{"id":12970,"date":"2019-05-08T17:25:21","date_gmt":"2019-05-08T15:25:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=12970"},"modified":"2019-05-08T17:25:21","modified_gmt":"2019-05-08T15:25:21","slug":"opening-night-cyril-teste-john-cassavetes-theatre-des-bouffes-du-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=12970","title":{"rendered":"Opening night \/ Cyril Teste &#8211; John Cassavetes \/ Th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord"},"content":{"rendered":"\n<p>Opening Night est un film particulier. Sur les images, il y a cette femme en proie au doute, une com\u00e9dienne-star ab\u00eem\u00e9e, presque d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Cette femme, qui se nomme Myrtle Gordon, c\u2019est Gena Rowlands qui la joue, muse de John Cassavetes &#8211; dont les cheveux blonds d\u00e9coiff\u00e9s, les yeux bouffis et la d\u00e9marche h\u00e9sitante effraient presque. Elle r\u00e9p\u00e8te, encore et encore, le r\u00f4le de cette femme qui a perdu sa jeunesse, sans vraiment la comprendre, sans vraiment y arriver. La premi\u00e8re est proche. Un soir, alors que toute la troupe quitte le th\u00e9\u00e2tre, une jeune admiratrice hurle \u00e0 Myrtle Gordon combien elle l\u2019aime, combien elle compte pour elle. L\u00e0, devant le th\u00e9\u00e2tre, la jeune fille se fait renverser par une voiture et meurt. D\u00e8s lors, c\u2019est comme si Myrtle voyait partout le fant\u00f4me de cette adolescente. Serait-ce le signe attendu par la com\u00e9dienne, un signe qui lui dirait de renoncer \u00e0 ce r\u00f4le qui semble trop difficile \u00e0 appr\u00e9hender ?<\/p>\n\n\n\n<p>Peu importe l\u2019histoire, finalement. Ce qui se d\u00e9roule sous nos yeux, c\u2019est une perte de rep\u00e8res, une d\u00e9tresse que l\u2019on ne veut pas voir, une d\u00e9faillance. C\u2019est aussi beaucoup d\u2019amour d\u00e9ploy\u00e9, ce soutien inconditionnel \u00e0 Myrtle, qui prend une forme brutale, parfois. Personne ne veut croire \u00e0 son effondrement. Personne ne comprend son obsession pour la jeune fille morte. Personne ne comprend sa peur de vieillir, et ce r\u00f4le qui la met \u00e0 nue. Cyril Teste a choisi de ne pr\u00e9senter au public qu\u2019une partie de la troupe. Sur sc\u00e8ne, il y a Isabelle Adjani, Fr\u00e9d\u00e9ric Pierrot et Morgan Llyod Sicard. Elle est Myrtle Gordon, lui joue Maurice -le com\u00e9dien qui lui donne la r\u00e9plique- tandis que le troisi\u00e8me prend la place du metteur en sc\u00e8ne.  <\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a l\u00e0 qu\u2019un vaste salon, l\u2019ameublement est sobre. Une biblioth\u00e8que recouvre le mur du fond et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette biblioth\u00e8que, un vaste \u00e9cran. Derri\u00e8re le mur, des coulisses que l\u2019on discerne, que l\u2019on ne verra v\u00e9ritablement qu\u2019\u00e0 travers la cam\u00e9ra \u2013 personnage tout aussi principal que les autres. Cette cam\u00e9ra, elle filme les corps et les visages, les r\u00e9p\u00e9titions des mots et des sc\u00e8nes, les \u00e9clats de lumi\u00e8re du th\u00e9\u00e2tre, le public. Elle livre aussi les images de ce fant\u00f4me de jeune adulte, visage flou mais p\u00e9n\u00e9trant. <\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut nier la gr\u00e2ce \u00e9tincelante d\u2019Adjani, toutes les nuances de tristesse et de peur exprim\u00e9es \u00e0 la seule force de sa voix. Autour d\u2019elle, deux hommes qui la ch\u00e9rissent mais ne semblent pas trouver les mots rem\u00e8des. Elle est belle, cette star de cin\u00e9ma que l\u2019on dit exigeante et capricieuse. Elle est belle parce qu\u2019elle est aussi puissante, d\u2019une mani\u00e8re diff\u00e9rente, que Gena Rowlands. Figures jumelles, elles sont Myrtle Gordon, l\u2019une autant que l\u2019autre. <\/p>\n\n\n\n<p>On peut regretter un certain manque de rythme \u00e0 la pi\u00e8ce, il y a presque des longueurs. La cam\u00e9ra, omnipr\u00e9sente, interf\u00e8re parfois un peu trop avec ce qui se joue sur sc\u00e8ne. On ne sait plus qui regarder \u2013 on a l\u2019impression que l\u2019on nous montre trop \u00e0 voir, comme si finalement, les spectateurs n\u2019avaient pas le droit, eux aussi, d\u2019entourer Myrtle Gordon de leur regard. La pi\u00e8ce est compl\u00e8te, mais la Cin\u00e9math\u00e8que Fran\u00e7aise propose une r\u00e9trospective Cassavetes du 30 mai au 22 Juin. L\u2019occasion de voir ce film particulier, et la performance, \u00e9clatante, de Gena Rowlands. <\/p>\n\n\n\n<p>Margaux Daridon <\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Le magnifique th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord accueille sur sa sc\u00e8ne Opening Night, adaptation d\u2019un sc\u00e9nario de John Cassavetes, pi\u00e8ce r\u00e9solument moderne et d\u00e9chir\u00e9e qui contraste avec la vieille b\u00e2tisse tout en s\u2019y int\u00e9grant parfaitement. Jouant sur les espaces et les limites sc\u00e9niques, Cyril Teste fait perdre le fil \u00e0 son spectateur, qui ne sait plus faire la distinction entre fiction, fiction dans la fiction, r\u00e9alit\u00e9 de la fiction et r\u00e9alit\u00e9. Cette repr\u00e9sentation, \u00e0 la pointe du contemporain, pourrait brandir avec suffisance cette banni\u00e8re du post-dramatique, mais le metteur en sc\u00e8ne instille un humour qui touche \u00e0 l\u2019autod\u00e9rision et rassure le spectateur qui n\u2019arrive pas toujours \u00e0 suivre l\u2019intrigue ou \u00e0 comprendre les liens qui unissent les personnages. <\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de cette pi\u00e8ce, un drame. Une jeune fille a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e par une voiture devant son idole qui ne peut d\u00e9passer le sentiment de culpabilit\u00e9 qui l\u2019enserre. Celle-ci, incarn\u00e9e par Isabelle Adjani, sombre dans une psychose de l\u2019incarnation. Devant jouer une femme qu\u2019elle ne comprend pas, pour laquelle elle ne ressent rien, elle s\u2019enfonce dans la parano\u00efa de l\u2019actrice qui vieillit. La pi\u00e8ce questionne avec subtilit\u00e9 la difficult\u00e9 du jeu de l\u2019acteur ou le paradoxe du com\u00e9dien : doit-il, pour bien jouer, ressentir les \u00e9motions de son personnage ? Ou au contraire, doit-il l\u2019aborder avec une distance salvatrice, le jeu devenant pure technique ? O\u00f9 se situe la fronti\u00e8re entre compr\u00e9hension du personnage et identification ? Quel danger pour le com\u00e9dien ? Myrtle Gordon est soumise \u00e0 cette souffrance de la cr\u00e9ation, incapable de donner corps \u00e0 son personnage. Une identit\u00e9 malsaine se construit entre les deux femmes, autour desquelles gravite un monde domin\u00e9 par les hommes et qui \u00e9choue \u00e0 les comprendre \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p>Larmoyante du d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, si Isabelle Adjani semble plus vraie que nature, son personnage n\u00e9vros\u00e9 agace parfois car victime de toutes les pers\u00e9cutions imaginables. N\u00e9anmoins, certaines d\u2019entre elles sont bien r\u00e9elles et interrogent le d\u00e9sir de pouvoir et de contr\u00f4le au sein de toute hi\u00e9rarchie. Le lien complexe qui unit un metteur en sc\u00e8ne \u00e0 ses acteurs, fusionnel au point de les consid\u00e9rer parfois comme des marionnettes, se traduit par une omnipr\u00e9sence de la violence. Celle-ci est mise en exergue par la captation vid\u00e9o qui serre au plus pr\u00e8s les personnages, d\u00e9voilant leur sueur et leurs larmes, visages fatigu\u00e9s et \u00e9prouv\u00e9s, malgr\u00e9 la stylisation magnifique apport\u00e9e par le noir et blanc. Les d\u00e9cors, par ailleurs assez neutres, revivent par la force de la vid\u00e9o dont l\u2019utilisation ma\u00eetris\u00e9e soutient la mise en sc\u00e8ne. Mise en abime infinie, drame de la repr\u00e9sentation et des espaces de la fiction, Opening Night s\u00e9duit par sa bizarrerie dr\u00f4le et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e sans pour autant convaincre totalement, laissant au spectateur un go\u00fbt d\u2019inachev\u00e9.   <\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Charras <\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Opening night, quoi de meilleur pour rendre hommage au film de John Cassavetes que de le mettre en sc\u00e8ne ? <\/p>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce nous raconte l\u2019histoire de Myrtle Gordon, une com\u00e9dienne hant\u00e9e par la mort d\u2019une jeune admiratrice de 17 ans morte sous ses yeux, \u00e0 la sortie de sa pi\u00e8ce. \u00c0 la suite de cet \u00e9v\u00e8nement, l\u2019actrice est incapable d\u2019interpr\u00e9ter son r\u00f4le et perd sens \u00e0 la vie. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une mise en abyme du th\u00e9\u00e2tre lui-m\u00eame. Adjani interpr\u00e8te le r\u00f4le de Myrtle, cette com\u00e9dienne qui \u00e9choue \u00e0 assurer son r\u00f4le. La mort de la jeune fille est repr\u00e9sent\u00e9e au d\u00e9but uniquement sur l\u2019\u00e9cran. Elle est d\u2019autant plus saisissante puisque la jeune fille semble \u00eatre le sosie de l\u2019actrice. Ce r\u00f4le est en effet jou\u00e9 par la cousine d\u2019Isabelle Adjani. Cette ressemblance peut \u00eatre aussi symbolique, puisque le r\u00f4le qu\u2019est suppos\u00e9 jou\u00e9 Myrtle est celui d\u2019une femme qui regrette sa jeunesse perdue. La mort de la jeune admiratrice serait-elle la mort symbolique de la jeunesse de l\u2019actrice ? Cette mort aurait-elle r\u00e9veill\u00e9 en elle des peurs enfouies ? La pi\u00e8ce ne donne pas de r\u00e9ponses.  <\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas une mise en sc\u00e8ne habituelle. Derri\u00e8re le d\u00e9cor rudimentaire de la sc\u00e8ne, on voit un \u00e9norme \u00e9cran qui capte en temps r\u00e9el les mouvements des acteurs, mais aussi ce qui se d\u00e9roule dans les coulisses. Cette technique int\u00e9ressante liant le cin\u00e9ma et le th\u00e9\u00e2tre permet au spectateur de mieux se repr\u00e9senter les \u00e9v\u00e8nements sur sc\u00e8ne. Elle permet \u00e9galement un d\u00e9doublement de l\u2019action qui appuie l\u2019effet r\u00e9p\u00e9titif et redondant de la sc\u00e8ne, certainement voulu par le metteur en sc\u00e8ne pour symboliser les deux niveaux de r\u00e9alit\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce se pr\u00e9sente sous un aspect brouill\u00e9 et d\u00e9cousu. Par ailleurs, Magny interpr\u00e9t\u00e9 par Morgan Lloyd Sicard et jouant le r\u00f4le du metteur en sc\u00e8ne souligne cet aspect lors d\u2019un appel t\u00e9l\u00e9phonique avec sa m\u00e8re o\u00f9 il d\u00e9crit la r\u00e9action des spectateurs. Il dit clairement \u00ab On dirait qu\u2019Il y a la moiti\u00e9 du public qui aime et l\u2019autre qui d\u00e9teste \u00bb. Cette oscillation incessante entre diff\u00e9rents niveaux de r\u00e9alit\u00e9 -la pi\u00e8ce cadre et la pi\u00e8ce int\u00e9gr\u00e9e-, brouille les perspectives et d\u00e9soriente le spectateur. Elle permet aussi d\u2019\u00e9voquer des questions d\u2019ordre dramatique. Notamment sur la nature du th\u00e9\u00e2tre en lui-m\u00eame. Cet ench\u00e2ssement est tr\u00e8s bien repr\u00e9sent\u00e9 par la technique du cin\u00e9ma dans le th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 travers le cameraman qui ne cesse de poursuivre les acteurs, comme pour repr\u00e9senter sur l\u2019\u00e9cran une r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9rente de celle qui se joue sous nos yeux.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le spectateur est au centre de l\u2019action, il voit la pi\u00e8ce se construire sous ses yeux. Il participe m\u00eame \u00e0 son d\u00e9roulement, puisque les personnages s\u2019adressent parfois directement \u00e0 lui et se d\u00e9placent autour de lui. Cette place privil\u00e9gi\u00e9e du spectateur est amorc\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but. La pi\u00e8ce commence sur un grand plan sur le public que l\u2019objectif de la camera capture. Le spectateur se voit sur le grand \u00e9cran, il est sollicit\u00e9 et mis \u00e0 l\u2019avant. Cette place importante qu\u2019occupe le spectateur nous porterait peut-\u00eatre \u00e0 croire qu\u2019il n\u2019y a pas de sens d\u00e9finitif \u00e0 tirer de cette pi\u00e8ce. Qu\u2019il n\u2019existe pas une mani\u00e8re unique de la comprendre mais que le spectateur est appel\u00e9 \u00e0 y voir ce qu\u2019il d\u00e9sire, d\u2019o\u00f9 cette richesse de perspectives.  <\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages sont \u00e9nigmatiques, \u00e0 la fois dr\u00f4les et path\u00e9tiques, tout comme les situations. En effet, la pi\u00e8ce m\u00e9lange comique et path\u00e9tique, parfois nous avons m\u00eame les deux dans une m\u00eame sc\u00e8ne ce qui cr\u00e9e une dimension grotesque. Cet aspect en plus d\u2019\u00eatre divertissant pousse le spectateur \u00e0 se questionner sur la v\u00e9racit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre. Il voit \u00e0 la fois l\u2019acteur et le personnage. Un des grands m\u00e9rites de cette pi\u00e8ce est donc sa m\u00e9tath\u00e9\u00e2tralit\u00e9, elle se prend elle-m\u00eame comme objet de r\u00e9flexion en sacrifiant l\u2019illusion th\u00e9\u00e2trale. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 atteint son paroxysme surtout avec le personnage de Myrtle.  <\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, nous ne savons pas si c\u2019\u00e9tait elle qu\u2019on voyait ou si c\u2019\u00e9tait Isabelle Adjani. Elle apparait dans toute sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 et sa fragilit\u00e9, brouillant les limites entre le jeu et le r\u00e9el. Son jeu est enti\u00e8rement marqu\u00e9 par l\u2019expression forte de l\u2019\u00e9motion. Cette h\u00e9sitation pourrait \u00eatre expliqu\u00e9e par la ressemblance frappante entre Adjani qui joue Myrtle et sa ni\u00e8ce qui interpr\u00e8te l\u2019admiratrice, mais aussi par la ressemblance entre son r\u00f4le de \u00ab star \u00bb et sa propre identit\u00e9 en tant qu\u2019actrice.  <\/p>\n\n\n\n<p>Opening night pourrait ainsi \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une pi\u00e8ce autobiographique o\u00f9 Adjani s\u2019offre au spectateur et \u00e9voque ses propres craintes. Cette ambigu\u00eft\u00e9 s\u2019\u00e9tend aussi aux rapports entre les personnages qui sont sans cesse remis en question. La relation d\u2019amour et de haine entre Myrtle et Maurice ou encore la relation de Myrtle et du metteur en sc\u00e8ne Manny. Nous ignorons tout de la v\u00e9rit\u00e9 des sentiments des personnages. Encore une fois, le metteur en sc\u00e8ne choisit de ne pas choisir. Le public est cens\u00e9 remplir ces zones de vide et de brouillard par sa propre imagination.  <\/p>\n\n\n\n<p>Opening night est donc une pi\u00e8ce \u00e9nigmatique et ouverte. Elle offre au spectateur le privil\u00e8ge d\u2019assister \u00e0 la construction d\u2019une pi\u00e8ce sur sc\u00e8ne, ou plut\u00f4t \u00e0 la d\u00e9construction du th\u00e9\u00e2tre sur sc\u00e8ne. Elle l\u2019invite \u00e9galement \u00e0 prendre part \u00e0 cette d\u00e9construction. Elle soul\u00e8ve des probl\u00e8mes d\u2019ordre dramatique mais \u00e9galement des probl\u00e8mes humains. Elle brouille les pistes entre le vrai et le faux, le jeu et la r\u00e9alit\u00e9. Cyril Teste nous pr\u00e9sente encore une fois avec cette pi\u00e8ce un morceau de bravoure qui propose un th\u00e9\u00e2tre nouveau non seulement du c\u00f4t\u00e9 de la technique mais aussi du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;originalit\u00e9 des th\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Ben Dhia Sarra <\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais beaucoup d&rsquo;attentes &#8211; le th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord aux mises en sc\u00e8ne spectaculaires, la question d&rsquo;une pi\u00e8ce laboratoire qui se fait avec le public, la nouvelle Isabelle Adjani et une salle compl\u00e8te pour toutes les repr\u00e9sentations du mois. C&rsquo;est peut-\u00eatre pour cette raison que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 aussi d\u00e9\u00e7ue par Opening night, une pi\u00e8ce mise en sc\u00e8ne par Cyril Teste d&rsquo;apr\u00e8s le sc\u00e9nario de John Cassavetes qui voit jouer, entre autres, Isabelle Adjani, Morgan Lloyd Sicard et Fr\u00e9d\u00e9ric Pierrot.  <\/p>\n\n\n\n<p>Quand on lit la pr\u00e9sentation du spectacle, on pense sc\u00e8ne en mouvement, acteurs qui improvisent, v\u00e9ritables interactions avec le public. On pense m\u00eame qu&rsquo;il y aura une histoire \u00e0 suivre \u2013 celle de Myrtle, cette grande actrice rendue trouble par le succ\u00e8s et les vapeurs d&rsquo;alcool, qui voit une jeune fille de 17 ans mourir sous ses yeux. Tu parles ! On assiste b\u00eatement, b\u00eatas, \u00e0 ce qui para\u00eet \u00eatre des r\u00e9p\u00e9titions d&rsquo;une com\u00e9die romantique inachev\u00e9e et de mauvais go\u00fbt. Est-ce Isabelle Adjani qui en fait trop ? Ou est-ce simplement le texte, dont on s&rsquo;interroge s&rsquo;il est simplement \u00e9crit puisque \u00ab spectacle en chantier \u00bb, qui n&rsquo;est pas bon ?  <\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;on vient pour une exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale dont on demeure en reste pendant une heure vingt. Le prospectus distribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e qui d\u00e9taille les vis\u00e9es du spectacle avait d\u00e9j\u00e0 plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que sa maigre r\u00e9alisation. On ne sait plus, finalement, si les acteurs se moquent de nous avec leur histoire de fant\u00f4me ou s&rsquo;ils se prennent vraiment au jeu de leur triste jeu dont ils se font (sciemment ?) les premiers critiques dans la salle. <\/p>\n\n\n\n<p>Valentine Lesser Mallat Desmortiers <\/p>\n\n\n\n<p>________________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p>Photographe : Simon Gosselin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Opening Night est un film particulier. Sur les images, il y a cette femme en proie au doute, une com\u00e9dienne-star ab\u00eem\u00e9e, presque d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. 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