{"id":12937,"date":"2019-04-09T15:56:40","date_gmt":"2019-04-09T13:56:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12937"},"modified":"2019-04-09T15:56:40","modified_gmt":"2019-04-09T13:56:40","slug":"guerre-et-terebenthine-jan-lauwers-needcompany-mc93","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12937","title":{"rendered":"Guerre et T\u00e9r\u00e9benthine \/ Jan Lauwers &#8211; Needcompany \/ MC93"},"content":{"rendered":"\n<p>Le mardi 9 avril 2019, \u00e0 20h, au MC93 de Bobigny, c\u2019est une dr\u00f4le d\u2019histoire qui est jou\u00e9e sur sc\u00e8ne, adapt\u00e9e du roman Guerre et T\u00e9r\u00e9benthine de Stefan Hertmans. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme ordinaire du XXe si\u00e8cle, un homme dont le p\u00e8re a fait la guerre, un homme qui a lui aussi fait la guerre\u2026 mais un homme qui peint, un homme qui aime, un homme qui r\u00e9siste.<\/p>\n\n\n\n<p>De vieux cahiers qu\u2019il avait enti\u00e8rement compl\u00e9t\u00e9s servent de support tant au roman qu\u2019\u00e0 son adaptation th\u00e9\u00e2trale et qu\u2019\u00e0 l\u2019actrice qui les lit et les explique. C\u2019est une femme d\u2019\u00e2ge m\u00fbr qui nous raconte cette vie. Elle est au premier plan &#8211; imposante, dou\u00e9e, dr\u00f4le et touchante &#8211; et elle nous parle pendant presque deux heures. C\u2019est la femme du peintre, mais on ne s\u2019en rendra compte qu\u2019\u00e0 la presque fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec elle sur sc\u00e8ne, toujours pr\u00e9sents, deux acteurs : le protagoniste qui, imperturbable, peint en silence, et une infirmi\u00e8re, personnage comique qui apporte un peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 au spectacle. Des danseurs sont aussi sur sc\u00e8ne et s\u2019adaptent au r\u00e9cit de la vie de notre peintre. Tant\u00f4t ouvriers bruyants, tant\u00f4t soldats violents et tant\u00f4t citoyens ordinaires, ils ne cessent de danser, de se battre ou de jouer. Des musiciens &#8211; un pianiste, un violoniste et un violoncelliste &#8211; se trouvent \u00e9galement au deuxi\u00e8me plan, \u00e0 deux pas de nous, sur une estrade qui tourne parfois en m\u00eame temps qu\u2019ils jouent et qui leur donne un c\u00f4t\u00e9 encore plus majestueux.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les genres se m\u00e9langent sur cette intime sc\u00e8ne : la musique, la peinture, le dessin, le th\u00e9\u00e2tre, la danse et l\u2019art de la guerre. On pourrait s\u2019attendre \u00e0 une certaine douceur mais les sc\u00e8nes guerri\u00e8res sont si accablantes qu\u2019elles nous font trembler et oublier le reste ; une extr\u00eame violence fait son entr\u00e9e sur sc\u00e8ne en m\u00eame temps que le d\u00e9but de la guerre dans l\u2019histoire du monde et de notre protagoniste. Des panneaux de bois temp\u00eatent, les danseurs se battent, leurs v\u00eatements sont d\u00e9chir\u00e9s, des hurlements retentissent, les tables sont renvers\u00e9es, et les musiciens jouent de plus en plus furieusement. C\u2019est l\u2019unique moment o\u00f9 l\u2019actrice se tait ; aucun mot ne peut d\u00e9crire la guerre et le metteur en sc\u00e8ne l\u2019a bien compris. On ressent l\u2019horreur et la duret\u00e9 du moment, on se sent mal, on se demande comment il pourra y avoir un lendemain. Les acteurs aussi semblent ne plus avoir d\u2019esp\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019obscurit\u00e9, le jour se fait sur cette sombre p\u00e9riode. Notre peintre retourne \u00e0 sa vie d\u2019avant, m\u00eame si traumatis\u00e9 et chang\u00e9 \u00e0 jamais. Il tombe amoureux et s\u2019\u00e9panouit jusqu\u2019\u00e0 ce que sa bien aim\u00e9e ne meure d\u2019une terrible maladie. Puis il se mariera avec notre oratrice, soeur de son premier amour, et continuera \u00e0 peindre et \u00e0 \u00e9crire ses pr\u00e9cieux carnets jusqu\u2019\u00e0 sa propre mort \u00e0 lui, dans son lit. <\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long du spectacle on est partag\u00e9 entre rire et larmes, calme de l\u2019oratrice et hyst\u00e9rie des acteurs, duret\u00e9 du quotidien et beaut\u00e9 de l\u2019art. S\u2019il y a une chose \u00e0 retenir de cette pi\u00e8ce c\u2019est bien la violence de la guerre att\u00e9nu\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la noblesse de l\u2019art et \u00e0 l\u2019amour qui permet l\u2019espoir. <\/p>\n\n\n\n<p>Colleen Gu\u00e9rinet<\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale d\u2019un roman est d\u00e9licate et pleine de risques \u00bb. Effectivement, Jan Lauwers, metteur en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce Guerre et T\u00e9r\u00e9benthine d\u2019apr\u00e8s le roman du m\u00eame titre de Stefan Hertmans, paru chez Gallimard en 2013, \u00e9voque son projet de mise en sc\u00e8ne du r\u00e9cit de vie du grand-p\u00e8re maternel de l\u2019auteur. \u00c0 partir de cahiers retrouv\u00e9s, Stefan Hertmans a pu \u00e9crire un roman sur la vie de son grand-p\u00e8re, marqu\u00e9e par une enfance mis\u00e9rable d\u2019avant 1900 en travaillant \u00e0 la fonderie \u00e0 partir de 13 ans, puis en racontant ses exp\u00e9riences atroces et traumatisantes de soldat pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, son amour inconditionnel pour une femme ayant contract\u00e9e la grippe espagnole, cause de sa mort tragique, et enfin de son mariage arrang\u00e9, sans amour, aupr\u00e8s de la soeur de la femme tant ch\u00e9rie et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e trop t\u00f4t, afin d\u2019essayer de vivre et de se dire que l\u2019on est suppos\u00e9 faire l\u2019effort de survivre lorsque l\u2019on a une \u00ab nature robuste \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale du roman Guerre et T\u00e9r\u00e9benthine est donc un parti pris os\u00e9, qui consiste \u00e0 \u00ab Tenter de cr\u00e9er un spectacle de deux heures en mutilant un chef-d\u2019oeuvre \u00bb comme le souligne si bien Jan Lauwers dans sa note d\u2019intention. Depuis la cr\u00e9ation de la Needcompagny en 1986, la formation de plasticien, de metteur en sc\u00e8ne mais \u00e9galement de sc\u00e9nographe de Jan Lauwers offre au spectateur une approche nouvelle avec un langage singulier qui interroge le th\u00e9\u00e2tre et son sens, en associant paradoxalement le jeu et la performance. Nous pouvons ainsi comprendre d\u2019avantage les chor\u00e9graphies de cinq jeunes com\u00e9diens, deux filles et trois gar\u00e7ons, qui \u00e0 plusieurs reprises jouent avec leur corps qui se d\u00e9forment, dansent, s\u2019\u00e9tirent, se contractent pour \u00e9voquer les joies d\u2019une vie, ses \u00e9lans mais aussi ses craintes, sa violence, particuli\u00e8rement vive dans l\u2019exp\u00e9rience de la guerre lorsque les acteurs miment des corps qui se roulent dessus, se battent, se griffent, se d\u00e9chirent dans un premier temps et se livrent \u00e0 un combat d\u2019\u00e9p\u00e9e dans un second temps. Si la gestuelle excessive tente d\u2019exprimer l\u2019atrocit\u00e9 des combats, la d\u00e9shumanisation qui frappe de plein fouet les soldats, le spectateur peut aussi \u00e9prouver de la distance vis-\u00e0-vis du jeu des acteurs au profit d\u2019un texte po\u00e9tique, \u00e9mouvant, plein de tact dont les bribes nous parviennent sur un \u00e9cran ou par la lecture sensationnelle de la vieille femme, com\u00e9dienne de force et qui fait preuve d\u2019endurance pour d\u00e9clamer par morceaux un roman de quatre cent pages r\u00e9duit \u00e0 quarante. L\u2019\u00e9motion procur\u00e9e par la puissance du verbe semble plus palpable et \u00e0 m\u00eame de nous sensibiliser compte tenu d\u2019un jeu d\u2019acteurs r\u00e9duits \u00e0 vocif\u00e9rer des sons ind\u00e9chiffrables, le plus souvent de douleur terrifiante, mais dont aucunes paroles ne se fait entendre. Si la tentative de transmettre par le corps en mouvement et non plus par le verbe des \u00e9motions peut sembler pertinente, le texte sait rendre avec plus de gr\u00e2ce et de po\u00e9sie la m\u00e9lancolie, langueur d\u2019une vie subie, d\u2019une jeunesse vol\u00e9e par la guerre, les maladies, la mort. La cruaut\u00e9 saisissante du lexique cinglant du roman reste frappante et pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019esprit, quand bien m\u00eame la disgr\u00e2ce des corps qui tentent de se faire violence rebute un spectateur attentif \u00e0 un certain raffinement esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons \u00e9galement nous demander quel est le v\u00e9ritable r\u00f4le d\u2019un homme occup\u00e9 \u00e0 peindre durant les deux heures de la repr\u00e9sentation, qui quand il intervient dans le changement de d\u00e9cor de la sc\u00e8ne semble mal \u00e0 l\u2019aise et gauche dans son costume et son attitude d\u2019homme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par la perte de son seul bien et bonheur terrestre, celui de la femme aim\u00e9e agonisante. L\u2019aspect plastique du metteur en sc\u00e8ne appara\u00eet dans ce d\u00e9cor avec un com\u00e9dien qui tente de retranscrire la passion d\u2019un homme pour la peinture, lui permettant de \u00ab se clamer \u00bb, notamment en temps de guerre. Cependant, le r\u00f4le du com\u00e9dien install\u00e9 tout \u00e0 droite de la sc\u00e8ne devant un bureau rempli de pinceaux et d\u2019un armoire \u00e0 pharmacie avec une infirmi\u00e8re, \u00e0 la d\u00e9marche bancale de boiteuse, qui se veut comique par ses attitudes grotesques, nous fait davantage ressentir de la piti\u00e9 et refl\u00e8te un humour noir corrosif ne permettant pas au spectateur de sourire d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 trop sombre. Seule la sc\u00e8ne du jet de bonbons permet au spectateur un l\u00e9ger instant de calme et d\u2019humour franc pendant toute la dur\u00e9e de la repr\u00e9sentation o\u00f9 il est confront\u00e9 \u00e0 la terrible vie d\u2019un homme au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019association harmonieuse de la lecture du texte et de la musique, jou\u00e9e par deux com\u00e9diens musiciens, permet de retranscrire la clairvoyance gracile et parall\u00e8lement improbable de la violence de la guerre en m\u00eame temps qu\u2019une certaine nostalgie, celle des amours trouv\u00e9s puis perdus et d\u00e9finitivement enfouis dans un pass\u00e9 lointain. C\u2019est toutefois \u00e0 regret que nous sentons la brusque corporalit\u00e9 des com\u00e9diens prendre le dessus sur la musique puisqu\u2019ils finissent debout, grima\u00e7ants, sur la plaque tournante o\u00f9 sont assis le violoniste et le violoncelliste, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019apoth\u00e9ose finale o\u00f9 les com\u00e9diens seront tous rassembl\u00e9s sur cette plateforme sur\u00e9lev\u00e9e pour achever l\u2019histoire de ce r\u00e9cit surprenant aux destins tragiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie, ouverte et large de la premi\u00e8re heure permet de faire place \u00e0 une chor\u00e9graphie des corps constamment en mouvements, avant de se resserrer pour former une chambre dans la seconde heure de la repr\u00e9sentation. Au milieu de cette chambre g\u00eet sur un lit d\u2019h\u00f4pital la belle jeune femme aim\u00e9e. Cette deuxi\u00e8me partie permet d\u2019entamer le deuxi\u00e8me grand moment constitutif de la vie du grand-p\u00e8re de Stefan Hertmans, pour laquelle il s\u2019est passionn\u00e9. La tonalit\u00e9 tragique de cette seconde partie avec la mort de la bien aim\u00e9e, puis ironique avec le remariage du personnage \u00e9ponyme avec la soeur de cette derni\u00e8re, contrastent avec l\u2019atmosph\u00e8re brutale et bruyante de la premi\u00e8re partie o\u00f9 les corps s\u2019entrechoquent dans tous les sens. Ainsi, nous pouvons louer la prouesse oratoire de la com\u00e9dienne qui d\u00e9clame le r\u00e9cit \u00e9mouvant et frappant de la vie d\u2019un homme dans une \u00e9poque o\u00f9 il est difficile de retranscrire la psych\u00e9 humaine d\u2019individus ayant connus la terreur et l\u2019attente insoutenable de la grande guerre, une qualit\u00e9 de vie m\u00e9diocre, la duret\u00e9 du travail manuel d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, la mont\u00e9e de l\u2019industrialisation, la vie sans antibiotiques et o\u00f9 par cons\u00e9quent la mort appara\u00eet comme une angoisse profonde qui peut survenir \u00e0 tout moment. Ainsi, si Jan Lauwers dit s\u2019\u00eatre rajout\u00e9 \u00ab quelques difficult\u00e9s \u00bb pour parvenir \u00e0 monter l\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale du roman de Stefan Hermans, la qualit\u00e9 litt\u00e9raire de l\u2019ouvrage semble procurer d\u2019avantage les \u00e9motions que le metteur en sc\u00e8ne\u00a0a vainement tent\u00e9 de retranscrire \u00e0 travers la narration th\u00e9\u00e2trale d\u2019un r\u00e9cit poignant. L\u2019alliance audacieuse de performance et du jeu semble int\u00e9ressante, quand bien m\u00eame le jeu ne se focaliserait pas sur de la pantomime. Nous aurions pu nous attendre \u00e0 des mouvements de danse contemporaine dont la gr\u00e2ce aurait su retranscrire la sagacit\u00e9 d\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019adaptation int\u00e9ressante. <\/p>\n\n\n\n<p>Pauline Derosereuil<\/p>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>photographe : Maarten Vanden Abeele<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le mardi 9 avril 2019, \u00e0 20h, au MC93 de Bobigny, c\u2019est une dr\u00f4le d\u2019histoire qui est jou\u00e9e sur sc\u00e8ne, adapt\u00e9e du roman Guerre et T\u00e9r\u00e9benthine de Stefan Hertmans. 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