{"id":13514,"date":"2019-10-15T09:47:50","date_gmt":"2019-10-15T07:47:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13514"},"modified":"2019-10-15T09:47:50","modified_gmt":"2019-10-15T07:47:50","slug":"la-blonde-et-la-brune-festival-livres-en-tete-11-vendredi-4-octobre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13514","title":{"rendered":"La Blonde et la Brune \/ Festival Livres-en-t\u00eate #11 \/ Vendredi 4 octobre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab Vendredi 4 octobre, \u00e0 la brasserie artisanale <strong>BapBap<\/strong> (Rue Saint-Maur) s\u2019est tenue une soir\u00e9e conviant des personnes de tout \u00e2ge autour de bi\u00e8res et de lecture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la compagnie des Livreurs (sp\u00e9cialis\u00e9e dans la lecture \u00e0 voix haute) s\u2019est associ\u00e9e \u00e0 cette brasserie ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019association Alma Grown in Town (association ayant pour but de sensibiliser les citadins \u00e0 la culture de fruits, l\u00e9gumes et aromates en plein c\u0153ur de la ville) afin de convier une trentaine de personnes autour du th\u00e8me \u00ab\u00a0manger et boire \u00e9co-responsable \u00e0 Paris\u00a0\u00bb.    <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une courte pr\u00e9sentation de chaque intervenant, la brasserie a convi\u00e9 ses invit\u00e9s \u00e0 une d\u00e9gustation de bi\u00e8res (qui a servi \u00e0 deux reprises d\u2019entracte). Apr\u00e8s cela, les Livreurs ont commenc\u00e9 leurs lectures.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les textes (dont la plupart sont tr\u00e8s connus) avaient pour sujets les composites de tables, la nourriture et toutes sortes de boissons. Parmi eux :&nbsp;<em>Les petits po\u00e8mes en prose&nbsp;<\/em>de Baudelaire<em>, Le ventre de Paris&nbsp;<\/em>de Zola<em>, Chez les fous&nbsp;<\/em>d\u2019Albert Londres<em>, Le mar\u00e9chal absolu de&nbsp;<\/em>Pierre Jourde<em>, La peau&nbsp;<\/em>de&nbsp;Curzio Malaparte, <em>Elles sont folles de mon corps&nbsp;<\/em>de Marc Villard<em>, L\u2019os \u00e0 moelle&nbsp;<\/em>de Pierre Dac<em>, Les Vins du Rh\u00f4ne et de la M\u00e9diterran\u00e9e&nbsp;<\/em>de Jean Giono\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s minimaliste (projecteurs et mur blanc) n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 des lecteurs, qui oscillaient du rire \u00e0 la col\u00e8re en passant par la peur et la tristesse. Ce qui prouve bien que l\u2019on a pas besoin d\u2019artifices pour sugg\u00e9rer l\u2019\u00e9motion au spectateur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les textes, ayant \u00e9t\u00e9 parfaitement choisis, ont permis aux spectateurs de s\u2019impr\u00e9gner de l\u2019ambiance festive de la repr\u00e9sentation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00e9langeant \u00e9cologie, com\u00e9die, et consommation, les acteurs de cette soir\u00e9e ont su captiver le spectateur en le nourrissant de riches vers, de paragraphes envo\u00fbtants et d\u00e9routants ainsi que de rires partag\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous avez l\u2019occasion d\u2019assister \u00e0 une soir\u00e9e organis\u00e9e par la compagnie des Livreurs et que vous aimez la fantaisie et la d\u00e9rision, je vous conseille d\u2019aller y faire un tour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Salom\u00e9 LE GUELLEC<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"> \u2042    <\/p>\n\n\n\n<p>Un festin sonore de lectures \u00e0 voix haute avait lieu dans la brasserie parisienne&nbsp;<strong>BapBap<\/strong>, \u00e0 l\u2019occasion du&nbsp;<strong>festival Livres en T\u00eate<\/strong>.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le public, h\u00e9t\u00e9roclite et assoiff\u00e9 de mots, a fait salle comble pour rassasier sa curiosit\u00e9. Arriv\u00e9s sur place, l\u2019ascension intellectuelle devait se m\u00e9riter&nbsp;: il fallut traverser la fabrique, contourner les cuves, grimper un long escalier de fer, pour atteindre la salle des d\u00e9lices.<\/p>\n\n\n\n<p>Au menu&nbsp;? Bi\u00e8re, bi\u00e8re, bi\u00e8re et puis&nbsp;<em>bi\u00e8re<\/em>&nbsp;\u2013 toutes artisanales et locales. Mais surtout une foultitude de cerises sur les g\u00e2teaux color\u00e9s, trouv\u00e9s dans des lectures pioch\u00e9es chez Jourde, Giono, Londres, Malaparte, Villard, Beaudelaire, Zola, Carminati, Courteline, Huysmans, Dac\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les paroles tranchantes, grasseyantes, coulantes, sal\u00e9es, am\u00e8res des orateurs se suffisaient \u00e0 elles-m\u00eames&nbsp;: nul besoin d\u2019autres accompagnements que la voix des six lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Une mise en bouche agr\u00e9able pour d\u00e9couvrir l\u2019activit\u00e9 du collectif&nbsp;<em>les Livreurs<\/em>, organisateurs de la soir\u00e9e. On reste cependant un peu sur sa faim, avec un go\u00fbt prononc\u00e9 de&nbsp;<strong>revenez-y<\/strong>&nbsp;: vivement la prochaine.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eline MALADRY<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Ce vendredi-l\u00e0, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 une curieuse entrevue de lecteurs passionn\u00e9s et d\u2019amateurs de bi\u00e8res. La brasserie&nbsp;<em>Bapbap<\/em>, lieu insolite du 11\u00e8me arrondissement, a accueilli durant cette soir\u00e9e le&nbsp;<strong>Festival \u00ab Livres en t\u00eate \u00bb<\/strong>, festival de lectures \u00e0 haute voix qui s\u2019est tenu dans divers lieux parisiens du 2 au 5 octobre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Au programme de la soir\u00e9e : lectures, \u00e9videmment, sur le th\u00e8me de la table et de la nourriture, accompagn\u00e9es d\u2019une d\u00e9gustation de bi\u00e8res artisanales, brass\u00e9es \u00e0 Paris. Nous \u00e9tions rassembl\u00e9s dans une salle de la brasserie&nbsp;<em>Bapbap<\/em>&nbsp;am\u00e9nag\u00e9e pour l\u2019occasion.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouverture s\u2019est faite sur une pr\u00e9sentation de la brasserie par son co-fondateur. La projet est n\u00e9, selon lui, d\u2019un \u00ab r\u00eave un peu fou \u00bb, celui de brasser et de vendre des bi\u00e8res&nbsp;<em>made in<\/em>&nbsp;Paris, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;<strong>B<\/strong>rass\u00e9es&nbsp;<strong>\u00e0<\/strong>&nbsp;<strong>P<\/strong>aris,&nbsp;<strong>B<\/strong>ues&nbsp;<strong>\u00e0<\/strong>&nbsp;<strong>P<\/strong>aris \u00bb (<strong>BapBap<\/strong>). Le projet a abouti depuis maintenant cinq ans et l\u2019\u00e9quipe brasse quatre sortes de bi\u00e8res, que nous avons go\u00fbt\u00e9es dans la soir\u00e9e : de la bi\u00e8re blonde de table \u00e0 la bi\u00e8re brune, plus am\u00e8re et acidul\u00e9e. C\u2019est ensuite l\u2019une des fondatrices d\u2019<strong>\u00ab ALMA Grown in town \u00bb<\/strong>, entreprise de mise en culture et de commerce de fruits et de l\u00e9gumes dans le cadre d\u2019une agriculture dite urbaine sur les toits de Paris, qui a pris la parole pour nous pr\u00e9senter l\u2019aboutissement de son projet. Celui-ci visait \u00e0 rapprocher les citadins de leur consommation de fruits et de l\u00e9gumes en produisant directement \u00e0 Paris, \u00e9vitant ainsi la perte de nutriments et les longs voyages des aliments jusqu\u2019\u00e0 la ville depuis leur lieu de production. L\u2019entreprise vend des paniers de fruits et de l\u00e9gumes produits sur les toits. Elle organise aussi des initiations \u00e0 l\u2019agriculture urbaine. Enfin, la librairie&nbsp;<strong>\u00ab Le Comptoir des mots \u00bb<\/strong>&nbsp;\u00e9tait pr\u00e9sente tout le long de la soir\u00e9e pour pr\u00e9senter des livres sur le th\u00e8me de la vie \u00e9co-responsable et de l\u2019alimentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lectures \u00e0 haute voix, th\u00e8me du festival, se sont donc d\u00e9roul\u00e9es dans cette atmosph\u00e8re d\u00e9tendue de d\u00e9gustations atypiques et originales. Les lectures portant sur le th\u00e8me de la nourriture, tout l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9tait dans la diversit\u00e9 des genres, des sujets et des tons de la narration. Les lecteurs et les lectrices se sont partag\u00e9 les textes (12 lectures d\u2019auteurs du XIX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 nos jours). La lecture \u00e0 voix haute est vraiment une exp\u00e9rience int\u00e9ressante car elle oscille entre le th\u00e9\u00e2tre, fait pour \u00eatre d\u00e9clam\u00e9 par un acteur, et la lecture faite pour \u00eatre lue silencieusement et individuellement. Elle renvoie \u00e0 une tradition ancestrale de la m\u00e9moire orale. La d\u00e9clamation de textes, selon moi, permet de mieux les appr\u00e9cier \u2013 ou du moins, de les entendre diff\u00e9remment de la lecture silencieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Lire \u00e0 voix haute c\u2019est aussi apprendre \u00e0 \u00eatre acteur, \u00e0 d\u00e9clamer un texte pour mieux faire ressentir ses ambiances, ses beaut\u00e9s et les moments de tension qui font sa force.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte\u00a0Chez les fous, d\u2019Albert Londres (1925), \u00e9tait un vrai d\u00e9fi d\u2019interpr\u00e9tation pour la lectrice. Cet extrait raconte le repas extr\u00eamement violent de femmes dans un asile psychiatrique, lieu qu\u2019Albert Londres d\u00e9nonce. La narration part dans tous les sens, comme la nourriture dans la salle de restauration. Cette lecture est, de part le caract\u00e8re engag\u00e9 de l\u2019\u0153uvre, d\u2019une part comique, mais aussi dramatique. Son interpr\u00e9tation est donc difficile et c\u2019est par des changements dans la hauteur de sa voix que l\u2019actrice nous faisait entendre les diff\u00e9rents personnages tous aussi fous les uns que les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, j\u2019ai particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 la lecture d\u2019un extrait du\u00a0<em>Ventre de Paris<\/em> d\u2019\u00c9mile Zola (1873) racontant l\u2019arriv\u00e9e de Claude aux Halles le matin. La description de tous les fruits et les l\u00e9gumes expos\u00e9s dans la rue sous les stands des halles est particuli\u00e8rement \u00e9vocatrice et magnifique. La lectrice nous a fait entendre la puissance d\u2019\u00e9vocation des mots , qui rendent quasiment vivants les produits du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces diverses lectures n\u2019ont fait que confirmer ma certitude de l\u2019importance de la lecture \u00e0 haute voix, et m\u2019ont donn\u00e9 envie de m\u2019entra\u00eener \u00e0 cet exercice particuli\u00e8rement difficile m\u00eame s\u2019il n\u2019en a pas l\u2019air\u2026. J\u2019ai donc vraiment beaucoup aim\u00e9 cette soir\u00e9e en tant que lectrice passionn\u00e9e et amatrice de bonnes bi\u00e8res. Je trouve particuli\u00e8rement int\u00e9ressant le fait de composer un corpus de textes portant sur un th\u00e8me commun. Cela fait ressortir la diversit\u00e9 des possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, on ne pouvait pas sortir de la brasserie sans entendre la voix de Baudelaire\u2026<br><em>\u00ab Enivrez-vous ! \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Charlotte CORINALDI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >\u00ab Vendredi 4 octobre, \u00e0 la brasserie artisanale BapBap (Rue Saint-Maur) s\u2019est tenue une soir\u00e9e conviant des personnes de tout \u00e2ge autour de bi\u00e8res et de lecture.&nbsp; En effet, la compagnie des Livreurs (sp\u00e9cialis\u00e9e dans la lecture \u00e0 voix haute) s\u2019est associ\u00e9e \u00e0 cette brasserie [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":13517,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[48],"tags":[],"class_list":["post-13514","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lecture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13514"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13514\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}