{"id":12768,"date":"2019-03-21T17:37:11","date_gmt":"2019-03-21T16:37:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12768"},"modified":"2019-03-21T17:37:11","modified_gmt":"2019-03-21T16:37:11","slug":"la-collection-harold-pinter-ludovic-lagarde-theatre-des-bouffes-du-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12768","title":{"rendered":"La Collection \/ Harold Pinter &#8211; Ludovic Lagarde \/ Th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord"},"content":{"rendered":"\n<p>Une fois de plus, les douces ruines rougies de l\u2019\u00e9trange Th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord se m\u00e9tamorphosent et accueillent en son sein la parole nob\u00e9lis\u00e9e d\u2019Harold Pinter. Une histoire qui n\u2019en est pas une, une histoire de mensonges, m\u00e9tafictionnelle, sans fin et intemporelle. Que s\u2019est-il pass\u00e9 ? On ne le saura jamais. Une veine absurde ? Un peu, mais pas seulement. Partout palpitent une sorte de violence, un sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9, parfois un rire. Un peu de sang sur une main bless\u00e9e. Du d\u00e9sir sexuel. Des incongruit\u00e9s. Tout est m\u00eal\u00e9. Quatre personnages, deux couples, il semblerait, et mille versions d\u2019une m\u00eame histoire de possible adult\u00e8re : que s\u2019est-il pass\u00e9 ou non entre Bill et Stella dans cet h\u00f4tel ? Un silence ? Un simple baiser ? Une nuit passionn\u00e9e ? Simplement un regard ? Peut-\u00eatre qu\u2019au fond ils ne se sont jamais vus. Le th\u00e9\u00e2tre, une fois de plus, tout en questionnant les grandes questions ind\u00e9l\u00e9biles de la v\u00e9rit\u00e9 et du mensonge, vient mettre au jour sa nature de fiction. <\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu des acteurs est brillant. Nous noterons particuli\u00e8rement le corps ondulant et fascinant du grand Micha Lescot, qui se meut comme un chat avec ses cheveux devenus blond-orang\u00e9s pour l\u2019occasion, ainsi qu\u2019un dialogue fulgurant et savoureux, aussi dr\u00f4le qu\u2019\u00e9trange, entre ce dernier et Laurent Poitrenaux, o\u00f9 les intentions et les rythmes sont justes. La d\u00e9gaine d\u00e9pass\u00e9e du personnage d\u2019Amalric, un peu vieux, un peu mal r\u00e9veill\u00e9, ne comprenant pas tout. Le corps langoureux de Val\u00e9rie Dashwood qui ne dit pas grand-chose mais qui se compla\u00eet dans une grande fourrure sensuelle, comme un chat, elle aussi. De tout cela \u00e9mane une singuli\u00e8re \u00e9tranget\u00e9, un flot d\u2019incertitudes. <\/p>\n\n\n\n<p>Deux espaces : la sc\u00e8ne est coup\u00e9e en deux. Deux int\u00e9rieurs se font face : \u00e0 l\u2019inverse, ceux des personnages, on ne les verra jamais. Un d\u00e9cor noir et un d\u00e9cor blanc, du vrai et du faux, de l\u2019ombre et de la lumi\u00e8re, de l\u2019amour et de la jalousie, du d\u00e9sir et de la violence : un grand jeu de masques, tout comme ceux qui reviennent, mystiques, de temps \u00e0 autre, sur le visage des acteurs. Beaucoup d\u2019objets et de costumes nous ancrent dans un Londres d\u2019artiste, berc\u00e9 par le Jazz et le go\u00fbt ch\u00e2ti\u00e9 des vases japonais, des lampes un peu kitsch et des escaliers qui ne m\u00e8nent nulle part. Pourtant, malgr\u00e9 ces quelques rep\u00e8res, tout reste aussi \u00e9trange : des espaces semi-v\u00e9cus, semi-mentaux, semi-r\u00eav\u00e9s, o\u00f9 les technologies \u00e9labor\u00e9es c\u00f4toient les vieux tourne-disques. La sc\u00e8ne est profonde et ouvre sur un grand espace : on sent que quelque chose nous \u00e9chappe sur ce grand fond noir o\u00f9 parfois sont projet\u00e9es des flammes mouvantes, ondulantes, chatoyantes, mimant les corps des acteurs. Posant la question du fond des gens, du fond du vrai, de la parole, tout est sous-entendu et aucune certitude ne nous parvient. Platon lui-m\u00eame renoncerait \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 face \u00e0 ces quatre \u00eatres l\u00e0 qui nous prouvent qu\u2019elle n\u2019existe peut-\u00eatre pas. <\/p>\n\n\n\n<p>Anne Fenoy<\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Au th\u00e9\u00e2tre des bouffes du nord, Ludovic Lagarde propose une mise en sc\u00e8ne de La Collection, pi\u00e8ce \u00e9crite par Harold Pinter en 1961. <\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne est divis\u00e9e en deux, chaque partie repr\u00e9sentant un appartement dans lequel vivent deux couples diff\u00e9rents. Lagarde se sert du texte de Pinter pour d\u00e9ployer la complexit\u00e9 des rapports humain, l&rsquo;intrigue prend alors rapidement une tournure \u00e9trange o\u00f9 le spectateur se retrouve face aux mensonges et aux manipulations que mettent en place les personnages. James accuse Bill d&rsquo;avoir eu un rapport sexuel avec sa femme, ce qu&rsquo;elle lui a elle-m\u00eame r\u00e9v\u00e9l\u00e9. Bill commence par nier, r\u00e9pond qu&rsquo;il ne sait pas qui elle est, puis change de version, admet qu&rsquo;il l&rsquo;a embrass\u00e9e. \u00c0 partir de l\u00e0, la manipulation commence. Les personnages se croisent, se manipulent, se mentent, tentent de se s\u00e9duire. Il r\u00e8gne entre eux une sorte de d\u00e9sir les poussant \u00e0 se faire souffrir les uns les autres, comme pour se venger d&rsquo;une quelconque impunit\u00e9 cach\u00e9e au spectateur et peut-\u00eatre ignor\u00e9e des personnages eux-m\u00eames. <\/p>\n\n\n\n<p>On peut d&rsquo;ailleurs noter que les com\u00e9diens sont tous tr\u00e8s bons, ils t\u00e9moignent d&rsquo;une grande \u00e9nergie et font vraiment ressortir la subtilit\u00e9 du texte de Pinter. Gr\u00e2ce \u00e0 cette alchimie qui fonctionne bien entre eux et l&rsquo;encha\u00eenement fluide des sc\u00e8nes, Lagarde parvient \u00e0 conserver l&rsquo;attention du spectateur malgr\u00e9 une mise en sc\u00e8ne qui peut sembler parfois un peu statique. Le rythme ne s&rsquo;essouffle pas, les personnages se d\u00e9voilent progressivement, mais toujours en conservant une dimension de secret, comme si leur intimit\u00e9 devait toujours rester inaccessible.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, Lagarde remplace la cabine t\u00e9l\u00e9phonique initialement indiqu\u00e9e dans la pi\u00e8ce par des t\u00e9l\u00e9phones modernes et connect\u00e9s, symbole des changements de notre \u00e9poque. L&rsquo;anachronisme sert le propos de Lagarde. Il veut montrer que cette transparence que nous recherchons \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne, o\u00f9 tout nous semble accessible, o\u00f9 l&rsquo;intimit\u00e9 ne semble plus pouvoir exister et o\u00f9 chacun partage sa vie sur des r\u00e9seaux sociaux, n&rsquo;est pas une transparence totale. Nous avons beau avoir des appareils connect\u00e9s et le sentiment que nous pouvons conna\u00eetre la vie de gens que nous ne connaissons pas, nous ne pouvons acc\u00e9der totalement \u00e0 l&rsquo;intimit\u00e9 des autres et nous restons limit\u00e9s \u00e0 ce qu&rsquo;ils nous en disent. Malgr\u00e9 le d\u00e9sir de transparence qui r\u00e8gne \u00e0 notre \u00e9poque, il persistera toujours des myst\u00e8res chez les autres que nous ne pourrons jamais percer. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est s\u00fbrement cette id\u00e9e, que Lagarde d\u00e9fend \u00e0 partir du texte de Pinter qui fait la force de sa mise en sc\u00e8ne. Il parvient \u00e0 replacer la pi\u00e8ce dans un univers contemporain, en r\u00e9ponse \u00e0 des probl\u00e9matiques plus actuelles. La pi\u00e8ce ne r\u00e9v\u00e8le pas le fin mot de l&rsquo;histoire, on ne sait qui ment, de Bill ou Stella, m\u00eame si on peut imaginer que tous mentent. On voit alors qu&rsquo;il est possible d&rsquo;imaginer une quantit\u00e9 de sc\u00e9narios possibles. Peut-\u00eatre que ni la version de Bill ni celle de Stella ne sont correctes et que le but est seulement de maintenir le doute pour entretenir cette atmosph\u00e8re de mensonges et de secrets. Lagarde parvient alors \u00e0 faire voir l&rsquo;\u00e9cart infranchissable entre deux personnes, inh\u00e9rent \u00e0 tout rapport humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ana\u00efs Mass\u00e9na<\/p>\n\n\n\n<p>___________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Londres, ann\u00e9es 1960. <\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, deux int\u00e9rieurs au design sobre et \u00e9l\u00e9gant \u00e9voluent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. \u00c0 gauche, des murs hauts et blancs, une m\u00e9ridienne couleur cr\u00e8me, une table basse en verre, et au sol, une moquette gris clair, sur laquelle nagent des vinyles \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une platine. \u00c0 droite, un salon noir, fauteuils en cuir, coussins au sol, grand vase chinois, bar au pied de l\u2019escalier menant vers les chambres. \u00c0 gauche, le salon de James et Stella ; \u00e0 droite, celui d\u2019Harry et Bill. Deux mondes s\u00e9par\u00e9s, entre lesquels des liens complexes se dessinent, jusqu\u2019\u00e0 former un v\u00e9ritable \u00e9cheveau dont il est impossible de d\u00e9m\u00ealer les fils.  <\/p>\n\n\n\n<p>Un matin, James d\u00e9barque chez Harry. Il accuse Bill d\u2019avoir pass\u00e9 une nuit avec sa femme Stella, dans un h\u00f4tel de Leeds, en marge d\u2019une rencontre de mode \u00e0 laquelle tous deux assistaient en tant que stylistes. Bill nie, puis confesse \u00e0 moiti\u00e9 ; James confronte Stella ; Harry interroge Bill ; James se rapproche de Bill ; Bill joue avec James, et avec Harry ; Harry va voir Stella ; James ne sait plus qui ni que croire. Tout comme le spectateur, il est perdu, et pr\u00eat \u00e0 tout pour savoir la v\u00e9rit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Une mise en sc\u00e8ne classique et efficace  <\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, la tension grimpe rapidement, \u00e0 la fois nerveuse et sexuelle ; les menaces se changent en propositions, les coups en caresses. Ce jeu dangereux,  accentu\u00e9 par une musique angoissante, est servi par des acteurs convaincants, dirig\u00e9s par Ludovic Lagarde dans une mise en sc\u00e8ne assez classique mais efficace. Mathieu Amalric fait un Harry prince de la nuit, dont l\u2019air \u00e9chevel\u00e9 masque des dessous bien plus retors. Micha Lescot incarne un Bill admirablement insupportable, dont l\u2019insolence n\u2019a d\u2019\u00e9gale que l\u2019espi\u00e8glerie. Laurent Poitrenaux est un James mena\u00e7ant, droit dans ses bottes et son costume trois pi\u00e8ces, et en m\u00eame temps un peu path\u00e9tique dans sa recherche fr\u00e9n\u00e9tique de la v\u00e9rit\u00e9. Quant \u00e0 Val\u00e9rie Dashwood, elle nous sert une Stella lascive tout autant qu\u2019\u00e9nigmatique. <\/p>\n\n\n\n<p>Jeu de masques  <\/p>\n\n\n\n<p>Dr\u00f4le de spectacle que nous offrent ici Harold Pinter et Ludovic Lagarde. L\u2019intrigue a tout du vaudeville, et pourtant la pi\u00e8ce n\u2019a rien d\u2019un Feydeau. Ici, le spectateur n\u2019a aucun moyen de conna\u00eetre les faits ; condamn\u00e9 \u00e0 scruter les discours des uns et des autres pour y chercher des indices, il ne peut arriver qu\u2019\u00e0 une seule certitude : pas un seul de ces personnages ne dit la v\u00e9rit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019ils mentent pour faire avouer, pour rendre jaloux, pour r\u00e9gler la situation, pour s\u2019amuser, ou m\u00eame par mythomanie, l\u00e0 est toute la question. Car l\u2019autre myst\u00e8re qui tourmente le spectateur, apr\u00e8s le d\u00e9roulement des faits eux-m\u00eames, c\u2019est la nature de la relation qui lie les personnages, et les motifs psychologiques les poussant au mensonge. Stella est-elle mythomane, s\u2019ennuie-t-elle dans son couple, veut-elle pousser son mari \u00e0 lui prouver son amour ? James est-il fou de jalousie, ou bien juste obs\u00e9d\u00e9 par une qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9 dont le fond lui est bien \u00e9gal ? Bill n\u2019est-il qu\u2019un gamin, agissant sans r\u00e9fl\u00e9chir aux cons\u00e9quences de ses actes sur les autres ? Est-il attach\u00e9 \u00e0 Harry, ou bien se contente-t-il de vivre chez lui comme un parasite sans aucun respect pour son h\u00f4te ? Et Harry, aime-t-il Bill, comme un amant ou comme un fils ? Ne serait-il lui aussi qu\u2019un habile manipulateur ? <\/p>\n\n\n\n<p>Impossible de le d\u00e9cider. Dans cette pi\u00e8ce, il est vain de chercher la v\u00e9rit\u00e9, tant les personnages sont tout autant acteurs que ceux qui les incarnent. Vanit\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9, vanit\u00e9 d\u2019une \u00e9poque, vanit\u00e9 d\u2019un milieu aussi, celui de la mode et des soir\u00e9es mondaines, o\u00f9 tout le monde est pouss\u00e9 \u00e0 jouer un r\u00f4le. \u00c0 l\u2019image de ces masques extravagants que les acteurs portent et s\u2019\u00e9changent sur sc\u00e8ne tout du long de la pi\u00e8ce, les personnages aussi nous cachent leur vrai visage. Bien malin celui qui saura les d\u00e9masquer. <\/p>\n\n\n\n<p>Mariette Thom <\/p>\n\n\n\n<p>_________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Deux espaces distincts pour une division franche de la sc\u00e8ne. A gauche, un salon tout en nuances de gris et de blanc, un tourne-disque, une lampe en forme de tube, un canap\u00e9 joli, une moquette \u00e9paisse qui attend la poussi\u00e8re. A droite, entourant ce salon un peu fade, un appartement v\u00eatu de noir du sol au plafond. Il y a deux si\u00e8ges confortables et jaunes sur le devant, un plateau \u00e0 boissons quelques m\u00e8tres derri\u00e8re qu\u2019un escalier imposant arrive presque \u00e0 cacher. Deux salons, deux couples. Ou peut-\u00eatre que non. Stella est mari\u00e9e \u00e0 James, Harry et Bill vivent ensemble.  <\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, James toque \u00e0 la porte de Harry, il cherche Bill, il a besoin de s\u2019entretenir avec lui. Un jeu tr\u00e8s simple s\u2019instaure alors, le jeu de la recherche de la v\u00e9rit\u00e9. Vraiment ? Parce que la v\u00e9rit\u00e9 ici est un dr\u00f4le d\u2019objet que l\u2019on manipule et fa\u00e7onne \u00e0 sa guise. Ce que veut savoir James, ce qu\u2019il veut entendre, c\u2019est l\u2019aveu de Bill. Bill aurait couch\u00e9 avec Stella la semaine pr\u00e9c\u00e9dente, et l\u2019obsession de James, ce sont les mots de Bill racontant cette histoire. Mais Bill ne d\u00e9crit pas exactement ce que Stella a dit \u00e0 son mari. Et puis Harry se doute de quelque chose et a besoin de voir Stella pour qu\u2019elle lui explique les faits. La v\u00e9rit\u00e9, finalement, est propre \u00e0 chacun d\u2019eux. Le d\u00e9sespoir, la ranc\u0153ur, l\u2019\u00e9nergie contenue dans un secret d\u00e9voil\u00e9 puis r\u00e9\u00e9crit, une certaine tendresse aussi \u2013 tout cela explique une volont\u00e9 commune de suivre sa propre ligne narrative. Qu\u2019elles infirment ou transforment les r\u00e9v\u00e9lations de Stella (qui pr\u00e9c\u00e8dent d\u2019ailleurs la pi\u00e8ce), les confrontations auxquelles se livrent les personnages sont des instants fragiles et violents, n\u00e9cessaires \u00e0 la construction d\u2019un r\u00e9cit personnel \u00e0 chacun. <\/p>\n\n\n\n<p>Perfection du jeu des acteurs, Micha Lescot particuli\u00e8rement, corps gracile et long, qui joue de l\u2019attention que les autres lui portent pour les diriger \u00e0 sa guise. Il manque pourtant quelque chose \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de Ludovic Lagarde pour que l\u2019histoire banale \u00e0 l\u2019origine de cette recherche de la v\u00e9rit\u00e9, r\u00e9ussisse \u00e0 nous captiver vraiment. Peut-\u00eatre ces couleurs de d\u00e9cor &#8211; noir, gris, blanc- comme une division manich\u00e9enne de l\u2019espace \u2013, un effet sc\u00e9nique pataud au regard des r\u00e9pliques teint\u00e9es de passions assourdies que s\u2019\u00e9changent les com\u00e9diens. Mais peut-\u00eatre aussi que cet environnement terne est l\u2019\u00e9crin parfait pour que l\u2019on pr\u00eate attention \u00e0 ce qui se joue pr\u00e9cis\u00e9ment sur sc\u00e8ne : une mani\u00e8re \u00e9clatante de s\u2019interroger sur notre d\u00e9finition de la v\u00e9rit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Margaux Daridon<\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographe : Gwendal Le Flem<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Une fois de plus, les douces ruines rougies de l\u2019\u00e9trange Th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord se m\u00e9tamorphosent et accueillent en son sein la parole nob\u00e9lis\u00e9e d\u2019Harold Pinter. Une histoire qui n\u2019en est pas une, une histoire de mensonges, m\u00e9tafictionnelle, sans fin et intemporelle. 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