{"id":13584,"date":"2019-10-25T17:08:11","date_gmt":"2019-10-25T15:08:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13584"},"modified":"2019-10-25T17:08:11","modified_gmt":"2019-10-25T15:08:11","slug":"pour-sama-waad-al-kateab-edward-watts-octobre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13584","title":{"rendered":"Pour Sama \/ Waad Al-Kateab, Edward Watts \/ Octobre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p>D\u00e8s les premi\u00e8res secondes du film, la salle retient son souffle. A l\u2019\u00e9cran, dans un nuage de poussi\u00e8re, un vent de panique s\u2019empare de l\u2019h\u00f4pital r\u00e9volutionnaire d\u2019Alep o\u00f9 vivent la jeune Waad, son mari Hamza et leur fille de quelques mois, Sama. Dans cette petite salle du cinqui\u00e8me arrondissement de Paris, pleine \u00e0 craquer, les yeux se ferment, et, d\u00e9j\u00e0, les larmes coulent. Soudain,une voix, celle de la journaliste et r\u00e9alisatrice Waad Al-Kateab.<\/p>\n\n\n\n<p> <em>\u00ab&nbsp;Sama.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet op\u00e9ra tragique d\u2019une heure trente-cinq, on suit le quotidien de rebelles syriens qui font, tant bien que mal, tourner l\u2019un des derniers h\u00f4pitaux d\u2019Alep-Est \u00e0 n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par les forces du r\u00e9gime. Face aux attaques incessantes de Bachar El-Assad, les rebelles s\u2019organisent, entre deuil et joie, pour l\u2019id\u00e9al de libert\u00e9 et de d\u00e9mocratie qui leur est cher. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un film d\u2019une puissance rare, le r\u00e9cit n\u00e9cessaire d\u2019une vie de stress permanent, rythm\u00e9e par le bruit sourd des bombes. Un film o\u00f9 la cam\u00e9ra tient le r\u00f4le principal&nbsp;; un morceau d\u2019histoire qui transperce et qui heurte. Alors que nos soci\u00e9t\u00e9s s\u2019habituent, s\u2019accommodant d\u2019une gestion froide de l\u2019information, ce film joue avec les affects primaires du spectateur et rend \u00e0 ces r\u00e9cits de combat, que l\u2019on \u00e9coute d\u2019ordinaire d\u2019une oreille distraite, une dimension humaine \u00e0 laquelle notre esprit n\u2019est plus habitu\u00e9. Ce n\u2019est pas un reportage comme il existe tant d\u2019autres, o\u00f9 les images chocs ne sont utilis\u00e9es que pour maintenir l\u2019attention voyeuriste du spectateur occidental press\u00e9. C\u2019est un journal intime, un festival de sentiments contradictoires. Les enfants jouent et pleurent, les parents r\u00e9sistent, font la f\u00eate, l\u2019amour et se marient. Le spectateur suffoque dans la lourde poussi\u00e8re d\u2019Alep.<br> C\u2019est un film unique et universel, o\u00f9 l\u2019amour et la mort ne cessent leur danse fun\u00e8bre que lorsque le g\u00e9n\u00e9rique retentit.<\/p>\n\n\n\n<p> &#8212; Sacha MOKRITZKY (http:\/\/www.reconstruire.org\/pour-sama)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> Affiche du film. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >D\u00e8s les premi\u00e8res secondes du film, la salle retient son souffle. A l\u2019\u00e9cran, dans un nuage de poussi\u00e8re, un vent de panique s\u2019empare de l\u2019h\u00f4pital r\u00e9volutionnaire d\u2019Alep o\u00f9 vivent la jeune Waad, son mari Hamza et leur fille de quelques mois, Sama. 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