{"id":13524,"date":"2019-10-16T16:04:05","date_gmt":"2019-10-16T14:04:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13524"},"modified":"2019-10-16T16:04:05","modified_gmt":"2019-10-16T14:04:05","slug":"tapage-nocturne-festival-livres-en-tete-11-samedi-5-octobre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13524","title":{"rendered":"TaPage nocturne \/ Festival Livres-en-t\u00eate #11 \/ Samedi 5 octobre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p>Le cabaret Z\u00e8bre accueillait ce samedi 5 octobre 2019 un nouveau <em>TaPage nocturne<\/em>, organis\u00e9 pour la onzi\u00e8me \u00e9dition du <strong>Festival Livres en T\u00eate<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme promis sur leur brochure, l\u2019ambiance litt\u00e9raire est<em> sensuelle et audacieuse<\/em>. Quelques d\u00e9finitions charnelles (du <em>Dictionnaire fou du corps<\/em>, de  Katy Couprie), des extraits de romans, des lettres intimes et &#8211; finalement, des nouvelles \u00e9rotiques. Textes contemporains et textes classiques se succ\u00e8dent sans difficult\u00e9 et font r\u00e9sonner, d&rsquo;un plaisir savant, l\u2019intemporalit\u00e9 des questions li\u00e9es au corps et \u00e0 la sexualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque lecture est entrecoup\u00e9e d\u2019improvisations au saxophone. Ces interludes musicaux permettent de sortir de la temporalit\u00e9 de la lecture qui vient d\u2019avoir lieu, pour mieux se pr\u00e9parer \u00e0 la suivante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A cela s\u2019ajoutent des interventions musicales d\u2019un certain Mercredi &#8211; interpr\u00e9tant, avec une voix suave, mais puissante, des classiques de la chanson fran\u00e7aise adapt\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement. On regrette toutefois ses tenues, qui d\u00e9notent trop de la sobri\u00e9t\u00e9 de celles des <strong>Livreurs<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, une contorsionniste intervient en seconde partie du spectacle. On aurait pu jouer de la contorsion de son corps pour rappeler avec raffinement les jeux charnels pr\u00e9c\u00e9demment <em>d\u00e9livr\u00e9s<\/em> par les lectures. Cependant, le costume en latex blanc et le faux jeu de lecture entre deux poses rompent avec l\u2019atmosph\u00e8re po\u00e9tico-sensuelle. Sans \u00eatre d\u00e9plaisant, cet interm\u00e8de n\u2019a pas grand int\u00e9r\u00eat, sinon celui de rappeler le caract\u00e8re circassien du Cabaret Z\u00e8bre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Livreurs savent <em>d\u00e9livrer <\/em>un texte et jouer de leur voix. La sobri\u00e9t\u00e9 habituelle de leur tenue laisse une plus grande place pour se concentrer sur l\u2019expressivit\u00e9 de leur lecture. La mise en lumi\u00e8re de la lecture \u00e0 voix haute renoue avec l\u2019aspect sonore de la litt\u00e9rature. Si les mots s\u2019\u00e9crivent, ils se prononcent \u00e9galement. Le langage du livre est transport\u00e9 sur sc\u00e8ne. Les spectateurs sont invit\u00e9s non pas \u00e0 \u00eatre un public de spectacle, mais bien des lecteurs r\u00e9unis et unifi\u00e9s par la voix des \u201clecteurs sonores\u201d.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Alice CLABAUT<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">\u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019occasion de la 11\u00e8me \u00e9dition du Festival de lectures \u00e0 voix haute&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Livres en t\u00eate&nbsp;\u00bb<\/strong>, j\u2019ai eu le privil\u00e8ge d\u2019assister \u00e0 la derni\u00e8re soir\u00e9e intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Tapage nocturne&nbsp;\u00bb, le 5 octobre 2019 au cabaret&nbsp;<em>Le z\u00e8bre de Belleville<\/em>&nbsp;\u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette soir\u00e9e mit en sc\u00e8ne plusieurs extraits des \u0153uvres des auteurs pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement, interpr\u00e9t\u00e9s par diff\u00e9rents lecteurs de la troupe<strong>&nbsp;les Livreurs<\/strong>. Le corps et la sensualit\u00e9 furent les th\u00e8mes mis en avant par les lectures, ainsi que par les interm\u00e8des musicaux du saxophoniste Lucas Delattre, de l\u2019interpr\u00e8te Mercredi et de la contorsionniste Helena Moon.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019atmosph\u00e8re burlesque du lieu m\u2019a permis d\u2019\u00eatre rapidement plong\u00e9e dans l\u2019ambiance de cet \u00e9v\u00e9nement. Du velours, une petite salle, intime, des \u00e9clairages rouges :&nbsp;tout&nbsp;\u00e9tait au rendez-vous pour passer une soir\u00e9e envo\u00fbtante&nbsp;! Les lectures firent une entr\u00e9e franche et audacieuse gr\u00e2ce aux d\u00e9finitions dr\u00f4les et subversives du&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Dictionnaire fou du corps&nbsp;\u00bb<\/em>, lues \u00e0 tour de r\u00f4le par les orateurs. Le ton \u00e9tait lanc\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Une diversit\u00e9 de textes s\u2019encha\u00eena ensuite, sous les gloussements sinc\u00e8res des spectateurs face aux mots crus, repr\u00e9sentant des situations et des silhouettes vari\u00e9es, des passions torrides. Les interm\u00e8des musicaux du saxophoniste Lucas Delattre permettaient d\u2019adoucir le rythme de ces histoires. Ce cabaret \u00e9tait \u00e9galement entrecoup\u00e9 de morceaux anciens, modernis\u00e9s par l\u2019artiste Mercredi \u2013 questionnant le genre et la sexualit\u00e9 tout en volupt\u00e9 et musicalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant l\u2019entracte, les auteurs \u00e9taient pr\u00e9sents pour discuter et d\u00e9dicacer leurs \u0153uvres mises en vente par la librairie&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;le comptoir des mots&nbsp;\u00bb<\/strong>. Il fut \u00e9galement possible de se sustenter au bar, au grand bonheur d\u2019une grande partie des spectateurs. Des spectateurs de tous \u00e2ges, venus en famille, entre amis ou en couple et qui m\u2019ont \u00e9galement amus\u00e9e par leurs r\u00e9actions durant la deuxi\u00e8me partie : d\u2019abord le public retenait son souffle, \u00e0 la fois stup\u00e9fait et troubl\u00e9 par la performance de la contorsionniste Helena Moon. L\u2019atmosph\u00e8re semblait avoir accentu\u00e9 la proximit\u00e9 et l\u2019intimit\u00e9 des esprits pr\u00e9sents dans la pi\u00e8ce. Ainsi les rires reprirent, plus intenses et partag\u00e9s. La surprise se fit \u00e9galement ressentir lorsque des textes classiques firent r\u00e9sonner une sexualit\u00e9 assum\u00e9e et d\u00e9taill\u00e9e des personnages. Dans l\u2019humour et la beaut\u00e9 des mots, les tabous furent lev\u00e9s le temps d\u2019un instant, pour laisser s\u2019exprimer la libert\u00e9 des \u00e9motions.<\/p>\n\n\n\n<p>Une soir\u00e9e sexy et pleine de surprises dont je me souviendrai !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 L\u00e9a MEMAIN<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">\u2042 <\/p>\n\n\n\n<p>Dehors, les lumi\u00e8res qui cr\u00e9pitent, le boulevard qui s\u2019anime. A l\u2019int\u00e9rieur, des rideaux de velours rouge, un \u00e9clairage tamis\u00e9, une sc\u00e8ne sur\u00e9lev\u00e9e avec pour seule d\u00e9coration, un micro. On est au&nbsp;<em>Z\u00e8bre de Belleville<\/em>&nbsp;pour la soir\u00e9e de cl\u00f4ture de la 11\u00e8me \u00e9dition du&nbsp;<strong>Festival Livres en T\u00eate<\/strong>, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e du 2 au 5 octobre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019origine du projet,&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Les livreurs&nbsp;\u00bb<\/strong>, une structure hors la norme qui c\u00e9l\u00e8bre de mille fa\u00e7ons les joies de la lecture \u00e0 voix haute \u2013 ainsi que le&nbsp;<strong>Service Culturel de la Facult\u00e9 des Lettres de Sorbonne Universit\u00e9<\/strong>. Cette ann\u00e9e, le pr\u00e9sident d\u2019honneur du festival n\u2019\u00e9tait autre que le soci\u00e9taire de la&nbsp;<strong>Com\u00e9die Fran\u00e7aise<\/strong>, Laurent Stocker&nbsp;! Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019improviser des<br>histoires sur le th\u00e8me de la gourmandise, d\u2019une d\u00e9gustation de bi\u00e8res et de textes, d\u2019un&nbsp;<em>speed-dating<\/em>&nbsp;en compagnie d\u2019auteur.e.s s\u00e9lectionn\u00e9.e.s avec soin, ou d\u2019achever le festival par un cabaret litt\u00e9raire aux accents d\u00e9fendus,&nbsp;<em>Livres en t\u00eate<\/em>&nbsp;appara\u00eet comme un espace enchanteur, \u00e9rudit et curieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, c\u2019est la fin de ces journ\u00e9es riches en d\u00e9couvertes ; place aux mots crus et d\u00e9rangeants, au rire et \u00e0 la passion&nbsp;! Apr\u00e8s les remerciements d\u2019usage, le rappel des partenaires permettant l\u2019existence du festival, la pr\u00e9sentation des auteurs pr\u00e9sents \u2013 Daniel Arsand,&nbsp;No\u00eblle Ch\u00e2telet,&nbsp;Katy Couprie et David Dumortier \u2013 voici le temps de l\u2019ensorcellement par les mots et les sons.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, il y a les d\u00e9finitions du&nbsp;<em>Dictionnaire fou du corps<\/em>, r\u00e9dig\u00e9 par Katy Couprie, que se partagent les six livreurs sur la sc\u00e8ne. Aux mots \u00ab&nbsp;vagin&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;p\u00e9nis&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;anus&nbsp;\u00bb s\u2019ajoutent ceux de l\u2019\u00abaccouplement&nbsp;\u00bb ou de la \u00ab&nbsp;grossesse&nbsp;\u00bb. Bien s\u00fbr, il ne s\u2019agit pas l\u00e0 de descriptions sages et neutres, mais bien de prendre la parole pour dessiner un monde tout en d\u00e9tails et en pr\u00e9cisions, un univers fait de trouvailles, de franchise et de sinc\u00e9rit\u00e9. Entrecoup\u00e9s par des chansons interpr\u00e9t\u00e9es par l\u2019artiste Mercredi ou par un num\u00e9ro de contorsion r\u00e9alis\u00e9 par Helena Moon, les temps de lecture que nous offrent les livreurs se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre intimes tout autant que troublants.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, sont les extraits du Marquis de Sade, de Barbey d\u2019Aurevilly ou de Catherine Millet \u2013 chacun est aur\u00e9ol\u00e9 d\u2019une r\u00e9putation sulfureuse qui ne manque pas d\u2019exploser lorsque la voix des conteurs se pose sur leurs textes. Un Flaubert \u00e9pistolaire tr\u00e8s polisson, des passages de&nbsp;<em>Travesti<\/em>&nbsp;de David Dumortier ou d\u2019<em>Histoires de bouches&nbsp;<\/em>de No\u00eblle Ch\u00e2telet, voil\u00e0 des d\u00e9couvertes folles, poignantes, improbables. On ressort du cabaret apr\u00e8s avoir red\u00e9couvert un monde licencieux et transgressif, apr\u00e8s avoir appr\u00e9hend\u00e9 de nouveaux horizons sexuels et textuels.<\/p>\n\n\n\n<p>Longue vie aux Livres en t\u00eate&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Margaux DARIDON<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Le cabaret Z\u00e8bre accueillait ce samedi 5 octobre 2019 un nouveau TaPage nocturne, organis\u00e9 pour la onzi\u00e8me \u00e9dition du Festival Livres en T\u00eate. Comme promis sur leur brochure, l\u2019ambiance litt\u00e9raire est sensuelle et audacieuse. 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