{"id":13130,"date":"2019-06-20T14:49:09","date_gmt":"2019-06-20T12:49:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13130"},"modified":"2019-06-20T14:49:09","modified_gmt":"2019-06-20T12:49:09","slug":"champs-elysees-film-festival-courts-metrages-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13130","title":{"rendered":"Courts-m\u00e9trages fran\u00e7ais [Champs \u00c9lys\u00e9es Film Festival]"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le court\nm\u00e9trage&nbsp;: filmer l\u2019Autre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans une petite salle du cin\u00e9ma le Balzac que le public\nvenu voir les courts m\u00e9trages fran\u00e7ais en comp\u00e9tition est accueilli. Espace\nvite per\u00e7u comme intime du fait de sa taille et d\u2019un sentiment d\u2019entre-soi qui\nne manque pas d\u2019\u00e9merger, la salle est rapidement peupl\u00e9e par les \u00e9quipes des\nfilms et par le jury, tous pr\u00eats \u00e0 discuter avec enthousiasme de leur travail.\nA la cl\u00e9 de cette s\u00e9ance, un prix du public, les spectateurs \u00e9tant invit\u00e9s \u00e0\nvoter.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019immerger dans une s\u00e9ance de courts-m\u00e9trages diff\u00e8re d\u2019une\ns\u00e9ance de projection \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb. Le spectateur amateur n\u2019a en effet\npas la moindre id\u00e9e des sujets trait\u00e9s par les films et la densit\u00e9 de ceux-ci,\nli\u00e9e \u00e0 leur format, propose une exp\u00e9rience cin\u00e9matographique unique. <em>Le Ciel est clair<\/em>, <em>Apr\u00e8s la nuit<\/em>, <em>Le Roi des\nd\u00e9mons du vent<\/em> et <em>Djo,<\/em> bien\nqu\u2019\u00e9tant tout \u00e0 fait diff\u00e9rents de par leur forme et leur contenu, semblent\ntous se donner pour mission de peindre l\u2019autre, l\u2019autre dans sa diff\u00e9rence. <\/p>\n\n\n\n<p>Premier court projet\u00e9, <em>Le\nCiel est clair<\/em> retrace le parcours d\u2019un militaire dont le bin\u00f4me a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9.\nLes conditions de cette mort demeurent incertaines mais le jeune homme para\u00eet\n\u00e9treint d\u2019un sentiment de culpabilit\u00e9 tenace. Le retour dans sa maison\nd\u2019enfance, les retrouvailles avec sa m\u00e8re et avec les amis d\u2019antan dessinent\nsans fard le portrait d\u2019une banlieue d\u00e9laiss\u00e9e mais digne. La m\u00e9fiance\nordinaire qui existe envers les militaires, jeunes hommes qui sacrifient leur\nvie pour des id\u00e9aux qui ne semblent pas valoir le danger encouru, est exprim\u00e9e\navec humour et tendresse. Court m\u00e9trage de la respiration et du souffle, il est\ndommage que la r\u00e9alisation demeure si l\u00e9ch\u00e9e et si classique, d\u00e9faut de\nma\u00eetrise qui s\u2019explique sans doute par la nature m\u00eame du court-m\u00e9trage, projet\nde fin d\u2019\u00e9tudes d\u2019une \u00e9tudiante \u00e0 la F\u00e9mis. La fin ouverte \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation\ntermine par une note d\u2019espoir cette romance tragique esquiss\u00e9e entre deux\nsoldats. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s la\nNuit<\/em> s\u2019attaque \u00e9galement au refus de voir, au refus de comprendre\nautrui dans sa souffrance. L\u2019autre est ici la femme, soumise \u00e0 une violence\nsexuelle \u00e0 laquelle seule la violence physique semble pouvoir r\u00e9pondre.\nL\u2019adolescente, assemblage de nerfs et de col\u00e8re, chemine au milieu de\nl\u2019indiff\u00e9rence et de l\u2019aide accord\u00e9e \u00e0 demi. La parole est impossible car elle\ndemeure un cri silencieux, m\u00eame pour ceux dont le r\u00f4le est pr\u00e9cis\u00e9ment celui\nd\u2019\u00e9couter. L\u2019esth\u00e9tique relativement classique se r\u00e9v\u00e8le pourtant dans la sc\u00e8ne\nde la f\u00eate, nouveau<em> must-see<\/em> du\ncin\u00e9ma contemporain. Ici, les lumi\u00e8res bleut\u00e9es et les stroboscopes\naccompagnent le l\u00e2cher-prise avec po\u00e9sie, la musique \u00e9lectro diffusant son\n\u00e9nergie au film tout entier. La fin, qui se refuse \u00e9galement \u00e0 toute conclusion,\nesquisse n\u00e9anmoins la conscience que se faire aider ne rel\u00e8ve pas de la\nfaiblesse. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Roi des\nd\u00e9mons<\/em> nous fait quant \u00e0 lui p\u00e9n\u00e9trer dans le royaume des fous, ces\nderniers probablement consid\u00e9r\u00e9s comme l\u2019autre par excellence. La qualit\u00e9 du\nfilm repose presque enti\u00e8rement sur le jeu de ses acteurs et notamment sur\ncelui de Coralie Russier, saisissante. La tendresse \u00e9merge de cette mise en\nsc\u00e8ne appliqu\u00e9e, mais dont le \u00ab&nbsp;message&nbsp;\u00bb ultime est un peu trop\nvoyant. Plut\u00f4t que de laisser au spectateur le soin d\u2019interpr\u00e9ter, Cl\u00e9mence\nPo\u00e9sy force le regard \u00e0 une compr\u00e9hension unique et ce par des dialogues assez\nconvenus \u2013 si l\u2019on excepte \u00e0 nouveau le personnage de la jeune patiente. <\/p>\n\n\n\n<p>Il faut donc attendre ce dernier court m\u00e9trage de la\nr\u00e9alisatrice Laura Henno,<em> Djo<\/em>, pour\n\u00eatre tout \u00e0 fait s\u00e9duits. Loin de la narration lin\u00e9aire propos\u00e9e par les\npr\u00e9c\u00e9dents, loin de la m\u00e9tropole et loin des codes occidentaux, le\ncourt-m\u00e9trage gagne sans doute \u00e0 \u00eatre esth\u00e9tiquement tant \u00e9tranger. Le corps de\nl\u2019homme et ceux des chiens se fondent dans la nature les embrassant. La nuit,\nsauvage et rassurante \u00e0 la fois, se fait l\u2019\u00e9crin du cri. De la beaut\u00e9 de ce qui\nsemble au d\u00e9part inarticul\u00e9 surgit soudain le sens&nbsp;: la vie dans l\u2019amiti\u00e9\net la fid\u00e9lit\u00e9, \u00e0 laquelle le grain particulier de la cam\u00e9ra apporte une tendre\ndouceur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Charras <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le court m\u00e9trage&nbsp;: filmer l\u2019Autre C\u2019est dans une petite salle du cin\u00e9ma le Balzac que le public venu voir les courts m\u00e9trages fran\u00e7ais en comp\u00e9tition est accueilli. Espace vite per\u00e7u comme intime du fait de sa taille et d\u2019un sentiment d\u2019entre-soi qui ne manque pas [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":13165,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,92],"tags":[],"class_list":["post-13130","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","category-reportage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13130","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13130"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13130\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}