{"id":12469,"date":"2019-02-01T13:56:05","date_gmt":"2019-02-01T12:56:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12469"},"modified":"2019-02-01T13:56:05","modified_gmt":"2019-02-01T12:56:05","slug":"heptameron-marguerite-de-navarre-benjamin-lazar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12469","title":{"rendered":"H\u00e9ptam\u00e9ron \/ Marguerite de Navarre &#8211; Benjamin Lazar"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Heptam\u00e9ron, r\u00e9cits de la chambre obscure<\/em> est un spectacle propos\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord du 1<sup>er<\/sup> au 23 f\u00e9vrier 2019. Il est mis en sc\u00e8ne par Benjamin Lazar, et la direction musicale revient \u00e0 Geoffroy Jourdain. Il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre po\u00e9tique et th\u00e9\u00e2trale, \u00e9crite par Marguerite de Navarre, femme politique et de lettres, s\u0153ur de Fran\u00e7ois Ier. <\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Heptam\u00e9ron<\/em> reste un chef d\u2019\u0153uvre de po\u00e8mes chant\u00e9s\ninachev\u00e9. Il est publi\u00e9 \u00e0 titre posthume en 1559. Il conte l\u2019histoire d\u2019hommes\net de femmes, qui, confin\u00e9s dans un espace clos (en raison de pluies \u00e0\nl\u2019ext\u00e9rieur), se racontent des histoires, plus ou moins vraies, parfois dr\u00f4les,\ncharnelles, souvent tristes et dramatiques, voire m\u00eame tragiques. Cela montre\ndonc l\u2019\u00e9cho entre la temp\u00eate \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et les temp\u00eates contenues dans les\nhistoires. Le spectacle m\u00eale aussi ces histoires avec celles d\u2019un grand p\u00e8re, qui\nposs\u00e8de le livre inachev\u00e9 de Marguerite de Navarre et qui vient conter ses\npropres r\u00e9cits. L\u2019<em>Heptam\u00e9ron<\/em> charme par le rythme de la repr\u00e9sentation. En effet, et ce d\u00e8s le d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin, alternent des histoires cont\u00e9es par trois com\u00e9diens, et des chants a capella de Monteverdi, Rossi, Marini\u2026 Tout s\u2019enchaine sans que l\u2019on voie le temps passer. Il s\u2019agit donc d\u2019une repr\u00e9sentation de po\u00e8mes chant\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Benjamin Lazar, le metteur en sc\u00e8ne, a\nparticuli\u00e8rement bien trait\u00e9 la mise en sc\u00e8ne. La sc\u00e8ne est tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9e, on y\nretrouve un ou deux si\u00e8ges, une \u00e9chelle sur laquelle grimpent les com\u00e9diens, et\nle sol est en r\u00e9alit\u00e9 artificiel permettant des trappes qui servent aux\nhistoires cont\u00e9es. L\u2019id\u00e9e est tout de m\u00eame de retrouver quelques peu une sorte\nde chambre obscure. Les costumes des com\u00e9diens et chanteurs sont contemporains\nau d\u00e9but, mais au fur et \u00e0 mesure du spectacle certains se retrouvent affubl\u00e9s\nde robes typiques de la Renaissance (m\u00eame les hommes&nbsp;!). En tout cas,\nl\u2019utilisation de la sc\u00e8ne est totale&nbsp;: les personnages se d\u00e9placent dans\ndiff\u00e9rents endroits et souvent se posent, s\u2019asseyent, pour \u00e9couter les\nhistoires\/ chants des autres. Cela donne l\u2019effet de tableaux vivants presque\nimmobiles, et c\u2019est assez impressionnant. Pour mieux int\u00e9grer les spectateurs\nau spectacle, des m\u00e9dias sonores et visuels sont employ\u00e9s \u00e0 plusieurs moments,\ncar sont projet\u00e9s des images de pluie, de guerre, de destruction. De m\u00eame, les\ncom\u00e9diens (dont le grand-p\u00e8re), s\u2019adressent plus ou moins r\u00e9guli\u00e8rement au\npublic, le faisant interagir en lui posant des questions. <\/p>\n\n\n\n<p>Le texte, tr\u00e8s po\u00e9tique, est visiblement bien suivi. Il alterne cependant, quoique cela am\u00e8ne du charme \u00e0 la pi\u00e8ce, avec les r\u00e9cits de vie du grand-p\u00e8re (comme lorsque par exemple, il se retrouve \u00e0 Berlin Est pendant la Guerre Froide, y rencontre l\u2019Amour mais doit le quitter, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 poursuivi par des allemands \u00e9m\u00e9ch\u00e9s qui le traitaient de \u00ab p\u00e9d\u00e9 \u00bb). D\u2019ailleurs, est ins\u00e9r\u00e9 l\u2019usage de plusieurs langues, comme de l\u2019anglais, de l\u2019allemand, du chinois, de l\u2019italien\u2026 Le jeu des com\u00e9diens en tout cas est brillant, et nous permet de rentrer ais\u00e9ment dans les histoires cont\u00e9es ; d\u2019ailleurs, les com\u00e9diens et chanteurs -dont les voix, magnifiques, s\u2019\u00e9l\u00e8vent-, disparaissent presque sous nos yeux, ne laissant plus place qu\u2019aux personnages des histoires cont\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai cependant regrett\u00e9, bien que le\nspectacle soit extr\u00eamement bien construit, de ne pas personnellement avoir\nr\u00e9ussi \u00e0 entrer plus dans les histoires et dans le spectacle que pr\u00e9vu.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, la repr\u00e9sentation, dont le but est de conter ces r\u00e9cits oubli\u00e9s et de faire ressentir les \u00e9motions des personnages, est r\u00e9ussie. Elle \u00e9meut et sensibilise beaucoup. D\u2019ailleurs, c\u2019est un pari r\u00e9ussi, car les spectateurs \u00e9taient tr\u00e8s r\u00e9ceptifs, que ce soit lors des interactions avec les com\u00e9diens, dans les r\u00e9actions face aux histoires, ou encore lors des applaudissements finaux. <\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Fondan\u00e8che<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">________________________<\/p>\n\n\n\n<p>La salle du th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord est tr\u00e8s\nsinguli\u00e8re. Un amphith\u00e9\u00e2tre de banquettes neuves, un seul balcon, des murs\nverts d\u00e9cr\u00e9pis, une sc\u00e8ne absente. Sa disposition laisse alors une tr\u00e8s grande\nlibert\u00e9 \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de Benjamin Lazar pour son adaptation de l&rsquo;<em>H\u00e9ptam\u00e9ron\n<\/em>: \u00e0 la place d&rsquo;une sc\u00e8ne, des palettes ont \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9es, pleines ou\nouvertes, avec des trapes, devant un immense rideau sur lequel sont projet\u00e9es\nparfois des images. Les com\u00e9diens ont alors une tr\u00e8s grande libert\u00e9 d&rsquo;interaction\navec leur d\u00e9cor et ils ne s&rsquo;en priveront pas : jamais des mots ne rendront\ncompte de la richesse de leur travail d&rsquo;occupation de l&rsquo;espace. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de la pi\u00e8ce, l&rsquo;ambiance si sp\u00e9ciale cr\u00e9\u00e9e\npar son \u00e9criture nous enveloppe : m\u00eame si je devrais mentir si je disais que\nj&rsquo;y ai \u00e9t\u00e9 plong\u00e9e tout du long \u2013 les deux heures se r\u00e9v\u00e8lent difficiles sur la\nfin, l&rsquo;on se surprend \u00e0 ressentir de la v\u00e9ritable joie, angoisse, tristesse,\nface aux histoires d&rsquo;amour toutes passionn\u00e9es, et donc terribles, qui nous sont\ncompt\u00e9es dans une langue fran\u00e7aise soutenue. Mais quelle ne fut pas ma surprise\ndevant les performances <em>live <\/em>des chanteurs-com\u00e9diens des Cris de Paris :\nau-del\u00e0 du fait d&rsquo;\u00eatre \u00e9poustouflantes \u2013 Michiko Takahashi chantait sans\nsursaut d&rsquo;intensit\u00e9 et de hauteur alors qu&rsquo;elle s&rsquo;allongeait et se relevait\ndevant mes yeux \u00e9bahis, tandis qu&rsquo;un coll\u00e8gue t\u00e9nor flirte avec des lignes\ncontre-alto, elles t\u00e9moignent de la v\u00e9ritable complicit\u00e9 entre les\nprofessionnels. <em>A capella<\/em>, ils parviennent \u00e0 reprendre ensemble alors\nm\u00eame qu&rsquo;ils chantent chacun un pupitre diff\u00e9rent, et c&rsquo;est l\u00e0 que toute\nl&rsquo;acoustique de la salle se r\u00e9v\u00e8le avant que certains r\u00e9cup\u00e8rent un violon, une\nclarinette basse, un cor&#8230; J&rsquo;attendais peut-\u00eatre une s\u00e9paration du comptage des\nhistoires plus \u00e9quitable, pourtant la com\u00e9dienne qui s&rsquo;en charge pour la\nplupart nous dissuade de le penser par son talent. Alors qu&rsquo;un tel format pour\nune pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre pourrait r\u00e9trospectivement para\u00eetre d\u00e9sar\u00e7onnant, c&rsquo;est\navec un vif int\u00e9r\u00eat et sans h\u00e9sitation aucune que j&rsquo;y ai plong\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Victoria Brun<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">________________________<\/p>\n\n\n\n<p><em> <\/em>En France, <em>Heptam\u00e9ron<\/em> est un chef-d\u2019\u0153uvre m\u00e9connu&nbsp;; les madrigaux, eux, sont aussi un peu enterr\u00e9s dans l\u2019oubli de nos jours. L\u2019id\u00e9e donc de rassembler ces deux joyaux du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dans un seul spectacle semble prometteuse, qui en plus confirme la volont\u00e9 des Bouffes du Nord d\u2019offrir des \u0153uvres lyriques aux habitants de ce quartier la Chapelle \u00e0 la fois si parisien et si cosmopolite. <\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, afin qu\u2019un tel spectacle se tienne,\nil faut lui trouver une unit\u00e9, celle de la forme mais aussi celle du fond. Le\nmetteur en sc\u00e8ne Benjamin Lazar y a mis une r\u00e9ponse audacieuse&nbsp;: plut\u00f4t\nque de malaxer les ingr\u00e9dients dans une p\u00e2te homog\u00e8ne, il pr\u00e9f\u00e8re de grossir l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9\ndu spectacle. Ainsi, l\u2019on passe des nouvelles d\u2019<em>Heptam\u00e9ron<\/em> aux sonnets de Shakespeare sans le moindre signalement.\nEt un personnage de notre \u00e9poque, le \u00ab&nbsp;visiteur impr\u00e9vu&nbsp;\u00bb, interrompre\nponctuellement les autres com\u00e9diens par ses histoires personnelles. Enfin, plusieurs\nlangues sont parl\u00e9es dans le spectacle comme si la parole n\u2019est qu\u2019un son, qui\nnous atteindrait non par sa clart\u00e9 logique mais par son expressivit\u00e9 \u00e9motionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment justifier cette d\u00e9marche de montage&nbsp;?\nPeut-\u00eatre parce qu\u2019<em>Heptam\u00e9ron<\/em> est un\nrecueil des contes, alors on l\u2019a voulu que les com\u00e9diens soient plus des conteurs\nque des personnages incarn\u00e9s&nbsp;? Par cons\u00e9quent le spectacle en titre n\u2019est\njou\u00e9 qu\u2019au second degr\u00e9, et les madrigaux, les sonnets shakespeariens ou les\nr\u00e9cits intercal\u00e9s ne sont pas englob\u00e9s par, mais simplement adjacents \u00e0\ncelui-ci. L\u2019unit\u00e9 formel du spectacle r\u00e9side uniquement en l\u2019intention de\nl\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quelle est donc cette intention&nbsp;? En\nmultipliant les r\u00e9f\u00e9rences, M. Lazar a peut-\u00eatre d\u00e9sir\u00e9 faire ressortir l\u2019unit\u00e9 du fond \u2013 le th\u00e8me central du spectacle,\nqui est la violence des passions humaines. Toutes les vari\u00e9t\u00e9s des mat\u00e9riaux ne\nsont en r\u00e9alit\u00e9 que des variations de ce m\u00eame th\u00e8me, la trag\u00e9die humaine. Nous,\nles humains, nous faisons subir de telle violence et cruaut\u00e9 \u00e0 nos semblables\npour des raisons intangibles \u2013nous battons, nous tuons et nous massacrons au\nnom de l\u2019amour ou de l\u2019honneur \u2013 que nous paraissions comme des <em>contre-natures<\/em>. Dans ce sens-l\u00e0, il est\nparfaitement logique d\u2019avancer la th\u00e8se du<em>\np\u00e9ch\u00e9 original<\/em> pour expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne&nbsp;; ou alors, il faut, comme pr\u00eache\nle Bouddhisme, voir les passions humaines comme des souffrances.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, nous ressentons bien que Benjamin\nLazar, tout montrant la force destructive de cette violence, ne la condamne pas\ntout \u00e0 fait. Parce que la&nbsp;m\u00eame force, celle de m\u00eames passions, est aussi une\n\u00e9nergie cr\u00e9ative. Elle a caus\u00e9 beaucoup de dommage, mais elle a aussi fait\njaillir beaucoup de belles cr\u00e9ations de notre esprit \u2013 la litt\u00e9rature, la\ndanse, la musique. Le madrigal en est un exemple parfait&nbsp;: d\u2019une passion\nextr\u00eame est surgie d\u2019une beaut\u00e9 extr\u00eame. Il n\u2019est pas par hasard que le dieu de\nla destruction hindou, Shiva, est aussi le dieu de l\u2019art. Et nous comprenons\npourquoi l\u2019homme est vu comme un \u00eatre dot\u00e9 de l\u2019esprit divin par le Christianisme.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Benjamin Lazar soutiendra-t-il la th\u00e8se que l\u2019art est un moyen pour nous de ma\u00eetriser nos violentes passions, impulsions, instincts ? En tout cas, c\u2019est ce que son spectacle, qui est \u00e9videmment brechtien, nous conduit \u00e0 penser. <\/p>\n\n\n\n<p>Han Zhong<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">______________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photo : Simon Gosselin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Heptam\u00e9ron, r\u00e9cits de la chambre obscure est un spectacle propos\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord du 1er au 23 f\u00e9vrier 2019. Il est mis en sc\u00e8ne par Benjamin Lazar, et la direction musicale revient \u00e0 Geoffroy Jourdain. Il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre po\u00e9tique et th\u00e9\u00e2trale, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":12470,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,61],"tags":[],"class_list":["post-12469","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre","category-theatre-des-bouffes-du-nord"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12469"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12469\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}