{"id":12711,"date":"2019-01-19T16:39:41","date_gmt":"2019-01-19T15:39:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12711"},"modified":"2019-01-19T16:39:41","modified_gmt":"2019-01-19T15:39:41","slug":"les-idoles-christophe-honore-odeon-theatre-de-leurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12711","title":{"rendered":"Les idoles \/ Christophe Honor\u00e9 \/ Od\u00e9on-Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Europe"},"content":{"rendered":"\n<p>                \u00ab C&rsquo;est un phare allum\u00e9 sur mille citadelles \u00bb&#8230; Pour un soir, Christophe Honor\u00e9 se fait Baudelaire en proposant une pi\u00e8ce hommage o\u00f9 sont r\u00e9unies ses idoles, ses ic\u00f4nes, ses phares, tout autant de grands ma\u00eetres et de mod\u00e8les qui l&rsquo;ont construits autant qu&rsquo;il les fa\u00e7onne \u00e0 pr\u00e9sent sur sa sc\u00e8ne. De la fascination \u00e0 la projection, nous faisons face \u00e0 son monde int\u00e9rieur, une forme de lieu mental o\u00f9, sans narration, quinze chapitres se succ\u00e8dent, d\u00e9cousus, o\u00f9 ses pierres essentielles, de Jacques Demy \u00e0 Jean-Luc Lagarce, en passant par Cyril Collard, transform\u00e9es, repr\u00e9sent\u00e9es, symbolis\u00e9es, incarn\u00e9es, d\u00e9construites, improvis\u00e9es, se meuvent et nous parlent. Ressuscit\u00e9s pour un soir, ils parlent de ce qu&rsquo;ils sont, de leur mort, de leur maladie, de leurs \u0153uvres: tous homosexuels, tous morts du sida, tous artistes. En nous parlant de ces autres, Christophe Honor\u00e9 semble avant tout nous parler de lui, comme en t\u00e9moigne un prologue \u00e9mouvant o\u00f9 sa voix se fait entendre, posant d\u00e8s les pr\u00e9misses de la pi\u00e8ce le poids de sa propre histoire dans ce spectacle, voix qui reviendra parfois ainsi que l&rsquo;odeur des cr\u00eapes de sa Bretagne natale. Il nous expose, en leur rendant hommage, les sources de son propre art et de sa propre construction : des th\u00e8mes, des bouts de vie, des sentiments, des souvenirs, des inspirations, des bribes d\u00e9construites de films et d&rsquo;ouvrages.  <\/p>\n\n\n\n<p>Dans un lieu fant\u00f4me o\u00f9 tout devient possible, une sorte de monde mental, de purgatoire, celui de la cr\u00e9ation balbutiante, de l&rsquo;imaginaire, de l&rsquo;\u00e9paisseur culturelle, de la f\u00e9condit\u00e9 des artistes entre eux, entre pairs et avec leurs successeurs, nous faisons face \u00e0 une grande prestation des acteurs qui n&rsquo;imitent pas mais inventent, cr\u00e9ent \u00e0 partir de ces idoles qui ont vraiment v\u00e9cu et qui aujourd&rsquo;hui sont mortes, au sein de quinze improvisations, quinze divagations, issues d&rsquo;un travail d&rsquo;\u00e9criture sur plateau riche et bien r\u00e9alis\u00e9, qui laisse place au jeu dans tous les sens du terme, \u00e0 cette libert\u00e9, cet espace, qui signe l&rsquo;absence de tout marasme, de toute scl\u00e9rose et de toute rouille comme on la trouve parfois dans le th\u00e9\u00e2tre bien r\u00f4d\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie est juste, d\u00e9paysante, suggestive : un abri bus \u00e9gar\u00e9, quelques projections, comme un grand entrep\u00f4t -l&rsquo;enfer du Parking de Jacques Demy o\u00f9 errent les \u00e2mes?-. Christophe Honor\u00e9 nous offre des clefs de lectures pour mieux le comprendre, lui et son \u0153uvre, il esth\u00e9tise sa loyaut\u00e9 envers ses ma\u00eetres : on pourrait alors regretter un certain enfermement sur soi, un certain herm\u00e9tisme qui emp\u00eache le spectateur de rentrer dans cette psych\u00e9 qui n&rsquo;est pas la sienne, un amas de r\u00e9f\u00e9rences culturelles implicites qui semblent parfois viser un public qu&rsquo;il conna\u00eet bien, cultiv\u00e9, de gauche, qui se compla\u00eet dans une culture qu&rsquo;il ma\u00eetrise si bien. Mais ces tendances s&rsquo;estompent vite puisque quand il nous parle de lui, il nous parle de nous. Nous avons tous en nous un mur o\u00f9 l&rsquo;on accroche les portraits de nos idoles, un lieu en nous o\u00f9 elles deviennent immortelles, o\u00f9 nous les fantasmons et o\u00f9 nous les faisons parler, encore et encore : <br>\u00ab Car c&rsquo;est vraiment Seigneur, le meilleur t\u00e9moignage  <br>Que nous puissions donner de notre dignit\u00e9  <br>Que cet ardent sanglot qui roule d&rsquo;\u00e2ge en \u00e2ge <br>Et vient mourir au bord de votre \u00e9ternit\u00e9 ! \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Anne Fenoy <\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Les Idoles de Christophe Honor\u00e9 est une de ces pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre dont on sait que la charge \u00e9motionnelle sera lourde de par son sujet. Au-del\u00e0 du sida et des souffrances qu\u2019il engendre, le fil conducteur de cette pi\u00e8ce est avant tout six hommes, six artistes, qui ont d\u00fb apprendre \u00e0 vivre avec. Ces derniers ont fait face au lourd choix de dire qu\u2019ils \u00e9taient atteints ou non par le virus. Certains l\u2019ont cach\u00e9 toute leur vie comme ce fut le cas pour Jacques Demy ; d\u2019autres n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9s \u00e0 d\u00e9noncer le manque de moyens pour lutter contre la maladie mais aussi l\u2019exclusion et la honte dont les porteurs du sida sont victimes. Alors la grande question que se posent ces six artistes ressuscit\u00e9s pour l\u2019occasion au th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on est : Auraient-ils d\u00fb en parler ou garder cela priv\u00e9 ? Comment faut-il r\u00e9agir face \u00e0 la maladie ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce d\u2019un grand dynamisme narratif se structure autour des r\u00e9cits de six personnages et de leur discussion sur leurs chemins de vie respectifs. La mise en sc\u00e8ne est dans l\u2019ensemble sommaire mais certaines trouvailles artistiques rajoutent une force au dialogue. Par exemple, lors d\u2019une prise de parole de Kolt\u00e8s (dramaturge et com\u00e9dien mort du sida en 1989), les autres acteurs le filment au travers d\u2019une cam\u00e9ra que l\u2019on retransmet sur un \u00e9cran au spectateur. Cette mise en abyme ing\u00e9nieuse permet de donner une r\u00e9elle beaut\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne et renforce ce c\u00f4t\u00e9 intimiste cr\u00e9\u00e9 autour de leur r\u00e9cit. De m\u00eame, l\u2019utilisation d\u2019une grosse caisse \u00e0 son pour recr\u00e9er une mini sc\u00e8ne de danse est astucieuse. Marl\u00e8ne Saldana, dans le r\u00f4le de Jacques Demy, utilise l\u2019espace improvis\u00e9 pour danser de mani\u00e8re endiabl\u00e9e pendant dix minutes. L\u2019\u00e9nergie qu\u2019elle r\u00e9ussit \u00e0 transmettre est \u00e0 couper le souffle. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette force physique est aussi pr\u00e9sente chez les autres acteurs mais plus dans la forme de leur dialogue. Le discours de ces personnages est cru, parfois tr\u00e8s explicite et surtout vrai, car ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 d\u00e9noncer les ravages du sida dans le milieu homosexuel. Marina Fois, qui joue le r\u00f4le d\u2019Herv\u00e9 Guibert, est elle aussi saisissante par les \u00e9motions qu\u2019elle d\u00e9gage dans son monologue poignant dans lequel elle relate les derniers jours de son ami Muzil, atteint lui aussi du sida. On peut aussi noter que ces deux femmes r\u00e9ussissent magistralement \u00e0 s\u2019affranchir de leur genre pour incarner ces \u00ab idoles \u00bb. Alors que ceci aurait pu \u00eatre une source de trouble pour le spectateur, les actrices nous emportent compl\u00e8tement dans leurs r\u00f4les tout en n\u2019essayant pas pour autant de paraitre masculines. <\/p>\n\n\n\n<p>Le seul regret que l\u2019on pourrait avoir face \u00e0 cette pi\u00e8ce est la difficult\u00e9 \u00e0 comprendre toutes les subtilit\u00e9s du spectacle quand on ne connait pas auparavant l\u2019\u0153uvre de ces artistes. En effet, ces derniers sont tous morts aux alentours des ann\u00e9es 1990 ; ce n\u2019est donc pas une culture qui fait forc\u00e9ment \u00e9cho aux moins de trente ans. Cependant, c\u2019est aussi une mani\u00e8re de d\u00e9couvrir les ann\u00e9es 1980-90 sous un prisme nouveau en se plongeant dans une \u00e9poque historique r\u00e9cente dont tous les tenants et aboutissants n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts. Il faut donc voir cette pi\u00e8ce avant tout comme une prise de recul sur le sida dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 et aussi comme un moyen de comparaison avec aujourd\u2019hui. Les Idoles est une pi\u00e8ce qui \u00e0 l\u2019image du film 120 battements par minute de Robin Campillo r\u00e9ussit \u00e0 parler du sida avec force et humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Eva Josselin<\/p>\n\n\n\n<p>_________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Qui n\u2019a pas un jour r\u00eav\u00e9 de rencontrer ses idoles ? Qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par les morts violentes, frapp\u00e9es de tabou, de jeunes com\u00e8tes qui se d\u00e9sint\u00e8grent avant d\u2019avoir atteint leur apog\u00e9e ? Ici, cette mort violente a un nom et une cause d\u00e9sormais connus : le Sida. Et c\u2019est Christophe Honor\u00e9 qui nous d\u00e9voile son r\u00eave le temps d\u2019une soir\u00e9e, afin de rencontrer les Jacques Demy, Bernard-Marie Kolt\u00e8s, Jean-Luc Lagarce ou autres artistes tous morts sous la m\u00eame \u00e9toile, \u00e0 59, 41 ou 38 ans. <\/p>\n\n\n\n<p>Dialogue d\u2019abord loufoque entre ces monstres du cin\u00e9ma, de la litt\u00e9rature ou du journalisme, le spectacle (qui se veut tel, comme le d\u00e9note la pr\u00e9sence des microphones) h\u00e9site entre bizarrerie assum\u00e9e, humour tendre et \u00e9motion et fait doucement surgir la question de la responsabilit\u00e9 de l\u2019artiste. Que faire de son homosexualit\u00e9 et de sa maladie, dans le cas de nos personnages, lorsque l\u2019on est une personne publique ? Doit-on les instrumentaliser, comme diraient les r\u00e9fractaires \u00e0 une telle pratique, afin d\u2019attirer l\u2019attention sur une maladie, dont la proportion de malades ne baisse pas, et \u00e9veiller ainsi les consciences ? Un artiste peut-il taire son orientation sexuelle ou doit-il user de sa position sociale et parler au nom de ceux priv\u00e9s de voix ? Les six artistes pr\u00e9sent\u00e9s ont tous r\u00e9agi de mani\u00e8re diff\u00e9rente et le d\u00e9bat reste un d\u00e9bat ouvert, aussi parce qu\u2019il demeure extr\u00eamement douloureux. Entre refus de reconna\u00eetre son homosexualit\u00e9 (soit par l\u00e2chet\u00e9, soit par ce que l\u2019on pourrait juger d\u2019anti-narcissisme), affirmation haut et fort et d\u00e9claration voulue informelle, il n\u2019y a pas de \u00ab bonne m\u00e9thode \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce m\u00e9lange entre hommage, dialogue et repr\u00e9sentation, le spectateur perd parfois le fil mais est bien vite rattrap\u00e9 par les intenses monologues d\u00e9livr\u00e9s notamment par Marina Fo\u00efs (Herv\u00e9 Guibert) et Julien Honor\u00e9 (Jean-Luc Lagarce). Le spectacle ne manque n\u00e9anmoins pas d\u2019humour et les respirations comiques \u00e9quilibrent heureusement cette longue partition. Ainsi, lorsque tous se retrouvent au centre de la sc\u00e8ne afin d\u2019imaginer leur admirateur id\u00e9al ou \u00ab cher inconnu \u00bb, la douce figure de Bambi Love se dessine au milieu des rires. La sc\u00e9nographie d\u2019usine d\u00e9saffect\u00e9e \u00e0 l\u2019architecture sombre accueille volontiers les pleurs et les d\u00e9sillusions, que l\u2019enthousiasme et l\u2019exub\u00e9rance viennent souvent adoucir. La r\u00e9alit\u00e9 de la maladie n\u2019en demeure pas moins omnipr\u00e9sente, que ce soit par la pr\u00e9sence des pots de chambre sur lesquels les acteurs s\u2019assoient avec douleur, ou par l\u2019entremise des corps \u00e9maci\u00e9s eux-m\u00eames. Les voix finissent par s\u2019estomper et l\u2019interm\u00e8de f\u00e9erique s\u2019ach\u00e8ve, mais si les effluves de la m\u00e9lancolie nimbent doucement la sc\u00e8ne, celle-ci retentit encore de l\u2019urgence de vivre et de la certitude de l\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Charras<\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Franchir les portes du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on est d\u00e9j\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement en soi et g\u00e9n\u00e9ralement  gage de qualit\u00e9. Vendredi 18 janvier \u00e9tait donc un grand soir pour moi, lorsque je suis all\u00e9e voir la pi\u00e8ce Les Idoles, mise en sc\u00e8ne par Christophe Honor\u00e9. A l\u2019affiche, je remarque le nom prometteur de Marina Fo\u00efs, actrice dont j\u2019appr\u00e9cie beaucoup le travail.  <\/p>\n\n\n\n<p>Un d\u00e9cor surprenant s\u2019offre directement \u00e0 la vue du spectateur : une sorte de station de m\u00e9tro abandonn\u00e9e ou une usine d\u00e9saffect\u00e9e. Des \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9 style ann\u00e9es 1980 plac\u00e9s dans l\u2019angle en haut \u00e0 droite annoncent les diff\u00e9rentes parties de la pi\u00e8ce. Les acteurs arpentent la sc\u00e8ne en costumes h\u00e9t\u00e9roclites, tous la cigarette \u00e0 la bouche, une mani\u00e8re de signifier le monde des artistes et d\u2019\u00e9voquer une France pr\u00e9-lois anti-tabac. <\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle d\u00e9bute sur une adresse au public de Christophe Honor\u00e9 qui nous raconte en voix-off ses vingt ans, sa qu\u00eate d\u2019amour \u00e0 travers l\u2019art et sa rencontre avec l\u2019\u0153uvre de Dominique Bagouet. Il semble que la vis\u00e9e est de d\u00e9ranger les conventions th\u00e9\u00e2trales : absence du quatri\u00e8me mur pour d\u00e9buter, puis, plus tard, interaction avec le public et surtout un rapport surprenant avec l\u2019illusion th\u00e9\u00e2trale, certains r\u00f4les masculins \u00e9tant ostentatoirement endoss\u00e9s par des femmes. Ce choix d\u00e9stabilise de prime abord, mais donne finalement lieu \u00e0 des d\u00e9calages assez cocasses et apporte de l\u2019universalit\u00e9 \u00e0 un sujet qui ne regroupe que des figures masculines. Autre bizarrerie, l\u2019utilisation intempestive de micros pour prendre la parole, nous donnant l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 une conf\u00e9rence. Inhabituel au th\u00e9\u00e2tre, ce parti pris contrarie le spectateur au d\u00e9part mais, peu \u00e0 peu, ce dernier se laisse bercer par ce ballet de micros vol\u00e9s, \u00e9chang\u00e9s, restitu\u00e9s, abandonn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Idoles convoque six personnalit\u00e9s du paysage culturel fran\u00e7ais (dramaturges, r\u00e9alisateurs, journalistes), Cyril Collard, Bernard-Marie Kolt\u00e8s, Jacques Demy, Herv\u00e9 Guibert, Jean-Luc Lagarce et Serge Daney et imagine une rencontre post-mortem entre ces personnages. Leurs points communs sont leurs professions, toutes plus ou moins reli\u00e9es, mais aussi leur homosexualit\u00e9 et surtout leur d\u00e9c\u00e8s, caus\u00e9 par le SIDA. Autour de cette maladie sont tour \u00e0 tour abord\u00e9s entre autres les th\u00e8mes du d\u00e9ni, du traitement des m\u00e9dias, l\u2019engagement pour la lutte, le tout replac\u00e9 dans les contextes individuels des personnages. Chaque personnalit\u00e9 conte son v\u00e9cu, son ressenti, argumente, proteste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le sujet quoique pr\u00e9cis n\u2019est pas restreint. Ce sont avant tout l\u2019amour et la perte d\u2019\u00eatres chers qui surplombent la pi\u00e8ce. Dans un monologue d\u2019une rare intensit\u00e9 Marina Fo\u00efs, interpr\u00e8te de Guibert, relate la d\u00e9ch\u00e9ance physique d\u2019un ami \u00e0 mesure que la maladie consume ses derni\u00e8res forces. La mort, l\u2019amour et la post\u00e9rit\u00e9 forment un triptyque qui maintient l\u2019attention du spectateur tout le long. Cette pi\u00e8ce est \u00e9galement un document historique vivant : on en apprend sur les courants de pens\u00e9e des ann\u00e9es 1980-1990, p\u00e9riode d\u2019apparition et de prise de conscience du SIDA en France, mais aussi sur les personnalit\u00e9s repr\u00e9sent\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>Christophe Honor\u00e9 nous un offre un spectacle sous forme d\u2019hommage, tout en interrogeant l\u2019opinion \u00e9tabli et sans contourner les pol\u00e9miques. Sans doute, le travail d\u2019improvisation et de documentation qui a eu lieu lors de la cr\u00e9ation de la pi\u00e8ce, est ce qui donne cette v\u00e9rit\u00e9 si sensible au jeu des acteurs. La pi\u00e8ce est rythm\u00e9e, diversifi\u00e9e, alternant moments musicaux, danses, vid\u00e9os projet\u00e9es, avec de longs monologues seul en sc\u00e8ne, \u00e9vitant fi\u00e8rement l\u2019\u00e9cueil du pathos inh\u00e9rent \u00e0 ce genre de th\u00e8mes. Le spectateur en ressort chamboul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Alwina Najem-Meyer<\/p>\n\n\n\n<p>___________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographie : Jean-Louis Fernandez<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >\u00ab C&rsquo;est un phare allum\u00e9 sur mille citadelles \u00bb&#8230; Pour un soir, Christophe Honor\u00e9 se fait Baudelaire en proposant une pi\u00e8ce hommage o\u00f9 sont r\u00e9unies ses idoles, ses ic\u00f4nes, ses phares, tout autant de grands ma\u00eetres et de mod\u00e8les qui l&rsquo;ont construits autant qu&rsquo;il les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":12713,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,4],"tags":[],"class_list":["post-12711","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre-de-lodeon","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12711","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12711"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12711\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12711"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12711"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12711"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}