{"id":13148,"date":"2019-06-23T20:29:40","date_gmt":"2019-06-23T18:29:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13148"},"modified":"2019-06-23T20:29:40","modified_gmt":"2019-06-23T18:29:40","slug":"retrospective-winters-bone-debra-granik-champs-elysees-film-festival","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13148","title":{"rendered":"R\u00e9trospective &#8211; Winter\u2019s Bone &#8211; Debra Granik [Champs \u00c9lys\u00e9es Film Festival]"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019Am\u00e9rique des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le gris du ciel envahit l\u2019\u00e9cran et semble tout absorber, les\nbranches m\u00eames des arbres se d\u00e9tachant avec difficult\u00e9 de ce monochrome\n\u00e9crasant. Grise est l\u2019herbe, grises sont les maisons et le spectateur craint\nsoudain d\u2019\u00eatre aval\u00e9 lui-m\u00eame, avant que la chevelure brillante et blonde d\u2019un\nenfant r\u00e9v\u00e8le l\u2019\u00e9clat possible d\u2019une vie. <\/p>\n\n\n\n<p>Oui, il est possible de vivre dans cet oc\u00e9an d\u2019abandon, dans\ncette vague de froidure qui semble figer le Missouri am\u00e9ricain dans une\n\u00e9ternit\u00e9 de pauvret\u00e9. Et de quelle vie s\u2019agit-il en effet&nbsp;! Au milieu des\ncarcasses de voitures abandonn\u00e9es et des chiens tout aussi affam\u00e9s que le sont\nles hommes prosp\u00e8re le business de la drogue. La m\u00e9tamph\u00e9tamine ou le fl\u00e9au de\nl\u2019Am\u00e9rique des campagnes est le sujet de ce film, mais il ne vole pas la\nvedette \u00e0 Jennifer Lawrence qui incarne tout en nuances cette grande s\u0153ur\nd\u00e9termin\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Loin de faire de son personnage une jeune fille d\u00e9j\u00e0 endurcie\net qui ne craint plus rien, l\u2019actrice qui fut d\u2019ailleurs r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion\nde ce film parvient \u00e0 saisir les nuances d\u2019une femme forc\u00e9e par la vie \u00e0 se\nd\u00e9brouiller seule. La peur, souvent palpable au d\u00e9tour d\u2019un froncement de\nsourcils ou d\u2019un mouvement de recul instinctif, est tout autant ce qui motive\nla jeune fille que le d\u00e9sir de sauver sa famille. Un \u00e9trange code de l\u2019honneur\ndigne du farwest ou de la mafia organise ce petit monde o\u00f9 la mort semble\nl\u2019issue la plus favorable \u00e0 une existence dont on ne sait plus tr\u00e8s bien si\nelle vaut la peine d\u2019\u00eatre v\u00e9cue. Les liens du sang ont une signification\nconcr\u00e8te et les personnages ne cessent de s\u2019y r\u00e9f\u00e9rer, origine du pire comme du\nmeilleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film capture l\u2019essence de cette Am\u00e9rique d\u00e9laiss\u00e9e o\u00f9 les\nenfants ne vont pas \u00e0 l\u2019\u00e9cole et o\u00f9 il est possible de se retrouver \u00e0 la rue du\njour au lendemain. Face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 qui fait sombrer dans la folie, condamne\n\u00e0 la prison ou \u00e0 la mort, les femmes occupent un r\u00f4le d\u00e9cisif bien que\ncontradictoire&nbsp;: parce qu\u2019elles sont les plus s\u00fbres garantes d\u2019un syst\u00e8me\nqui les opprime tout en poss\u00e9dant une force incroyable qui leur conf\u00e8re un\npouvoir presque plus grand que celui des hommes. Debra Granik signe ici un chef\nd\u2019\u0153uvre du western f\u00e9minin dont \u00e9mane un cri silencieux, cri dont l\u2019\u00e9cho semble\ns\u2019\u00eatre perdu dans l\u2019immensit\u00e9 des paysages am\u00e9ricains. <\/p>\n\n\n\n<p>Mathilde Charras <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/wp-content\/blogs.dir\/20\/files\/2019\/06\/Arriv\u00e9e-de-Debra-Granik-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13166\"\/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >L\u2019Am\u00e9rique des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s Le gris du ciel envahit l\u2019\u00e9cran et semble tout absorber, les branches m\u00eames des arbres se d\u00e9tachant avec difficult\u00e9 de ce monochrome \u00e9crasant. 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