{"id":13626,"date":"2019-11-14T15:29:22","date_gmt":"2019-11-14T14:29:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=13626"},"modified":"2019-11-14T15:29:22","modified_gmt":"2019-11-14T14:29:22","slug":"un-jardin-de-silence-l-thomas-jolly-babx-la-scala-paris-octobre-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=13626","title":{"rendered":"Un Jardin de Silence \/ L., Thomas Jolly, Babx \/ la Scala Paris \/ Octobre 2019"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Image d&rsquo;ent\u00eate :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lascala-paris.com\/programmation\/un-jardin-de-silence\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Galerie de la Scala  (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Galerie de la Scala <\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La <strong>Scala Paris<\/strong>, jeune th\u00e9\u00e2tre au nom intemporel, a choisi de programmer un spectacle sur une interpr\u00e8te elle aussi intemporelle : Barbara, dans <em>Barbara, un Jardin de silence<\/em>. Nous y retrouvons la chanteuse L. (Rapha\u00eble Lannad\u00e8re), le pianiste Babx ainsi que le metteur en sc\u00e8ne et com\u00e9dien Thomas Jolly, \u00e9galement directeur de la compagnie <em>La Piccola Familia<\/em> &#8211; laquelle a cr\u00e9\u00e9 <em>Thyeste<\/em> (de S\u00e9n\u00e8que) pour l\u2019ouverture du 72\u00e8me Festival d\u2019Avignon.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Barbara, un jardin de silence<\/em> c\u2019est un concert au th\u00e9\u00e2tre &#8211; mais du th\u00e9\u00e2tre avant tout, dans lequel L., Thomas Jolly et Babx interpr\u00e8tent tour \u00e0 tour Barbara et les grandes figures qui l\u2019ont entour\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne d\u2019ouverture prend place lors d\u2019une remise de prix du Minist\u00e8re de la Culture dans laquelle nous sommes public \u00e0 la fois du spectacle et de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Le rideau, d\u2019abord ferm\u00e9, s\u2019entrouve (nous laissant \u00e0 peine entrevoir la sc\u00e8ne), puis il s\u2019ouvre tout entier. En outre, la temporalit\u00e9 lin\u00e9aire est petit \u00e0 petit bris\u00e9e par des flashbacks op\u00e9r\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019insertion d\u2019archives audio et d\u2019interviews rejou\u00e9es sur sc\u00e8ne. Ainsi, <em>Barbara, un jardin de silence<\/em> est avant tout un hommage \u00e0 la personne de Barbara &#8211; hommage dans lequel nous plongeons d\u00e9licatement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation de L. est fid\u00e8le \u00e0 celle de Barbara, bien qu\u2019enrichie par la subtilit\u00e9 et la pr\u00e9cision de sa voix. Le piano, qui accompagne les chansons et les extraits-documentaires du spectacle, r\u00e9prime ainsi les silences de ce jardin.<\/p>\n\n\n\n<p>Thomas Jolly a habill\u00e9 la sc\u00e8ne de mani\u00e8re \u00e0 happer notre regard lorsqu\u2019il se d\u00e9tache du chanteur, mais ce foisonnement de fleurs et de fauteuils d\u00e9limitent en r\u00e9alit\u00e9 divers espaces sc\u00e9niques o\u00f9 se d\u00e9roulent les interviews. Ainsi, nous apercevons des fleurs au sol, des fleurs suspendues \u00e0 des cintres, de confortables fauteuils, un petit cahier, un renard endormi ainsi que des projecteurs. De fait, la lumi\u00e8re est employ\u00e9e de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019un acteur pour un r\u00f4le : elle intervient de mani\u00e8re enchanteresse et chaleureuse lorsqu\u2019elle surgit du&nbsp; fond de sc\u00e8ne, aidant \u00e0 d\u00e9voiler le silence qui plane autour de la figure de Barbara.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin de n\u2019\u00eatre <em>que<\/em> pur divertissement, le spectacle rappelle aussi l\u2019engagement de Barbara dans la lutte contre le sida et la parole chant\u00e9e devient une parole politique qui nous rem\u00e9more l\u2019intemporalit\u00e9 de cette maladie, en ces temps o\u00f9 augmente de nouveau le nombre de ses victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les applaudissements des spectateurs, \u00e0 la fin de chaque chanson, ne se sont pas faits du bout des doigts car ils rendaient eux aussi hommage \u00e0 Barbara et saluaient en m\u00eame temps la performance, ponctu\u00e9e tant\u00f4t de rires, tant\u00f4t de m\u00e9lancolie. Alors si vous aimez la chanson fran\u00e7aise, je ne vous le dis pas du bout des l\u00e8vres : <em>volez-y !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Cindel CATTIN<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p><em>Un Jardin de silence<\/em> est un spectacle musical cr\u00e9\u00e9 en 2018 par la compagnie <em>La Piccola Familia<\/em> dans le cadre du Festival <em>Les \u00c9mancip\u00e9es<\/em>. Con\u00e7u par L. (Rapha\u00eble Lannad\u00e8re), mis d\u2019une part en sc\u00e8ne par Thomas Jolly, d\u2019autre part en musique par Babx (Didier Babin), le spectacle se construit autour de la chanteuse Barbara, pour en dresser un portrait r\u00eaveur, alternant reprises de chansons et extraits d\u2019entretiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme elle, comme L., je me refuse \u00e0 employer les termes de \u00ab&nbsp;po\u00e9sie&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;myst\u00e8re&nbsp;\u00bb. Pourtant l\u2019une et l\u2019autre ne manquent pas dans ce d\u00e9cor en clair-obscur, fait de noir et de feu &#8211; particuli\u00e8rement bien mis en relief par les lumi\u00e8res d\u2019Antoine Travert. Celles-ci contribuent effectivement \u00e0 \u00e9toffer l\u2019ambiance &#8211; tant\u00f4t intimiste, tant\u00f4t spectaculaire, et r\u00e9ussissent ainsi \u00e0 mettre en valeur ce qui est montr\u00e9 autant que ce qui est cach\u00e9, pour attirer l\u2019attention du spectateur sur ce qu\u2019il ne voit pas, comme un reflet de la personnalit\u00e9 de Barbara.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une Barbara donc, interpr\u00e9t\u00e9e en grande partie par L., qui nous re\u00e7oit non pas pr\u00e8s du majestueux piano \u00e0 queue auquel Babx fait ses arrangements, mais plut\u00f4t dans ses deux maisons&nbsp;: l\u2019une, au centre, poss\u00e9dant un micro et quelques projecteurs, constitue la sc\u00e8ne sur laquelle elle nous interpr\u00e8te quelques morceaux. L\u2019autre, \u00e0 cour, a la beaut\u00e9 un peu vieillie d\u2019un temps lointain&nbsp;: le paysage y est fait de fauteuils, de fleurs, de lampes et de tapis en peau d\u2019animal, dans un style baroque rappelant les vanit\u00e9s picturales. Quand L. nous parle de sa voix douce, on pourrait croire une amie qui se confie \u00e0 nous, au coin du feu, par une soir\u00e9e d\u2019automne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019incarnation de Barbara par L. se fait de mani\u00e8re subtile ; elle passe par la reprise de ses lunettes et de sa robe en dentelle, \u00e0 propos desquels elle donne des explications discr\u00e8tes&nbsp;: les premi\u00e8res lui permettent d\u2019entendre, tandis que la seconde est remplie de l\u2019\u00e9nergie dont elle a besoin. On comprend que, paradoxalement, ce n\u2019est qu\u2019ainsi couverte qu\u2019elle peut se d\u00e9voiler, ce n\u2019est que mise en sc\u00e8ne qu\u2019elle peut dire sa v\u00e9rit\u00e9. D\u2019ailleurs elle nous le dit&nbsp;: ce n\u2019est que devant deux mille personnes qu\u2019elle se sent au plus pr\u00e8s d\u2019elle-m\u00eame.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 L. r\u00e9ussit particuli\u00e8rement bien, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019est ni dans l\u2019imitation ni dans la copie&nbsp;: son personnage est reconnaissable, certes, mais sa voix joyeuse, au timbre clair et pur, a une vraie signature, bien diff\u00e9rente de l\u2019originale. Elle est plus pos\u00e9e, plus articul\u00e9e quand elle parle, et plus moderne quand elle chante. Et pourtant, la diffusion d\u2019archives sonores de Barbara prouve l\u2019attention port\u00e9e aux d\u00e9tails dans l\u2019interpr\u00e9tation de L., qui s\u2019exprime avec les m\u00eames h\u00e9sitations, cherchant ses mots de la m\u00eame fa\u00e7on et tra\u00eenant sur les m\u00eames syllabes, dans une recherche de fid\u00e9lit\u00e9 r\u00e9ussie.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa voix donne la r\u00e9plique \u00e0 celles de Thomas Jolly et Babx, lesquels se pr\u00eatent \u00e9galement au jeu&nbsp;; ensemble, leurs voix se r\u00e9pondent, se m\u00ealent, s\u2019interchangent. Elles ne racontent pas r\u00e9ellement une histoire, ou plut\u00f4t elles racontent plusieurs bribes d\u2019histoires, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019extraits d\u2019entretiens levant le voile sur certains passages de la vie de <em>la dame en noir<\/em> &#8211; ou simplement de chansons, que Barbara appelait <em>\u00ab&nbsp;des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre de trois minutes&nbsp;\u00bb<\/em>. Ainsi, on navigue au fil de la pi\u00e8ce comme on suivrait le cours d\u2019un cheminement de pens\u00e9e, sans transition, d\u2019une mani\u00e8re parfois un peu confuse mais toujours naturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le trio L.\/Jolly\/Babx d\u00e9veloppe donc le portrait d\u2019une Barbara complexe, aux multiples facettes &#8211; parfois contradictoires, facettes que les trois com\u00e9diens explorent avec d\u00e9licatesse, incarnant eux-m\u00eames trois aspects diff\u00e9rents d\u2019une personnalit\u00e9 unique. Secr\u00e8te et g\u00e9n\u00e9reuse, espi\u00e8gle et m\u00e9lancolique, \u00e9l\u00e9gante et populaire, dr\u00f4le et fragile, les adjectifs pour d\u00e9crire la chanteuse sont certes paradoxaux, mais ils s\u2019illustrent et prennent sens au fil des sc\u00e8nes jou\u00e9es ou chant\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ussite de ce spectacle r\u00e9side dans le fait qu\u2019il a su capturer l\u2019essence de l\u2019artiste. De l\u2019artiste Barbara, avant tout, mais aussi de ce qui fait un artiste de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. Ainsi, et s\u2019il constitue un hommage, ce spectacle ne se veut ni documentaire ni biographie et, en cela, il est accessible \u00e0 tous&nbsp;; \u00e0 tous les artistes, et par cons\u00e9quent, \u00e0 tous les publics&nbsp;: que l\u2019on soit un inconditionnel, un averti ou bien juste un n\u00e9ophyte, l\u2019approche universelle de cette pi\u00e8ce permet \u00e0 tous de l\u2019appr\u00e9cier.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Ilona JACOTOT.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p><em>Un jardin de silence<\/em>. Cette pi\u00e8ce, pr\u00e9sent\u00e9e comme une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, est en fait un m\u00e9lange entre th\u00e9\u00e2tre et concert, jeu et musique. La mise en sc\u00e8ne existe bel et bien, r\u00e9alis\u00e9e par Thomas Jolly &#8211; qui est \u00e9galement pr\u00e9sent sur la sc\u00e8ne qu\u2019il partage avec la chanteuse L. (Rapha\u00eble Lannad\u00e8re) et le musicien Babx. La pi\u00e8ce s\u2019ouvre sur la remise du prix <em>\u00ab&nbsp;Barbara&nbsp;\u00bb<\/em> que Rapha\u00eble Lannad\u00e8re a bel et bien re\u00e7u en 2011 (ce que j\u2019ai appris gr\u00e2ce \u00e0 des recherches post\u00e9rieures). D\u2019ailleurs, sur le rideau &#8211; encore ferm\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0, sont projet\u00e9es l\u2019ann\u00e9e \u00ab&nbsp;2011&nbsp;\u00bb et l\u2019inscription \u00ab&nbsp;Minist\u00e8re de la Culture&nbsp;\u00bb. La pi\u00e8ce continue ensuite avec un discours d\u00e9clam\u00e9 par Thomas Jolly \u00e0 l\u2019attention de la chanteuse. Jusque-l\u00e0, on n\u2019a entendu de Barbara que son nom, mentionn\u00e9 lors de la remise du prix \u00e9ponyme. Mais tr\u00e8s vite le rideau s\u2019ouvre, Rapha\u00eble Lannad\u00e8re se tient devant nous et entonne bient\u00f4t sa premi\u00e8re chanson dans un d\u00e9cor recherch\u00e9, dans lequel on retrouve fleurs, fauteuils en cuir et, bien s\u00fbr, le fameux piano \u00e0 queue noir. Ce piano n\u2019est qu\u2019une des nombreuses &#8211; mais subtilement dissimul\u00e9es, r\u00e9f\u00e9rences aux caract\u00e9ristiques (certains diraient aux tocs ou aux caprices) de la chanteuse. En effet, vers la fin de la pi\u00e8ce Rapha\u00eble Lannad\u00e8re se met \u00e0 tricoter, reprenant ici une des passions (<em>le mot est faible<\/em>) de Barbara. Ces r\u00e9f\u00e9rences, plut\u00f4t \u00e9videntes, ne sont pas les seules. On en apprend davantage sur le rapport de Barbara \u00e0 la sc\u00e8ne, au public et \u00e0 la musique en g\u00e9n\u00e9ral, ainsi que sur sa lutte dans la pr\u00e9vention contre le sida, avec notamment la mention de ses visites dans des prisons et des h\u00f4pitaux. Tout cela, on l\u2019apprend sous forme d\u2019entretiens dans le style d\u2019interviews journalistiques entre Rapha\u00eble Lannad\u00e8re et Thomas Jolly, lequel incarne divers journalistes. Ces questionnements sont r\u00e9guli\u00e8rement entrecoup\u00e9s de chansons, chant\u00e9es par L., ou par Jolly &#8211; ou m\u00eame par Babx.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis malheureusement ressortie de la pi\u00e8ce sans avoir compris quel \u00e9tait le rapport entre Barbara et Rapha\u00eble Lannad\u00e8re, rapport dont j\u2019ai finalement pris la mesure en lisant les notes d\u2019intention de cette derni\u00e8re et de Thomas Jolly. En effet, il m\u2019avait sembl\u00e9 que Rapha\u00eble Lannad\u00e8re avait cess\u00e9 d\u2019\u00eatre L. une fois les rideaux ouverts, afin d\u2019incarner le personnage de Barbara. Je ne connaissais d\u2019ailleurs pas du tout cette chanteuse en entrant \u00e0 <strong>la Scala<\/strong> le mercredi 23 octobre, et n\u2019ai donc appris qu\u2019en faisant des recherches <em>a posteriori<\/em> qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas seulement une chanteuse choisie pour sa voix douce et grave \u00e0 la fois, mais qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine de ce spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais donc \u00e9t\u00e9 un peu d\u00e9\u00e7ue en sortant de la pi\u00e8ce, trouvant les chansons magnifiques (sans h\u00e9sitation), mais la voix et le discours attribu\u00e9s \u00e0 Barbara assez monotones, tristes et fades. J\u2019ai trouv\u00e9 ceux-ci en effet tr\u00e8s diff\u00e9rents des enregistrements de Barbara qui \u00e9taient diffus\u00e9s par moments. C\u2019est finalement gr\u00e2ce \u00e0 la fin de la note d\u2019intention de Thomas Joly, <em>\u00ab&nbsp;Il y sera question aussi bien de Rapha\u00eble que de Barbara&#8230; que, finalement, de n\u2019importe quel spectateur. Ni un \u00ab best-of \u00bb, ni une exposition narcissique, mais un spectacle en forme d\u2019hommage \u00e0 la figure imp\u00e9rieusement n\u00e9cessaire de l\u2019artiste pour la c\u00e9l\u00e9bration du vivant&nbsp;\u00bb<\/em>, que je comprends mieux, et surtout que j\u2019appr\u00e9cie mieux la pi\u00e8ce\/concert <em>Le Jardin de Silence<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, comprenant maintenant la motivation du metteur en sc\u00e8ne, j\u2019appr\u00e9cie encore mieux l\u2019humour qu\u2019ils ont su insuffler par endroits, le choix des chansons (qui ne font pas partie des plus connues) ou encore le choix de repr\u00e9senter certains aspects de la vie de Barbara que je ne connaissais pas. Et surtout, je sais maintenant que leur choix \u00e9tait de montrer Barbara en tant qu\u2019artiste, parfois solitaire et m\u00e9lancolique, mais ayant toujours du r\u00e9pondant, l\u2019\u00e9loignant ainsi de l\u2019image qu\u2019elle pouvait habituellement d\u00e9gager sur sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Je recommande donc \u00e0 quiconque ira voir cette pi\u00e8ce de se renseigner avant, afin de pouvoir l\u2019appr\u00e9cier pleinement et imm\u00e9diatement&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Thelma Dassesse<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p><em>Un jardin de silence<\/em> est un spectacle con\u00e7u par L. (Rapha\u00eble Lannad\u00e8re), mis en sc\u00e8ne par Thomas Jolly et mis en musique par Babx, qui a eu lieu au th\u00e9\u00e2tre de <strong>La Scala Paris<\/strong>. Cependant le spectacle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour les <em>Sc\u00e8nes du golfe \u2013 Festival des \u00c9mancip\u00e9es<\/em> en 2018. Il est produit par le festival en question et la <em>Piccola Familia<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle commence : les rideaux sont clos et un homme pr\u00e9sente le prix Barbara. Des phrases guind\u00e9es, des banalit\u00e9s pseudo-intellectuelles classiques. Une voix s\u2019\u00e9l\u00e8ve de temps \u00e0 autre, plus intime, par-dessus le<em> bla bla<\/em> de la remise de prix. C\u2019est la chanteuse L., ou Barbara &#8211; cela importe finalement peu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle est construit sous forme d\u2019interviews. Parfois c\u2019est la chanteuse sur sc\u00e8ne qui r\u00e9pond, parfois c\u2019est Barbara elle-m\u00eame, c\u2019est sa voix, belle et puissante, qui envahit la sc\u00e8ne. Mais les deux se fondent, il n\u2019y a plus de fronti\u00e8re, plus de limite. Parfois la parole r\u00e9pond aux questions, parfois c\u2019est la chanson. Les chansons de Barbara ont la qualit\u00e9 de pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 tout. Mais ici, c\u2019est ce savant m\u00e9lange qui parvient \u00e0 faire \u00e9merger l\u2019artiste, et donne \u00e0 comprendre des facettes connues ou inconnues de celle-ci.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les chansons choisies ne sont pas pompeuses et grandioses. Ni <em>\u00ab&nbsp;Nantes&nbsp;\u00bb<\/em> ni <em>\u00ab&nbsp;l\u2019Aigle noir&nbsp;\u00bb,<\/em> et tant mieux. C\u2019est sans pr\u00e9tention et tout en douceur que les trois artistes font vivre Barbara. Ce sont des chansons \u00e9crites par Barbara et par d\u2019autres&nbsp;; <em>\u00ab&nbsp;La Joconde&nbsp;\u00bb<\/em> de Paul Braffort, <em>\u00ab&nbsp;les Amis de Monsieur&nbsp;\u00bb<\/em> par Harry Fragson. Brassens ou Brel. Et par elle-m\u00eame, <em>\u00ab&nbsp;la Solitude&nbsp;\u00bb<\/em>, <em>\u00ab&nbsp;mon Enfance&nbsp;\u00bb<\/em>, ou <em>\u00ab&nbsp;G\u00f6ttingen&nbsp;\u00bb<\/em> r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e de fa\u00e7on \u00e9pur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation de L. (Rapha\u00eble Lannad\u00e8re) parvient \u00e0 concilier la mani\u00e8re de chanter de Barbara, si sp\u00e9cifique, mais avec une puissance qui est bien la sienne et celle de personne d\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail de mise en sc\u00e8ne est pr\u00e9cis et fin&nbsp;: le jeu de lumi\u00e8res nous \u00e9blouit comme si l\u2019artiste \u00e9mettait une lumi\u00e8re aveuglante &#8211; et l\u2019instant d\u2019apr\u00e8s, nous sommes plong\u00e9s dans une obscurit\u00e9 intime et douce. La lumi\u00e8re et l\u2019obscurit\u00e9 rythment les performances.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les voix foisonnent&nbsp;; celle de Barbara, bien s\u00fbr, mais aussi celle de Brassens, de Depardieu (grand admirateur de la chanteuse), de Gainsbourg, du journaliste tant\u00f4t attentif, tant\u00f4t indiff\u00e9rent et d\u00e9sagr\u00e9able. Thomas Jolly tourne en d\u00e9rision l\u2019\u00e9lite parisienne<em> \u00ab&nbsp;rive gauche&nbsp;\u00bb<\/em> et le snobisme de la capitale. Et le public s\u2019amuse, il rit (tant \u00e0 Paris qu\u2019\u00e0 Arradon o\u00f9 le spectacle a eu lieu pour la premi\u00e8re fois).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un jardin de silence<\/em>, c\u2019est l\u2019univers intime de la chanteuse &#8211; qui se r\u00e9v\u00e8le pourtant \u00e0 travers le dialogue. Barbara, ce n\u2019est pas seulement cette image tragique et m\u00e9lancolique qu\u2019on imagine souvent. Barbara, c\u2019est beaucoup plus. C\u2019est pour cela que l\u2019on peut dire que ce spectacle est une r\u00e9ussite&nbsp;: le jardin secret, \u00ab&nbsp;de silence&nbsp;\u00bb se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers le grandiose, la sc\u00e8ne, la foule, l\u2019interview &#8211; activit\u00e9 faussement intimiste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Klervi Morvan-Piriou<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"> \u2042 <\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Scala Paris<\/strong> est une salle de spectacle au pass\u00e9 \u00e9tonnant : inspir\u00e9 de <em>la<\/em> <em>Scala <\/em>de Milan, il fut construit en 1873 et devint l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres caf\u00e9-concert de la Belle \u00c9poque &#8211; puis une salle de cin\u00e9ma Art-d\u00e9co depuis 1936 et le premier multiplexe d\u00e9di\u00e9 aux films pornographiques \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70\u2019. Finalement, la salle sera rachet\u00e9e par une \u00e9minente \u00e9glise de baptistes br\u00e9siliens, puis ferm\u00e9e en 1999. A l\u2019\u00e9poque, l\u2019\u00e9glise br\u00e9silienne aurait voulu en faire son premier temple en France, mais les professionnels du cin\u00e9ma se mobilis\u00e8rent contre le projet. Source de conflits, ledit projet fut abandonn\u00e9 quand la mairie de Paris d\u00e9cida de classer non pas la salle en ruine, mais la fonction, la destination du lieu, <em>\u00ab un lieu de culture \u00bb<\/em>. La Scala a donc rouvert ses portes l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, apr\u00e8s une importante r\u00e9habilitation. Ce th\u00e9\u00e2tre priv\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat public a une programmation \u00e9clectique qui r\u00e9unit sur sc\u00e8ne \u00e0 la fois th\u00e9\u00e2tre, danse, musique, cirque nouveau, art visuels et num\u00e9riques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On programme ici <em>\u00ab Un jardin de silence \u00bb<\/em> du 18 octobre au 3 novembre 2019. Con\u00e7u par la chanteuse L. (Rapha\u00eble Lannad\u00e8re), avec la mise en sc\u00e8ne de Thomas Jolly et la mise en musique du pianiste Babx, ce spectacle \u00e9voque le lien qui unit L. \u00e0 la chanteuse Barbara. Thomas Jolly y pr\u00e9sente la c\u00e9r\u00e9monie de remise du prix Barbara par le Minist\u00e8re de la Culture, prix dont L. fut la laur\u00e9ate en 2011. Sur sc\u00e8ne, un d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9 quoique bien rempli : sur la gauche, un piano noir (\u00e9videmment !), un fauteuil et une petite table ; sur la droite, on dirait un jardin, avec beaucoup de fleurs et quelques meubles qui sugg\u00e8rent diff\u00e9rents espaces ; \u00e0 l\u2019avant de la sc\u00e8ne, un micro sur pied.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois com\u00e9diens-chanteurs nous embarquent dans l\u2019univers de Barbara, entre chants <em>a capella<\/em>, archives d\u2019enregistrements audio et d\u2019interviews. L\u2019interpr\u00e9tation de L. est tant\u00f4t proche des versions de Barbara, tant\u00f4t plus \u00e9loign\u00e9e, avec une touche personnelle ; Thomas Jolly, qui passe d\u2019un personnage \u00e0 l\u2019autre, de l\u2019ami au pr\u00e9sentateur et journaliste ; les arrangements de Babx au piano\u2026 L\u2019ensemble se fond dans un d\u00e9cor tr\u00e8s sobre o\u00f9 des petites touches de lumi\u00e8re r\u00e9ussissent \u00e0 cr\u00e9er de magistraux d\u00e9cors, tous diff\u00e9rents et qui nous font voyager. On se sent vraiment embarqu\u00e9s dans la tourn\u00e9e d\u2019un spectacle, de Paris \u00e0 la province, de la petite salle \u00e9triqu\u00e9e o\u00f9 a lieu l\u2019interview \u00e0 la grande salle de concert. La lumi\u00e8re du spectacle, con\u00e7ue par Antoine Travert, donne une p\u00e2te, un grain tout en finesse : parfois aveuglante, parfois discr\u00e8te &#8211; mais toujours chaleureuse. Un hommage \u00e0 la <em>Dame en noir<\/em> dans toute sa splendeur, sa pudeur, sa sensibilit\u00e9, son charisme, sans oublier ses combats, notamment celui contre le sida.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212; Monica MELE&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Image d&rsquo;ent\u00eate : Galerie de la Scala La Scala Paris, jeune th\u00e9\u00e2tre au nom intemporel, a choisi de programmer un spectacle sur une interpr\u00e8te elle aussi intemporelle : Barbara, dans Barbara, un Jardin de silence. Nous y retrouvons la chanteuse L. 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