{"id":13485,"date":"2019-10-11T11:54:54","date_gmt":"2019-10-11T09:54:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13485"},"modified":"2019-10-11T11:54:54","modified_gmt":"2019-10-11T09:54:54","slug":"bederama-2019-le-festival-cinebede-forum-des-images-27-28-et-29-septembre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13485","title":{"rendered":"B\u00e9d\u00e9rama 2019, le festival cin\u00e9b\u00e9d\u00e9 \/ Forum des Images \/ 27, 28 et 29 septembre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p>Prendre la 4, ou le 7, le B, puis le A\u2026 S&rsquo;installer dans un coin, chercher de l&rsquo;oxyg\u00e8ne, parfois &#8211; la stabilit\u00e9, souvent. Et puis, descendre aux Halles, le c\u0153ur vaillant (sinon bien accroch\u00e9). <\/p>\n\n\n\n<p>Pour moi, comme pour d&rsquo;autres, explorer la station des Halles est toujours l&rsquo;occasion d&rsquo;un long soupir exasp\u00e9r\u00e9. J&rsquo;aime beaucoup le <strong>forum des Halles<\/strong>, bien s\u00fbr &#8211; cent fois moins ses d\u00e9dales et sa foule d\u00e9sordonn\u00e9e, qui \u00e9volue par chocs. D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est amusant qu&rsquo;ils y aient creus\u00e9 une piscine : parfois, j&rsquo;y verrais bien la confirmation (en filigrane) que la station des Halles n&rsquo;est qu&rsquo;une gigantesque noyade. Et bien, non ! Ou&#8230; <strong>pas seulement<\/strong>. Perdue dans ses niveaux inf\u00e9rieurs, je n&rsquo;aurais jamais, jamais pens\u00e9 y avoir <strong>rendez-vous avec la culture<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant ! J&rsquo;ai eu le plaisir d&rsquo;y d\u00e9couvrir ce <em>petit-mais-grand<\/em> forum polyvalent. Au d\u00e9tour des Halles, vaste conglom\u00e9rat de boutiques et de restaurants rapides, le <strong>Forum des Images<\/strong> passerait presque inaper\u00e7u &#8211; pour peu qu&rsquo;on soit press\u00e9 (activit\u00e9 invasive dont nous, parisiens, d\u00e9tenons tous ou presque les rouages). R\u00e9solument tourn\u00e9 vers les <strong>arts du num\u00e9rique<\/strong>, le Forum des Images propose non seulement des projections de films, mais \u00e9galement de nombreuses activit\u00e9s p\u00e9riph\u00e9riques, souvent en lien avec le th\u00e8me du moment : rencontres, <em>masterclass<\/em>, ateliers\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8re \u00e9dition de cet \u00e9v\u00e9nement, le Forum des Images organisait ce week-end l\u00e0 un festival cin\u00e9b\u00e9d\u00e9, dit <strong><em>B\u00e9d\u00e9rama<\/em><\/strong> &#8211; esp\u00e8ce de questionnement et d&rsquo;exploration du lien \u00e9troit qui serpente des b\u00e9d\u00e9istes aux cin\u00e9astes, de l&rsquo;image fig\u00e9e \u00e0 son adaptation sur grand \u00e9cran. Pour l&rsquo;occasion, le Forum des Images projetait de nombreux films inspir\u00e9s de bandes-dessin\u00e9es. Pour ma part, j&rsquo;ai pu assister aux projections de <em>Tintin au Tibet<\/em> (Bernasconi, 1992) et de <em>la Fameuse Invasion des Ours en Sicile<\/em> (Mattotti, 2019) &#8211; deux s\u00e9ances \u00e0 mon sens tr\u00e8s bien choisies, anim\u00e9es toujours, et auxquelles purent participer des spectateurs aux \u00e2ges vari\u00e9s, dans une salle obscure, comble mais spacieuse. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce dont j&rsquo;aimerais toutefois vous parler, c&rsquo;est de l&rsquo;atelier <strong>Labobula<\/strong> auquel le Forum nous a convi\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Une performance dessin\u00e9e en direct et sans filet avec Mathieu Sapin et \u00c9milie Gleason sous la houlette de Franky Baloney<\/em>.<\/p><cite>Forum des Images<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cet atelier, anim\u00e9 et conduit par <strong>Franky Baloney<\/strong>, proposait d&rsquo;inviter cinq ou six membres du public \u00e0 venir partager une histoire, une anecdote, quelque chose d&rsquo;intime ou de personnel &#8211; mais que l&rsquo;on puisse dessiner et, <em>pourquoi pas<\/em>, qui puisse susciter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;un \u00e9diteur (entendez par <em>pourquoi pas<\/em> : tr\u00e8s, tr\u00e8s hypoth\u00e9tiquement, l&rsquo;objet \u00e9tant d&rsquo;abord de s&rsquo;amuser). Car c&rsquo;est dans le v\u00e9cu, le routinier, le tous-les-jours que <strong>Mathieu Sapin<\/strong> et <strong>Emilie Gleason<\/strong>, deux b\u00e9d\u00e9istes \u00e0 succ\u00e8s, ont pris le parti d&rsquo;extraire une histoire. A travers cet atelier, j&rsquo;ai pu assister au processus de cr\u00e9ation, du <em>rien<\/em> (la page blanche) \u00e0 la confection improvis\u00e9e d&rsquo;une premi\u00e8re de couverture (la mise en bouche) et d&rsquo;une derni\u00e8re case (la chute). Et alors, on s&rsquo;interroge : cr\u00e9er, aujourd&rsquo;hui, <em>c&rsquo;est quoi ?<\/em> N&rsquo;est-ce qu&rsquo;un balancement &#8211; sans discontinuer ; qu&rsquo;un num\u00e9ro d&rsquo;\u00e9quilibriste&#8230; Imaginer, <em>mais<\/em> plaire, cultiver l&rsquo;intime, l&rsquo;invent\u00e9, le fantasque &#8211; <em>mais<\/em> vendre, vendre toujours ? Finalement, l&rsquo;objet de l&rsquo;art et du divertissement, est-ce l&rsquo;action de cr\u00e9er &#8211; ou celle de vendre ? <\/p>\n\n\n\n<p>Sans moraliser, cet atelier proposait surtout de juxtaposer la n\u00e9cessit\u00e9 de vendre (\u00e0 qui, et quand ?) \u00e0 celle de s&rsquo;amuser et d&rsquo;explorer ce croissant &#8211; de tous temps fertile, qu&rsquo;est l&rsquo;imagination. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, et si j&rsquo;ai beaucoup ri, cet atelier m&rsquo;a beaucoup interrog\u00e9e sur la place que j&rsquo;accorde \u00e0 l&rsquo;<em>autour<\/em>. L&rsquo;<em>autour <\/em>de moi, de nous. Si Mathieu Sapin et Emilie Gleason, en s&rsquo;inspirant du quotidien et des souvenirs de personnes comme vous et moi, parviennent \u00e0 imaginer des histoires si riches &#8211; pourquoi ai-je l&rsquo;impression que Paris, comme ailleurs en France, n&rsquo;est parfois qu&rsquo;un monde gris ? Pourquoi suis-je si peu capable de les voir, ces trajectoires, comme des mers infinies &#8211; celles de ceux qui sont l\u00e0, sous mes yeux, \u00e0 vivre des vies qui ne sont pas la mienne ? Est-ce que l&rsquo;imagination, finalement, ce n&rsquo;est pas les autres, ce n&rsquo;est pas ma reconnexion au monde habit\u00e9, et dens\u00e9ment grandiose ? Et si c&rsquo;\u00e9tait vraiment \u00e7a\u2026 que dire, alors, de la n\u00e9cessit\u00e9 de plaire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Camille LACORNE<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Source de l&rsquo;image d&rsquo;ent\u00eate: <em><a href=\"https:\/\/www.forumdesimages.fr\/les-programmes\/bederama\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Forum des Images (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Forum des Images<\/a><\/em>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Prendre la 4, ou le 7, le B, puis le A\u2026 S&rsquo;installer dans un coin, chercher de l&rsquo;oxyg\u00e8ne, parfois &#8211; la stabilit\u00e9, souvent. Et puis, descendre aux Halles, le c\u0153ur vaillant (sinon bien accroch\u00e9). 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