen d\u2019\u00e9chapper \u00e0\nune soci\u00e9t\u00e9 qui s\u2019effondre, \u00e0 la pression \u00e9conomique de 2011 qui s\u2019accumule en\nfiligrane tout au long du roman, et aux probl\u00e8mes personnels. Un monde de\nsolidarit\u00e9, de valeurs qui rempli un peu la vie de Samuel et beaucoup celle de\nPwnage, qui leur permet d\u2019\u00e9chapper au monde r\u00e9el, hostile et mena\u00e7ant, \u00e0 leurs\nresponsabilit\u00e9s surtout. Un monde de substitution qui va se d\u00e9grader peu \u00e0 peu\njusqu\u2019\u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler aussi mat\u00e9rialiste et impitoyable que le r\u00e9el. Ce qui va en\nrester finalement seront les liens d\u2019amiti\u00e9 cr\u00e9\u00e9s entre les joueurs, qui seront\npeut-\u00eatre les relations les moins probl\u00e9matiques du roman, les plus honn\u00eates au\nmoins.<\/p>\n\n\n\n<p>Le style para\u00eet au premier abord assez\nlourd, peu digeste. On se demande d\u2019entr\u00e9e de jeu comment l\u2019auteur va r\u00e9ussir \u00e0\nfaire tenir en haleine les lecteurs et \u00e0 garder leur int\u00e9r\u00eat \u00e9veill\u00e9 pendant pas\nloin de 950 pages avec un simple lancer de pierre, certes cocasse mais qui\nlaisse pr\u00e9sager un r\u00e9cit judiciaire peu attrayant, d\u2019autant plus lorsque\nl\u2019auteur en question semble enclin aux phrases et aux descriptions \u00e0 rallonge,\navec la main lourde en juxtaposition d\u2019adjectif. On se demande ensuite comment\nce jeune homme qui pr\u00e9f\u00e8re se perdre dans un jeu vid\u00e9o va bien pouvoir faire\navancer l\u2019histoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait sans compter sur les jeux de\nflashback et les changements de personnages qui balayent la monotonie. Une\nstructure complexe mais superbement maitris\u00e9e pour un premier roman. Les\nretours dans le pass\u00e9 ne nous en apprennent jamais trop pour qu\u2019on y devine la\nsuite mais toujours assez pour ne pas avoir l\u2019impression que l\u2019histoire\nstagne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne, et plus g\u00e9n\u00e9ralement la\nth\u00e9matique, de \u00ab&nbsp;l\u2019histoire dont vous \u00eates le h\u00e9ros&nbsp;\u00bb pour les\nretrouvailles de Samuel et de Bethany, son amour d\u2019enfance, permet de mettre en\nexergue la complexit\u00e9 de la vie et des choix qu\u2019elle nous offre en ne proposant\njustement qu\u2019une possibilit\u00e9. C\u2019est d\u2019ailleurs un des enjeux majeurs du livre :\nfaire un choix et assumer ce que cela implique pour nous et les autres. Les\npersonnages ont du mal avec la prise de d\u00e9cision effective comme Pwnage qui\nrepousse incessamment l\u2019adoption d\u2019un nouveau mode de vide ou Samuel qui,\nenfant d\u00e9j\u00e0, avec ses jouets par exemple, a du mal \u00e0 se d\u00e9cider, pesant\nconstamment les cons\u00e9quences de tel ou tel choix avec angoisse. Ainsi, beaucoup\nse laisse porter : \u00ab&nbsp;\u00c0 force de choisir la facilit\u00e9, chaque jour qui\npasse, la facilit\u00e9 devient une habitude, et cette habitude devient votre\nvie.&nbsp;\u00bb. Ils se r\u00e9signent \u00e0 la vacuit\u00e9 de leur vie et de leurs t\u00e2ches, se\ncontente de leur situation et s\u2019enferment alors dans une routine de laquelle\nils ne peuvent plus s\u2019\u00e9chapper o\u00f9 ne le veulent plus, trop angoiss\u00e9s par la\nvie. A l\u2019inverse, ceux qui prennent des d\u00e9cisions, comme Faye ou son p\u00e8re\nFrank, doivent vivre avec le poids des r\u00e9percussions sur eux-m\u00eames et leurs\nproches. Les personnages font face \u00e0 un dilemme sartrien, s\u2019enfermer dans la\nmauvaise foi jusqu\u2019\u00e0 la rupture qui peut \u00eatre fatale ou embrasser leur libert\u00e9\net les responsabilit\u00e9s qui vont avec.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le style, qui pouvait para\u00eetre un\npeu ampoul\u00e9 d\u2019abord, trouve finalement son rythme et d\u00e9voile tout son potentiel\net sa puissance, notamment lors des descriptions des morceaux \u00e9cout\u00e9s ou jou\u00e9s\npar Bethany que Nathan Hill arrive \u00e0 mat\u00e9rialiser et qu\u2019on imagine presque\ndanser devant nos yeux gr\u00e2ce aux mots.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Compte tenu de mes impressions \u00e0 la lecture\nde la premi\u00e8re partie qui m\u2019avait rendue plut\u00f4t r\u00e9ticente, ce livre fut donc\nune v\u00e9ritable surprise. Il nous entra\u00eene \u00e0 travers l\u2019Am\u00e9rique et les \u00e9poques,\ndans un tourbillon de probl\u00e9matiques vari\u00e9es, mais qui sont toutes trait\u00e9es\navec une justesse touchante, peignant ainsi le portrait d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dans\nlaquelle il est difficile d\u2019\u00e9voluer sans se laisser \u00e9craser, dans lequel nos\ndettes nous rattrapent toujours, mais o\u00f9 il n\u2019est pas impossible de trouver\nl\u2019espoir d\u2019une vie meilleure.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Margaux Radepont<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Et si nous ne connaissions pas si bien les\n\u00eatres qui nous sont chers ?&nbsp;Qu\u2019est ce qui nous construit, nous fait\navancer en tant qu\u2019individu ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les questions de d\u00e9part du premier roman de\nNathan Hill, <em>Les fant\u00f4mes du vieux pays<\/em>. Sorti en ao\u00fbt 2016, ce roman-fleuve\nnous entra\u00eene \u00e0 la poursuite de deux destins crois\u00e9s. Celui de Samuel,\nprofesseur de litt\u00e9rature peu exalt\u00e9 par sa fonction et plus port\u00e9 sur les jeux\nvid\u00e9os que sur les relations sociales, et Faye, sa m\u00e8re, qui l\u2019a abandonn\u00e9 \u00e0\nl\u2019\u00e2ge de onze ans.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour ou Faye est incrimin\u00e9e pour avoir lanc\u00e9 des\ngravillons sur un candidat \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, Samuel renoue contact\navec cette m\u00e8re qu\u2019il a si peu connue. S\u2019engage alors une qu\u00eate des origines,\nqu\u00eate identitaire pour Samuel comme pour sa m\u00e8re avec en toile de fond deux des\ngrands mouvements protestataires qui ont secou\u00e9 l\u2019am\u00e9rique contemporaine. D\u2019un\nc\u00f4t\u00e9 les protestations \u00e9tudiantes de Chicago en 1968 contre la guerre du\nVietnam, de l\u2019autre le mouvement Occupy Wall Street, en lutte contre l\u2019h\u00e9g\u00e9monie\nde la finance mondiale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On suit avec plaisir et curiosit\u00e9 le r\u00e9cit de ces deux\nindividualit\u00e9s, l\u2019un dans sa tentative de rattraper des occasions manqu\u00e9es tant\ndans sa vie amoureuse que familiale, l\u2019autre tentant de sortir d\u2019un mutisme\ndans lequel elle a trouv\u00e9 refuge pendant tant d\u2019ann\u00e9es, loin des siens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman donne \u00e0 voir des fant\u00f4mes, issus du folklore\nnorv\u00e9gien, mais \u00e9galement ceux auxquels nous sommes tous confront\u00e9s dans nos\npropres vies : fant\u00f4mes d\u2019un amour d\u00e9chu, de r\u00eaves qui se fanent et d\u2019occasions\nmanqu\u00e9es. Nathan Hill questionne les grands th\u00e8mes de la solitude et de la\nd\u00e9sillusion du r\u00eave am\u00e9ricain avec en point commun des hommes et des femmes\n\u00e9pris de libert\u00e9 et de justice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture d\u00e9li\u00e9e de ce jeune auteur prometteur fait\ndu roman un v\u00e9ritable <em>page-turner<\/em>, et nous emporte dans ce tourbillon de\ntrajectoires humaines, avec \u00e0 la clef un vrai d\u00e9nouement fort et inattendu. Le\nstyle descriptif est presque cin\u00e9matographique, immersif d\u00e8s les premi\u00e8res\npages. Profond\u00e9ment humain mais jamais mi\u00e8vre, <em>Les Fant\u00f4mes du vieux pays<\/em>\nquestionne notre rapport \u00e0 nos vies, la qu\u00eate de soi mais \u00e9galement les gloires\net peines outre-atlantique dans la tradition du grand roman am\u00e9ricain.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jeanne Capeyron<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >\u00ab\u00a0Il avait toujours l&rsquo;impression qu&rsquo;elle taisait certaines choses, certaines choses qui l&#8217;emp\u00eachaient d&rsquo;\u00eatre tout \u00e0 fait pr\u00e9sente \u00e0 sa vie.\u00a0\u00bb C\u2019est ce que Nathan Hill nous propose dans son premier roman intitul\u00e9 Les fant\u00f4mes du vieux pays :les histoires crois\u00e9es de plusieurs personnages qui ne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":12407,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20],"tags":[],"class_list":["post-12406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12406"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12406\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}