{"id":12722,"date":"2019-01-31T18:59:06","date_gmt":"2019-01-31T17:59:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12722"},"modified":"2019-01-31T18:59:06","modified_gmt":"2019-01-31T17:59:06","slug":"les-idoles-christophe-honore-odeon-theatre-de-leurope-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12722","title":{"rendered":"Les idoles \/ Christophe Honor\u00e9 \/ Od\u00e9on-Th\u00e9atre de l&rsquo;Europe"},"content":{"rendered":"\n<p>Les Idoles, sur le papier, a tout d\u2019un spectacle centr\u00e9 sur Christophe Honor\u00e9, sur ses idoles, son rapport \u00e0 elles, leurs apports \u00e0 la construction de sa personnalit\u00e9 et de son art, somme toute une autobiographie indirecte et assez narcissique. Pourtant d\u00e8s le tout d\u00e9but, lorsque le cr\u00e9ateur s\u2019adresse au public par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un haut-parleur sur roulettes \u00e9clair\u00e9 par un projecteur \u2014 refusant d\u2019\u00eatre r\u00e9ellement pr\u00e9sent ou repr\u00e9sent\u00e9 sur sc\u00e8ne \u2014 l\u2019on sent que la pi\u00e8ce a choisi une autre approche. Si Les Idoles est une biographie, c\u2019est plut\u00f4t celle, collective, d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes homosexuels et bisexuels morts du sida pendant les ann\u00e9es 1980 et 1990\u2009; c\u2019est l\u00e0 un sujet d\u00e9licat qui est trait\u00e9 avec grande attention voire avec amour, car s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque ignor\u00e9s ou r\u00e9pudi\u00e9s du grand public (pour ceux qui ont annonc\u00e9 leur maladie), ils brillent ici avec une splendeur que les com\u00e9diens et com\u00e9diennes, tous excellents, s\u2019attachent \u00e0 recr\u00e9er. <\/p>\n\n\n\n<p>Bernard-Marie Kolt\u00e8s, Cyril Collard, Serge Daney, Herv\u00e9 Guibert, Jean-Luc Lagarce et Jacques Demy sont \u00e0 l\u2019honneur dans cette pi\u00e8ce en 15 parties annonc\u00e9es par les postes de t\u00e9l\u00e9vision en haut \u00e0 droite de la sc\u00e8ne, un des quelques \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor sur l\u2019estrade gris\u00e2tre et \u00e9pur\u00e9e qui ne contient gu\u00e8re que des marches, une paire de si\u00e8ges amovibles, quelques colonnes, et en arri\u00e8re-sc\u00e8ne un arr\u00eat de bus qui fait face au mur. S\u2019ajoutent \u00e0 cela des micros accompagn\u00e9s de leurs pr\u00e9sentoirs : les personnages en effet interagissent entre eux naturellement, souvent spontan\u00e9ment pour disputer le point de vue d\u2019un autre, avant de s\u2019avancer vers un micro comme s\u2019ils se rappelaient soudain qu\u2019ils \u00e9taient observ\u00e9s par un public. Le soir de la repr\u00e9sentation, l\u2019acteur qui joue Lagarce (Julien Honor\u00e9) s\u2019\u00e9tait bless\u00e9 et a pass\u00e9 la repr\u00e9sentation tant\u00f4t en fauteuil roulant tant\u00f4t appuy\u00e9 sur une canne, mais la mise en sc\u00e8ne \u00e9tait si bien adapt\u00e9e \u00e0 sa situation qu\u2019on aurait pu croire que tout \u00e9tait pr\u00e9vu. <\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9changes d\u2019id\u00e9es, d\u2019exp\u00e9riences et de s\u00e9duction, mais aussi les diff\u00e9rends entre les personnages constituent l\u2019esprit et le c\u0153ur de la pi\u00e8ce : si la biographie est certes collective, ce sont les perspectives singuli\u00e8res de chaque artiste qui rendent les 2 h 30 de spectacle si prenantes. Les monologues des personnages sont souvent plut\u00f4t des tirades interrompues de remarques, accords ou critiques des cinq autres com\u00e9diens qui ne s\u2019aventurent jamais trop loin\u2009; parmi les r\u00e9els monologues n\u00e9anmoins on note le tr\u00e8s long r\u00e9cit (peut-\u00eatre un peu trop pour l\u2019heure tardive) de la mort de Michel Foucault par Herv\u00e9 Guibert (Marina Fo\u00efs). <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019actrice phare de la pi\u00e8ce, cela dit, est assur\u00e9ment Marl\u00e8ne Saldana, interpr\u00e8te de Jacques Demy, qui parfois s\u2019aventure en Liz Taylor. Dans la sc\u00e8ne la plus r\u00e9ussie de la soir\u00e9e, elle danse et mime devant un mur d\u2019enceintes La chanson d\u2019un jour d\u2019\u00e9t\u00e9 des Demoiselles de Rochefort avec une \u00e9nergie puissante, jouissante et juste assez tragique pour cerner le personnage si particulier de Demy. Il est d\u2019ailleurs le personnage le plus atypique de la pi\u00e8ce, lui dont on apprit la cause de la mort 15 ans seulement apr\u00e8s cette derni\u00e8re. Son personnage priv\u00e9, presque prude et tr\u00e8s ferm\u00e9 sert de parfait contrepied aux personnages plus ouvertement excentriques mais non moins fascinants, dont Cyril Collard (Harrison Ar\u00e9valo) est le plus finement \u00e9crit. <\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, Les Idoles repose sur la fragile balance entre  la r\u00e9cr\u00e9ation de l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019un milieu dans un temps donn\u00e9 et les exp\u00e9riences personnelles mais universalisables de ses personnages, entre aussi la cons\u00e9cration desdites \u00ab\u2009idoles\u2009\u00bb et l\u2019excuse collective que la soci\u00e9t\u00e9 doit encore aux victimes de ces \u00ab\u2009ann\u00e9es sida\u2009\u00bb, mais le pari est selon moi r\u00e9ussi. L\u2019hommage est vibrant et parvient \u00e0 faire justice \u00e0 son sujet intrins\u00e8quement tragique sans s\u2019apitoyer outre mesure sur le sort des morts du sida et le calvaire que la maladie fait subir \u00e0 certains. L\u2019horreur est pr\u00e9sente et tout sauf gomm\u00e9e, la fin d\u2019ailleurs ne souscrit pas \u00e0 un happy end factice, mais la pi\u00e8ce entreprend de mettre un coup de projecteur sur les parcours des six artistes qu\u2019elle met en sc\u00e8ne, et donnera sans aucun doute aux spectateurs l\u2019envie d\u2019aller d\u00e9couvrir ou explorer plus en d\u00e9tail leurs \u0153uvres. S\u2019il fait revenir ses idoles d\u2019outre- tombe, Christophe Honor\u00e9 s\u2019efface astucieusement pour laisser enfin s\u2019exprimer pleinement et librement ces personnages qu\u2019on a par le pass\u00e9 parfois voulu museler. <\/p>\n\n\n\n<p>Ewen Zimmermann<\/p>\n\n\n\n<p>____________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre Les Idoles, Christophe Honor\u00e9 signe un grand chef-d\u2019oeuvre. Il ma\u00eetrise avec brio le m\u00e9lange des genres, parvenant \u00e0 traiter un sujet dur et morbide avec humour et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. En donnant voix \u00e0 de grands artistes d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, il r\u00e9ussit avec gr\u00e2ce \u00e0 nous faire passer ais\u00e9ment du rire aux larmes. Il am\u00e8ne ing\u00e9nieusement le spectateur \u00e0 s\u2019interroger sur des questions cruciales telles que l\u2019acceptation et l\u2019affirmation de l\u2019homosexualit\u00e9, l\u2019engagement dans la lutte contre le sida, le traitement et l\u2019utilisation des mots, la puissance du cin\u00e9ma capable de transcender le temps et l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Il offre \u00e0 chaque personnage la possibilit\u00e9 de d\u00e9velopper son int\u00e9riorit\u00e9 et son caract\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la longueur de la pi\u00e8ce, loin d\u2019\u00eatre vaine et fastidieuse. De fait, nous faisons face \u00e0 un Kolt\u00e8s absent, renferm\u00e9, pessimiste et je m\u2019en foutiste, \u00e0 un Jacques Demy pudique et col\u00e9rique mais palpitant et attachant, un Collard plein de vitalit\u00e9 et de sensualit\u00e9, un Serge Daney tendre et bienveillant, un Guibert fragile et dans un besoin d\u00e9vastateur d\u2019amour, enfin un Lagarce provocateur et \u00e9mouvant. La lenteur de la pi\u00e8ce permet ainsi un d\u00e9ploiement de couleurs et de sentiments qui font la nuance de chaque protagoniste. <\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de monologues saisissants, Honor\u00e9 met \u00e0 profit la virtuosit\u00e9 de la langue fran\u00e7aise et d\u00e9montre par la m\u00eame le maniement resplendissant des mots dont il est capable. Il cr\u00e9e habilement des ruptures de ton en op\u00e9rant des changements soudains de registres de langue, qui visent \u00e0 d\u00e9dramatiser des discours int\u00e9rieurs qui abordent de plein fouet l\u2019exp\u00e9rience de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dramaturge fran\u00e7aise utilise tous les moyens dont il dispose pour insuffler vie et profondeur \u00e0 son spectacle. L\u2019accompagnement musical dramatise avec justesse des sc\u00e8nes de tensions \u00e9motionnelles. Au contraire, parfois, il permet de pulv\u00e9riser cette condensation d\u2019\u00e9motion en une danse r\u00e9jouissante et baroque. Aussi, Honor\u00e9 fait adroitement coexister le silence et le son. Il met \u00e0 contribution le corps des acteurs de telle mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019il s\u2019exprime fougueusement et g\u00e9n\u00e9reusement, au m\u00eame titre que leurs voix, parfois fortes, souvent douces, parfois \u00e9raill\u00e9es, souvent nou\u00e9es, toujours authentiques et pleines de sinc\u00e9rit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9alisateur des Chansons d\u2019amour cr\u00e9e merveilleusement bien une connivence avec le spectateur cin\u00e9phile, en le matraquant de r\u00e9f\u00e9rences culturelles auxquelles il invite \u00e0 \u00eatre attentif. De m\u00eame, son amour pour le cin\u00e9ma est perceptible par son choix d\u2019ins\u00e9rer dans la repr\u00e9sentation la r\u00e9alisation et la projection simultan\u00e9e d\u2019un court m\u00e9trage qui met \u00e0 bas la pudeur homosexuelle, sans retenue aucune et avec une suave impertinence. <\/p>\n\n\n\n<p>En faisant se c\u00f4toyer le trivial et le sublime, en mettant au jour des r\u00e9miniscences et des souvenirs d\u00e9chirants, en \u00e9voquant l\u2019histoire d\u2019une vie et d\u2019une \u00e9poque ravag\u00e9e par une pand\u00e9mie plan\u00e9taire, Honor\u00e9 nous offre un petit bijou th\u00e9\u00e2tral. Tordant, bouleversant, vivant, poignant, brillant, ce spectacle po\u00e9tique et d\u00e9licat met en branle l\u2019\u00e2me de tout spectateur un tant soit peu sensible !<\/p>\n\n\n\n<p>Clara Lucas <\/p>\n\n\n\n<p>________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on, Christophe Honor\u00e9 met en sc\u00e8ne Les Idoles, d&rsquo;apr\u00e8s un texte qu&rsquo;il a \u00e9crit lui-m\u00eame avec l&rsquo;aide de ses com\u00e9diens. Les Idoles, ce sont tous les artistes qu&rsquo;il a d\u00e9couvert dans sa jeunesse, qu&rsquo;il a aim\u00e9 et qui sont morts du sida. Honor\u00e9 les fait revivre sous nos yeux, pour leur laisser une seconde chance de s&rsquo;exprimer. On voit donc Lagarce, Kolt\u00e8s, Guibert, Demy, Collard, Daney d\u00e9battre ensemble de tol\u00e9rance, d&rsquo;art, de politique. C&rsquo;est pour faire ressurgir le souvenir de ces hommes qu&rsquo;il a admir\u00e9 et qui ont influenc\u00e9 son travail qu&rsquo;Honor\u00e9 a r\u00e9uni sa troupe de com\u00e9diens avec qui il a \u00e9crit le texte au fil des r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9marche est personnelle mais permet de poser des questions plus fondamentales, notamment portant sur la question du sida. Honor\u00e9 propose par exemple une r\u00e9flexion autour du r\u00f4le politique de l&rsquo;artiste. Celui-ci devait-il dire ouvertement qu&rsquo;il \u00e9tait s\u00e9ropositif, au risque de subir le rejet de la soci\u00e9t\u00e9 ou bien pouvait-il se permettre de se taire et garder le secret ? Ces discussions sont int\u00e9ressantes et proposent des arguments puissants. Dans ces moments la pi\u00e8ce conna\u00eet ses meilleurs moments : les discussions portent certes sur des th\u00e9matiques du pass\u00e9 ( les personnages reprochent par exemple \u00e0 Demy d&rsquo;avoir gard\u00e9 le secret), mais font \u00e9cho \u00e0 des probl\u00e9matiques plus actuelles telles que le racisme, l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit, le r\u00f4le de l&rsquo;artiste dans la soci\u00e9t\u00e9. Certains passages sont dr\u00f4les et l&rsquo;\u00e9motion est in\u00e9vitablement produite par cette rencontre entre Christophe Honor\u00e9, lui-m\u00eame un artiste talentueux, et tous les personnages qu&rsquo;il met en sc\u00e8ne dont on sent l&rsquo;admiration et l&rsquo;influence qu&rsquo;ils ont eu sur lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant la mise en sc\u00e8ne, Honor\u00e9 m\u00eale diverses techniques, on reconna\u00eet son talent de cin\u00e9aste dans les vid\u00e9os film\u00e9es au pr\u00e9alable qu&rsquo;il fait projeter, et int\u00e8gre aussi des moments de danse ou de chants. Cependant, si la pi\u00e8ce s\u00e9duit par le jeu des acteurs et l&rsquo;alchimie qui existe entre eux, la qualit\u00e9 des r\u00e9flexions, l&rsquo;humour, et l&rsquo;\u00e9motion face \u00e0 l&rsquo;hommage rendu, elle comporte aussi quelques longueurs qui p\u00e8sent sur le bon d\u00e9roulement de la pi\u00e8ce. Certains monologues prennent trop de temps ce qui conduit \u00e0 l&rsquo;essoufflement de la dynamique de la pi\u00e8ce. L&rsquo;attention du spectateur s&rsquo;en trouve diminu\u00e9e et fait des Idoles un bon spectacle mais pas un chef d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Anais Mass\u00e9na<\/p>\n\n\n\n<p>________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Christophe Honor\u00e9, auteur, r\u00e9alisateur, dramaturge et metteur en sc\u00e8ne, r\u00e9alise une nouvelle pi\u00e8ce intitul\u00e9e Les Idoles. Cette cr\u00e9ation succ\u00e8de \u00e0 son pr\u00e9c\u00e9dent spectacle, Nouveau Roman, mettant en sc\u00e8ne de grandes figures ayant appartenues au mouvement litt\u00e9raire du m\u00eame nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Les Idoles, Christophe Honor\u00e9 reprend le m\u00eame principe, faisant dialoguer de grands artistes du XXe si\u00e8cle, ayant pour point commun d&rsquo;\u00eatre mort du SIDA dans les ann\u00e9es 1990. Les cin\u00e9astes Jacques Demy et Cyril Collard, le critique de cin\u00e9ma Serge Daney, les auteurs dramaturges Bernard-Marie Kolt\u00e9s, Herv\u00e9 Guibert, et Jean-Luc Lagarce entament une r\u00e9flexion sur leur vie, leur mort, leur maladie, leur art. Bien qu&rsquo;il consid\u00e8re ces artistes comme ses \u00ab\u00a0idoles\u00a0\u00bb, Christophe Honor\u00e9 ne donne pas une repr\u00e9sentation \u00e9dulcor\u00e9e de ces figures artistiques. Il les montre plut\u00f4t dans leur fragilit\u00e9 et leurs ambivalences et les confronte sur sc\u00e8ne. Alternant moment de com\u00e9die et de drame, il fait s&rsquo;interroger les artistes et les spectateurs. Doit-on avouer sa maladie au grand public ? Doit-on, de par son statut d&rsquo;artiste, faire preuve de militantisme et revendiquer son homosexualit\u00e9 ? Ce sont des questions que posent Christophe Honor\u00e9, lui-m\u00eame homosexuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait toutefois r\u00e9ducteur de pr\u00e9senter cette pi\u00e8ce comme une simple r\u00e9flexion sur l&rsquo;homosexualit\u00e9 et le sida. La grande force de ce spectacle r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 toucher tous types de spectateurs, quelques soient leur orientation sexuelle. En effet, cette pi\u00e8ce parle avant tout d&rsquo;amour, th\u00e8me particuli\u00e8rement pr\u00e9sent dans certaines parties de la pi\u00e8ce o\u00f9 les acteurs, excellents, comme Marina Fo\u00efs ou Jean-Charles Clicher, racontent les derniers jours de leur mort ou de celle de leurs proches  frapp\u00e9s par la maladie. Christophe Honor\u00e9 prend un autre parti-pris qui permet d&rsquo;universaliser son propos. Il bouscule les genres, en choisissant des actrices pour interpr\u00e9ter des r\u00f4les d&rsquo;hommes : Jacques Demy, homme r\u00e9serv\u00e9 qui n&rsquo;a jamais d\u00e9voil\u00e9 son homosexualit\u00e9, devient une femme qui peu \u00e0 peu se d\u00e9voile jusqu&rsquo;\u00e0 danser, quasiment nue, sur sc\u00e8ne. On soulignera d&rsquo;ailleurs la performance assez impressionnante de Marl\u00e8ne Saldana. En ce qui concerne la mise en sc\u00e8ne, Christophe Honor\u00e9 utilise plusieurs m\u00e9diums : la vid\u00e9o permet de multiplier les points de vus, et de pr\u00e9senter des sc\u00e8nes parall\u00e8les simultan\u00e9ment sur la sc\u00e8ne. Il utilise le son (une enceinte sur roulettes) pour intervenir et expliciter la dimension autobiographique qui le lie \u00e0 sa cr\u00e9ation. <\/p>\n\n\n\n<p>Bien que cette pi\u00e8ce n\u00e9cessite peut- \u00eatre quelques connaissances culturelles pour pouvoir \u00eatre pleinement comprise et appr\u00e9ci\u00e9e, Christophe Honor\u00e9 signe une \u0153uvre marquante \u00e0 ne pas manquer. <\/p>\n\n\n\n<p>Fanny Auffret<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographe : Jean-Louis Fernandez<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Les Idoles, sur le papier, a tout d\u2019un spectacle centr\u00e9 sur Christophe Honor\u00e9, sur ses idoles, son rapport \u00e0 elles, leurs apports \u00e0 la construction de sa personnalit\u00e9 et de son art, somme toute une autobiographie indirecte et assez narcissique. Pourtant d\u00e8s le tout d\u00e9but, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":12713,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,4],"tags":[],"class_list":["post-12722","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theatre-de-lodeon","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12722","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12722"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12722\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12722"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12722"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12722"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}